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Mise à jour du 10 juillet 2014  -- Qui est Catherine Kintzler ?

 

Ce blog-revue est divisé en deux parties.
1- La partie blog : "Le bloc-notes", billets d'actualité et d'humeur, et annonces des nouvelles publications de la revue. 
2 - La partie revue : "Les articles"
, textes de recherche, écrits avec moins de hâte, longs, argumentés, référencés, casse-pieds : c'est exprès!

Mezetulle est rébarbatif, intello, raisonneur, politiquement incorrect et ne souhaite pas de lecteurs "cool" - du reste "cool" et "lecteur" sont des termes contradictoires. Son principe est simple mais ambitieux : que chaque texte soulève un enjeu pour la pensée. Son parti-pris est tout aussi simple : la pensée se rencontre partout, pourvu qu'on y soit attentif.

 

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L'Éthique de Benzema démontrée more geometrico

par Jean-Claude Milner
En ligne le 10 juillet 2014

Jean-Claude Milner est un lecteur assidu de Spinoza, ce que les lecteurs de Mezetulle savent bien (1). Mais il suit assidument, aussi, les rencontres de football et les commentaires qu'en font les spécialistes. Les derniers matches de l'Equipe de France en Coupe du monde, où Karim Benzema n'a pas paru s'engager avec toute l'énergie qu'on pouvait attendre d'un brillant attaquant, lui ont inspiré ce texte « à la manière de Spinoza ».

 

Rappels et thématisation (par Mezetulle)

Le parcours de l'Équipe de France de football lors de la Coupe du monde au Brésil s'est achevé le 4 juillet par une élimination contre l'Allemagne en quart de finale (0-1). Depuis, les critiques envers Karim Benzema enflent et nourrissent une polémique : après un démarrage plus que prometteur (contre le Honduras le 15 juin et contre la Suisse le 20 juin), l'attaquant français accuse une baisse de régime à partir du match suivant (25 juin contre l'Equateur), comme s'il se sentait moins concerné.

Coïncidence remarquée par les commentateurs : ce relatif effacement s'est produit juste après que l'Espagne eut quitté la Coupe du monde (23 juin, match contre l'Australie). Or Benzema est l'un des joueurs les plus appréciés, à juste titre, du Real Madrid... La construction more geometrico peut dès lors s'enclencher, synthétiser nombre de critiques virulentes déjà présentes sur le web (2) en remontant à des principes plus généraux non moins acides.

 

 

L'Éthique de Benzema démontrée more geometrico

par Jean-Claude Milner

 

Définition

Par jouer j'entendrai jouer au football à plein régime.

Axiome 1

Benzema est un Français moyen, sur qui est tombé, aléatoirement, un talent de footballeur.

 

Axiome 2

Le Français moyen, depuis le XXe siècle, est typiquement un salarié.

 

Axiome 3

Le Français moyen entretient à sa rétribution une relation fondée sur le principe suivant : étant donné sa force de travail, en dépenser la fraction la plus petite possible qui justifie, aux yeux de son employeur, le salaire versé.

Scolie : le Français moyen, s'il est modeste, s'en tient à la conservation du salaire ; s'il est ambitieux, il va jusqu'à en souhaiter l'augmentation.

 

Théorème 1

Benzema ne prête aucune attention à l'Équipe de France, puisqu'elle n'est pas son employeur et ne lui verse pas de salaire.

Scolie : les primes versées par l'Équipe de France ne sont pas un salaire et, quel qu'en soit le montant, elles ne sauraient rivaliser avec le salaire versé par le Real.

 

Théorème 2

Benzema ne se soucie que de son club. 

Corollaire : dans son club, il ne fournit que le plus petit effort possible qui lui permette de conserver ou d'augmenter son salaire. 

Pour le conserver, il joue une fois sur trois ; pour l'augmenter, il joue une fois sur deux. Le choix dépend du climat, de l'atmosphère familiale, etc.

 

Théorème 3

Si Benzema fournit un effort en Équipe de France, c'est uniquement pour se rappeler indirectement au souvenir de son club.

Corollaire 1. Benzema ne marque des buts et ne fait des passes en Équipe de France que pour maintenir ou augmenter son salaire du Real.

