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Mise à jour du 30 septembre 2014  -- Qui est Catherine Kintzler ?

 

Ce blog-revue est divisé en deux parties.
1- La partie blog : "Le bloc-notes", billets d'actualité et d'humeur, et annonces des nouvelles publications de la revue. 
2 - La partie revue : "Les articles"
, textes de recherche, écrits avec moins de hâte, longs, argumentés, référencés, casse-pieds : c'est exprès!

Mezetulle est rébarbatif, intello, raisonneur, politiquement incorrect et ne souhaite pas de lecteurs "cool" - du reste "cool" et "lecteur" sont des termes contradictoires. Son principe est simple mais ambitieux : que chaque texte soulève un enjeu pour la pensée. Son parti-pris est tout aussi simple : la pensée se rencontre partout, pourvu qu'on y soit attentif.

 

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
La municipalisation de l'école

En ligne le 29 septembre  2014


D’article en article,Tristan Béal poursuit avec une féroce ironie son analyse du démantèlement de l’école publique. Dans son nouvel article L'école des municipalités, il revient sur l’une des dernières « mesures-phare » : l’organisation des TAP (Temps d’activités périscolaires) par les communes. La « municipalisation » du temps scolaire n'est pas un épiphénomène de la réforme des rythmes scolaires, mais sa conséquence inévitable et principale.

 

On peut craindre que l'on ne s'arrête pas là et que ce ne soit pas seulement le temps de l'école qui soit « municipalisé », mais aussi le recrutement des maîtres et les programmes. Insidieusement ce sont les municipalités, et non plus l'État, qui s’imposent aux parents et aux personnels comme interlocuteurs en matière d’Éducation que l’on continue pourtant à dire nationale.

 

Lire l'article de Tristan Béal L'école des municipalités sur ce blog.

 

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Bloc-notes actualité
Penser la laïcité : revue et interventions

En ligne le 20 janvier 2014. Mise à jour du 27 septembre.

 

Ce Bloc-notes réactualisé est consacré aux recensions et interventions autour de Penser la laïcité (Paris : Minerve, 2014).

Avec un petit extra : lire la table des matières format pdf.

 

- L'Humanité 26-27-28 septembre p. 16-17 grand entretien en double page par Jérôme Skalski.

 

- La Nouvelle Quinzaine littéraire n° 1112, 16-30 sept. 2014,  p. 27  article « Lumières sur la laïcité » par Jean M. Goulemot.

Extrait :

«  Si ce livre ne trouve pas la place qui lui est due, il faudra en conclure que l'opinion et ceux qui l'inspirent se contentent du confort des idées reçues sur la laïcité, et ne perçoivent pas qu'à travers elle une liberté essentielle est en jeu. »

 

 

- Cahiers rationalistes, n° 630 mai-juin 2014, p. 53-55 recension par Pierre Hayat.

extrait : 

« ... ce livre spéculativement vigoureux d'une grande probité intellectuelle sera très utile à qui veut disposer de ressources analytiques et polémiques pour réfléchir à une des questions décisives du XXIe siècle. »

 

 

- Ecouter l'émission La Grande table (France Culture) du mercredi 25 juin "Faut-il repenser la laïcité?".

 

 

- Le Point daté du 3 juillet : interview de CK par Elisabeth Lévy.

 

 

- Le Figaro daté du 11 avril p. 10-11, interview de CK par Caroline Beyer, accessible en ligne sur le site du Figaro.

 

- mercredi 2 avril CK invitée par Jean-Michel Dhuez à la Matinale de France Musique - on peut écouter l'émission sur le site de La Matinale.

 

 

- A lire dans le numéro 78 de Philosophie magazine (avril 2014) un entretien entre CK et Jean-Marc Ferry, dans le cadre du dossier annoncé en couverture : « Peut-on fonder une morale sans Dieu ? », alimenté par bien d'autres textes.    

Le débat porte essentiellement sur la conception de l'association politique . Comment y penser non seulement la coexistence des libertés, mais aussi le débat entre les citoyens, le rapport entre la raison publique et ce qu'il est convenu d'appeler les « problèmes sociétaux »? Et si l'association politique s'interdit la question de la transcendance, peut-on en conclure pour autant que toute morale lui est étrangère ? Bien d'autres questions sont abordées dans cet entretien très substantiel, à l'image de l'ensemble des numéros que Philosophie magazine propose chaque mois (voir le site Philomag.com)

C'est aussi l'occasion pour moi d'un pan sur le bec ! A la fin de l'entretien p. 65, je lâche une bourde en disant que Descartes, dans Les Passions de l'âme, « n'emploie pas une seule fois le mot Dieu ». Ce qui est faux ! Dans le contexte d'une question sur les fondements de la morale, j’entendais dire : « n'emploie pas une seule fois de manière fondatrice le mot Dieu ». Cette bévue m'est entièrement imputable, car Philosophie magazine, conformément aux usages de la profession, m'a soumis le texte pour relecture avant publication - je n'y ai vu que du feu, prenant mon désir pour réalité comme il arrive parfois lorsque nous parlons de ce qui nous importe. Je présente donc mes excuses aux lecteurs et à Philosophie magazine. Allez je mets ça en petits caractères tellement j'ai honte...

 

- Le petit (mais non pas mince) dernier (mais non pas moindre) daté du 14 mars, un article bref et bien senti de Sébastien Fath sur son blog « Religion et laïcité ».

