11 octobre 1970 7 11 /10 /octobre /1970 22:34

Mythes antirépublicains, laïcité et communautarisme
(Qu'est-ce que le communautarisme ?)
par Catherine Kintzler

En ligne le 24 février 2011


Le personnage du républicain « laïcard franchouillard » est un grand classique du roman antirépublicain. Ce mythe n'a aucun fondement conceptuel, mais il s'incarne dans une caricature et donne naissance à des fantasmes dont les effets sont bien réels. Le franchouillard et le multiculturaliste se confortent l'un l'autre en construisant de toutes pièces leur objet fantasmatique commun que les uns révèrent et que les autres abhorrent : « les musulmans », comme s'il s'agissait d'un bloc identitaire unifié. Ce faisant, tous deux confondent le communautaire et le communautarisme. Il importe de rappeler que la laïcité, qui s'oppose au communautarisme politique, n'a rien contre les communautés d'association, car toute communauté n'est pas communautariste. Il faut donc se demander ce qu'on entend au juste par communautarisme.
(Intervention au colloque de l'Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires « État de la laïcité et du communautarisme en Europe », 22 janvier 2011)


1 - Portrait-robot du républicain laïcard franchouillard

Je commencerai par dresser le portrait-robot du républicain laïcard franchouillard tel que le présente le roman anti-républicain.

1.Il considère que la France est la seule république au monde et pour définir la laïcité il se limite à la référence franco-française, plus particulièrement à la III République. Comme j'ai commencé mon livre Qu'est-ce que la laïcité ? en montrant que c'est faux du fait que la référence à la pensée anglaise classique est nécessaire pour rendre intelligibile le concept de laïcité, je ne perdrai pas mon temps à démolir ce mythe (1).
2.Il se fait une notion rigide et antireligieuse de la laïcité, qui se réduit pour lui à l'opposition public / privé, opposition qu'il interprète de manière restrictive, la liberté religieuse étant à ses yeux cantonnée à l'espace intime. Tout le reste est pour lui soumis à un « nettoyage » sévère... mais il s'en prend presque exclusivement aux musulmans.
3.Il a en horreur toute particularité, il pourchasse la diversité, c'est un « équarrisseur » qui sous prétexte d'universalisme impose une culture uniformisée. Il considère comme suspecte et menaçante toute existence de communauté. Il fétichise la différence entre le civil et le politique, qu'il présente comme une opposition conflictuelle : son propos consiste à nier le civil au profit du seul politique. On ne peut pas à ses yeux être à la fois une personne membre de la société civile et un citoyen : il faut choisir.


2 - Une caricature et deux dérives symétriques

Cette caricature hélas existe, nous la connaissons sous une forme groupusculaire, à laquelle l'opération saucisson-pinard a permis d'effectuer sa jonction avec une récupération de plus grande ampleur qui fait grand bruit ces derniers temps. Il faut ajouter que l'opération ne serait pas aussi brillante si elle n'avait été alimentée de longue date par la naïveté de la bienpensance multiculturaliste adoptée par des politiques – tant de gauche que de droite – profondément ignorantes de la laïcité (je n'ose pas dire : profondément hostiles à la laïcité).

Ce mythe franchouillard n'a aucun fondement conceptuel, mais il donne naissance à des fantasmes dont les effets sont bien réels. Le  franchouillard et le multiculturaliste se font face, se confortent l'un l'autre en construisant de toutes pièces leur objet fantasmatique commun que les uns révèrent et que les autres abhorrent : « les musulmans » comme s'il s'agissait d'un bloc identitaire unifié.

Il faut donc sans cesse rappeler que la laïcité ne se confond, ni avec un « nettoyage » des manifestations religieuses de tous les espaces, ni avec une acceptation de ces mêmes manifestations partout. On doit sans cesse dénoncer ces deux dérives symétriques et complices.

A cet effet il est nécessaire dissocier l’espace de constitution du droit et des libertés (domaine de la puissance et de l’autorité publiques rendant les droits possibles – il inclut notamment l'école publique) d’avec celui de leur exercice (espace civil ouvert au public et espace privé de l'intimité).
Sans cette distinction, la laïcité perd son sens : c’est précisément parce que la puissance publique et le domaine qui lui est associé s’astreignent à la réserve en matière de croyances et d’incroyances que les libertés d’expression, d’opinion, etc. peuvent, dans le respect du droit commun, se déployer dans la société civile sous le regard d’autrui (par exemple : la rue, le métro, une boutique, un hall de gare...) et dans l’espace de la vie privée à l’abri du regard d’autrui. Ce déploiement s'effectue conformément au droit commun qui certes protège les religions, qui les protège aussi les unes des autres, mais qui protège tout autant le fait de n'avoir aucune religion. Il faut que l'exercice de toutes ces libertés ne soit jamais contraire au droit d'autrui.

Autrement dit, le régime de laïcité articule le principe de laïcité avec le principe de tolérance ou de libre affichage.
La dérive multiculturaliste bienpensante (attention je n'ai pas dit « multiculturelle » car la société est multiculturelle, c'est un fait) consiste à abolir la laïcité du domaine de l'autorité publique, ce qui revient à « communautariser » l’ensemble de la société.
La dérive symétrique, une sorte d’extrémisme laïque, consiste à exiger que le principe d’abstention qui règne dans le domaine de la puissance publique s’applique aussi dans la société civile : on prive alors celle-ci tout simplement d’une de ses libertés fondamentales, la liberté d’expression.
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3 - Pourquoi le mythe d'un républicain laïque allergique à la notion de communauté est-il si tenace ?

L'association républicaine laïque, suppose la non-appartenance : elle ne repose sur aucun lien préalable, qu'il soit religieux, social, ethnique, etc. C'est un minimalisme. Cela ne signifie pas qu'elle doive éliminer toute appartenance comme lui étant contraire. Cela signifie qu'elle n'a pas besoin de ces références pour se construire et pour se maintenir. La citoyenneté elle-même n'est pas pensée comme une appartenance. C'est cela qui fonde la distinction entre l'ethnique et le politique.

Seulement, ce que le roman antirépublicain oublie, c'est que tous les États de droit pratiquent cette distinction, à des degrés divers. Dans tout État de droit, l'association politique se forme de manière historique et réfléchie, elle n'est pas spontanée, elle n'est pas dictée par une norme qui lui serait extérieure. Aujourd'hui, et ce n'est pas la première fois dans notre histoire, on tente de nous imposer une conception ethnique de la nation. Il faut être très ferme sur la thèse de la formation politique, historique et critique de la nation. En recevant la nationalité française, mon grand-père immigré d'origine italienne n'a pas reçu sur la tête « nos ancêtres les Gaulois » : il a choisi d'avoir pour ancêtres spirituels les vainqueurs de la Bastille et les auteurs de la Déclaration de 1789. Cette filiation-là ne passe pas par le sang, ni par une assimilation fusionnelle : elle s'acquiert, et cela est vrai pour tous, immigrés ou non.

L'association politique laïque opère la distinction entre l'ethnique et le politique conformément au concept de laïcité, qui suppose que le corps politique ne repose sur aucun lien qui lui soit préalable ou extérieur.
Elle considère que le droit de l'individu est toujours fondamental, prioritaire sur tout droit collectif – et qu'un droit collectif n'a de sens que s'il accroît le droit de l'individu. On voit bien la conséquence sur la notion même de « droit des communautés ». On peut appartenir à une communauté, on peut s'en détacher sans craindre de représailles. On peut être « différent de sa différence »(2), échapper aux assignations différentialistes qui vous clouent à une identité que vous n'avez pas choisie ou dont vous rejetez certaines propriétés.