Corollaire 2. Il ne consent à jouer, en Équipe de France, qu'avec des joueurs connus et appréciés en Espagne ; Griezmann, qui joue en Espagne ; Ribéry, que les clubs espagnols connaissent par sa rivalité avec Ronaldo pour le Ballon d'or. Mais pas Giroud, parce qu'il joue dans une équipe (Arsenal) que les Espagnols méprisent.

Corollaire 3. Benzema a cessé de jouer dès que l'équipe d'Espagne a quitté le Mondial. Il savait que les Espagnols cesseraient de regarder et que ses réussites éventuelles compteraient pour rien. 

Scolie. Même raisonnement pour le Portugal (pratiquement éliminé depuis le 22 juin) : il ne servait à rien de s'affirmer face à Ronaldo, puisque celui-ci ne participait plus à la compétition.

 

Théorème 4

Benzema entretient avec le football la même relation que le Français moyen entretient avec son activité professionnelle.

Corollaire. Il est impossible de déterminer s'il aime ou n'aime pas le football.

Scolie. Cette détermination n'est pas pertinente ; elle relève du privé et n'affecte en rien la mise en acte de son talent potentiel.

 

Théorème 5

Il est indifférent à la compétition des autres joueurs, sauf si elle affecte son salaire.

Corollaire 1. Il a de très bons rapports avec Ronaldo au Real, parce qu'il lui est indifférent que Ronaldo l'éclipse sur tous les plans. Ce qui compte, c'est que les exigences de Ronaldo (ou celles de Gareth Bale) tirent les salaires (et donc le sien) vers le haut.

Corollaire 2. Il joue de la même manière, qu'il soit dans une équipe faible ou dans une équipe forte. Il joue au Real comme il jouait à Lyon.

Corollaire 3. Il ne progresse pas dans sa manière de jouer, sauf pour compenser les effets de l'âge et maintenir son salaire.

 

Théorème 6

Étant indifférent aux autres joueurs, il n'apprend rien d'eux,

 

Théorème 7

Étant indifférent aux autres joueurs, il ne leur apprend rien.

Corollaire 1. Il ne rend pas meilleure l'équipe où il se trouve, sauf si cela peut enrichir son club et, par là, indirectement augmenter son salaire.

Corollaire 2. Comme l'Équipe de France ne lui verse pas de salaire, il ne la rend pas et ne la rendra jamais meilleure.

 

Et voilà pourquoi l'Équipe de France est muette.


        1 - Voir Spinoza trompeur et l'art d'écrire et la discussion entre C. Arambourou et C. Kintzler.

 2 - Les critiques de Pierre Ménès sont bien connues, mais il est intéressant aussi de lire les commentaires des lecteurs. Voir http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/05/1913687-defaite-bleus-pierre-menes-tacle-karim-benzema-didier-deschamps.html, voir aussi http://www.foot01.com/equipe-de-france/pierre-menes-remet-un-deuxieme-taquet-a-benzema,148439


 

© Jean-Claude Milner et Mezetulle, 2014.
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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Institutrice tuée par une mère d'élève : « l'école doit rester ouverte à la société » ...

En ligne le 4 juillet 2014. Mise à jour du 6 juillet

 

Après avoir appris le matin du 4 juillet qu'une mère d'élève a poignardé mortellement une institutrice à Albi, le ministre de l'Education nationale se rend sur place - c'est la moindre des choses - et s'adresse à la presse.

Parmi les paroles évidemment nécessaires d'émotion, de condoléance, de soutien à la famille de la victime, à ses collègues et aux élèves, il précise que cet acte « abominable » était « imprévisible ». Il déclare fort pertinemment que « l'école doit être protégée », ayant besoin de sérénité.
Et puis il ajoute que, oui, il faut protéger l'école, mais « protéger, ce n'est pas fermer : l'école doit rester ouverte sur la société et ouverte aux parents », n'oubliant pas de réitérer une politique trentenaire désastreuse, et versant un acide très déplaisant sur une plaie qui mine les personnels enseignants mais que le personnel politique s'acharne à méconnaître ou à taire (1) : cette profession démunie, humiliée, constamment désavouée, est régulièrement la cible de parents (et d'élèves) indélicats. Mais, comme le précise une récente enquête INSEE, ne dramatisons pas : les meurtres d'enseignants dans le cadre de leur métier sont « rares ». 