 

- Un excellent article par Jorge Morales dans le numéro 302 de la revue Humanisme. Repris par Jo sur son blog L'Abeille et l'architecte.

 

- Un excellent article par Gilles Poulet sur le site de l'Association des libres penseurs.

 

- Recension dans L'Enseignement philosophique (64e année, n°2)

 

- Recension par Philippe Foussier dans le n° 151 de Communes de France.

 

- La recension par Bernard Teper dans Respublica n° 738 (30 janvier 2014)

 

- Un bel article de Jérôme Skalski paru dans L'Humanité daté des 24, 25 et 26 janvier : lire « La laïcité de fond en comble ».

 

- Synopsis sur le site du Furet du Nord  . Franchement, je trouve ce résumé analytique très bien fait... Réflexion faite, je me rends compte que c'est moi qui l'ai écrit à la demande de mon éditeur pour alimenter le dossier de diffusion ! Merci au Furet du Nord de l'avoir utilisé : c'est fait pour cela !

 

- Écouter l'intégralité de l'émission Répliques du 18 janvier sur le site de France-Culture, ou en utilisant le lecteur ci-dessous.

 

 

 

Couverture du livre - pour lire le texte, cliquer sur l'image :

CKLaiciteCouv

 

 

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Bloc-notes actualité
La langue est-elle sexiste (1) ? (suite)

En ligne le 18 septembre 2014


Mezetulle a reçu des commentaires nourris après la publication du Bloc-notes Comment dit-on « la victime » au masculin ? et de l’article d’Alain Champseix Humanité, différence sexuelle et  langue . C’est sous forme de réaction à ces deux publications et aux commentaires qu’elles ont suscités que Jorge Morales m’a envoyé le texte qui suit. Et pour du même coup honorer une promesse faite dans une réponse à un commentaire , j’ai pensé qu’il serait intéressant et amusant de l’accompagner de l'extrait d’une lettre où Voltaire expose à Mme du Deffand un petit point de grammaire illustrée directement en rapport avec le sujet qui nous occupe.
 

 

Jorge Morales

À mon avis on fera fausse route si l’on part du présupposé que la société est a priori sexiste et phallocratique et que c’est la raison pour laquelle, et à partir de laquelle, la langue doit refléter la société. Si l’on y pense bien, il s’agit du même discours qui consiste à placer la discrimination comme préalable et à parler toujours à la place des autres : on le trouve dans celui qui décourage les nouveaux arrivants à s’intégrer car la France serait a priori raciste et intolérante ou dans celui de ceux qui ont décrété qu’il fallait bannir les auteurs classiques à l’école car il s’agirait, toujours a priori, de la pérennisation d’une culture bourgeoise et élitiste ; le mot fascisme n’est pas loin.

La langue et son évolution dans la société et l’histoire échappent donc à une vision réductionniste de type bourdieusienne qui a tendance à voir la « domination masculine » comme un absolu avec des victimes ancestrales et éternelles. On peut aussi se référer aux travaux de Marc Bloch qui a montré que la conception populaire du droit médiéval en France (oui, au Moyen Âge) était égalitaire ; les femmes n’étaient pas discriminées pour cause de sexe lors de l’attribution des biens communaux !!! C'est la confusion entre idéologie et évolution historique qui nous empêchera de comprendre l’histoire, d’identifier et de combattre les véritables cas d’inégalité.

Personnellement, je n’approuve pas l’idée qui consiste à dire que c’est toujours mieux ailleurs : regardez les Québécois, regardez les Espagnols... Ce n’est pas parce que l’on dit doctor et doctora ou professore et professoressa, et je le sais pour avoir fréquenté l’Italie ainsi que certains pays hispanophones, que les femmes y sont mieux traitées et à égalité avec les hommes. Catherine Kintzler a judicieusement montré que la prétendue règle qui consiste à dire que le masculin est une norme de grammaire ou qu’il l’emporte sur le féminin est une fausse règle car elle n’est en réalité qu’une absence de marque puisqu’il y a des mots féminins qui sont neutres et dont on pourrait dire également qu’ils l’emportent sur le masculin. Cela est également valable dans d’autres langues latines ; l’idée que les autres langues seraient plus réceptives que le français à la féminisation et donc plus égalitaires dans la société ne tient pas debout. Qu’on en finisse avec cette confusion, plus ou moins voulue par certains (voilà un mot au pluriel qui ne porte pas de marque de genre car « certains » peut être n’importe qui), entre sexe et genre, usage naturel de la langue et instrumentalisation politique, pluriel et masculin, homonymes et synonymes et qui aboutira à instaurer une police de la pensée et du langage.

Au-delà des question linguistiques, il me semble que la question de la féminisation forcée de la langue (avec des tirets, des parenthèses et des mots étranges) dévoile deux modèles politiques à mon sens antagoniques : le premier cherche à « faire de la place » à des catégories, à « donner de la visibilité » à des groupes, à instaurer une « société inclusive » (avec tous les bons sentiments que cela comporte), à juxtaposer et à collectionner des identités réelles ou supposées. Bref, à montrer son sexe partout en confondant corps social et corps politique. C’est aussi oublier, comme l’a montré Jean-Claude Milner (Existe-t-il une vie intellectuelle en France ?, p.  23), que « là où la société règne toute pensée s’éteint, toute langue se tait, toute oreille se ferme ». Le second ne fonctionne que par intégration, par distanciation avec soi-même (et avec son sexe) et par l’effort de se penser en homme (oui, les femmes sont des hommes) abstrait (ce qui n’abolit en rien les différences entre les personnes), ce qu’on appelle l’universel et qui produit une réelle altérité. Si le français utilise fréquemment des mots neutres c’est sans doute qu’il véhicule cette pensée abstraite qui est l’une des plus grandes richesses de notre culture. C’est en tout cas l’une des plus belles choses que cette langue m’a apportées depuis 15 ans que je la parle.
Non, la langue française n’est pas sexiste mais au contraire, et pour reprendre encore une phrase de Jean-Claude Milner (L’universel en éclats, p.  12), « elle porte un rêve d’universalité ».