Une république laïque est ce que les logiciens appelleraient une classe paradoxale (3) : un ensemble d'éléments qui ne se rassemblent qu'en vertu de leur singularité, de ce qui les fait différer. Dans une telle association politique, le droit d'être comme ne sont pas les autres non seulement est assuré, mais il est au principe de l'association. Le seul but de l'association politique est l'existence, la préservation et l'extension des droits de chaque individu, pris singulièrement. Tout autre but est récusable.
Aussi devons-nous faire attention lorsque nous parlons du « vivre-ensemble » : c'est précisément parce que la république laïque assure d'abord le vivre-séparément qu'elle peut assurer mieux que toute autre le vivre-ensemble.
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 4 - Qu'est-ce que le communautarisme ?

Cela entre-t-il en conflit avec la notion de communauté ? Oui, si et seulement si une communauté bascule dans le communautarisme. Et le mythe antirépublicain fait comme s'il y avait coïncidence entre le communautaire et le communautarisme : au fond, le mythe antirépublicain, volontiers relayé par une gauche bienpensante, adopte ici une thèse familière à l'extrême-droite.

Il nous faut donc poser la question permettant de distinguer le communautaire et le communautarisme : toute communauté est-elle nécessairement communautariste ? La réponse est non. Cette réponse montre bien que la république laïque ne combat que le communautarisme, et qu'elle n'a rien contre les communautés.

Toute communauté n'est pas communautariste
S'assembler en vertu de ressemblances, d'affinités, d'origines, de goûts, de tout caractère commun, c'est former communauté. Il existe des associations culturelles, des associations cultuelles, des associations non-mixtes, des associations philosophiques, des associations de gens qui ont les cheveux roux ou qui mesurent plus de 1,75m... Cela est non seulement permis en république laïque, mais c'est encouragé, pourvu que rien ne contrarie le droit commun : les grandes lois sur les associations donnent un cadre juridique à ces communautés. On sait peu, par exemple, que le développement des langues régionales n'a jamais été aussi important que sous la III République, grâce à des petites académies qui ont profité de cette législation : le mythe antirépublicain n'aime pas qu'on lui rappelle cela.
A partir de quand peut-on parler de communautarisme ? (4)

Le communautarisme social
Une première forme de communautarisme repose sur l'exercice d'une pression sociale négatrice de la liberté des individus. Elle consiste à considérer qu'un groupe jouit d'une sorte de « chasse gardée » non seulement sur ses membres mais sur tous ceux qu'il estime devoir le rejoindre. Imaginons une association de roux qui considérerait que tous les roux n'adhérant pas à l'association, ou n'observant pas ses usages, sont des traîtres, des renégats et qui le leur ferait savoir par des brimades...

Transposée à d'autres domaines, on voit bien que ce qui accompagne cette forme de communautarisme social, c'est l'apostasie. Voilà comment, par exemple, Mohamed Sifaoui est menacé de mort par les intégristes islamistes. Voilà comment une jeune fille, dans certains secteurs, et pourvu qu'elle soit « étiquetée » par son apparence ou autre chose, aura des ennuis si elle ne porte pas une certaine tenue vestimentaire. Voilà comment la même jeune fille ou d'autres seront « invitées » à se marier sans qu'on tienne compte de leur souhait. Voilà comment on entend des gens déclarer qu'ils ne veulent pas être enterrés à côté de Juifs « et encore moins d'athées » (5).

Le communautarisme politique
A partir de là, et si on laisse ce type de communautarisme social exercer des représailles impunément – si on ne protège pas les individus, si on sacralise la vie en commun sans discernement, si on n'est pas ferme sur le droit fondamental à vivre séparé – se développe inévitablement la deuxième forme : le communautarisme politique.

Elle consiste à ériger un groupe en agent politique, à vouloir pour lui des droits et des devoirs distincts des droits et devoirs communs à tous. On peut donner comme exemple la revendication de « corsisation des emplois ». Autre exemple : les quotas, la revendication de « représentation » politique sur la base exclusive d'une particularité collective. Entendons-nous bien : des propositions communautaires peuvent alimenter le débat politique ou même inspirer un programme politique (par exemple celui d'un parti), mais elles ne peuvent pas, ce faisant, ériger une portion du corps politique en autorité séparée ni privilégier une portion des citoyens sur la base d'une particularité ; la loi est la même pour tous, les prérogatives ou distinctions qu'elle accorde à tel ou tel sont accessibles en droit à tous.

Le fondement des États de droit, c'est que le corps politique est formé uniquement par des individus. Leur pari, c'est qu'on peut et qu'on doit transcender la vision morcelée et tribale de la société : c'est qu'on peut et qu'on doit unifier par une loi commune reposant sur des principes universels cette mosaïque qui nécessairement tend vers un régime maffieux.

Le communautarisme politique c'est l'officialisation de la différence des droits : elle peut prendre le nom soft d'équité (« chacun et surtout chacune à sa juste place »), elle peut prendre le nom soft de « discrimination positive » ou d' « accommodement raisonnable », mais il s'agit toujours d'établir des privilèges et corrélativement des handicaps. C'est la rupture de l'égalité des droits.
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5 - Comment lutter contre le communautarisme politique ?

Parmi les États de droit, ceux qui s'en tiennent à un régime de tolérance (toleration) sont moins bien armés qu'une république laïque pour combattre cet émiettement politique qui inévitablement favorise l'affrontement entre communautés (quand il ne l'organise pas). Le problème de la République française ce n'est pas qu'elle est désarmée, c'est que les politiques ne se saisissent pas des armes et qu'ils manquent de volonté, parce que trop souvent ils s'inclinent devant les demandes communautaristes.

Ajoutons que les armes juridiques ne sont rien sans une politique résolue de maintien et de développement des services publics. Par exemple, si on abandonne la protection sociale publique, inévitablement on passe le relais à d'autres structures, parmi lesquelles les associations cultuelles. La marchandisation des services publics est une politique qui encourage la communautarisation. Là encore, les politiques ne sont pas assez vigilants – et ils sont même souvent les agents de ce démantèlement anti-laïque.

A nous de les réveiller. Je le ferai à ma manière en vous proposant un discours, une sorte de prosopopée. Voici ce que j'imagine que la République laïque dit à tous ceux qui sont tentés ou menacés par le communautarisme.

1° Si vous avez un culte ou une coutume, vous pouvez les pratiquer librement et les manifester, pourvu que cette pratique et cette manifestation ne nuisent à aucun autre droit. Vous pouvez même leur donner une forme juridique.
2° Si vous n'avez pas de culte ni de coutume ou si vous voulez vous défaire de ceux qui vous ont été imposés, la loi vous protège : « la République assure la liberté de conscience » éventuellement contre ceux qui tenteraient de vous contraindre à une appartenance particulière. Vous pouvez librement changer de religion, changer de communauté, vous pouvez librement vous détacher de toute communauté et vivre comme le promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau.
3° En revanche, si vous tentez d'ériger une religion, une appartenance, en autorité politique (si vous essayez de faire en sorte qu'elles deviennent une loi), si vous considérez qu'une partie de la population est tenue d'adhérer à une appartenance, qu'elle est une « chasse gardée » pour vous et ceux que vous considérez être les « vôtres », alors vous trouverez la loi en face de vous : vous n’avez aucun droit à forcer une personne à appartenir à une communauté. Aucun dieu, aucune foi, aucune appartenance autre que la participation au corps politique – qui n'est pas une appartenance mais un consentement raisonné - ne peut dicter sa loi à la République française. C'est précisément à ce prix qu'elle garantit la liberté de conscience et la liberté de culte à toutes les personnes qui vivent sur son territoire.