Protéger un lieu en l'ouvrant : c'est sûr, on n'y aurait pas pensé, mais c'est oublier que l'école est avant tout un « lieu de vie ». Dire le contraire, c'est faire partie des « oiseaux de mauvais augure » et instrumentaliser une tragédie. 


Eh bien non, Mezetulle ne conçoit pas qu'on prétende respecter la douleur d'une famille et d'une profession en réaffirmant insolemment une politique qui détruit l'autorité des professeurs, qui laisse parents et élèves dicter leur loi au sein de l'école : les condoléances, dans ces conditions, s'apparentent à un crachat jeté à la figure de ceux sur lesquels on s'apitoie, à grands renforts de « cellules de soutien psychologique ».

Ce n'est pas l'école qu'il faut ouvrir, ce sont les yeux des politiques ! Il est urgent de prendre des mesures pour que les professeurs cessent d'être insultés, harcelés, désavoués, agressés physiquement et moralement, poussés au désespoir ! Il faut arrêter de faire de l'école un « lieu ouvert sur la vie » !


Les déclarations du Ministre, je les ai entendues lors de la retransmission complète de sa mini-conférence de presse à la télévision (BFM TV, 14h). Mais je me demande si j'ai rêvé : elles sont actuellement (vendredi 4 juillet, 15h30) introuvables sur le web qui ne diffuse (pour le moment?) que des extrait bien choisis. Une autre conférence de presse est prévue à 17h.

Edit du 6 juillet. On trouve la vidéo intégrale de cette conférence de presse d'une durée de 11 minutes sur BFMTV-Youtube
Ecouter en particulier à partir de 7 minutes pour entendre les propos que je rapporte (7'59 : « la réussite de l'école passe aussi par le fait qu'elle est ouverte aux parents, ouverte aux élèves, ouverte à la société »), et l'allusion aux « oiseaux de mauvais augure qui viendront chercher à faire leur miel de ce type de drame... ». 


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Bac, sujets de physique : ce n'est pas un canular !

En ligne le 27 juin 2014

Benjamin Carton (économiste, ancien professeur de mathématiques en classes préparatoires) propose aux lecteurs de Mezetulle de jeter un coup d’oeil sur les sujets de physique du baccalauréat. 

 

L'hypothèse d'un canular s'est présentée à mon esprit. Les élèves ne sachant pas ce qu'est le modèle standard (le modèle standard est la théorie, il n'y a pas de « théorie du modèle standard » au sens où l'on dit « théorie de l'électricité ») ni donc ce qu'est le boson de Higgs, on voit mal comment ils pourraient répondre. Heureusement, des documents sont là pour donner des pistes.

 

Lire l’article de Benjamin Carton Sujets de bac en physique : discuter sans rien y comprendre sur Mezetulle

 

NB. Les commentaires de ce billet d'annonce sont désactivés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires, y compris ceux qui pourraient s'adresser à Mezetullesur l'article.


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25 juin 2014, jour faste pour la laïcité

En ligne le 26 juin 2014

 

Le jeudi 25 juin 2014 fut une journée favorable pour la laïcité

 

L'affaire Baby-Loup a connu son épiloque juridique - du moins en législation nationale. En début d'après-midi, on a appris en effet que l’Assemblée plénière de la Cour de cassation a approuvé l’arrêt de la Cour d’appel de Paris confirmant le licenciement de Mme Afif, salariée de la crèche Baby-Loup, pour faute grave (refus de s’abstenir de porter un voile, insubordination et comportement agressif).

Lire :

le texte de l’arrêt ;

- l’analyse détaillée par Charles Arambourou, publiée par UFAL-info ;

- le communiqué du Comité Laïcité République ;

- l'éditorial de l’association EGALE.

 

Et un peu auparavant, Catherine Kintzler était l’invitée de l’émission La Grande Table (France-Culture), au sujet du livre Penser la laïcité.