[Voir les autres articles de Jorge Morales sur Mezetulle]

******

Voltaire à Mme du Deffand, 30 mars 1775

J'ai pu vous dire, madame : « J'ai été très mal et je le suis encore » :
1° parce que la chose est vraie  ;
2° parce que l'expression est très conforme, autant qu'il m'en souvient, à nos décisions académiques.
Ce « le » signifie évidemment « Je suis très mal encore ». Ce « le » signifie toujours la chose dont on vient de parler. C'est comme quand on vous dit : « Êtes-vous enrhumées, mesdames ? », elles doivent répondre : « Nous le sommes », ou  : « Nous ne le sommes pas ». Ce « le » est un neutre, en cette occasion, comme disent les doctes.
Il n'en est pas de même quand on vous demande : « Êtes-vous les personnes que je vis hier à la comédie du Barbier de Séville, dans la première loge ? » Vous devez répondre alors : « Nous les sommes », parce que vous devez indiquer ces personnes dont on parle.
Êtes-vous chrétienne ? Je le suis. Êtes-vous la Juive qui fut menée hier à l'Inquisition ? Je la suis. La raison en est évidente. Êtes-vous chrétienne ? Je suis cela. Êtes-vous la Juive d'hier, etc. ? Je suis elle.

 

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1 - Je me rends compte, quelques minutes après la mise en ligne de cet article, que le titre m'en a été inspiré par la réminiscence de celui du beau livre que Hélène Merlin-Kajman a publié en 2003 La langue est-elle fasciste ? Langue, pouvoir, enseignement (Paris : Seuil). On en lira ici un compte rendu par Laurence Marie.
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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Réflexions sur la différence des sexes, l'humanité et la langue (par A. Champseix)

En ligne le 21 août 2014


A la suite de la publication du Bloc-notes satirique « Comment dit-on "la victime" au masculin ? » (1), Mezetulle a reçu un texte d'Alain Champseix où il réfléchit sur la différence des sexes et les formes de domination qui lui sont liées, ainsi que leurs rapports avec la langue.

 

En s'éclairant des meilleures sources philosophiques, l'auteur montre que la langue n'est pas réductible à un simple reflet des rapports sociaux ni même un instrument marqué par l'extériorité et qu'on pourrait modifier à volonté, mais le lieu même où la pensée s'exerce, à la fois point de départ et résultat : pour penser plus loin que la langue, on n'en pense pas moins en elle et avec elle. Plus généralement, c'est une méditation sur la notion même d'humanité et son identité profonde - qui va au-delà même de la notion d'égalité - que l'auteur nous offre : 

"[...] il y a une identité – plus encore qu’une égalité - entre les hommes et les femmes, l’identité de l’essence de l’être humain et [...] cette identité est tellement inséparable de la langue qu’on peut aussi bien soutenir qu’elle est instituée par les hommes, en raison de leur propre nature toutefois et non du fait de leur bon vouloir, qu’elle les institue."

 

Lire l'article d'Alain Champseix Humanité, différence sexuelle et langue sur ce blog.

 

1 - Publié le 4 août, à lire ici, suivi de nombreux commentaires comme on pouvait s'y attendre !

 

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Bloc-notes actualité 
Les illettrés de l'instruction publique

par Guy Desbiens (1)
En ligne le 13 août 2014

 

À propos de l'école et de sa sempiternelle réforme, Guy Desbiens souligne ici un paradoxe récurrent, le paradoxe du pompier incendiaire : en versant des larmes de crocodile sur l'état de l'école, les réformateurs ne font que déplorer l'effet des mesures qu'ils ont mises en œuvre depuis de longues années. On attend aujourd’hui de l’école ce qu’on s’est toujours obstiné à détruire au sein même de celle-ci : la valeur culturelle des savoirs enseignés et les formes traditionnelles de cet enseignement. On prétend conjurer « l'échec de l'école » en réitérant les réformes qui précisément l'ont produit.

 

 

Pourquoi les réformes qui prétendaient rendre l'École plus juste ont-elles produit l'effet inverse ? Que cette question sous-entende un constat assumé par ceux qui en furent les artisans devrait nous inviter à la plus grande vigilance : car ce sont les mêmes qui condamnaient jadis l'École pour son élitisme, qui déplorent désormais les inégalités qu'elle accentue, reconnaissant rétrospectivement et involontairement qu'elle fut toujours plus juste qu'aujourd'hui. Les « experts » en « sciences de l’éducation » et les divers théoriciens des réformes, qui ont imposé aux gouvernants les pires choix en matière de politique éducative, éludent constamment leur responsabilité, et tirent même profit des échecs qu'ils ont eux-mêmes provoqués, dénonçant aujourd’hui l’inadéquation de l’École aux réalités sociales ou économiques et en appelant ainsi, de nouveau, à de nouvelles réformes. Le dernier projet de loi d’orientation, faisant suite à la pseudo-concertation et au Rapport « Refondons l’École de la République », n’a fait malheureusement que confirmer les mêmes erreurs : la « refondation », ainsi invoquée dans la plus grande ambiguïté, ne fut en réalité que la poursuite des réformes antérieures et elle dissimula indument dans sa rhétorique républicaine le même projet de destitution de l’École.

