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Mise à jour du 26 janvier 2012  -- Qui est Catherine Kintzler ?

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Ce blog-revue est divisé en deux parties.
1- La partie blog : "Le bloc-notes", billets d'actualité et d'humeur, et annonces des nouvelles publications de la revue. 
2 - La partie revue : "Les articles"
, textes de recherche, écrits avec moins de hâte, longs, argumentés, référencés, casse-pieds : c'est exprès!

Mezetulle est rébarbatif, intello, raisonneur, politiquement incorrect et ne souhaite pas de lecteurs "cool" - du reste "cool" et "lecteur" sont des termes contradictoires. Son principe est simple mais ambitieux : que chaque texte soulève un enjeu pour la pensée. Son parti-pris est tout aussi simple : la pensée se rencontre partout, pourvu qu'on y soit attentif.

 

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Bloc-notes
Un bazar plein de charmes

En ligne le 26 janvier 2012


On trouve vraiment tout dans ce petit bazar à l'enseigne pleine de poésie.

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Photo prise par Mezetulle 26 janvier 2012 à Paris.

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Bloc-notes actualité
Laïcité : constitutionnalisation des principes de la loi de 1905

En ligne le 24 janvier 2012


Je m'apprêtais à écrire un nouveau Bloc-notes (1) au sujet de la constitutionnalisation des principes de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat, proposée par François Hollande le 22 janvier, lorsque j'ai reçu ce communiqué du président de l'Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires. Ce communiqué expose en termes brefs et clairs pourquoi cette constitutionnalisation ne fait nullement double emploi avec la simple présence des termes « laïcité » et « laïque » dans le texte constitutionnel.

En voici l'intégralité :

L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires se félicite de la déclaration nette et précise de Monsieur François Hollande candidat aux élections présidentielles manifestant sa volonté d'inscrire la loi du 9 décembre 1905 dans la Constitution de la République française.
Certes, le terme de laïcité est d'ores et déjà inscrit dans le texte constitutionnel.
Mais y ajouter de manière expresse l'article 1 et l'article 2 de la loi de 1905 serait naturellement, pour l'ensemble des acteurs de la laïcité, une avancée essentielle, la constitutionnalisation de ces deux principes juridiques fondateurs empêchant toute tentative de modification, d’amendement ou de toilettage de la loi de 1905 tel que cela avait été tenté entre 2005 et 2007.
Il appartiendra naturellement à tous les candidats aux élections présidentielles de se déterminer quant à eux, par rapport au choix ainsi effectué par le candidat François Hollande.

Fait à Paris, le 23 janvier 2012
Jean-Michel Quillardet, Président de l’Observatoire International de la Laïcité contre les dérives communautaires


Jean-Michel Quillardet me semble avoir raison de dire que cette constitutionnalisation ferait obstacle à toutes les tentatives de modification, telles que celles qui ont tour à tour été naguère proposées tant à gauche qu'à droite sous des adjectivations diverses : laïcité « plurielle, positive, ouverte, raisonnable, d'intelligence, apaisée.., etc. » et qui toutes tendaient à introduire une forme de reconnaissance et de financement public des cultes. Il en a été question à plusieurs reprises sur Mezetulle (2).


J'ajouterai à cela une réflexion sur le premier article de la loi. Il place la liberté de conscience, laquelle est « assurée », en position première. La liberté des cultes - partie extérieure et institutionnellement organisée des religions - en est un cas particulier et celle-ci est « garantie ». Il est à remarquer que le mot religion n'apparaît nulle part dans le texte de la loi : on n'y trouve que l'adjectif religieux qualifiant généralement des choses ou des institutions (édifices, services, congrégation, circonscriptions, enseignement, signes et emblèmes). Sage rédaction minimaliste : la liberté religieuse dont on fait grand tapage jouit donc d'une liberté extrême, celle que lui laisse le silence de la loi en l'incluant tacitement dans la liberté de conscience.

1 - Après celui du 2 novembre 2011.
2 - Voir notamment Benoist Apparu et le financement public des cultesQu'est-ce qu'une laïcité négative ?Laïcité : Sarkozy franchit la ligne rouge ; Laïcité et référence religieuse dans les textes constitutifs de l'association politiqueLes religions sont-elles d'intérêt public ?  . A ceux qui s'inquiètent des possibles conflits avec la législation européenne, je conseille l'article de Charles Arambourou La laïcité face aux libertés religieuses . En se limitant à la période 2005-2007 pour dénoncer les tentatives de modification de la loi, J.M. Quillardet est assez indulgent : je croyais que Manuel Valls avait proposé un financement public des cultes un peu plut tôt, et que la construction de la cathédrale d'Evry fut soutenue par Jack Lang au prétexte de créer un musée d'art sacré en son sein ? La déclaration de F. Hollande est presque capable de me faire penser que j'ai rêvé tout cela ! Je ne vais certes pas bouder mon plaisir.
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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Joly laïcité (un article de C. Genin)