6 - Se dépayser : le déraciné est le paradigme du citoyen

Ce modèle de « déracinement » est l'application même du principe de laïcité au citoyen, c'est une espèce d'alchimie qui élève l'homme vers le citoyen, car le déraciné est le paradigme du citoyen. Cela ne se fait pas tout seul. Et pour ceux qui ont la chance d’être encore très jeunes, il s'effectue dans un lieu particulièrement concerné par la laïcité : l'école de la République. L'école républicaine est elle-même un paradigme pour comprendre le processus qui conduit à la citoyenneté.

L'école est en effet un lieu où, pour apprendre, on se dépayse, où on se libère de son environnement ordinaire. C'est vrai pour l'enfant d'agriculteur, pour l'enfant d'ouvrier, pour l'enfant de chômeur, pour l'enfant de cadre supérieur. En devenant élève, chaque enfant vit une double vie. En effet, pour apprendre, il faut faire un pas à l'extérieur et en deçà des certitudes.

Exemple particulièrement intéressant en rapport avec notre sujet : la langue. Apprendre la langue française à l'école, c'est apprendre une langue étrangère. Ce n'est pas la langue qu'on parle à la maison, et cela devrait être la même chose pour les petits  locuteurs Français eux-mêmes : la découverte et la ré-appropriation d'une langue qu'ils croient savoir. Voilà pourquoi il faut faire de la grammaire, et lire les poètes.

Ce qui est vrai de la langue française est vrai des langues dites régionales : vouloir les réserver à des « natifs » ou leur donner la priorité dans son enseignement, c'est du communautarisme. Jamais Frédéric Mistral n'a considéré que le provençal devait être la chasse gardée des Provençaux. Aussi a-t-il composé un magnifique Dictionnaire (6). Aussi a-t-il traduit sa Mireille dans une langue d'oïl superbe. Et j'en reviens donc à ma proposition, qui sera ma conclusion : il faut lire les poètes.

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© Catherine Kintzler, 2011


Notes   [cliquer ici pour fermer la fenêtre et revenir à l'appel de note]

  1. Les lecteurs de Mezetulle trouveront un aperçu de cette analyse dans l'article Secularism and French politics.
  2. J'emprunte cette expression à Alain Finkielkraut.
  3. Concept développé par Jean-Claude Milner dans Les Noms indistincts, Lagrasse : Verdier, 2007 (2 édition), chap. 11.
  4. Sur la formation du communautarisme et ses effets, on lira avec profit l'ouvrage de Julien Landfried Contre le communautarisme, Paris : A. Colin, 2007. Recension sur Mezetulle.
  5. Le Parisien, 30 mai 2009, p. 9. Voir l'article sur Mezetulle.
  6. Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige, Dictionnaire provençal-français embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne (1878), en ligne sur Lexilogos.

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par Catherine Kintzler - dans Politique - société
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commentaires

HTML... 24/10/2012 17:01


Chère Catherine Kintzler,


Un grand merci pour votre blog que je ne me lasse pas d'explorer. Je ne résiste pas au plaisir de recopier le passage de Jacques Muglioni auquel à mon avis vous pensez dans votre conclusion, ce
qui me permet de le méditer encore :


« L’école républicaine ne compte pas paresseusement sur les prétendus « pré-acquis » pour attribuer ensuite ses propres échecs à l’injustice sociale. (…) Ces remarques conduisent à une pédagogie
d’origine fort ancienne, mais aujourd’hui constamment méprisée : elle consiste à se dire fermement qu’on s’adresse à des ignorants pour les instruire, non pas à des enfants qui savent déjà ou
paraissent savoir, ne cessant de glaner d’empiriques connaissances au hasard des situations et des rencontres.

(…) Il s’agit, en premier lieu, d’apprendre une langue dont les plus belles œuvres ont consacré la valeur universelle. Lecture et écriture réduiront à ce qu’il vaut le parler familial. Tout
parler maternel est en quelque façon dialectal. C’est pourquoi la langue de l’école ne peut être indifféremment celle des ancêtres, à moins de préciser que les vrais ancêtres ne sont pas ceux qui
vous manquent, mais ceux qui vous portent. Que la langue de l’école ne soit pas la même que la langue maternelle, quelle découverte en vérité ! La langue de l’école doit être une langue qui par
ses œuvres appartienne à l’humanité. On pourrait en conclure que l’enfant, toujours venu d’ailleurs, de plus ou moins loin il est vrai, expérimente ainsi une sorte d’égalité. C’est toute la
justification de l’obligation scolaire : elle concerne d’abord les plus pauvres, les plus démunis, ceux qui n’ont que l’école pour devenir tout ce qu’ils peuvent être. » (Jacques Muglioni, La
République et l’instruction, 1989)

Catherine Kintzler 25/10/2012 15:51



Merci. En fait je pensais à un passage des Propos sur l'éducation d'Alain, et il est probable que Jacques Muglioni s'en soit également souvenu dans le beau texte que vous citez.



Incognitototo 10/03/2011 23:27



Et moi, voyez-vous j'habite avec ces "gens-là" à Montreuil et leur odeur ne me gêne même pas, ni même leurs manières particulières... c'est dingue non ? Vous croyez que j'aurai droit à une
médaille ?

Arnaud, vous êtes définitivement hors sujet et je ne vous répondrai plus ; donc inutile d'épiloguer sur mes "questions".



Arnaud 08/03/2011 13:34



Je ne sais pas où vous habitez, Incognitoto, mais moi je passe par la gare du nord tous les jours, deux fois par jour, et je peux vous garantir que les "communautés sociales, culturelles et
cultuelles" s'y croisent, s'y entassent (ah... la promiscuité du wagon de RER !), sans forcément avoir envie de se déchirer ou de se combattre...


(des fois si, mais c'est à cause du train qui est en retard aux heures de pointe, et personnellement je me moque de la couleur de peau du type qui m'enfonce son coude dans l'estomac)



Incognitototo 07/03/2011 20:25



Oui Arnaud, les crimes politiques et/ou racistes consécutifs à la guerre d'Algérie faisaient beaucoup plus de morts à l'époque qu'aujourd'hui (à ma connaissance, peu d'historiens se sont,
d'ailleurs, vraiment penchés sur leur nombre réel en France, probablement bien pire que ce qui se raconte) ; pareil, pour le nombre de tués par accident de la route...

Mais quel rapport avec ce que je dis et le sujet de l'article de Catherine ??? J'ai beau chercher, je ne vois pas...
 
D'ailleurs, j'évoque ce contexte dans mon premier commentaire, justement pour souligner qu'en aucune manière cette guerre d'Algérie, n'a modifié les rapports de solidarité, de mélanges et de
respect, qui existaient dans la communauté où je vivais, où il y avait énormément d'Algériens.
De même, en pleine guerre froide, le patron de mon père n'ignorait pas que ce dernier était communiste et ça n'empêchait nullement ce grand bourgeois, issu d'une lignée d'aristocrates, de se
mélanger à nous et de témoigner à mon père un respect et une reconnaissance, qu'on ne peut même plus imaginer aujourd'hui (sous certains aspects, très bien illustré dans les films de Don Camillo,
qui paraissent totalement anachroniques aujourd'hui et même totalement fictionnels, alors qu'ils racontent une réalité de comportement courante de l'époque, assurément enjolivée, mais réelle
quand même).