 

Et si la « démocratisation », qu'il suffit d'invoquer aujourd’hui s'agissant de l'École pour qu'on croie qu'elle sera suivie des meilleurs effets, ne répondait pas à un réel souci de justice, mais servait d'alibi aux réformes qui cherchent à liquider progressivement, dans l'enseignement de masse, toute référence à une transmission exigeante du savoir ?

 

C’est là en effet le présupposé et les conséquences d’un certain type de discours qui s’est imposé à tous les niveaux de la hiérarchie du système scolaire et que nous désignerons, faute de mieux, le « discours pédagogique » : un discours qui s’institue désormais comme un dispositif idéologique dont il nous faut analyser les principes, montrer l’inconsistance et dénoncer les dangers. On attend aujourd’hui de l’École ce qu’on s’est toujours obstiné à détruire au sein même de celle-ci : la valeur culturelle des savoirs enseignés et les formes traditionnelles de cet enseignement. On attend aujourd’hui toujours plus du corps enseignant, le dévouement, le professionnalisme, l’investissement sans faille dans l’exercice de leur mission éducative : mais on estime ainsi pouvoir exiger de lui ce qu’on s’emploie précisément à rendre impossible.

 

Le déclin de l’École ne justifie donc pas de nouvelles réformes : il s’explique par celles-ci. C’est ce que nous aimerions faire comprendre. C’est en tout cas ce que le philosophe Alain avait déjà compris qui affirmait à propos des réformes :

« on le savait ; nul n'avait là-dessus le moindre doute. Mais on a fait l'essai, parce que les raisons de l'échec si exactement prédit sont de celles qu'on ne veut point dire ; et aussi parce que les essais sont décidés en partie par des hommes qui enseignaient bien, mais qui n'enseignent plus ; en partie par d'autres qui enseignaient mal et qui, par cette raison même, ont choisi d'administrer ; en partie par les hommes des bureaux, qui n'ont jamais enseigné, qui n'en seraient point capables, et que je me permets d'appeler les illettrés de l'instruction publique » (Propos sur l’éducation XLIII, du10 mars 1928).

 

1 - Texte repris avec l'aimable autorisation du Journal académique du SNALC, Académie de Lille, n° 153, mars 2014, et les remerciements de Mezetulle. Voir les autres articles de Guy Desbiens en ligne sur Mezetulle.


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Bloc-notes actualité
Novlangue : comment dit-on « la victime » au masculin ? 
Un-e sot-te trouve toujours un-e plus sot-te...

En ligne le 4 août 2014. Modifié le 12 août 2014

 

Aux États-Unis un professeur aurait été renvoyé de son école pour avoir écrit sur le blog de celle-ci un article consacré à l'homophonie. Motif : il y a homo dans le mot homophonie, cela fait penser à homosexualité, ce qui est mauvais pour la réputation très clean de l'école....  .
On reste confondu en lisant le récit qu'en fait l'intéressé, à tel point qu'on peut penser que c'est un canular. 


Que ce soit ou non un canular, cela fait certes une grosse différence pour l'intéressé et pour le niveau d'instruction de son ex-employeur, mais cela n'en fait aucune pour le mécanisme qui soutient la normalisation de la langue politiquement correcte, parfaitement mis en évidence ici. À savoir une vision morale du monde qui, pour exercer sa tyrannie, non seulement s'autorise de l'ignorance mais encore impose l'ignorance et son extension comme des normes. Car à ce compte, il faudra aussi soupçonner l'usage d'autres mots comme homologue, homothétie, homonyme, et pour faire bonne mesure on pourrait songer à interdire l'usage des racines grecques (hum... pédagogie, cela ne sonne pas tellement bien non plus). De proche en proche, on sera bien inspiré de surveiller aussi celui des racines latines : on n'est jamais trop prudent avec l'étranger. Ce qui nous ramène à une vérité : toute connaissance est par essence étrangère, venant d'ailleurs ou conduisant ailleurs ; il faudra donc s'en méfier.

Mais cessons de moquer cette version made in USA de ce que les États-Uniens appellent l'illiteracy. N'est-ce pas en vertu d'un mécanisme analogue qu'il est mal vu, en France, de rechigner à employer la féminisation forcée qui parle d'écrivaines, de professeures (au fait, comment ça se prononce ?), d'auteures, de procureures... j'allais oublier les chercheures scientifiques et les entraîneures de football ? Et si encore cela ne touchait que le lexique ! Mais non, le politiquement correct ordonne parfois de commettre des fautes d'accord : à propos d'une femme qui a gaffé, on dira qu'« elle s'est prise les pieds dans le tapis ». Et si je m'achète un bouquet de fleurs, faudra-t-il que je dise « je me suis offerte » ... des fleurs ?
Le comble du machisme, paraît-il, consiste, en écrivant, à noter la forme féminisée sous forme d'option entre parenthèses - par exemple « tou(te)s ». On ne sait ce qui est le plus coupable : user de parenthèses humiliantes en croyant bien faire ou rester droit-e dans ses bottes en écrivant sobrement et inclusivement « tous ». Prière d'utiliser les tirets. À l'oral on sera de toute façon tenu de congédier la sobriété et de proférer précautionneusement la déclinaison bienpensante « toutes et tous ». Même là on n'échappera pas à la culpabilisation. Car si vous dites « toutes et tous », vous reproduisez le vieux schéma macho galant « les femmes d'abord ». Et si vous dites « tous et toutes », eh bien ce n'est pas mieux car vous dépréciez les femmes comme secondaires.