Euh, ça c’est plutôt pour CK que c’est une bonne nouvelle. Les lecteurs pourront juger si c’est aussi une bonne nouvelle pour la laïcité en écoutant l’enregistrement :

 

 

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Apprendre à philosopher avec Kant de Jean-Michel Muglioni (1)

En ligne le 21 juin 2014

 

Dans la série de la collection « Apprendre à philosopher avec... » (éditions Ellipses) Jean-Michel Muglioni signe un « Kant ». Comme il le dit lui-même dans l’introduction « Ce petit livre ne propose [...] pas au lecteur un succédané de Kant, mais il voudrait seulement montrer que quiconque désire s’instruire peut avoir accès à cette philosophie trop souvent considérée comme inaccessible. » Ainsi il ne s’agit pas de mettre un grand esprit en vitrine pour le contempler de l’extérieur, mais véritablement d’apprendre à philosopher en s’instruisant avec lui et par lui, en s’appropriant un contenu philosophique substantiel.

 

L’exercice de la raison ne se réduit pas à la constitution des sciences positives, laissant de côté les questions les plus fortes et les plus profondes, celles qui nous importent le plus, pour les abandonner au champ des croyances. Parce que les questions métaphysiques et morales sont nécessaires et aussi parce qu’il est impossible de les traiter en termes de certitude ou de positivité scientifique, il faut les affronter sans pour autant renoncer à la rationalité commune à tous les hommes. Car cette impossibilité même est intelligible et n’a nul besoin d’une extériorité pour être et pour être comprise ; on peut et on doit en construire la théorie.

 

Kant réussit cette immense tâche, précisément parce qu’il se la prescrit en termes rationnels. Aussi sa leçon est-elle magistrale et profondément morale. Elle peut se caractériser, au fond, en deux mots : critique et liberté. Critique des pouvoirs et des limites de la raison qui, loin de la congédier, l’élève à sa propre intelligibilité sans la renvoyer à une instance autre qu’elle-même. Dans ce cheminement problématique qui la met en demeure de rendre compte à elle-même des illusions dont elle est aussi l’auteur, la raison se découvre comme la seule véritable autorité.

 

C’est à suivre cette leçon que Jean-Michel Muglioni aide son lecteur, comme un premier de cordée vigilant qui n’a d’autre supériorité sur ceux qu’il « assure » que l’expérience. À mettre ainsi ses pas dans ceux d’un grand professeur, on prend juste le risque de gagner force et autonomie et d’arriver en même temps que lui tout en haut.

 

1 - Jean-Michel Muglioni, Apprendre à philosopher avec Kant, Paris : Ellipses, 2014, 250p. index.

 

Lire aussi :

Repères philosophiques de Jean-Michel Muglioni, par Frédéric Dupin.

Problématiques philosophiques de Bernard Baas, par Romain Couderc.

Cours de métaphysique moderne de Daniel Liotta, par Mezetulle (CK).

 

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Mourad Boudjellal :
une déclaration d'amour à la France, à Paris, à l'universel

En ligne le 20 juin 2014

 

Lectrice du Parisien, je tombe il y a presque un mois sur une magnifique interview de Mourad Boudjellal, président du Rugby Club Toulonnais. C’était dans un « Communiqué » sous la forme d’un supplément de 12 pages (inséré dans l’édition du Parisien du 27 mai 2014), consacré à la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 et publié par l’Association Avant Garde Paris 2004

 

 

Je me félicite d’avoir conservé l’exemplaire « papier » de ce fascicule, car je n’ai pas réussi à trouver le texte de l’itw sur le site du Parisien. On trouve la photo de la page sur le site d’Avant Garde Paris 2024 , mais c’est très difficile, pour ne pas dire impossible, à lire ! Je vous livre ci-dessous quelques passages significatifs de l’interview : on boit du lait. Notons que que cet entretien a été publié entre la victoire du RCT en Coupe d’Europe de rugby (24 mai) et celle en Top 14 (Bouclier de Brennus remporté le 31 mai).