Faites bien la différence avec ce qui se passe aujourd'hui où tout est prétexte, y inclus ce qui se passe à 5 000 km, à ce que les communautés sociales, culturelles et cultuelles (si tant est
qu’on puisse correctement définir leurs contours), se déchirent, se combattent, luttent pour agrandir leur influence et s'excluent mutuellement, vous verrez que mes propos continuent à être vrais
et que nous n'avons pas gagné au change...



Arnaud 07/03/2011 11:02



@incognitototo...


Eh bien quitte à  parler des années soixante, je n'étais pas né (made in 1970...), mais il me semble que les relations entre "communautés" sont plus apaisées aujourd'hui que pendant la
guerre d'algérie.



Incognitototo 05/03/2011 01:50



@ Arnaud,

"... plutôt mieux qu'il y a un siècle", tout dépend du point de vue que vous adoptez.
Si vous voulez parler des pogroms, des ratonnades et autres assassinats racistes et xénophobes, oui certainement (bien que certaines statistiques auraient plutôt tendance à démontrer que si les
meurtres racistes sont en régression, les agressions, elles, sont en augmentation). De même que, fort heureusement, nous ne montrons plus des noirs dans nos zoos ou nos expositions
"universelles", comme des curiosités "inhumaines".

Seulement, ce n'était pas le propos de Catherine, ni le mien (qui se situe en plus dans les années 60 et pas au début du siècle), qui parlons du communautarisme et de la gangrène idéologique qui
tendrait, notamment, à diviser la laïcité, entre "bons" et "mauvais" citoyens et sujets.

Ce qui est pire qu'avant, c'est l'instauration et la multiplication, de zones de non-droit républicain et laïque. Ne pas faire un lien entre les difficultés des banlieues, leur déshérence, leur
violence, leur misère, leur inculture, et pour finir leur communautarisme, avec la démission (ou la volonté) politique qui laisse se développer tout ce qui y concourt, y inclus idéologiquement ;
ce n'est pas prendre le chemin de la résolution des problèmes.
Donc, je continuerai à soutenir que les communautés où existe une réelle mixité sociale, où le travail valorise les individus et ne manque pour personne, et où, les services publics de proximité
et de qualité sont présents, ont plus de chance de former une communauté nationale qui n'a pas peur des différences et qui même les transcende ; en tout cas plus que quand on abandonne des
groupes sociaux entiers à eux-mêmes, de préférence à l'écart de tous les autres.
C'est juste un constat de bon sens, issu de mon expérience.

Maintenant, si vous ne pensez pas que nous sommes en train de régresser sur ces 3 facteurs d'intégration et qu'en conséquence le communautarisme se développe et devient un danger pour la laïcité,
libre à vous ; de même, si vous voulez continuer à m'opposer des faits dont je ne parle pas, je vous suggère plutôt d'aller rechercher dans les époques où l'esclavage ou l'inquisition était
encore en vigueur, vous y trouverez assurément des éléments pour vous confirmer que ça va plutôt mieux aujourd'hui.
Et  si vous avez des études ou autres qui contrediraient ce que je dis et uniquement ce que je dis, faites-nous-en part, cela me rassurerait un peu de savoir que mes impressions et mes
constats ne sont pas confirmés par la réalité et qu'il y a moins de fanatiques politiques (quelque soit leur origine) aujourd'hui que dans les années soixante.



Revue républicaine 04/03/2011 09:47



Remarquable de clarté !


Je m'interroge cependant sur un point : nous connaissons des organisations qui jouent un un rôle présumé de représentation d'une communauté et en assument clairement une fonction de groupe de
pression visant, plus ou moins directement, à faire reconnaître des droits spécifiques. On serait dès lors amené à parler de communautarisme politique. Pourtant, il n'est pas certain que l'on
puisse affirmer que celui-ci s'affirme en relai d'un communautarisme social -- en tout cas dans les formes presque totalitaires que vous évoquez. Inversement, on trouve dans des cas robustes des
manifestations de communautarisme social qui ne trouvent pas véritablement de traduction politique.


Ne peut-on pas dès lors suggérer que ces deux formes de communautarisme peuvent certes s'additionner ou s'enchaîner mais qu'elles peuvent aussi s'exprimer indépendamment l'une de l'autre
contrairement à ce que vous laissez entendre ?



Michel JOBLOT 03/03/2011 14:03



Bonjour Mme KINTZLER.


Je viens de lire votre très intéressant article qui définit tès bien ce qu'est la laïcité. Il confirme aussi ce que j'avais pu lire dans l'ouvrage de Pierre-André Taguieff : "La République
enlisée - Communautarisme, pluralisme et idée républicaine parue en 2005. Je suis d'accord avec vous sur le fait que dire "les musulmans" ou "l'islam" ne veut rien dire.Pas plus d'ailleurs qu
"l'islam DE France", concept parfaitement vide de signification. Néanmoins, nul ne peut nier que "l'isalm" et "les musulmans" ont fait irruption sur la scène médiatique et dans le débat
politique. A tel point que les socialistes et l'UMP veulent construire des mosquées, aux frais des contribuables (sans que l'Etat en soit propriétaire, comme c'est le cas pour les Cathédrales ou
les églises, construites avant 1905, propriétés des communes). Pour cela Jean Glavany, François Fillon, Nicolas Sarkozy, André Gerin, et bien d'autres,sont prêts à remettre en cause ou contourner
la loi de 1905. Le Président de la République a dit "qu'en France, il n'y avait pas de minarets et pas le muezzzin pour l'appel à la prière", nous savons tous que c'est faux! A Marseillele
minaret fera 25 mètres de haut et aura un phare en son sommet pour appeler à la prière! A Paris Daniel Vaillant était très fier d'expliquer dans France-Soir que la Mairie de Paris allait dépenser
22M€ dans un Institut des cultures musulmanes, dont une partie sera une mosquée, qui sera revendue ultérieurement (et la Mairie de Paris ne sera nullement propriétaire, ces batiments ne seront
pas "propriétés de la Nation") Est-ce acceptable ? Certains à Gauche, multiplient les provocations pour faire monter le vote FN, pensant s'assurer ainsi des victoires confortables ausx
prochaines élections. L'UMP coure à la fois derrière la surrenchère socialiste et la prise à son compte des thèmes de la République , de l'Etat et de la laïcité par Marine LE PEN ; certains ne
seraient pas mécontents d'offir à leurs amis du BTP(Bouygues par exemple), le marché juteux des mosquées, payées avec l'argent des contribuables. Devant ces graves remises en causes de nos
proncipes, j'ai mis enligne une pétition "NON aux mosquées payées avec l'argent des contribuables!NON aux minarets!" http://www.france-petitions.com
. Je vous seri reconnaissant si vous pouviez examiner le contenu de ma pétition et me faire part de votre point de vue laïque et républicain. Je crois essentiel que tous les républicains se
mobilisent contre le financement direct ou indirect des religions par l'argent des contribuables, et en particulier de "l'islam", puisque c'est l'actualité. Je suis persuadé que cette question
est très sensible pour beaucoup de français, et que tout recul sur nos principes sous un prétexte ou un autre pour financer "l'islam DE France", sera un formidable "booster" pour le vote en
faveur du FN et de Marine LE PEN. Il me semble que notre devoir est d'agir. Cordialement Michel Joblot - P.S. J'ai eu l'occasion de vous rencontrer à Lyon, à la Bourse du Travail, au moment de la
"loi sur le voile". Cette réunion avait d'ailleurs été perturbée par des activistes musulmans opposés à la laïcité.



Catherine Kintzler 04/03/2011 20:24



Je vous remercie pour toutes ces précisions et je souscris à bien des analyses, notamment celle que vous proposez sur la montée du FN. 