En ligne le 17 janvier 2012


J'emprunte le titre de ce Bloc-notes à un échange de méls entre Christophe Genin et moi-même lors de l'envoi de son article (à lire dans la partie revue) commentant une proposition faite récemment par Eva Joly, candidate EELV à l'élection présidentielle. Mme Joly propose en effet, au motif d'un traitement égal entre les religions, d'introduire des fêtes religieuses dans le calendrier officiel afin que « juifs et musulmans puissent célébrer Kippour et l'Aïd-el-Kébir lors d'un jour férié ».
Si l’intention part d’un bon sentiment, elle semble reposer sur un contresens sur la laïcité et être contreproductive, cela pour plusieurs raisons que Christophe Genin examine dans son article.

 

Voyant l'effet produit par la déclaration de la candidate EELV, dans le désir de la « bémoliser », José Bové apporte ses lumières par une explication qui, loin d'atténuer le caractère antilaïque de la proposition, en remet une couche et se contente de rassurer les employeurs.
Il ne s'agit pas, déclare-t-il «  de rajouter des jours fériés mais de permettre à chacun, selon sa confession, de travailler à Pâques ou à Noël mais pas le jour de sa fête religieuse. » (1) L'insistance des formulations possessives - « chacun selon sa confession » « le jour de sa fête religieuse » - est révélatrice : il va de soi que chacun a une religion, et une seule...

Devant cette très oecuménique proposition, Mezetulle imagine une fiction maligne.

Supposons que j'aie une religion. Que se passerait-il si je changeais ma religion plusieurs fois dans l'année ? Ou encore supposons que j'aie plusieurs religions en même temps (à ma connaissance ce n'est pas interdit par la loi). Pourrais-je dans l'un ou l'autre cas bénéficier de plusieurs jours de congé religieux au motif du traitement égal entre les religions en ma personne ? Et pour m'empêcher de tirer au flanc, qui aurait autorité pour décider que « chacun » ne peut avoir qu'une seule religion, pour s'introduire ainsi dans la conscience de « chacun »  ? L'employeur ? La loi ? On va demander des certificats d'authenticité religieuse ? A qui ?
Quant à ceux qui seraient assez honnêtes pour se déclarer démunis - « sans religion » (2) - on n'y pense même pas (sait-on même que la liberté de conscience est plus large que la seule liberté religieuse?) :  ils pourront toujours se faire cuire un œuf en regardant le défilé militaire du 14 juillet.
Je me rends compte que je viens d'écrire une bêtise : le défilé militaire n'a pas les faveurs de Mme Joly.

Reste quand même (entre autres) le 14 juillet, jour de congé que partagent catholiques, musulmans, juifs, et aussi bouddhistes, zoroastriens, chrétiens orthodoxes, hindouistes, incroyants, chrétiens arméniens,  agnostiques, luthériens, athées, calvinistes, animistes... - comme on ne peut pas venir à bout de l'énumération il faut bien se résoudre à en écrire l'essence en trois lettres : etc. Des jours de congé comme ça, qui s'adressent à tous et à chacun en général (etc.) sans étiqueter personne, bien au-delà du champ de vision fragmenté d'Eva Joly relayée par José Bové, on en reprendrait bien un peu.

 

1 - Propos rapportés par Direct Matin daté du 13 janvier . On y lira aussi la relation (agrémentée d'une belle faute de français) de propos de Laurent Wauquiez qui a cru bon de recadrer Eva Joly en lui rappelant « l'histoire et les valeurs chrétiennes de la France ». La chasse au vote identitaire est ouverte. Et moi qui croyais qu'on allait élire le président d'une République une et indivisible...

2 - Et ici on n'a même pas besoin d'une fiction : 28% des sondés en France se déclarent "sans religion" selon une enquête IFOP réalisée en août 2010, téléchargeable sur le site de l'IFOP - je me réfère au tableau de la page 11 du document.

 

Lire l'article de Christophe Genin « Jours fériés : une proposition rétrograde faite par Eva Joly ».

 

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Bloc-notes actualité
2012, année Jean-Jacques Rousseau :
quelques textes sur Mezetulle

En ligne le 6 janvier 2012


On célèbre en 2012 le tricentenaire de Jean-Jacques Rousseau. En attendant de signaler à ses lecteurs quelques événements et participations, Mezetulle se permet de rappeler ici quelques publications sur ce blog - réunies notamment dans le Dossier Jean-Jacques Rousseau consacré aux rapports entre esthétique, musique, politique, théâtre et morale - ainsi qu'un article comparant les critiques du théâtre par les rigoristes du XVIIe siècle et par Rousseau.


