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16 mai 1970 6 16 /05 /mai /1970 23:18

La laïcité face au communautarisme et à l’ultra-laïcisme
par Catherine Kintzler

en ligne le 14 octobre 2007

 

 

Deux dérives symétriques menacent la laïcité. L'une, qui cautionne le communautarisme, consiste à vouloir étendre au domaine de l'autorité publique le régime de la société civile : elle a été désavouée et bloquée par le vote de la loi de mars 2004 interdisant le port des signes religieux à l'école publique.  L'autre, où l'on reconnaît l'ultra-laïcisme qui est une forme du dogmatisme anti-religieux, consiste inversement à vouloir durcir l'espace civil en exigeant qu'il se soumette à l'abstention qui règne dans la sphère de l'autorité publique ; elle a marqué une partie de l'histoire de la IIIe République, et refait surface avec la déplorable affaire d'Epinal.

En novembre 1989, lors de la « première affaire du voile » à Creil, je me suis jointe à Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut et Elisabeth de Fontenay pour écrire un Appel – publié dans Le Nouvel Observateur – réclamant l’interdiction du port de signes religieux à l’école publique. En mai 2003, j’ai été co-auteur d’un second appel collectif, publié dans Libération, en faveur d’une loi sur cette question.

L’un des enjeux de ces textes était d’exposer en quoi l’école publique primaire et secondaire doit être soustraite à l’espace civil ordinaire : parce qu’elle fait partie des dispositifs constitutifs de la liberté, parce qu’elle accueille des libertés en voie de constitution, elle ne peut être confondue avec un lieu de simple jouissance des droits qu’elle contribue à rendre possibles. Il ne s’agit ni de la rue, ni d’un simple « service » au sens ordinaire du mot : on n’y vient pas seulement pour jouir de sa liberté, mais pour la construire, pour s’autoconstituer comme sujet. Aussi la laïcité, qui réclame l’abstention en matière de croyance et d’incroyance, s’applique à l’école comme à l’ensemble du domaine de l'autorité publique. A l’école, on se soumet à cette abstention pour les mêmes raisons qu’on doit la respecter lorsqu’on exerce l’autorité politique, lorsqu’on fait des lois, qu’on parle en leur nom ou lorsqu’on est chargé de les appliquer.
Le combat mené visait entre autres à dissocier le régime de constitution du droit et des libertés (sphère de l’autorité  publique rendant les droits possibles) d’avec celui de leur exercice (espace civil ouvert au public et espace privé). Sans cette distinction, le principe de laïcité perd son sens : c’est précisément parce que la puissance publique et le domaine qui lui est associé s’astreignent à la réserve en matière de croyance et d’incroyance que les libertés d’expression, d’opinion, etc. peuvent, dans le respect du droit commun, se déployer dans la société civile sous le regard d’autrui (par exemple : la rue, le métro, une boutique, un hall de gare, une bibliothèque, un musée, une piscine, un club de gym, un hôtel..) et dans l’espace de la vie privée à l’abri du regard d’autrui. C’est précisément parce que la sphère publique fondatrice des libertés est rigoureusement laïque que l’espace civil ouvert au public et l’espace privé, où elles s’exercent, n’ont pas à être laïques, mais simplement tolérants. La tolérance qui règne dans la société civile a pour condition et pour garantie la laïcité à laquelle se soumet la sphère publique (1).

