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Créé le 20 novembre 2005. Dernière mise à jour : 25 août 2010  -- Qui est Catherine Kintzler ?

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Ce blog-revue est divisé en deux parties.
1- La partie blog : "Le bloc-notes", brèves en relation avec l'actualité politique, culturelle et (parfois) sportive, et avec les nouvelles publications sur le blog. 
2 - La partie revue : "Les articles"
, textes de recherche, écrits avec moins de hâte, longs, argumentés, référencés, casse-pieds : c'est exprès!

Mezetulle est rébarbatif, intello, raisonneur, politiquement incorrect et ne souhaite pas de lecteurs "cool" - du reste "cool" et "lecteur" sont des termes contradictoires. Son principe est simple mais ambitieux : que chaque texte soulève un enjeu pour la pensée. Son parti-pris est tout aussi simple : la pensée se rencontre partout, pourvu qu'on y soit attentif - à tous les coins de blog...

 

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Bloc-notes actualité
Les langues anciennes et les « hommes de progrès »

En ligne le 1er septembre 2010


Pour la rentrée des classes, Mezetulle recommande à ses lecteurs un superbe texte rédigé par plusieurs professeurs de langues anciennes, intitulé « Langues anciennes, cibles émouvantes », paru dans Le Monde daté du 21 août.


Quelques extraits :

Un peu d'histoire : depuis trente ans, des "hommes de progrès" (1), plutôt bien représentés au sein du ministère, et de son inspection générale des lettres en particulier, luttent contre ces fléaux de l'élitisme, du conservatisme et de l'inutilité que constitueraient le grec et le latin. Aucune fracture droite-gauche à chercher : les pragmatiques comme les révolutionnaires y trouvent leur compte.Ils avaient d'abord voulu agir sur la demande (les élèves et leurs familles), en proposant des horaires stimulants (latin pendant le déjeuner, grec le mercredi après-midi), des innovations audacieuses (seconde, première et terminale regroupées en une seule classe), la technique dite du "supermarket" ("Alors on vous propose la classe sportive, ou la classe numérique, ou la classe européenne, ou la classe musique, ou la classe d'excellence artistique, ou la classe sciences de l'ingénieur, ou alors du latin…").Mais tous ces efforts se révélèrent peine perdue. Il restait, à la rentrée 2009, un demi-million de petits néoréactionnaires qui s'entêtaient à vouloir étudier le grec et le latin dans les collèges et lycées de France. Plus grave : dans un contexte où les supposées élites se détournent massivement de l'étude des langues anciennes au profit d'options jugées plus modernes (classe européenne, cinéma, chinois…), le grec et le latin sont en train de devenir l'un des rares endroits où les élèves les plus fragiles peuvent bénéficier de ce grand luxe dans l'école d'aujourd'hui : du temps. [...]

Le grec et le latin, instruments de l'égalité des chances, vecteurs de réussite scolaire pour les plus démunis ! Il fallait agir ! Supprimer les élèves prendrait du temps, le plus simple est qu'ils n'aient plus de professeurs. Cette décision devenait d'autant plus urgente que commence à se dessiner aujourd'hui le bilan des "hommes de progrès" qui ont, depuis quelques décennies, la haute main sur l'enseignement des lettres.


Lire l'intégralité de l'article sur le site du Monde .

1 - Mezetulle ne résiste pas au plaisir de raconter qu'elle a entendu Claude Allègre ancien ministre de l'EN déclarer il ya quelques années de cela qu'il ne voyait pas l'intérêt de citer Virgile. Bien sûr ! Mais Alain disait aussi "Et on demande : à quoi cela sert-il ? On devrait plutôt se demander : de quoi cela peut-il me libérer ?". Pour être honnête, il faut ajouter que C. Allègre, dans cette intervention, voulait prendre la défense de la culture scientifique... comme si cette dernière était contraire à la culture littéraire ou était menacée par elle. Et puis, à quoi ça sert de se demander si le nombre de nombres entiers est fini ? à rien, mais c'est très libérateur... comme la lecture de Virgile !


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Bloc-notes actualité
Le Grand Embouteillage : une histoire impossible ?

En ligne le 25 août 2010


En 1979, Luigi Comencini réalisait L'Ingorgo (Le Grand Embouteillage - The Traffic Jam) - histoire inventée d'un embouteillage monstrueux durant plus de 36 heures.