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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
L'école de la « démocratie participative » :
une mystification manipulatrice

Un nouvel article de Tristan Béal. En ligne le 5 janvier 2012


« A quels enfants allons-nous laisser le monde ? » : voilà la question inquiétante et amère que pose Jaime Semprun dans L'Abîme se repeuple. Grâce aux pieux efforts du ministère de l'Education nationale, nous savons que ce ne sera certainement pas à des enfants comme ceux dont William Golding, dans Sa Majesté des mouches, nous conte la préoccupante histoire, ces enfants dont l'avion s'est écrasé sur une île déserte et qui, sans la présence tutélaire des adultes, sombrent dans une violence régie par les seuls rapports de force et la manipulation.
Quoique... 

 

Car cette école démocratique qui s'enfle devant nous, sous couvert de « responsabiliser » les élèves, de les rendre « autonomes », en leur intimant de donner leurs avis sur presque tout et n'importe quoi, ressemble à l'île de Sa Majesté des mouches : un lieu où, l'adulte et sa vertu protectrice et rectrice ayant disparu, la jeunesse livrée à elle seule, éclairée par de fausses lumières et habituée à une parole sans frein, risque de très vite se vautrer dans la barbarie.

Dans un article narquois et plein d'amertume, Tristan Béal s'interroge sur la mystification qui sous-tend cette école de la démocratie participative voulue par le ministère de l' Éducation nationale : son principe ne conduit-il pas à une école manipulatrice et pourvoyeuse de futurs citoyens influençables ? Ne peut-on y voir aussi la racine, entretenue à grands renforts d'angélisme, de certaines formes de violence ?

 

Lire l'article de Tristan Béal Pourquoi l'éducation civique à lécole primaire ? sur ce blog.

 

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
La Voix déliée de Bernard Baas : lecture par C. Kintzler

En ligne le 29 décembre 2011


Pour aborder le livre de Bernard Baas La Voix déliée (Paris : Hermann, 2010) je conseille de relire, en apéritif, la fable de La Fontaine Le Laboureur et ses enfants. On y apprend que le trésor, le mot sacré, la vérité ultime, la jouissance pure et parfaite, n'existent pas et que pourtant nous nous en inspirons, nous y aspirons. Cette structure, celle du désir, est celle d'un objet toujours déjà perdu. 

 

Bernard Baas parcourt les occurrences de ce qu'il considère à la fois comme le schème et le type de cette structure appelante : la voix, mais la voix déliée. Déliée de sa fonction parlante : que reste-t-il une fois évacué le détour de la représentation signifiante? Il reste le pneuma, une énonciation sans énoncé, ce qui excède le discours et qui serait non plus un sens construit et articulé mais la présence immédiate et la plénitude du sens. Et ce que la fable ne dit pas, et que le livre de Bernard Baas analyse fort bien, c'est qu'on n'aurait peut-être pas intérêt à trouver un tel objet absolu : ce serait très probablement comme si on entrait dans le cabinet de Barbe-Bleue, découvrant un objet insoutenable, aveuglant, hors-monde - immonde.

 

Lire l'article La Voix, objet inassignable et ses figures philosophiques sur ce blog.

 

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Bloc-notes actualité
La loi a-t-elle le droit de dire ce qu'il faut tenir pour vrai ?

En ligne le 24 décembre 2011

 

Au menu du réveillon figure un plat devenu hélas un classique bien que peu ragoûtant et toxique pour la pensée : les lois mémorielles. On a beau vomir cette sirupeuse bienpensance arrosée de fiel - qualifiée de « connerie sans nom » par Alain Juppé (1) -, les dévots s'obstinent à la resservir.

 

Mezetulle avait consacré quelques articles à la question en 2005, 2006 et 2007 (voir ci-dessous). On y trouvera notamment, outre des discussions intéressantes dans les commentaires, les liens vers des textes d'historiens et de juristes qui, bien sûr, n'ont pas été entendus. Ont-ils seulement été compris ? Comment faire comprendre à un dévot bienpensant qu'aucune proposition vraie n'a jamais été établie que sous la condition du doute, que sans l'expérience de l'erreur et sans l'épreuve du faux, rien de vrai ne peut être pensé ? Comment même lui faire comprendre que le vrai et le faux sont des objets de pensée ? On désespère d'y parvenir, et il se peut bien que La Rochefoucauld ait raison de dire : « il est de certaines bonnes qualités comme des sens : ceux qui en sont entièrement privés ne les peuvent apercevoir ni les comprendre ». 

Liberté pour l'histoire, 15 décembre 2005.

Les lois mémorielles : interdiction d'affirmer, de nier.. ou de douter ?, 20 octobre 2006.

Contre les lois mémorielles (suite), 3 janvier 2007.


1 - Le propos a largement été relayé par la presse, voir par exemple ici.
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en ligne le 29 novembre 2011 

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