On voit alors que deux confusions symétriques peuvent ruiner cet édifice.
La première consiste à dissoudre le principe de laïcité dans le principe de tolérance, à étendre à l'autorité publique le régime de la société civile : à accepter que la production du droit s’effectue en fonction des appartenances et que celles-ci soient légitimées en tant qu’autorités politiques. Voilà pourquoi « l’affaire du voile » était décisive : s’y jouait la question de la reconnaissance ès qualités d’appartenances dans un lieu qui par principe doit les suspendre. Ce mouvement de dissolution – que la loi du 15 mars 2004 a opportunément désavoué et bloqué – conduit au mieux à une juxtaposition paisible de communautés, au pire à un affrontement de celles-ci en l’absence de principe qui les transcende et rende possible leur coexistence pacifique, tout en rendant possible celle des individus qui ne se réclament d’aucune appartenance.
La seconde consiste à durcir l’espace civil en prétendant le soumettre au régime qui gouverne la sphère de l’autorité publique, en prétendant y substituer le principe de laïcité au principe de tolérance. Mais si l’on exige que le principe d’abstention qui règne dans la sphère publique s’applique aussi dans la société civile, on prive tout simplement celle-ci d’une de ses libertés fondamentales, la liberté d’expression (que pourtant la sphère publique doit fonder, constituer et garantir). Cela conduit inévitablement, par exemple, à interdire toute manifestation religieuse dans la rue ou dans un lieu accessible au public et à la cloîtrer dans l’espace strictement privé. Position qui ruine non seulement la tolérance mais aussi la laïcité, dont l’un des objets est précisément de rendre possible une large jouissance du droit de manifester ses opinions. Position qui en outre contredit la laïcité puisqu’elle consiste pour la puissance publique à professer une doctrine anti-religieuse.
Dans la première dérive, on reconnaît le communautarisme encouragé naguère par une « laïcité ouverte » qui proposait, au nom du « droit à la différence », d’entériner la différence des droits : même un fascisme, pourvu qu’il se présente au nom des « pauvres » et d’une conscience religieuse, pouvait être non seulement toléré mais soutenu…
Dans la seconde, qui a marqué une partie de l’histoire de la IIIe République et qui refait surface actuellement avec la déplorable affaire du gîte d’Epinal, on reconnaît le dogmatisme anti-religieux, l’ultra-laïcisme (et cette fois le suffixe -isme qui désigne une doctrine est pertinent) au nom duquel il faudrait, par exemple, interdire le port d’une soutane, celui d’une croix, d’une kippa ou d’un voile islamique dans tout lieu accessible au public.

Les laïques ont combattu et combattent le communautarisme sous la forme de la première dérive. Mais ils doivent aussi avoir le courage de combattre, y compris en leur propre sein, l’ultra-laïcisme dogmatique. Celui-ci non seulement ruine la laïcité en la vidant de son sens, mais, en pourchassant dans la société civile les manifestations religieuses ou d’appartenance, il encourage le communautarisme et coalise autour des appartenances ainsi menacées des solidarités inespérées. C’est pourquoi la dérive « laïciste » est symétrique de la dérive communautariste : en stigmatisant les manifestations civiles d’appartenance, elle les transforme en étendard, ce qui cautionne leurs prétentions politiques. Soyons encore plus clair, à l’aide d’un exemple : pour donner raison à l’intégrisme musulman, un bon moyen est de réclamer l’interdiction du voile dans un hôtel, et bientôt dans le métro, dans la rue (2)…

Ceci nous amène à l’affaire d’Epinal : la propriétaire d’un gîte, ayant demandé à deux clientes d’ôter leur voile dans les parties publiques de son établissement, a été traînée devant la justice et lourdement condamnée. On pouvait évidemment s’y attendre et ceux qui ont apporté leur « soutien » à Mme Truchelut en instrumentalisant son combat auraient mieux fait de lui éviter cette déplorable issue par de judicieux conseils.
Cependant, il faut examiner un aspect particulier à cette affaire. Un point fortement souligné par les ultra-laïcistes est que la demande de la propriétaire a été faite notamment au nom de la dignité des femmes : le voile est signe d’infériorité et d’aliénation. Mais si le patron musulman d’un hôtel refusait de me servir un cognac au bar sous prétexte que la consommation d’alcool manifeste une forme d’aliénation qui n’a pas à être rendue publique (ce qui n’est pas complètement faux), je le traînerais en justice… et j’aurais bien sûr gain de cause. Ma liberté, lorsqu’elle s’exerce dans la société civile et pourvu qu’elle respecte le droit commun, comprend bien entendu le droit de dénier la liberté et d’afficher ma propre aliénation : à quoi bon la liberté, s’il faut en priver a priori les ennemis de la liberté ? La loi doit-elle prendre soin de mon âme et de mon corps au point de m’interdire tout ce qu’elle juge leur être nuisible alors que je ne nuis à personne d’autre ? Pour paraphraser Locke (3) : si je suis malade, et à moins que cette maladie ne soit dangereusement contagieuse ou qu’elle m’amène à mettre autrui en danger, a-t-elle le droit de m’obliger à me soigner ?