Voici un extrait de la description du scénario sur Internet Movie Data Base :
A tremendous congestion hit the Roma highway ring. The biggest traffic jam ever seen endures for more than 36 hours. People blocked in their cars react at the beginning normally. But the more the time advance the more we are witness of personal dramas, hysteric reactions and more. [...] Cars and their hosts are a microcosm of stories part of a major universe: the congestion.
Hier sur Yahoo infos, on pouvait lire  :
Le pire embouteillage de l'histoireL'histoire se passe en Chine, le pays de tous les superlatifs : 100 kilomètres de bouchons depuis 9 jours. Des milliers d'automobilistes coincés depuis parfois plusieurs jours dans leur voiture ! Cela se passe sur la bien nommée Voie Rapide (ah, ah, ah !) Nationale 100 qui relie Pékin à la ville de Zhangjiakou.Les autorités chinoises ont prévenu tout le monde : l'embouteillage devrait encore durer plusieurs semaines, la faute à des travaux d'aménagement de l'axe routier en question.Cet embouteillage hors normes fait toutefois le bonheur de certains. Les habitants des villes et communes situées le long de l'embouteillage ont ainsi vite saisi l'opportunité et ont installé de petits kiosques qui vendent de la nourriture et des boissons aux conducteurs.
Précisons que le sous-titre du film de Comencini est Una Storia Impossibile. Comencini était sûrement un lecteur de la Poétique d'Aristote, qui expose en son chapitre 9 que la poésie - la fiction - est plus vraie et plus révélatrice que ce qui est réellement arrivé. Mais le fait qu'un tel embouteillage arrive réellement est probablement aussi révélateur que s'il avait été inventé... Et le texte de Yahoo infos, en parlant d'embouteillage « hors normes » dit à sa manière que l'embouteillage est aujourd'hui une norme dont on ne songe à s'étonner que s'il atteint un degré digne d'une fiction. Ce que Mezetulle trouve inquiétant aussi bien pour la réalité que pour la fiction.

Lire le Bloc-notes consacré à Luigi Comencini au moment de son décès en 2007.
Lire l'article consacré aux relations entre le fictif et le vrai :  Pourquoi l'art ne ressemble à rien (en particulier le paragraphe intitulé Le fictif comme modèle du vrai).

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Sans loi mais avec foi (« code du travail » orthodoxe)

En ligne le 15 août 2010


Une entreprise de produits laitiers de la région de Moscou, Rousskoe Moloko, a annoncé jeudi qu'elle appliquerait un code du travail orthodoxe selon lequel seront licenciés les employées ayant avorté et ceux et celles n'étant pas mariés religieusement.

« Si une femme avorte, elle ne peut plus être une collaboratrice dans notre société. L'avortement, c'est le meurtre de quelqu'un. Nous ne voulons pas travailler avec des meurtriers », a déclaré le patron de Rousskoe Moloko, Vassili Boïko-Veliki, à l'antenne de la radio Echo de Moscou.
En outre, « ce n'est pas normal pour une personne baptisée de faire enregistrer son mariage à l'état civil mais pas de manière religieuse » (1), a-t-il dit. Les salariés de confession orthodoxe de l'entreprise ont jusqu'au 14 octobre pour se marier religieusement, faute de quoi ils seront renvoyés, a prévenu le patron de l'entreprise.
Il a indiqué que tous les employés seraient désormais forcés de suivre un enseignement religieux sur « les fondements de la culture orthodoxe », même ceux pratiquant une autre foi.


Source : AFP 12 août 2010. Information reprise notamment par Le Figaro et par Libération, avec cette phrase supplémentaire dont on ne sait si elle fait partie ou non de la dépêche AFP  : « La religion orthodoxe connaît en Russie un regain d’intérêt depuis la chute de l’URSS et son idéologie athée » - comme s'il y avait une différence entre imposer l'athéisme et imposer une religion, ou comme si « le regain d'intérêt » pour une religion lié à la persécution religieuse pratiquée naguère était une excuse... !

1 - On se demande quel sort est réservé à ceux qui ne sont pas baptisés et / ou qui ne professent aucune religion - mais est-ce seulement possible en Russie (et dans bien d'autres pays) sans courir de sérieux risques ?


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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
L'art, ça ne ressemble à rien !

En ligne le 2 août 010


Après l'article L'imitation en art : aliénation ou invention ? Mezetulle propose une deuxième dissertation sur la notion d'imitation, cette fois sous la forme de l'étude d'un texte extrait d'un ouvrage du XVIIIe siècle : Les Beaux arts réduits à un même principe de l'abbé Charles Batteux. Le lecteurs y trouveront, dans le prolongement du précédent article, une réflexion sur les rapports souvent méconnus entre l'art classique et notre art contemporain.