Bon, à ma connaissance, on ne se fait pas encore virer pour non allégeance à la novlangue qui s'acharne à diviser l'humanité en deux, qui ignore la différence entre le genre d'un mot et celui d'une personne, et qui oublie que la forme dite masculine est fort souvent un neutre du fait qu'elle ne porte pas de marque. Mais ça pourrait venir. Je suggère alors, à des fins d'équité, de prévoir la même sanction pour ce-lles-ux qui continueront effrontément, en parlant d'un porteur de couilles, à dire, selon les cas : une victime, une excellence, une sentinelle, une personne. Pourquoi, pendant qu'on y est, ne pas revoir les expressions comme « il pleut », « il se trouve », « il y a », etc. ? Ou encore inventer quelque chose de plus discriminant (oops j'allais écrire discriminatoire) pour éviter la forme unique (tellement macho) du pronom au cas datif comme dans « je lui donne » ? Mais il n'en restera pas moins que pour être une nullité il n'est pas nécessaire de porter des nichons. 

 

[Edit du 12 août 2014]. Entendu aujourd'hui au Journal de 13 heures de France 2, pendant un reportage sur le Musée d'histoire de la médecine : « la visite n'a rien de traumatisante ».

 

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L'Éthique de Benzema démontrée more geometrico

par Jean-Claude Milner
En ligne le 10 juillet 2014

Jean-Claude Milner est un lecteur assidu de Spinoza, ce que les lecteurs de Mezetulle savent bien (1). Mais il suit assidument, aussi, les rencontres de football et les commentaires qu'en font les spécialistes. Les derniers matches de l'Equipe de France en Coupe du monde, où Karim Benzema n'a pas paru s'engager avec toute l'énergie qu'on pouvait attendre d'un brillant attaquant, lui ont inspiré ce texte « à la manière de Spinoza ».

 

Rappels et thématisation (par Mezetulle)

Le parcours de l'Équipe de France de football lors de la Coupe du monde au Brésil s'est achevé le 4 juillet par une élimination contre l'Allemagne en quart de finale (0-1). Depuis, les critiques envers Karim Benzema enflent et nourrissent une polémique : après un démarrage plus que prometteur (contre le Honduras le 15 juin et contre la Suisse le 20 juin), l'attaquant français accuse une baisse de régime à partir du match suivant (25 juin contre l'Equateur), comme s'il se sentait moins concerné.

Coïncidence remarquée par les commentateurs : ce relatif effacement s'est produit juste après que l'Espagne eut quitté la Coupe du monde (23 juin, match contre l'Australie). Or Benzema est l'un des joueurs les plus appréciés, à juste titre, du Real Madrid... La construction more geometrico peut dès lors s'enclencher, synthétiser nombre de critiques virulentes déjà présentes sur le web (2) en remontant à des principes plus généraux non moins acides.

 

 

L'Éthique de Benzema démontrée more geometrico

par Jean-Claude Milner

 

Définition

Par jouer j'entendrai jouer au football à plein régime.

Axiome 1

Benzema est un Français moyen, sur qui est tombé, aléatoirement, un talent de footballeur.

 

Axiome 2

Le Français moyen, depuis le XXe siècle, est typiquement un salarié.

 

Axiome 3

Le Français moyen entretient à sa rétribution une relation fondée sur le principe suivant : étant donné sa force de travail, en dépenser la fraction la plus petite possible qui justifie, aux yeux de son employeur, le salaire versé.

Scolie : le Français moyen, s'il est modeste, s'en tient à la conservation du salaire ; s'il est ambitieux, il va jusqu'à en souhaiter l'augmentation.

 

Théorème 1

Benzema ne prête aucune attention à l'Équipe de France, puisqu'elle n'est pas son employeur et ne lui verse pas de salaire.

Scolie : les primes versées par l'Équipe de France ne sont pas un salaire et, quel qu'en soit le montant, elles ne sauraient rivaliser avec le salaire versé par le Real.

 

Théorème 2

Benzema ne se soucie que de son club. 

Corollaire : dans son club, il ne fournit que le plus petit effort possible qui lui permette de conserver ou d'augmenter son salaire. 

Pour le conserver, il joue une fois sur trois ; pour l'augmenter, il joue une fois sur deux. Le choix dépend du climat, de l'atmosphère familiale, etc.

 

Théorème 3

Si Benzema fournit un effort en Équipe de France, c'est uniquement pour se rappeler indirectement au souvenir de son club.

Corollaire 1. Benzema ne marque des buts et ne fait des passes en Équipe de France que pour maintenir ou augmenter son salaire du Real.