La distinction entre d’une part la laïcité dun domaine de l'autorité publique et de l’autre la tolérance dans la société civile, entre d’une part le domaine constitutif des droits et de l’autre celui de leur exercice, ne suppose en aucune manière qu’on dépose les armes. Le combat idéologique est possible, il est permis par l’exercice même des libertés : il peut donc être requis. Si une femme croit bon de porter le voile dans la société civile, je ne suis pas obligée de me taire et je peux chercher à lui faire entendre pourquoi je considère qu’elle brandit une aliénation. Accepter, en tant que commerçant, de servir une femme voilée, ce n’est pas pour autant adopter sa position : je peux comme commerçant me plier à cette obligation légale et comme citoyen afficher mon désaccord y compris en m’adressant à elle et en menant un combat idéologique sans concession. Pour paraphraser encore Locke : j’ai le droit et le devoir d’user de persuasion et d’exhortation pour conseiller à autrui de prendre soin de son âme, de son corps et de ses biens, mais je n’ai pas à lui imposer mes convictions par la contrainte.
De même qu’il ne faut pas confondre le principe de laïcité qui vise la constitution même des droits et le principe de tolérance qui en est le résultat dans l’exercice des droits, ne confondons pas combat politique et combat idéologique : vouloir imposer ses convictions morales par la loi, c’est exposer la liberté à un grand danger.

Osons combattre le communautarisme et l’ultra-laïcisme, deux dérives symétriques et complices qui menacent la laïcité !

© Catherine Kintzler et UFAL Flash, 2007


Cet article est également en ligne sur le site du périodique UFAL Flash  (le chapeau qui le précède en caractères gras est de la rédaction du journal) ainsi que sur le site de l'Observatoire du communautarisme.

Sur le même sujet, voir également sur ce blog
Laïcité et philosophie
Laïcité et référence religieuse dans les textes constitutifs de l'association politique
Affaire du gîte d'Epinal : nous disons non à une politique du souçon
Laïcité : Sarkozy franchit la ligne rouge  
Les religions sont-elles d'intérêt public ?

Laïcité et université : la question des signes religieux


(1) Pour un développement plus complet de l'argumentation et de ses attendus philosophiques, je me permets de renvoyer à mon livre Qu’est-ce que la laïcité ? Paris : Vrin, 2007.
(2) On lira (notamment sur ce point) avec profit les analyses de Caroline Fourest sur le site de Prochoix.
(3) John Locke, Lettre sur la tolérance (1686), Paris : GF-Flammarion, 1992, p. 169-170.


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commentaires

mat 11/01/2010


Billet fort intéressant.

Quel est votre point de vue sur l'affaire actuelle du voile intégral ?
Est-on dans l'ultra-laïcisme de le dénoncer ? De penser à une loi 'générale' sur le sujet ? De penser à une loi spécifique au voile islamique ? 


Pat "dialecticien ou pyromane" 04/03/2011



Madame,


 


J’ai apprécié avec grand intérêt votre intervention sur France Ô hier soir (3 mars), lors du
débat sur le mahométisme.[1]


 


Etant financier de formation, je vous demande de bien vouloir m’accorder une certaine
mansuétude, n’ayant pas les compétences qui sont les vôtres en philosophie.


 


Le droit disiez-vous est requis pour prévenir et punir les dérives dont se rendent coupables
certains adeptes d’une religion, si j’ai bien compris.


 


J’adhère à ce discours. Néanmoins, s’obstiner à opposer aux pensées et aux pratiques des
gens de la mythologie monothéiste abrahamique [2] les vertus de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat, relève, parfois, à
mes yeux, d’une grande mansuétude excessive, qui laisse en définitive l’arrière goût d’une nation dont la pratique démocratique est à l’évidence laxiste. Dans le même temps, cette empathie
exagérée se heurte à l’obstination d’une minorité de ténébreux qui repoussent systématiquement l’esprit et la lettre de la loi sur la laïcité.