 

La « belle nature » et la « vraisemblance » des classiques, fondées sur la doctrine de l'imitation de la nature, ne sont pas si désuètes qu'on le croit ordinairement. En lisant de près et sans trop de préjugés un texte de l'abbé Batteux qui en expose les propriétés, on se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une doctrine étroitement située dans le temps, mais d'une réflexion large qui peut s’étendre jusqu’à notre art contemporain. Car en imitant à proprement parler ce qui n’existe pas, en établissant concrètement que le vrai ne se saisit que par une opération fictive, l'artiste invente la notion d'original dont seule la copie nous donne l'idée. Les détracteurs de l'art d'aujourd'hui ne croient pas si bien dire : l'art a toujours imité « ce qui ne ressemble à rien ».

 

Lire l'article sur ce blog.

 

NB. Les commentaires de ce billet sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur la version intégrale de l'article.


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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Un code de déontologie pour la fonction enseignante : une normalisation

En ligne le 25 juillet 2010


Avec l’introduction, aux concours de recrutement des enseignants, d’une épreuve censée évaluer « l’éthique des fonctionnaires », c’est un code de déontologie qui se met en place pour les futurs professeurs. On pourrait s’étonner de leur très grande défiance à l'égard de cette réforme, alors qu’un tel code existe pour d’autres corps de fonctionnaires.

 

Mais pour peu qu’on s’y attarde, on constate les aberrations liées à cette évolution récente : l’institution instaure désormais un lien de méfiance avec ses fonctionnaires, qu’elle voudrait avant tout dociles et dont elle aimerait réglementer les comportements ; elle exigera  d’eux la conformité à des normes, source de décisions parfois absurdes, plutôt que la pertinence de choix librement assumés en fonction des situations professionnelles ; elle mettra enfin les professeurs dans la contradiction, en attendant d'eux de la bonne volonté alors même que ses références ambiguës à la déontologie tendent essentiellement à témoigner, à leur égard, d’une suspicion inacceptable.

On ne peut pas tout réglementer : les conduites, les intentions, les pensées… Lorsque l’institution ne peut plus recourir aux dispositions réglementaires, il ne lui reste semble-t-il qu’une seule issue : imposer son point de vue au nom de la morale.

Lire l'article de Guy Desbiens sur ce blog.

 

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
L'imitation en art : une manière d'inventer

En ligne le 18 juillet 2010


L’imitation en art a mauvaise presse : n’est-elle pas un geste inutile répétant ce qui existe déjà, une soumission à l’extériorité qui instrumentalise l’art  ? Elle semble contraire à l’idéal aujourd'hui répandu d’un artiste « créateur ». Cet aspect, de plus, est nourri par une forte tradition philosophique de critique de l’imitation. Pour aggraver son cas, l’imitation fut érigée en principe esthétique par la tradition classique, fortement décriée de nos jours.

 

Il s’agira ici d'aller à contre-courant et, en partant de la théorie classique de « l’imitation de la nature » pour regarder les formes actuelles d'imitation comme hyper-mimésis, de montrer pourquoi on peut soutenir qu’imiter c’est inventer, comment une forme apparente d’aliénation de soi, une sorte de fidélité à l’extériorité, contribue à former la liberté de l’esprit, et plus largement comment le principe d’imitation débouche sur une perspective ontologique de « recréation ».

 

Lire l'article sur ce blog.

 

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  • 5 octobre 2010, 18h30, Lycée Condorcet, Paris, conférence "Condorcet, l'instruction et la cité".
  • 12 octobre, Lycée Louis le Grand, Paris, communication au Colloque "Laïcité" du SNPDEN. Inscription et renseignements par mél : laicite.snpden[at]gmail.com.
  • 9 novembre, 15h30, Cité de la musique, Paris, salle des colloques, cycle "Musique et utopies" : "La tragédie lyrique, une cosmologie supposée". Inscriptions sur le site de la Cité de la musique.
  • 27 novembre, Musée de la musique, Paris, communication au colloque "Utopia instrumentalis".
  • 11 janvier 2011, 15h30, Cité de la musique, Paris, salle des colloques, cycle "Musique et utopies" : "Art et utopie". Inscription sur le site de la Cité de la musique.

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