 

 

Au sujet de la France:

« Dans la culture mondiale qui se met en place, la France a quelque chose d’essentiel à donner. Elle a toujours porté dans l’Histoire les grandes idées, elle en est la représentante. La France est une référence pour le monde, nous avons une responsabilité, et chacun doit se le rappeler.  »

[…]

« Je réfléchis souvent à ma chance d’être Français. A priori, je n’ai pas à être fier de moi pour ça, parce que moi je n’y suis pour rien au départ. En revanche, j’aurai le droit d’en être fier si j’ai contribué à maintenir cet héritage et si j’en suis digne. »

 

Au sujet de Paris et d’une éventuelle candidature qui associerait un bon nombre de villes « en région » :

« Paris, c’est la France. C’est à Paris d’être candidate. Paris est dépositaire de l’Histoire du pays, mais l’Histoire appartient à tout le monde.

Chaque région apporte sa spécificité et c’est cette diversité qui fait la France. Voilà pourquoi votre idée d’associer des villes devenues proches à travers les transports rapides est essentielle. Cette prétendue hostilité de la province envers Paris est devenue du folklore, et encore. Elle sert à exprimer d’autres amertumes. Il n’y a personne qui n’aime pas Paris. […] Le rugby est, dit-on, un sport de clocher, eh bien je vais partout et je peux vous dire : tout le monde a envie de Paris. Peut-être pas pour y vivre en permanence […] mais on est heureux que Paris existe. Paris est à chacun, on en est fier. »

 

Au sujet de la conception de la candidature :

« Les JO sont un acte politique majeur. Ils peuvent réaffirmer, renforcer l’identité nationale autour de cette responsabilité mondiale. […]

« Le sport peut être un facteur d’intégration. […] Ne ratons pas l’occasion, avec les JO, d’accélérer les choses, et de contrer les idées reçues dont certaines ne sont même pas des opinions mais des délits ou des crimes, comme le racisme. […] Un des trucs dont je suis content, c’est qu’à Toulon, aujourd’hui, avec le succès de l’équipe de rugby, c’est plus difficile de dire « sale arabe ». […]

« Les grands projets créent du lien. Mais à la condition d’un contenu fort. Pour le contenant, pas de souci, c’est Paris et la France, c’est le plus beau du monde. Mais le contenu sera décisif. On nous attend sur le message, pas sur le feu d’artifice. Cette vision, c’est d’abord de n’exclure personne. »

« On dit qu’une candidature ça coûte 100 milions ? Franchement pour fédérer le pays et donner du plaisir à tous, moi je dis que c’est cadeau. »

 

Mourad Boudjellal, on se régale à vous lire. On se régale à voir jouer le RCT. Et en plus ils gagnent ! Exactement ce qu’il faut faire.

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Le vote Front national et les objets politiques abandonnés

En ligne le 1er juin  2014


Non, Mezetulle ne commentera pas en détail le résultat des élections européennes du 25 mai. Elle ne rejoindra pas le chœur des pleureuses qui, depuis des décennies, abandonnent les objets politiques républicains et s'étonnent ensuite que le corps électoral lui en rappellent rudement l'existence. Cette fois, après avoir essayé la patience, après avoir subi les sarcasmes et la « pédagogie » de ceux qu'on appelle à tort les « élites », les électeurs ont frappé très fort.

 

En 1988, j'ai eu la chance de rencontrer Robert Badinter, alors président du Conseil constitutionnel. Nous avons très librement parlé politique, entre autres de politique scolaire, mais pas seulement. Je me rappelle avoir dit alors : « si le PS continue à mener une politique antirépublicaine, alors le FN s'emparera des thèmes laissés à l'abandon et ramassera la mise ». En 1989, le ministre de l'Éducation nationale, lors d'une affaire d'affichage de signes religieux par des élèves au collège de Creil, au lieu d'appliquer les circulaires Jean Zay, bottait en touche et laissait même certains journalistes parler de « racisme » à propos des professeurs. Il a fallu rien moins que 15 ans et une loi pour retrouver des rails républicains à ce sujet. Ce n'est qu'un exemple, mais il est symbolique et significatif.