Corollaire 2. Il ne consent à jouer, en Équipe de France, qu'avec des joueurs connus et appréciés en Espagne ; Griezmann, qui joue en Espagne ; Ribéry, que les clubs espagnols connaissent par sa rivalité avec Ronaldo pour le Ballon d'or. Mais pas Giroud, parce qu'il joue dans une équipe (Arsenal) que les Espagnols méprisent.

Corollaire 3. Benzema a cessé de jouer dès que l'équipe d'Espagne a quitté le Mondial. Il savait que les Espagnols cesseraient de regarder et que ses réussites éventuelles compteraient pour rien. 

Scolie. Même raisonnement pour le Portugal (pratiquement éliminé depuis le 22 juin) : il ne servait à rien de s'affirmer face à Ronaldo, puisque celui-ci ne participait plus à la compétition.

 

Théorème 4

Benzema entretient avec le football la même relation que le Français moyen entretient avec son activité professionnelle.

Corollaire. Il est impossible de déterminer s'il aime ou n'aime pas le football.

Scolie. Cette détermination n'est pas pertinente ; elle relève du privé et n'affecte en rien la mise en acte de son talent potentiel.

 

Théorème 5

Il est indifférent à la compétition des autres joueurs, sauf si elle affecte son salaire.

Corollaire 1. Il a de très bons rapports avec Ronaldo au Real, parce qu'il lui est indifférent que Ronaldo l'éclipse sur tous les plans. Ce qui compte, c'est que les exigences de Ronaldo (ou celles de Gareth Bale) tirent les salaires (et donc le sien) vers le haut.

Corollaire 2. Il joue de la même manière, qu'il soit dans une équipe faible ou dans une équipe forte. Il joue au Real comme il jouait à Lyon.

Corollaire 3. Il ne progresse pas dans sa manière de jouer, sauf pour compenser les effets de l'âge et maintenir son salaire.

 

Théorème 6

Étant indifférent aux autres joueurs, il n'apprend rien d'eux,

 

Théorème 7

Étant indifférent aux autres joueurs, il ne leur apprend rien.

Corollaire 1. Il ne rend pas meilleure l'équipe où il se trouve, sauf si cela peut enrichir son club et, par là, indirectement augmenter son salaire.

Corollaire 2. Comme l'Équipe de France ne lui verse pas de salaire, il ne la rend pas et ne la rendra jamais meilleure.

 

Et voilà pourquoi l'Équipe de France est muette.


        1 - Voir Spinoza trompeur et l'art d'écrire et la discussion entre C. Arambourou et C. Kintzler.

 2 - Les critiques de Pierre Ménès sont bien connues, mais il est intéressant aussi de lire les commentaires des lecteurs. Voir http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/05/1913687-defaite-bleus-pierre-menes-tacle-karim-benzema-didier-deschamps.html, voir aussi http://www.foot01.com/equipe-de-france/pierre-menes-remet-un-deuxieme-taquet-a-benzema,148439


 

© Jean-Claude Milner et Mezetulle, 2014.
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Institutrice tuée par une mère d'élève : « l'école doit rester ouverte à la société » ...

En ligne le 4 juillet 2014. Mise à jour du 6 juillet

 

Après avoir appris le matin du 4 juillet qu'une mère d'élève a poignardé mortellement une institutrice à Albi, le ministre de l'Education nationale se rend sur place - c'est la moindre des choses - et s'adresse à la presse.

Parmi les paroles évidemment nécessaires d'émotion, de condoléance, de soutien à la famille de la victime, à ses collègues et aux élèves, il précise que cet acte « abominable » était « imprévisible ». Il déclare fort pertinemment que « l'école doit être protégée », ayant besoin de sérénité.
Et puis il ajoute que, oui, il faut protéger l'école, mais « protéger, ce n'est pas fermer : l'école doit rester ouverte sur la société et ouverte aux parents », n'oubliant pas de réitérer une politique trentenaire désastreuse, et versant un acide très déplaisant sur une plaie qui mine les personnels enseignants mais que le personnel politique s'acharne à méconnaître ou à taire (1) : cette profession démunie, humiliée, constamment désavouée, est régulièrement la cible de parents (et d'élèves) indélicats. Mais, comme le précise une récente enquête INSEE, ne dramatisons pas : les meurtres d'enseignants dans le cadre de leur métier sont « rares ». 

Protéger un lieu en l'ouvrant : c'est sûr, on n'y aurait pas pensé, mais c'est oublier que l'école est avant tout un « lieu de vie ». Dire le contraire, c'est faire partie des « oiseaux de mauvais augure » et instrumentaliser une tragédie. 


Eh bien non, Mezetulle ne conçoit pas qu'on prétende respecter la douleur d'une famille et d'une profession en réaffirmant insolemment une politique qui détruit l'autorité des professeurs, qui laisse parents et élèves dicter leur loi au sein de l'école : les condoléances, dans ces conditions, s'apparentent à un crachat jeté à la figure de ceux sur lesquels on s'apitoie, à grands renforts de « cellules de soutien psychologique ».

Ce n'est pas l'école qu'il faut ouvrir, ce sont les yeux des politiques ! Il est urgent de prendre des mesures pour que les professeurs cessent d'être insultés, harcelés, désavoués, agressés physiquement et moralement, poussés au désespoir ! Il faut arrêter de faire de l'école un « lieu ouvert sur la vie » !


Les déclarations du Ministre, je les ai entendues lors de la retransmission complète de sa mini-conférence de presse à la télévision (BFM TV, 14h). Mais je me demande si j'ai rêvé : elles sont actuellement (vendredi 4 juillet, 15h30) introuvables sur le web qui ne diffuse (pour le moment?) que des extrait bien choisis. Une autre conférence de presse est prévue à 17h.

