15 octobre 1970 4 15 /10 /octobre /1970 16:05

Comment la laïcité a été offerte en cadeau
au Front national 
par Catherine Kintzler

En ligne le 27 mars 2011


Qui aurait dit que la laïcité, réputée ringarde il n'y a pas si longtemps, deviendrait un objet « fashion »  convoité par les politiques ? Convoité ? Il vaudrait mieux dire instrumentalisé. Comme bien d'autres objets de pensée et de droit, la voici à son tour fardée pour un débat biaisé, une récupération cosmétique où on entend tout et n'importe quoi.
Mais l'opération vient de plus loin, préparée par des années d'égarement politique – tant à droite qu'à gauche – enraciné dans une affligeante ignorance qui oscille en réaffirmant toujours la même double erreur : diluer la laïcité dans des accommodements déraisonnables (exemple : « et si on finançait les lieux de culte ? ») ou la durcir vers l'ultra-laïcisme (exemple : « et si on interdisait l'affichage religieux aux usagers des services publics? »). 
Rien d'étonnant à ce que le Front national n'ait qu'à se baisser pour ramasser ce cadeau inespéré bichonné par de longues années d'aveuglement des politiques de gauche comme de droite.
 

 

Sommaire de l'article:

 

Par quel processus la laïcité est-elle tombée dans l'escarcelle du Front national ?

Deux dérives symétriques et complices 

Faut-il financer les lieux de culte avec l'argent public ?

La liberté des cultes n'est pas un droit-créance
L'argument du rétablissement de l'égalité entre religions
La loi de 1905 et les lieux de culte
L'Alsace-Moselle

Le jeu de l'oie à la mode : éviter la case laïcité en en parlant sans cesse

Notes

 


Par quel processus la laïcité est-elle tombée dans l'escarcelle du Front national ?

Le président de la République et son gouvernement ont certes bien travaillé à ce transfert inquiétant en faisant un grand écart (du discours de Latran aux récentes déclarations de Claude Guéant) où chaque pied repose exactement hors-sujet. Mais la voie était ouverte de longue date par bien des « forces laïques » traditionnelles principalement durant les années 1980-90 (notamment partis de gauche et Ligue de l'enseignement) dans un grand désordre (1).

Deux dérives symétriques et complices

Deux dérives symétriques et complices dans leur diamétrale opposition, auxquelles bien des « forces laïques » se sont livrées, ont en effet préparé depuis une trentaine d'années l'essentiel ce transfert politique. Pour caractériser ces deux dérives et les combattre, il faut inlassablement préciser et rappeler que la laïcité ne se confond, ni avec un « nettoyage » des manifestations religieuses dans la vie civile, ni avec une acceptation de ces mêmes manifestations partout. L'auteur de ces lignes l'a fait depuis de longues années, dans de nombreux textes et se contentera, pour ne pas lasser ses fidèles lecteurs, d'un bref rappel (2).

Le régime de laïcité dissocie le domaine de constitution du droit et des libertés (domaine de la puissance et de l’autorité publiques rendant les droits possibles – il inclut notamment l'école publique) d’avec celui de leur exercice (domaine civil ouvert au public et domaine privé de l'intimité). Le premier domaine est assujetti au principe d'abstention (dit encore principe de laïcité), le second jouit des libertés au sens le plus large. Autrement dit, le régime de laïcité articule le principe de laïcité (valide dans le domaine participant de la puissance publique) et le principe de libre affichage des opinions notamment religieuses (valide partout ailleurs).
Sans cette distinction, qui ne se réduit pas à la confortable et souvent obscure opposition privé/public, la laïcité perd son sens : c’est précisément parce que la puissance publique et le domaine qui lui est associé s’astreignent à la réserve en matière de cultes que les libertés d’expression, d'association, etc. peuvent, dans le respect du droit commun, se déployer dans la société civile sous le regard d’autrui (par exemple : la rue, le métro, une boutique, un hall de gare...) et dans l’espace de la vie intime à l’abri du regard d’autrui. Ce déploiement s'effectue conformément au droit commun : l'exercice des libertés ne peut pas être contraire au droit d'autrui.

Les égarements politiques que nous observons depuis trente ans en matière de laïcité sont intelligibles à la lumière de cette disjonction, ou plutôt à la lumière de sa méconnaissance volontaire, ayant pour résultat l'affolement total de la boussole.