Vous comprendrez aisément que je ne peux pas souscrire à un texte qui reste particulier dans sa visée, car même si c'est la question du financement des mosquées qui défraie en ce moment la
chronique, je trouve qu'il est important de placer les choses au niveau général car c'est un principe : non aux édifices de culte édifiés avec l'argent des contribuables. Ne
touchez pas à la loi de 1905 !



Arnaud 03/03/2011 11:48



@ incognitoto: "À mon tour de supputer sur vos intentions... Vous souhaitez faire passer un message ? Et si oui, lequel ?"
Mon message est simple... En France, aujourd'hui, on n'est pas plus raciste qu'avant. On n'est pas plus communautariste qu'avant.


Au contraire même, traitez moi de naïf, mais je pense que les choses vont plutôt mieux qu'il y a un siècle.



Incognitototo 03/03/2011 00:40



Chère Anette,

Ne jalousez pas ma capacité à m'exprimer, je suis sûr que vous avez bien d'autres qualités, tout aussi enviables.
Je suis touché de vous avoir touchée et j'accueille avec plaisir votre poignée de main... Vous voyez, votre reconnaissance et le fait que vous l'exprimiez valent bien mes mots.

Mine de rien, ça aussi c'est quelque chose qui disparait dans notre société : le contact physique, la dimension charnelle et émotionnelle des échanges.

Dans la communauté de mon enfance, les gens se touchaient (les hommes, bien évidemment, moins que les femmes et les enfants). Je me souviens de ma mère soignant d'autres corps, sans chichi, et de
sa capacité à partager de l'intime, sans que ça ne devienne une affaire d'État. Je me souviens de mon père ramenant à la maison n'importe qui pour lui donner le gite et le couvert, juste parce
que ces personnes mendiaient dans la rue ou parce qu'elles débarquaient d'un pays lointain (j'ai appris la géographie rien qu'avec les "étrangers" qui venaient chez nous).
Je me suis reposé, reconstitué, blotti sur tellement de genoux, j'ai touché et embrassé tant de corps qui n'étaient pas seulement ceux de ma famille que j'ai une reconnaissance éternelle pour
toutes ces personnes qui, au-delà de nos différences, m'ont appris que l'humanité est notre condition commune.
Le plus petit dénominateur commun de la pensée et de la pratique laïque est en fait le plus grand : nous sommes tous des êtres humains.

Bien cordialement.



Caspard Annette 02/03/2011 17:27



@ incognitoto


Vous adressez une réponse longue, argumentée, et d'une courtoisie qui n'exclut pas quelques pointes cachées, à Arnaud, et "à tous ceux que cela intéresse".


Justement, j'en fais partie, des intéressés, exactement des intéresséEs, et si vous étiez en face de moi, je vous serrerais volontiers la main !


Un tel commentaire fait un bien fou, tant il tranche sur beaucoup d'autres, remplis de hargne, d'accusations péremptoires et/ou infondées, sans compter souvent une syntaxe et une orthographe plus
ou moins malmenées ...


Jalouse je suis : j'aimerais m'exprimer aussi bien ... !


Un seul mot : MERCI !


 



Mezetulle 02/03/2011 21:52



Annette, vous pourrez continuer à vous régaler en lisant Incognitoto sur son blog :


http://solutions-politiques.over-blog.com/



Hussard Noir 01/03/2011 13:55



Le citoyen est une figure complexe pétrie par plusieurs "mains" : son éducation est multiple. Celle de ses parents (que vous évoquiez justement sur l'article concernant EB), et donc de sa culture
d'origine. Et celle de l'école républicaine (qui est caduque aujourd'hui de facto comme vous le savez). Je pense que l'instruction républicaine ne doit pas oblitérer la culture d'origine du
citoyen mais lui proposer un niveau d'enrichissement supérieur. Le citoyen doit être un palimpseste, comme l'est la littérature et comme l'est l'histoire d'ailleurs.


Par ailleurs, le citoyen n'est pas, je pense, un artefact, tout en lui n'est pas acquis et artificiel : il est plutôt un mélange équilibré d'inné et d'acquis, même si la seconde nature s'acquiert
parfois par "opposition et négation" avec la première, comme dirait Alain reprenant Hegel. L'objectif est quand même l'harmonisation des appartenances diverses de l'individu, l'identité
républicaine devant d'une certaine manière subsumer le tout.


HN



Hussard Noir 28/02/2011 20:03



Chère Mme Kintzler,


J'approuve l'ensemble. Mais :


"le déraciné est le paradigme du citoyen"


Je dirais pour ma part : l'école enracine le citoyen en devenir dans une terre   (nation-Etat) plus grande
et plus riche que son terroir (région) d'origine.


 


Je dirai également ce que je dis souvent : il n'y a pas d'éducation hors-sol. Il n'y a pas de "cité", ni de "citoyenneté" hors-sol. Il n'y a pas de (vraie)
culture hors-sol...


 


Hussard Noir


http://sites.google.com/site/ecolerepublicaine/home



Catherine Kintzler 01/03/2011 10:26



Vous proposez me semble-t-il de compléter la notion de "déracinement" (ce que j'appelle aussi l'idée de "dépaysement") par un "réenracinement" mais dans un sol "cultivé" et non une terre
immédiatement donnée. bien sûr, et c'est en ce sens que je dis aussi : l'intégration concerne tout le monde. Mais j'inverserais votre dernière proposition ("il n'y a pas d'éducation hors-sol") :
le sol du citoyen est historique, philosophique, culturel, travaillé et non donné. Il n'y a donc pas d'enracinement, mais un ré-enracinement : c'est un mouvement second. Ce n'est pas une
"nature", mais une "seconde nature".



Incognitototo 26/02/2011 18:31



@ Arnaud, et ceux que cela intéressera,

Catherine vous a déjà répondu en partie en rectifiant vos fantasmes et projections sur mes intentions, d'autant que s'il y a quelqu'un qui n'est pas dans l'angélisme, ni passéiste, c'est bien
moi... Mon propos n'est pas du tout celui du "c'était mieux avant" (même si j'ai bien le droit à mes nostalgies d'enfance que je ne confonds pas avec le champ politique ; pour preuve, c'est que
j'ai toujours su recréer autour de moi, ces mélanges qui me plaisent et ne regrette donc pas le passé), mais celui de quelqu'un qui cherche quels ont été les facteurs qui ont modifié les
comportements communautaires pour les transformer en communautarisme.

Incontestablement l'urbanisme fonctionnel et son absence de mixité sociale y sont pour beaucoup. Je rajouterai qu'un autre facteur y est également pour beaucoup : cette communauté particulière,
où se mélangeait tout le monde, avait un ciment extérieur qui était celui des entreprises locales (et pas à une heure de transport en commun). Le quartier où j'habitais était une fourmilière
d'activités économiques qui allait de l'industrie lourde, en passant par l'artisanat jusqu'au petit commerce. L'interdépendance économique des entreprises (avec leur style de direction
généralement paternaliste qui n'avait pas que du mauvais) et en conséquence des hommes, dictait de fait une nécessité de bonne entente et personne ne se sentait lésé par l'activité de l'autre,
car chacun y participait à sa manière et était redevable des apports des autres, dans un joyeux bordel d'échanges tous azimuts.
Rajoutez à cela des services publics de proximité de qualité et vous créez une multitude de liens sociaux et d'occasions de mélanges qui anéantit toute idée et toute tentation communautariste,
mais qui renforce par contre la solidarité communautaire, quelle que soit l'origine des individus qui la compose.