 


Résultat, nous sommes en présence depuis quelques années d’une détérioration des termes de l’échange des valeurs laïques et
religieuses. D’un côté, les laïques s’obstinent à être en définitive « bon enfant » à l’égard des religieux les plus visibles, d’un autre côté, les religieux expansionnistes s’obstinent
à être persuadés que le temps joue en leur faveur grâce à l’effet de lassitude produite chez les laïques d’une part, et l’augmentation des adeptes provenant d’un prosélytisme assommant auprès des
laissés pour compte de la société dans laquelle nous vivons d’autre part.


 


Ce triste jeu de dupes produit inévitablement des prises de positions
radicales.


 


-          Les uns, comme moi, se
demandant si l’opportunité de revenir à une forme de laïcisme comme ce fut le cas sous la 1ère république ne serait pas nécessaire pour remettre les pendules à l’heure. Mais cette
fois, pour toute la mythologie monothéiste abrahamique.


 


-          Les autres, se demandant
comment enfoncer le clou un peu plus profondément, en nous contraignant par la force avec des actes allant jusqu’à organiser des prières de rues.


 


Nantis que nous sommes de ce contexte absurde, il me semble que la loi n’a de sens que si
son efficacité et surtout son efficience sont probantes. Si les conditions peuvent être réunies durant des périodes plus ou moins longues, il n’en reste pas moins vrai que son obsolescence peut
s’avérer patente. En effet, la peine de mort fut estimée obsolète à la lumière des avancées de la pensée en France. Et pourtant, le Français moyen fut majoritairement favorable à son maintien.
Volonté du peuple ou pas, le législateur a estimé qu’il fallait passer outre ! Elle fut donc abolie.


 


J’ai 61 ans, Madame, je suis toujours marxiste. Je ne vais certainement pas m’excuser de
l’être. Bien évidemment athée, ce qui ne saurait vous surprendre. Je n’ai jamais adhéré, ni au léninisme, même durant les premières années de mon militantisme, ce qui ne fut pas le cas de tous
les militants… et encore moins au stalinisme. J’ai même été exclu du PCF pour mes positions contraires à la ligne du parti. Je me suis toujours considéré, comme tant d’autres, comme étant un
orphelin du marxisme tant les crimes commis en son nom n’échappent plus à personne. Pardon pour cette précision, mais ce qui va suivre risque de me faire qualifier, quand bien même ce serait le
cadet de mes soucis, comme étant un stalinien qui s’ignore. Cela étant précisé, j’ajoute aussi le fait que je n’ai jamais adhéré à la loi de 1905, tout en ce respectant ce texte, puisque je me
dis démocrate.


 


En bref, ma préférence va, je suis désol&



Pat "dialecticien ou pyromane" 05/03/2011



Pour un  laïcisme, sans tomber dans l’ultra-laïcisme – 2/4


 


En bref, ma préférence va, je suis désolé, à l’ultra-laïcité (le laïcisme). Je suis donc
effectivement l’une des personnes que vous souhaitez voir s’éloigner des forums sur la laïcité, eu égard à votre article « laïcité face au communautarisme et à
l’ultra-laïcisme ». J’avais lu votre analyse avec intérêt, partageant votre prise de position contre le communautarisme. Néanmoins, j’avais cru comprendre que vos écrits
concernaient le laïcisme. Or, votre conclusion, selon laquelle, je vous cite « Osons combattre le communautarisme et l’ultra-laïcisme, deux dérives symétriques et complices qui
menacent la laïcité ! » m’a mis dans l’embarras, ne sachant plus alors si le contenu de votre article avait pour objet le laïcisme ou l’ultra-laïcisme. Etant entendu,
corrigez moi si je me trompe, que l’ultra-laïcité est le laïcisme, qui ne préconise pas la fin de la liberté de conscience, mais l’arrêt de toutes les expressions religieuses dans la société
civile, à fortiori dans l’espace public. Quant à l’ultra-laïcisme, lui va plus loin, puisqu’il s’agit de l’athéïsation de la société civile et bien entendu de l’espace public.