Le résultat d'une obstination dans cette voie pendant 25 ans, droite et gauche confondues, est éclatant. Consultés en 1992 sur le Traité de Maastricht, les électeurs qui ont osé avouer un vote négatif se sont vu traiter de débiles mentaux. Consultés en 2005 sur le Traité constitutionnel européen, les Français ont voté non : il n'en a pas été tenu compte. Ils s'entendent dire doctement tous les jours par des notables oublieux de la Révolution française, oublieux de l'œuvre de la Commune de Paris et de celle du Conseil national de la Résistance, que c'est tellement mieux ailleurs, que le déficit est mauvais quand il est français mais bon quand il est américain ou japonais, que la Marseillaise est un hymne guerrier insupportable, que la laïcité est « stigmatisante », que l'idée de nation est en elle-même suspecte, que s'opposer au multiculturalisme est une posture « nauséabonde », que l'école doit être sans cesse renvoyée à son extérieur (1), qu'ils sont « frileux » parce qu'ils pensent que citoyenneté et nationalité coïncident (2), que jacobinisme et intégration sont des gros mots, que les services publics et le travail coûtent cher (3), et qu'en matière économique il n'y a pas d'alternative : il faut se serrer la ceinture pour satisfaire les conditions de la zone euromark. Sans compter le principal : pauvreté, chômage, précarité, désindustrialisation et dumping social. Comment s'étonner qu'ils se vengent en s'abstenant ou en glissant un bulletin FN dans l'urne lors d'un scrutin dont l'intérêt principal est de permettre l'expression de leur exaspération légitime puisqu'en matière européenne il n'y a aucune chance pour que ça change ?

Mezetulle n'est guère compétente sur bien des sujets, mais a produit en 2011 une analyse sur un objet abandonné qu'elle connaît bien, elle invite les lecteurs à relire l'article : Comment la laïcité a été offerte en cadeau au Front national (4).

 

1 - Voir http://www.mezetulle.net/article-l-ecole-de-la-republique-refondation-ou-reforme-109609448.html
2 - Voir l'article de Jorge Morales http://www.mezetulle.net/article-indivisibilite-et-pragmatisme-le-droit-de-vote-des-etrangers-par-j-morales-120728341.html et celui de Philippe Foussier http://www.mezetulle.net/article-nationalite-une-citoyennete-a-geometrie-variable-par-p-foussier-112890253.html
 3 - Voir l'article de Jean-Michel Muglioni http://www.mezetulle.net/article-le-cout-du-travail-par-j-m-muglioni-101301384.html
4 - Dont l'argumentation est reprise aux chapitres 3 et 4 de Penser la laïcité.

 

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Rythmes scolaires : la dispersion de l'école

En ligne le 13 mai 2014. Mise à jour du 6 juillet.

 

Un nouvel article de Tristan Béal : L'école des loisirs obligatoires.

Le 24 avril, le nouveau ministre de l'éducation nationale, M. Hamon, a présenté « un projet de décret offrant la possibilité d'expérimenter des rythmes scolaires plus souples », ainsi qu'on peut le lire dans Le Monde daté du samedi 26 avril. En permettant à chaque municipalité d'expérimenter son propre emploi du temps, voire de le moduler pour les écoles d'une même commune, M. Hamon s'engage dans le démantèlement d'une organisation qui jusqu'ici était encore nationale.  

 

Quand on sait que les médias ont réduit cet assouplissement à la possibilité offerte à tous d'avoir le vendredi après-midi vacant, on mesure l'éventuel travail de sape pouvant être entrepris par notre nouveau ministre : ce qui ne concerne pour l'instant que l'agencement de la semaine d'école vaudra sans doute sous peu pour les programmes et les instituteurs, on adaptera les programmes aux réalités du terrain et les maîtres d'école devront se plier aux volontés de tous les potentats locaux. La belle souplesse que voilà !

 

Lire l'article de Tristan Béal L'école des loisirs obligatoires sur ce blog.

 

Edit du 6 juillet. Annexe : Lettre de Tristan Béal à B. Hamon, ministre de l'Education nationale

A la suite des lettres de B. Hamon, ministre de l'Education nationale adresées aux enseignants et aux parents d'élèves et toutes deux datées du 12 juin (on trouvera les liens dans l'article), Tristan Béal a annexé à son article une Lettre au Ministre.