L'école était également un haut lieu d'intégration, mais il est vrai qu'à l'époque les instituteurs se sentaient investis d'une mission sacrée... et les blouses obligatoires des écoliers
(qu'adoptaient également de nombreux instits, ce qu'on oublie souvent) étaient symboliquement le signe extérieur de l'abrogation temporaire de nos différences d'origine sociale. On n'avait pas
besoin de payer des répétiteurs, les instits le faisaient naturellement et gracieusement pour les élèves en difficulté ; de même qu'ils exerçaient un rôle de régulateur social en n'hésitant
pas à visiter les familles qui posaient problème. Non pas qu'il n'y ait plus aujourd'hui d'enseignants animés du même feu, mais ils représentaient, à l'époque, une grande majorité et la
valorisation de leur travail était à la mesure du respect et de la reconnaissance des populations et de la République pour leur savoir, ainsi que pour leur rôle social et
éducatif.
Donc non, pas passéiste, juste quelqu'un qui s'interroge sur ce qui a bien pu se passer dans la tête de nos politiques pour qu'ils se mettent à détruire, systématiquement et méthodiquement, les
"systèmes naturels" de régulation sociale qui empêchaient le communautarisme, du moins où je vivais ; et je n'ai pas besoin qu'on me rappelle l'histoire (je la connais merci) des échecs
dramatiques, "d'intégrations" qui se sont autrement plus mal passées, j'essaye juste d'apporter une contribution sur ce qui à mon sens fait la différence entre celles qui réussissent et celles
qui échouent.

Enfin, quel intérêt de rappeler les propagandes xénophobes, racistes et mensongères de 1903 : "sur ces 1,8 million d’individus établis chez nous, 60 000 à peine vivent de leurs revenus, c’est
à dire nous apportent de l’argent. Les autres, plus de 1,7 million, nous en prennent, tout en échappant à la plupart des charges qui pèsent sur nos nationaux.". À mon tour de supputer sur
vos intentions... Vous souhaitez faire passer un message ? Et si oui, lequel ?
Il faut avoir été patron pour savoir qu'aujourd'hui comme hier, sur certains postes, quand vous faites un recrutement, aucun "français de souche" (ce qui en soi est tellement rare au-delà de la
quatrième génération que je mets toujours des guillemets à cette expression et que je me demande toujours, comment certains peuvent encore justifier son utilisation) ne s'y présentera ; et toutes
les propagandes n'y changeront rien. Il est probable d'ailleurs que si les seuls émigrés de première et deuxième génération faisaient un jour une grève, plus rien ne fonctionnerait dans ce
pays.
C'est pourquoi, la laïcité, c'est plus qu'une idée de salon agitée par quelques "intellectuels aux mains propres", c'est une nécessité vitale et cruciale qui a des conséquences concrètes et
pratiques sur notre "mieux vivre ensemble et séparément", mais également sur notre développement économique ; quand on veut bien se donner la peine de comprendre tout ce qu'elle implique,
tel que nous y invite régulièrement Catherine, en nous rappelant, notamment, comment ne pas nous tromper d'ennemis.
Merci, d'ailleurs, à elle de me permettre de formaliser et de conceptualiser ce que je vis à l'instinct depuis si longtemps ; et ceux qui lui font de mauvais procès d'intentions feraient bien de
nous dire ce qu'ils pensent et ce qu'ils proposent vraiment, au lieu de remettre en cause l'endroit d'où elle parle, selon un procédé largement éprouvé de projection et de mépris à peine voilé.
Même si Catherine n'était jamais sortie d'un salon huppé du 16ième arrondissement, une petite cuillère en argent en guise d'accessoire, je ne vois pas en quoi cela enlèverait ou invaliderait quoi
que ce soit de ce qu'elle dit. Mais, il n'y a que ceux, qui vivent la laïcité dans leur chair et dans leur quotidien, qui sont capables d'intégrer ça, les autres continuent à chercher des boucs
émissaires pour donner un visage à leurs frustrations.



Albarèdes 26/02/2011 07:43



3 remarques : je n'ai jamais écrit qu'il fallait en finir avec l'islam , j'ai simplment écrit qu'il fallait lutter contre le communautarisme "islamique"(et non islamiste...);


c'est vous qui vous érigez en tribunal de la laïcité en excommuniant ceux qui osent ne pas penser comme vous et ont l'outrecuidance d'agir sur le terrain de la réalité "communautariste";


vous avez tort de vous dégonfler: vos lecteurs (comme les miens) seraient sans doute interessés par un vrai débat autour des problèmes posés aussi bien par l'islamisation rampante de notre
société que par les manoeuvres européennes de la COMECE vaticane..( le débat "démocratique", vous connaissez?)


A propos, et les 22 millions d'euros de la mairie de Paris en détournement de la loi de 1905 , vous en pensez quoi? Qu'allez-vous faire en tant que citoyenne laïque?


 



Catherine Kintzler 26/02/2011 12:16



Je vous cite: "en finir avec cette islamisation". Il suffit de faire un simple exercice de substitution (remplacer par exemple "islamisation" par "christianisation", je laisse les lecteurs
poursuivre l'exercice avec d'autres substantifs homologues) pour prendre la mesure de ce propos.


 


Je tente de contribuer, dans la mesure de mes moyens, à la promotion de la laïcité et à la lutte contre le communautarisme quelle qu'en soit l'inspiration. Vous trouvez ces tentatives
criticables, dérisoires et insuffisantes : vous êtes parfaitement libre de le dire ! Mais je n'ai pas à répondre à une liste impérative de mises en demeure et de prescriptions en forme
d'ultimatum et de test sur ma bonne conduite laïque : tout le monde peut voir quelles ont été et quelles sont mes positions, tout le monde peut en juger.



Je ne dirige aucune église, aucun parti, aucune secte, je ne fais partie d'aucun bureau politique et je ne suis donc pas en état de prononcer des excommunications ou des exclusions. Je dis ce que
je pense, en toute liberté. Vous pouvez faire de même.
Libre à vous de publier en ligne ou autrement tout le mal que vous pensez de moi ! Les moyens d'expression ne manquent pas, mais merci de ne plus venir m'importuner sur ce blog avec des attaques
personnelles et des mises en demeure.



Lièvre 25/02/2011 17:34



Merci encore une fois Madame Kintzler pour la précision de votre analyse relative au communautarisme. La distinction entre communautarisme social et communautarisme politique me semble aussi très
pertinente. Elle permet de situer le "danger" à plusieurs niveaux e responsabilité. Vous nous laissez cependant sur notre faim par votre conclusion rapide et surprenante. Lire les poètes oui,
bien évidemment. Mais d'abord lesquels ? Victor Hugo, Paul Verlaine, Georges Brassens, Michel Houellebeq ? Et ensuite, si les poètes permettent une vision différente de la langue, donc du monde,
ils ne participent pas directement à l'infléchissement des "tendances" parce qu'ils ne sont connus que du petit nombre. Il est possible, aussi, que ma culture restreinte ne me permette pas
de connaitre des poètes ayant révolutionner le monde...


Cordialement.



Catherine Kintzler 25/02/2011 21:43



Lire les poètes car cette lecture "étrangéise" (pardonnez-moi ce barbarisme) la langue pour ceux-là mêmes qui croient la savoir, c'est ce que je voulais dire : en d'autres termes, l'intégration
ne concerne pas que les "immigrés", elle concerne tout le monde.


Lesquels ? Quand on lit un grand écrivain, quel qu'il soit, on est prêt pour en lire d'autres et d'autres encore, et on souhaite en lire d'autres et d'autres. Je suggérerai juste une précaution,
s'agissant uniquement de l'école : un peu de distance dans le temps ne fait pas de mal, il faut qu'on soit sûr de faire lire des classiques. Mais ensuite, que vogue la galère sur l'océan de la
littérature universelle !