 


 Pour ma part, Madame, je ne souhaite pas la
suppression de la liberté de conscience, ni même l’interdiction totale des religions, fusse le mahométisme. Mon athéisme ne va pas jusqu’à préconiser un ultra-laïcisme. C’est une
affaire entendue, je pourrai le faire, je serai alors logique avec mon athéisme. Non, ma conception se limite à considérer que la pratique d’une religion, ainsi que tous ses évènements à
caractère religieux, ne peuvent se réaliser, à mes yeux, que dans le seul et unique espace privé.


 


En clair :


 


-          tous les adeptes d’une
religion doivent rentrer chez eux pour prier et adorer leur dieu.


 


-          chaque croyant peut bâtir,
s’il le souhaite, un espace de prière à domicile, à l’image des japonais qui possèdent un coin de leur appartement ou de leur maison destiné à cet effet, tout en précisant qu’il m’importe peu de
savoir qu’il ne s’agit pas d’une pratique relevant de la mythologie du monothéisme abrahamique.


 


Mieux, à l’image des musulmanes, lesquelles majoritairement, si ce n’est la quasi-totalité,
prient chez elles dans leur chambre, à l’abri du bruit, des regards, de l’écoute d’autrui.


 


Même ma grand-mère catholique pratiquante n’allait plus à l’église, faisant ses prières sur
le prie dieu que j’ai hérité.


 


Je me suis laissé dire, sans savoir s’il s’agit d’une généralité, que les juives aussi
prient majoritairement chez elles.


 


A la lumière de ce qui précède, j’eusse aimé voir les hommes de la mythologie
monothéiste musulmane rentrer chez eux afin de rejoindre, leur grand-mère, mère, épouse(s), fille(s) pour la prière. De sorte que, le problème de l’extension ou de la construction de
nouvelles mosquée espérées ne soient plus jamais d’actualité, particulièrement lorsque j’entends l’un de nos Secrétaires d’Etat venir nous proposer de financer sur fonds publics, de nouveaux
lieux de cultes pour le mahométisme. C’est d’ailleurs dans ce contexte que j’avais apprécié l’esprit et à la lettre de votre article intitulé : les religions sont-elles d’intérêt
public ?


 


Peut importe, à mes yeux, que les us et les coutumes en soient bouleversés. Vouloir croire,
adorer et prier un dieu ne nécessite en aucune manière que je sache, la pratique d’une religion. Le déisme est fait pour ça. Cela étant dit, Soyons honnête, ce n’est pas une minorité agissante,
visible, qui justifie mon parti pris pour le laïcisme. Mais étant athée, le laïcisme me paraît être le seul système qui n’interdit pas la liberté de conscience, il a surtout le mérite de ne pas
tergiverser avec les religions.


 



En clair, j’eusse aimé que la religi



Pat "dialecticien ou pyromane" 05/03/2011



Pour un  laïcisme, sans tomber dans
l’ultra-laïcisme – 3/4


 


Que faire alors des lieux de culte actuels ? C’est très simple, à mes yeux. Les
transformer en lieu de culture.


 


S’adonner dans ces lieux à tout ce qui relève du culturel et plus jamais de
ce qui relève du cultuel.


 


Dans ces lieux, on pourrait imaginer des enseignements, non pas d’un culte, mais du fait
religieux, pour montrer à quel point l’histoire de l’humanité fut jalonnée d’inepties et de stupidités dont les profondeurs sont abyssales.


 


Dans ces lieux pourront être organisés des colloques, des séminaires, des conférences
relevant de la religion du lieu de culte, qui n’en serait plus un. A titre d’exemple, il pourrait s’agir d’organiser des rencontres sur la sociologie, l’histoire des faits et de la pensée de la
religion, voire même de la philosophie de la religion, sans entrer dans le champ cultuel, lequel serait réservé à l’espace privé ou à l’université lorsqu’il s’agira de poursuivre
un cursus en théologie. Toutefois, ce dernier devrait, à mes yeux, avoir pour seule finalité l’enseignement culturel de la religion, jamais cultuel. Par voie de
conséquence, ce serait la fin des rabbins, des prêtres, des pasteurs, des imams.