 

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Recension d'un livre d'Ivan Segré par Charles Arambourou,
réponse à Jean-Claude Milner

En ligne le 5 mai  2014, modifé le 22 juin 2014


Après avoir lu l’article que Mezetulle a consacré au livre de Jean-Claude Milner Le Sage trompeur. Libres raisonnements sur Spinoza et les Juifs. Court traité de lecture 1 (Lagrasse : Verdier, 2013), Charles Arambourou m’avait fait part de son désaccord et de son intention d’écrire un texte sur le sujet.  

 

C’est par une réflexion sur le livre d’Ivan Segré Le Manteau de Spinoza. Pour une éthique hors la Loi (Paris : La Fabrique, 2014) que Charles Arambourou se saisit de la question.

Même s'il ne partage pas toutes les thèses avancées par Segré, son texte fait état néanmoins d'une interprétation critique du livre de Milner et constitue par là un dossier de lecture – auquel je me suis empressée de contribuer à mon tour par quelques éléments de réflexion annexés à l’article de C. Arambourou.

Edit du 22 juin 2014. La discussion se poursuit avec une nouvelle Annexe.

 

Lire l'article de Charles Arambourou Quand un talmudiste répond à Jean-Claude Milner - avec une annexe par C. Kintzler.

 

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Conférence laïcité (ESPE d'Orléans) : vidéo intégrale

En ligne le 23 avril  2014

 

Le 9 avril 2014, j'ai été invitée par l'ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l'éducation) d'Orléans à donner une conférence-débat sur.. (devinez quoi ?) .. la laïcité !

La vidéo intégrale de cette conférence « Laïcité, "vivre-ensemble" et liberté », y compris le débat qui a suivi, est accessible sur Youtube, par les soins de l'Université d'Orléans à la laquelle l'ESPE est rattachée. 

 

 

 

Mes remerciements vont à l'ESPE d'Orléans, à l'équipe technique et tout particulièrement à Jean-Paul Frontera responsable pédagogique de la formation continue et des professeurs stagiaires du second degré dans cet établissement, ainsi qu'à Pierre-Louis Emery, président du Cercle Jean Zay d'Orléans.

Une seconde conférence-débat a été donnée en soirée devant le Cercle Jean Zay, avec la participation de la librairie « Les Temps modernes ».

 

(Lien pour voir la vidéo directement sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=ifNULGVgitY&list=PLqf__6xLwDy9jjRYAwQE_FAI-WJSo2gRz )

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Est-il politiquement incorrect de parler de « civilisations » ?

En ligne le 8 avril 2014

 

Le 4 février 2012 un ministre soulevait une de ces tempêtes qu'on a accoutumé de nommer « médiatiques » en déclarant devant une assemblée d'étudiants que « toutes les civilisations ne se valent pas ». C'est le bien-fondé de cette affirmation que André Perrin examine dans son nouvel article Toutes les civilisations se valent-elles ? Son examen, très minutieux et référencé, n’éclaire pas seulement le contenu des propositions en jeu et ses variations, mais aussi quelques-uns des procédés familiers au « politiquement correct ».

 

Ainsi, et par exemple, non seulement aucun de ceux qui ont récusé cette proposition à grand renfort de tribunes de presse offusquées n’ont fourni la moindre ébauche de démonstration de sa contradictoire, mais encore il suffit de se plonger dans leurs écrits pour s'apercevoir que souvent ils la présupposent et que parfois ils la formulent explicitement ! D’autres (ou les mêmes) optent pour une solution radicale de novlangue : le mot même de civilisations, après celui de races, devrait être banni (1).

 

On découvrira encore bien des variations. Leur analyse, toujours précise et souvent drôle, ne se réduit pas à une contre-polémique ; en passant par une réflexion sur la pertinence et l’usage des concepts de culture, de régime politique, de relativisme, d’égalité, de valeur, de jugement, elle permet de comprendre en quoi et pourquoi il y a du sens à parler des civilisations, à poser la question de leur valeur, et à répondre qu'elles ne sont pas équivalentes - car une telle réponse soulève à son tour la question de la capacité d'une civilisation à ne pas se prendre pour le centre du monde et à lutter contre sa propre barbarie.