Albarèdes 25/02/2011 16:59



puisque la République laïque doit parler à ceux qui érigent le communautarisme en loi supérieure à la loi générale démocratiquement élaborée, ,il eût été intéressant d'aller, ensemble, au devant
de ceux qui, à Frais Vallon ou à La Rose,( ce sont 2 quartiers de Marseille)  imposent leur loi religieuse aux habitants des lieux (c'est d'ailleurs ce que leur demande de faire l'UOIF qui a
signé la chate européenne réclamant l'application de la s'haria là où les musulmans résident, et l'UOIF, c'est 25 à 30 % du CFCM )...Vous auriez eu tout le loisir de leur expliquer en quoi ils
doivent renoncer à leur domination...Cela ne salit pas les mains,  n'est pas nauséabond, mais cela vous aurez permis de voir en quoi le rapport Obin, ou le dernier rapport du Haut
Comité à l'Intégration , ou le rapport Denécé sur "le prosélytisme islamique en entreprise" disent vrai...Et je vous épargne, par avance,  le danger qu'il y aurait à leur rappeler que
pratiquer toutes les formes de l'économie parallèle à l'abri de la mosquée du quartier est illégal...mais ça, je crois que c'est trop complexe pour un penseur de "cabinet" ( mais, rassurez-vous,
il faut des penseurs de cabinet...). Il est vrai que distribuer les étiquettes et user du procès d'intention est bien plus valorisant qu'aller au coeur des quartiers populaires (Ah, le
populisme...) pour aider ceux qui veulent y travailler en paix et y vivre en toute indépendance ...C'est, en tous cas, moins risqué et ça permet de conserver son immaculée
conception laïque, tous les autres - et notamment ceux qui affrontent chaque jour la poussée islamique et le communautarisme religieux revendicatif- n'étant que des "déviationnistes" comme
on disait au bon vieux temps du stalinisme triomphant.Tenez, à Paris, actuellement, deux exemples de violation flagrante de la laïcité et de la loi de 1905 : l'occupation illégale des rues par
des masses transportées de musulmans qui viennent y prier et les 22 millions d'euros votés par le conseil municipal pour construire une méga-mosquée rebaptisée "lieu de culture" ...Aucun cal
d'aucune sorte ne vous menacera si vous vous élevez contre ces 2 manifestations de communautarisme "politique" et si vous rejoignez ceux qui luttent pour les circonscrire...La République laïque
pourra ainsi , à travers votre action, parler clairement à tous ceux qui construisent ce communautarisme ...Et comme je serai à Paris en mai ou juin, je prendrai la liberté de vous adresser un
message afin que nous puissions débattre, publiquement, de tout cela (et de la "franchouillardise"), faire ensemble le bilan de votre engagement "de terrain" (car vous semblez vouloir en découdre
avec les communautaristes et ceux qui les soutiennent), puis parcourir les espaces islamisés du 93 (par exemple) pour , concrètement, réfléchir en commun aux mesures à faire prendre par la
République laïque et démocratique pour en finir avec cette islamisation...



Catherine Kintzler 25/02/2011 21:38



Voilà un bel examen de passage proposé à un "penseur de cabinet". Scrogneugneu, il faut qu'ils fassent leurs classes, ces mollassons qui ne connaissent rien au terrain (au fait qu'en
savez-vous?). Devant un tel parcours du combattant hérissé d'épreuves aussi impressionnantes, je frémis : je ne suis sûrement pas à la hauteur, ma nature malingre d'intello de salon me fait
défaillir, j'en tournerais presque de l'oeil, et je reste bien à l'abri derrière mon clavier d'ordinateur. Au fait, qui siège au jury de ce brevet de lutte laïque authentique, la seule vraie de
vraie ?


D'ailleurs voyez, je me dégonfle déjà car je ne pense pas du tout qu'il faille "en finir" avec l'islam, je pense qu'il faut juste lutter contre le communautarisme, qu'il soit ou non d'inspiration
islamiste.



Arnaud 25/02/2011 14:54



Comme il est mignon, le message "c'était mieux avant" d'incognitototo...


Je vous mets juste un petit lien vers un article sur le massacre d'italiens à Aigues-Mortes en... 1893: http://www.ot-aiguesmortes.fr/FR/Conflits.htm


Et ce texte de... 1903 !...Tract édité par la Ligue de la patrie française


"Le nombre des étrangers de toutes conditions qui vivent actuellement chez nous peut être évalué, sans crainte d’exagération, au chiffre de 1,8 millions, soit près de 5% de la population totale.
[...] Nous devons dire, pour la clarté même de la question qui passionne l’universalité des travailleurs français que, sur ces 1,8 millions d’individus établis chez nous, 60 000 à peine vivent de
leurs revenus, c’est à dire nous apportent de l’argent. Les autres, plus de 1,7 millions, nous en prennent, tout en échappant à la plupart des charges qui pèsent sur nos nationaux. Dans certaines
villes, à Marseille par exemple, la majeure partie des grandes usines ont éliminé de leur personnel jusqu’au dernier de nos nationaux...


etc... etc...


Je ne crois pas que "c'était mieux avant"... Une autre façon de dire que je ne crois pas que "c'est pire aujourd'hui"...


Un autre texte marrant, sur d'autres immigrés... http://didier.lecoustre.free.fr/Pologne.html


"Malgré la différence de leur expérience dans la conduite de la vie associative, ces Polonais progressèrent rapidement dans la formation d’une communauté soudée qui manifestait toujours en terre
étrangère, son attachement à la Pologne et à sa culture. Le premier souci des associations polonaises fut d’envoyer des délégations houillères pour que l’on fasse venir des prêtres Polonais et
que l’on construise des chapelles. Les accords franco-polonais ne prévoyaient pas des prêtres. La Mission catholique, qui existait à Paris, s’occupa de ce problème. De 1922 à 1925, une vingtaine
de paroisse dites « polonaises » furent construites dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, et dans les agglomérations de forte proportion d’habitant polonais. Celles-ci jouèrent, à
partir de ce moment, un rôle important au sein de la communauté polonaise qui ne disposait pas d’intellectuels pour prendre la direction de la vie sociale et culturelle. Les aumôniers
intervinrent dans la défense des intérêts matériaux des paroissiens, bien plus important que celle du curé français de la paroisse. L’ensemble de l’immigration polonaise en France reconnut
unanimement la nécessité d’enseigner la langue, l’histoire et la géographie polonaise aux enfants. Les compagnies minières privées exhaussèrent le vœu des parents en ouvrant des cours de langue
polonaise dans leurs écoles libres."


Nihil nove sub soli, et toute cette sorte de choses...



Catherine Kintzler 25/02/2011 22:17



Merci pour les documents, il y en a sûrement d'autres, édifiants, au musée de la Porte Dorée que j'avoue ne pas avoir encore visité. La xénophobie n'est pas d'aujourd'hui, cela est certain et
rien d'étonnant hélas à la prose de la Ligue de la patrie française. Cependant vous faites état d'événements qui sont bien antérieurs à ce que raconte Incognitoto. On peut relire aussi, comme je
le suggère, le livre de Cavanna sur les Ritals, il n'invente rien.