 


L’enseignement du cultuel serait alors cantonné à l’espace
privé, et peu importe le réel ou l’absence de compétences de celles et ceux dans la famille chargés de diffuser les valeurs cultuelles de leur religion.


 


A la lumière de ce qui précède, est-il utile de préciser que plus jamais ne devraient être
visibles, à mes yeux, les signes extérieurs démontrant une appartenance à une religion, non seulement dans l’espace public, mais aussi dans la société civile ?


 


Cette disposition, en effet, devrait concerner les édifices et bien sûr les personnes
physiques. Lesquelles ne porteront : ni kippa, ni croix, ni voile, ni burqa, ni turban… Dans le cas contraire, les contrevenants seraient exposés, à mes yeux, à une peine d’amende, et en cas de
récidive à une peine d’emprisonnement.


 


Je suis fatigué d’entendre les discours assommants sur le fait qu’il existe des croyants en
dieu totalement paisibles, que seule une minorité visible et agissante sème le désordre et en particulier, en France, les adeptes des salafismes (de prédiction ou de djihad). Pour ma part, ce
n’est pas tant les pratiques ineptes des extrémistes de l’islam qui me préoccupent, il y a des lois pour les contraindre, ils constituent plutôt, à mes yeux, les symptômes apparents d’une ineptie
religieuse.


 


En effet, quand des méfaits sont commis au nom du mahométisme, avec des extrémistes qui vous
prouvent, preuves à l’appui, à savoir des sourates et des versets précis du coran, qu’ils sont en adéquation avec leur livre saint, et que vérification faite, vous constatez que la matière est
là, dans le coran, lequel préconise effectivement ce qui est reproché à ces extrémistes ou fondamentalistes, il est vain de prétendre alors que ces gens ont une mauvaise grille de lecture. Peut
importe le contexte historiques des textes coraniques, puisque par définition le coran est estimé intemporel pour tous les musulmans, qu’ils soient incultes ou lettrés. Peut importe que le
mahométisme préconise un apprentissage patient et long du coran. Peut importe qu’il est prescrit à tous musulmans de pratiquer l’ijthihad, dans la mesure de leurs capacités intellectuelles. Je
suis athée, mais j’ai me semble t-il compris que le coran dit que dieu est « pardonneur et miséricordieux » par voie de conséquence, si l’ijithihad est prescrite, dieu pardonne à celles
et ceux qui l’adorent, de comprendre le coran selon leur capacité intellectuelle. Au nom de quoi devrions-nous alors tomber dans la stigmatisation des musulmans les moins cultivés, parce que des
musulmans modérés et lettrés de surcroît viennent nous expliquer que ces méfaits ne sont que le fruit de l’ignorance et de la non maîtrise du coran ! Je déteste la malhonnêteté
intellectuelle.


 


 Pour ma part, je m’attache à aller aux causes
et à l’origine causale, que l’on peut aisément trouver dans le coran, les hadiths et la sunna.


 


Sans entrer dans une analyse des textes coraniques, savez-vous que la laïcité, de fait, est
prescrite dans le coran ? Sourate 109, verset 6 ? et curieusement on peut trouver sa dénonciation dans la sourate 9, verset 29 ?




D. ROUSSET 06/11/2012


Merci, Madame, pour cette distinction claire entre espace public dans lequel la liberté de religion trouve à s'exercer et sphère de l'autorité publique soumise au principe de neutralité. J'ai
souvent du mal à l'expliciter auprès des tenants de ce que vous nommez l'ultra-laïcisme.


Je n'étais, pour ma part, pas pleinement convaincu que la sphère de l'autorité publique doive s'étendre aux usagers du service public, même lorsqu'il s'agit de citoyens en devenirs. Vos arguments
se défendent néanmoins. Ils renvoient pour moi au concept d'hétérotopie développé par Foucault qui trouve à s'appliquer à l'école.


Compte tenu de votre analyse, je me demande, en revanche, comment vous avez appréhendé la loi interdisant le port de la burqa (pour dire les choses simplement) dans l'espace public. 

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