Edit du 6 juillet. On trouve la vidéo intégrale de cette conférence de presse d'une durée de 11 minutes sur BFMTV-Youtube
Ecouter en particulier à partir de 7 minutes pour entendre les propos que je rapporte (7'59 : « la réussite de l'école passe aussi par le fait qu'elle est ouverte aux parents, ouverte aux élèves, ouverte à la société »), et l'allusion aux « oiseaux de mauvais augure qui viendront chercher à faire leur miel de ce type de drame... ». 


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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Bac, sujets de physique : ce n'est pas un canular !

En ligne le 27 juin 2014

Benjamin Carton (économiste, ancien professeur de mathématiques en classes préparatoires) propose aux lecteurs de Mezetulle de jeter un coup d’oeil sur les sujets de physique du baccalauréat. 

 

L'hypothèse d'un canular s'est présentée à mon esprit. Les élèves ne sachant pas ce qu'est le modèle standard (le modèle standard est la théorie, il n'y a pas de « théorie du modèle standard » au sens où l'on dit « théorie de l'électricité ») ni donc ce qu'est le boson de Higgs, on voit mal comment ils pourraient répondre. Heureusement, des documents sont là pour donner des pistes.

 

Lire l’article de Benjamin Carton Sujets de bac en physique : discuter sans rien y comprendre sur Mezetulle

 

NB. Les commentaires de ce billet d'annonce sont désactivés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires, y compris ceux qui pourraient s'adresser à Mezetullesur l'article.


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25 juin 2014, jour faste pour la laïcité

En ligne le 26 juin 2014

 

Le jeudi 25 juin 2014 fut une journée favorable pour la laïcité

 

L'affaire Baby-Loup a connu son épiloque juridique - du moins en législation nationale. En début d'après-midi, on a appris en effet que l’Assemblée plénière de la Cour de cassation a approuvé l’arrêt de la Cour d’appel de Paris confirmant le licenciement de Mme Afif, salariée de la crèche Baby-Loup, pour faute grave (refus de s’abstenir de porter un voile, insubordination et comportement agressif).

Lire :

le texte de l’arrêt ;

- l’analyse détaillée par Charles Arambourou, publiée par UFAL-info ;

- le communiqué du Comité Laïcité République ;

- l'éditorial de l’association EGALE.

 

Et un peu auparavant, Catherine Kintzler était l’invitée de l’émission La Grande Table (France-Culture), au sujet du livre Penser la laïcité.

Euh, ça c’est plutôt pour CK que c’est une bonne nouvelle. Les lecteurs pourront juger si c’est aussi une bonne nouvelle pour la laïcité en écoutant l’enregistrement :

 

 

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Apprendre à philosopher avec Kant de Jean-Michel Muglioni (1)

En ligne le 21 juin 2014

 

Dans la série de la collection « Apprendre à philosopher avec... » (éditions Ellipses) Jean-Michel Muglioni signe un « Kant ». Comme il le dit lui-même dans l’introduction « Ce petit livre ne propose [...] pas au lecteur un succédané de Kant, mais il voudrait seulement montrer que quiconque désire s’instruire peut avoir accès à cette philosophie trop souvent considérée comme inaccessible. » Ainsi il ne s’agit pas de mettre un grand esprit en vitrine pour le contempler de l’extérieur, mais véritablement d’apprendre à philosopher en s’instruisant avec lui et par lui, en s’appropriant un contenu philosophique substantiel.

 

L’exercice de la raison ne se réduit pas à la constitution des sciences positives, laissant de côté les questions les plus fortes et les plus profondes, celles qui nous importent le plus, pour les abandonner au champ des croyances. Parce que les questions métaphysiques et morales sont nécessaires et aussi parce qu’il est impossible de les traiter en termes de certitude ou de positivité scientifique, il faut les affronter sans pour autant renoncer à la rationalité commune à tous les hommes. Car cette impossibilité même est intelligible et n’a nul besoin d’une extériorité pour être et pour être comprise ; on peut et on doit en construire la théorie.

 

Kant réussit cette immense tâche, précisément parce qu’il se la prescrit en termes rationnels. Aussi sa leçon est-elle magistrale et profondément morale. Elle peut se caractériser, au fond, en deux mots : critique et liberté. Critique des pouvoirs et des limites de la raison qui, loin de la congédier, l’élève à sa propre intelligibilité sans la renvoyer à une instance autre qu’elle-même. Dans ce cheminement problématique qui la met en demeure de rendre compte à elle-même des illusions dont elle est aussi l’auteur, la raison se découvre comme la seule véritable autorité.

 

C’est à suivre cette leçon que Jean-Michel Muglioni aide son lecteur, comme un premier de cordée vigilant qui n’a d’autre supériorité sur ceux qu’il « assure » que l’expérience. À mettre ainsi ses pas dans ceux d’un grand professeur, on prend juste le risque de gagner force et autonomie et d’arriver en même temps que lui tout en haut.

 

1 - Jean-Michel Muglioni, Apprendre à philosopher avec Kant, Paris : Ellipses, 2014, 250p. index.

 

Lire aussi :

Repères philosophiques de Jean-Michel Muglioni, par Frédéric Dupin.

Problématiques philosophiques de Bernard Baas, par Romain Couderc.