 

1 - Voir du même auteur l’article Race, racisme et police du langage sur ce blog.

 

 

Lire l'article d'André Perrin Toutes les civilisations se valent-elles ? sur ce blog.

 

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Bloc-notes actualité
Penser la laïcité : revue et interventions

En ligne le 20 janvier 2014. Mise à jour du 12 avril.

 

Ce Bloc-notes réactualisé est consacré aux recensions et interventions autour de Penser la laïcité (Paris : Minerve, 2014).

Avec un petit extra : lire la table des matières format pdf.

 

- Le Figaro daté du 11 avril p. 10-11, interview de CK par Caroline Beyer, accessible en ligne sur le site du Figaro.

 

- mercredi 2 avril CK invitée par Jean-Michel Dhuez à la Matinale de France Musique - on peut écouter l'émission sur le site de La Matinale.

 

- A lire dans le numéro 78 de Philosophie magazine (avril 2014) un entretien entre CK et Jean-Marc Ferry, dans le cadre du dossier annoncé en couverture : « Peut-on fonder une morale sans Dieu ? », alimenté par bien d'autres textes.    

Le débat porte essentiellement sur la conception de l'association politique . Comment y penser non seulement la coexistence des libertés, mais aussi le débat entre les citoyens, le rapport entre la raison publique et ce qu'il est convenu d'appeler les « problèmes sociétaux »? Et si l'association politique s'interdit la question de la transcendance, peut-on en conclure pour autant que toute morale lui est étrangère ? Bien d'autres questions sont abordées dans cet entretien très substantiel, à l'image de l'ensemble des numéros que Philosophie magazine propose chaque mois (voir le site Philomag.com)

C'est aussi l'occasion pour moi d'un pan sur le bec ! A la fin de l'entretien p. 65, je lâche une bourde en disant que Descartes, dans Les Passions de l'âme, « n'emploie pas une seule fois le mot Dieu ». Ce qui est faux ! Dans le contexte d'une question sur les fondements de la morale, j’entendais dire : « n'emploie pas une seule fois de manière fondatrice le mot Dieu ». Cette bévue m'est entièrement imputable, car Philosophie magazine, conformément aux usages de la profession, m'a soumis le texte pour relecture avant publication - je n'y ai vu que du feu, prenant mon désir pour réalité comme il arrive parfois lorsque nous parlons de ce qui nous importe. Je présente donc mes excuses aux lecteurs et à Philosophie magazine. Allez je mets ça en petits caractères tellement j'ai honte...

 

- Le petit (mais non pas mince) dernier (mais non pas moindre) daté du 14 mars, un article bref et bien senti de Sébastien Fath sur son blog « Religion et laïcité ».

 

- Un excellent article par Jorge Morales dans le numéro 302 de la revue Humanisme. Repris par Jo sur son blog L'Abeille et l'architecte.

 

- Un excellent article par Gilles Poulet sur le site de l'Association des libres penseurs.

 

- Recension dans L'Enseignement philosophique (64e année, n°2)

 

- Recension par Philippe Foussier dans le n° 151 de Communes de France.

 

- La recension par Bernard Teper dans Respublica n° 738 (30 janvier 2014)

 

- Un bel article de Jérôme Skalski paru dans L'Humanité daté des 24, 25 et 26 janvier : lire « La laïcité de fond en comble ».

 

- Synopsis sur le site du Furet du Nord  . Franchement, je trouve ce résumé analytique très bien fait... Réflexion faite, je me rends compte que c'est moi qui l'ai écrit à la demande de mon éditeur pour alimenter le dossier de diffusion ! Merci au Furet du Nord de l'avoir utilisé : c'est fait pour cela !

 

- Écouter l'intégralité de l'émission Répliques du 18 janvier sur le site de France-Culture, ou en utilisant le lecteur ci-dessous.

 

 

 

Couverture du livre - pour lire le texte, cliquer sur l'image :

CKLaiciteCouv

 

 

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  • Livre Penser la laïcité (Paris : Minerve, 2014)

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