Voici ce que me suggère le document au sujet d'Aigues Mortes. En fait, et le récit d'Incognitoto (le qualifier de "mignon" me semble légèrement déplacé...) l'atteste, comme l'atteste aussi ma
modeste expérience ("mignonne ?") de fille d'immigré Rital, une grande métropole est un lieu en général moins hostile pour tout immigré, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui. Ce qui est sûr c'est
que la grande métropole dont parle Incognitoto connaissait un mélange social beaucoup plus important qu'aujourd'hui au niveau de l'habitat, de la cohabitation proche. Ce qui est sûr aussi, c'est
que l'école jusqu'aux années 60-70 apprenait à lire aux enfants sans faire d'état d'âme sur leurs "origines", sans faire de génuflexion devant le "traumatisme" que serait l'instruction selon
certains pédagogues officiels, que l'ascenseur social n'était pas bloqué... ce qui ne signifie pas que c'était un monde parfait. Il n'y a là aucune nostalgie, car bien d'autres choses étaient
pires. On parle ici de mélange dans l'habitat, de mobilité sociale, d'école digne de ce nom, de services publics : on pourrait très bien faire cela aujourd'hui, mais on ne le fait pas.



Michel THYS 25/02/2011 12:18



 


Chère Catherine KINTZLER,


En effet, je dirais qu'une communauté ne dérive en communautarisme que si elle défend et impose son identité au point d'empêcher tout contact personnel et/ou toute ouverture culturelle à d'autres
opinions, ethnies, religions, ..., et donc toute liberté de choix à partir d'alternatives divergentes.


Si le « républicain laïque » est rétif à la notion de communauté, c'est, me semble-t-il, parce qu'il redoute, par procès d'intention, la dérive communautariste ou nationaliste, mais
surtout à cause de sa peur atavique de la différence, constitutive d'un racisme plus ou moins exprimé.


Hélas, la fréquente soumission de beaucoup d'immigrés au traditionalisme religieux et culturel les empêche souvent d'acquérir la « filiation républicaine », comme le fit votre
grand-père.


L'école républicaine est certes « un lieu particulièrement concerné par la laïcité » (philosophique), mais les écoles confessionnelles ne le sont pas du tout ...


Quitte à me répéter, j'estime que l'école ne devrait plus être un « lieu d' expression » religieuse, comme c'est le cas dans tout enseignement confessionnel : « aucun dieu, aucune
foi (...) ne peut dicter sa loi à la République française ». C'est pourtant ce que fait, indirectement et insidieusement, l'enseignement confessionnel, surtout coranique. Il est en outre
conforté et entériné par la conception (« laïque », voire laxiste de certains politiques) de la « tolérance » et de la « neutralité », qui reconnaît notamment
« l'absolue liberté » de choix des parents, et donc la légitimité de l'enseignement confessionnel sans qu'il soit compensé par une information non prosélyte, évidemment extérieure à
l'école.


Cela pose, à mes yeux, un conflit de priorité entre des valeurs, ce qui me semble en contradiction avec l'esprit de la Loi de 1905. Ce n'est là que ma modeste perception, mais ne percevez-vous
pas aussi ce conflit ?


Bien à vous,


Michel THYS à Waterloo.



Caspard Annette 25/02/2011 12:14



Bonjour Catherine


 


J'espère bientôt avoir retrouvé assez d'énergie pour dire quelques mots à propos de votre entretien avec Abdennour Bidar, entretien passionnant comme il fallait s'y attendre, et aussi sur les
ahurissantes propositions des sieurs Valls, Gérin, Apparu, contre lesquelles j'OSE souhaiter qu'une fronde d'envergure soulèverait notre pays (mais est-ce si sûr ??? pourtant, à priori l'enjeu en
semble moins grave et moins vital que celui des pays sud-méditerranéens actuellement en révolte, quoique ... casser la Laïcité serait plus que dramatique - imaginez-vous, vous, des millions de
gens sur nos places Tarhir à nous ? pour défendre ce que vous rappelez inlassablement encore dans votre dernier article ? hemmm ...).


 


Bon, il me faut recadrer mon propos, qui, selon mon habitude, se perd un peu dans les méandres de ma pensée (on m'en fait souvent le reproche...).


 


Donc, votre dernier article : absolument imparable! J'y retrouve des mots et des arguments lus dans bien d'autres de vos interventions, dont justement l'entretien avec A.Bidar, et je dirais même
que cet article, qui résume toute votre vision laïque, serait digne d'être distribué dans tous les établissements d'enseignement, du primaire à l'Université, mais aussi ... dans les églises,
mosquées, synagogues, temples, et tutti quanti ... D'y être lu, commenté, discuté, appris par coeur ... !


 


Afin que déjà l'on en finisse avec la confusion des mots : laïC, laïQUE, athée, agnostique, croyant, pratiquant, tolérance, et j'en passe ... ! Car avec le détournement du sens des mots
commencent les malentendus.


 


Et que l'on s'efforce de penser avec sa RAISON, et non avec des formules tant assenées que l'esprit s'est complètement ratatiné et se borne à les répéter comme des perroquets !


 


Le récit de Incognitoto m'a également remuée, et m'a rappelé brusquement comment mon enfance a connu aussi une cohabitation amicale et chaleureuse avec des personnes de classes modestes et de
toutes origines. Mes grands-parents (émigrés de Lituanie) logeaient dans un "passage" du XIeme arrondissement, aux immeubles et logements peu confortables (parfois à la limite de la vétusté), et
je jouais volontiers avec des enfants des maisons voisines, dans la rue et sur les trottoirs, car à ce moment, n'existait aucun danger pour nous non plus, nous sortions nos dinettes, nos ballons,
tranquilles et conscients de ne rien risquer. Juste à côté de leur entrée, se trouvait un modeste café-bar tenu par des "arabes", et jamais nous n'avons connu de tensions (sauf peut-être lorsque
nos jeux étaient trop bruyants ou envahissants, auquel cas on nous demandait gentiment de nous calmer un peu!). Ces souvenirs ne me reviennent qu'à l'instant, je les avais occultés depuis des
années ...


 


Et puis j'ai lu le deuxième commentaire, et, C'EST MARRANT, on y retrouve toute l'arrogance des groupes auxquels vous faites allusion !


 


Je cite, entres autres : " ... que vous semblez abhorrer pour des raisons pour le moins personnelles".


 


Il me plairait de demander à ce monsieur si, de son côté et du côté de ses amis, il vous abhorre, vous, pour des raisons NON personnelles ??? Je regrette de n'avoir pas relevé, au fur et à mesure
que je les rencontrais, tous les jugements, tous les adjectifs méprisants, tous les anathèmes, adressés à : vous, Marie Perret, C.Fourest , etc ... etc ...


 


Avec, cerise sur le gâteau, l'accusation d'être "l'intellectuelle, confortablement installée dans son salon de la rive gauche, et écrasant les autres de son savoir tout théorique, complètement
coupé de la réalité ..." (citation totalement non textuelle, mais reflétant un peu l'esprit qui prévaut dans les divers énoncés que j'ai pu lire).


 


Pour finir, je vais être ... un peu méchante (c'est de bonne guerre, non ?)


Monsieur le commentateur, qui avez pourtant publié un ouvrage, donc qui êtes malgré tout UN PEU intellectuel, permettez-moi de relever dans vos lignes quelques petits détails qui m'ont offensé
les yeux :


   -une phrase commence par une majuscule, aussi j'aurais dû lire : C' est marrant


   -je crois qu'on écrit "laïcarD"


   -enfin, je rectifie votre fin : "A moins que vous NE préférIez vous
contenteR d'en parler ...".


Voyez-vous, j'ai la faiblesse d'être pointilleuse sur la forme, à laquelle rien n'empêche d'être attentif même si l'on a des choses désagréables à dire ...


 


A bientôt, Catherine, et merci !


 


 


 


 


 


 


 


 


 



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