Cours de métaphysique moderne de Daniel Liotta, par Mezetulle (CK).

 

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Mourad Boudjellal :
une déclaration d'amour à la France, à Paris, à l'universel

En ligne le 20 juin 2014

 

Lectrice du Parisien, je tombe il y a presque un mois sur une magnifique interview de Mourad Boudjellal, président du Rugby Club Toulonnais. C’était dans un « Communiqué » sous la forme d’un supplément de 12 pages (inséré dans l’édition du Parisien du 27 mai 2014), consacré à la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 et publié par l’Association Avant Garde Paris 2004

 

 

Je me félicite d’avoir conservé l’exemplaire « papier » de ce fascicule, car je n’ai pas réussi à trouver le texte de l’itw sur le site du Parisien. On trouve la photo de la page sur le site d’Avant Garde Paris 2024 , mais c’est très difficile, pour ne pas dire impossible, à lire ! Je vous livre ci-dessous quelques passages significatifs de l’interview : on boit du lait. Notons que que cet entretien a été publié entre la victoire du RCT en Coupe d’Europe de rugby (24 mai) et celle en Top 14 (Bouclier de Brennus remporté le 31 mai).

 

 

Au sujet de la France:

« Dans la culture mondiale qui se met en place, la France a quelque chose d’essentiel à donner. Elle a toujours porté dans l’Histoire les grandes idées, elle en est la représentante. La France est une référence pour le monde, nous avons une responsabilité, et chacun doit se le rappeler.  »

[…]

« Je réfléchis souvent à ma chance d’être Français. A priori, je n’ai pas à être fier de moi pour ça, parce que moi je n’y suis pour rien au départ. En revanche, j’aurai le droit d’en être fier si j’ai contribué à maintenir cet héritage et si j’en suis digne. »

 

Au sujet de Paris et d’une éventuelle candidature qui associerait un bon nombre de villes « en région » :

« Paris, c’est la France. C’est à Paris d’être candidate. Paris est dépositaire de l’Histoire du pays, mais l’Histoire appartient à tout le monde.

Chaque région apporte sa spécificité et c’est cette diversité qui fait la France. Voilà pourquoi votre idée d’associer des villes devenues proches à travers les transports rapides est essentielle. Cette prétendue hostilité de la province envers Paris est devenue du folklore, et encore. Elle sert à exprimer d’autres amertumes. Il n’y a personne qui n’aime pas Paris. […] Le rugby est, dit-on, un sport de clocher, eh bien je vais partout et je peux vous dire : tout le monde a envie de Paris. Peut-être pas pour y vivre en permanence […] mais on est heureux que Paris existe. Paris est à chacun, on en est fier. »

 

Au sujet de la conception de la candidature :

« Les JO sont un acte politique majeur. Ils peuvent réaffirmer, renforcer l’identité nationale autour de cette responsabilité mondiale. […]

« Le sport peut être un facteur d’intégration. […] Ne ratons pas l’occasion, avec les JO, d’accélérer les choses, et de contrer les idées reçues dont certaines ne sont même pas des opinions mais des délits ou des crimes, comme le racisme. […] Un des trucs dont je suis content, c’est qu’à Toulon, aujourd’hui, avec le succès de l’équipe de rugby, c’est plus difficile de dire « sale arabe ». […]

« Les grands projets créent du lien. Mais à la condition d’un contenu fort. Pour le contenant, pas de souci, c’est Paris et la France, c’est le plus beau du monde. Mais le contenu sera décisif. On nous attend sur le message, pas sur le feu d’artifice. Cette vision, c’est d’abord de n’exclure personne. »

« On dit qu’une candidature ça coûte 100 milions ? Franchement pour fédérer le pays et donner du plaisir à tous, moi je dis que c’est cadeau. »

 

Mourad Boudjellal, on se régale à vous lire. On se régale à voir jouer le RCT. Et en plus ils gagnent ! Exactement ce qu’il faut faire.

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Interventions CK

  • Diapason d'octobre : un beau dossier "Rameau" avec itw de CK par Ivan Alexandre en "ouverture"
  • 9 octobre 20h, Opéra de Clermont-Ferrand, conférence-concert avec l'orchestre "Les neveux de Rameau". Voir le programme
  • 18 octobre 16h, Opéra de Lille, conférence "L'opéra merveilleux dans la France classique"
  • Dans L'Humanité 26-27-28 septembre, itw de CK double page par Jérôme Skalski
  • Dans Le Point du 3 juillet, interview de CK double page par Elisabeth Lévy
  • Ecouter l'émission La Grande table (France Culture) du mercredi 25 juin "Faut-il repenser la laïcité?".
  • Débat (enregistrement audio) organisé par Philosophie magazine au salon du livre de Paris (23 mars) Peut-on fonder une morale sans dieu ?
  • 11 avril, interview CK dans Le Figaro (p. 10-11) par C. Beyer, en ligne sur le site du Figaro
  • 9 avril, Orléans, Conférence à l'ESPE et pour le Cercle Jean Zay : vidéo intégrale sur Youtube
  • mercredi 2 avril, invitée de la Matinale de France-Musique. A écouter sur le site de l'émission
  • Interview CK par J.M. Vacher, en ligne sur ConcertClassic.com "Modernité de Rameau"

 

Appel Faire vivre la laïcité

 

Publication CK

  • Livre Penser la laïcité (Paris : Minerve, 2014)

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