  • La première dérive a pris des noms variés, je l'appellerai la laïcité adjectivée (laïcité plurielle, ouverte, positive, raisonnable, raisonnée, etc. ). Elle consiste à vouloir étendre au domaine de l'autorité publique le régime de la société civile. Autrement dit, elle récuse le caractère neutre et minimaliste de la puissance publique républicaine, faisant de l'opinion religieuse une norme, autorisant les propos religieux au sein de l'Etat lui-même (et donc bientôt en son nom?) et aboutissant à légitimer la communautarisation du corps politique. Elle a été notamment désavouée par le vote de la loi de mars 2004 interdisant le port des signes religieux ostentatoires à l'école publique par les élèves comme par les personnels. Elle reprend de la vigueur ces derniers temps avec notamment le plaidoyer pour le financement des lieux de culte – on reviendra sur cette question dans un moment.
  • La seconde dérive, une forme d'extrémisme laïque, ou d'ultra-laïcisme, consiste symétriquement et inversement à vouloir durcir l'espace civil en exigeant qu'il se soumette à l'abstention qui devrait régner dans le domaine de l'autorité publique. Elle a marqué une partie de l'histoire de la IIIe République. Elle a refait surface récemment dans le cadre d'une réaction à la première dérive, et la déplorable affaire dite du gîte d'Epinal en 2007 lui a donné son moment critique. On a vu alors se former des groupes favorables à l'effacement dans l'espace civil de tout signe religieux, et qui ont diffusé récemment des thèmes non pas antireligieux généralement (comme cela serait cohérent avec leur principe) mais plus particulièrement anti-musulmans.
    Le pouvoir de nuisance de cette seconde dérive n'est pas négligeable : elle surfe en effet facilement d'une part sur l'opposition « privé/public » et de l'autre sur des opérations urbaines spectaculaires organisées par l'intégrisme islamique. Après avoir réalisé sa jonction avec l'extrême-droite à la faveur de l'opération « saucisson-pinard », elle vient de faire un groupie de plus en la personne de Claude Guéant, qui a déclaré récemment vouloir astreindre les usagers des services publics à l'abstention de tout affichage religieux. Pourquoi ne pas réclamer alors qu'on fasse taire les cloches et qu'on débaptise les communes portant le nom d'un saint ? Cette incohérence n'est pas un hasard.


Voilà comment ces deux courants se sont relayés et ont offert la laïcité à Mme Le Pen, l'un en désertant totalement le terrain du combat laïque pendant de longues décennies, l'autre en l'investissant avec des propositions durcies et réactives, les deux en épousant le fonds de commerce des politiques  d'extrême-droite, à savoir la constitution fantasmatique de « communautés » (en l'occurrence « les musulmans ») que les premiers révèrent en criant à la « stigmatisation » et que les seconds abhorrent.

Le mécanisme de balancier est facile à comprendre et à décrire.

A force d'amollir la laïcité, d'en nier l'essence au point d'introduire le discours religieux comme légitime dans le domaine de l'autorité publique, à force de consacrer le fractionnement du corps social en reconnaissance politique d'appartenances particulières, à force de dissoudre l'idée républicaine, on finit par réveiller ou par produire un mouvement réactif et rigide réclamant le « nettoyage » de toute présence du religieux dans l'ensemble de la vie civile et sa restriction à la seule vie intime -  autant dire qu'on réclame l'abolition de la liberté d'opinion. Une telle réaction campe sur l'ambivalence du terme « public », qu'elle interprète non pas comme ce qui participe de l'autorité publique, mais comme tout ce qui apparaît en public. Comment s'étonner alors que l'extrême-droite, criant à l'abandon de la laïcité, n'ait plus qu'à s'emparer d'un ultra-laïcisme aux ordres du nettoyage anti-religieux (que l'on réduit opportunément au nettoyage anti-musulman) ?  [ Haut de la page ]

 

 

Faut-il financer les lieux de cultes avec l'argent public ?

A la lumière de ce cadeau insensé, on peut éclairer un sujet à la mode ces derniers temps, bien partagé à droite comme à gauche. Le non-financement public des lieux de culte est étrangement devenu une question alors que l'abstention de la puissance publique en la matière devrait aller de soi dans la France républicaine, où la puissance publique s'abstient de tout soutien à ce qui relève du religieux, de la croyance ou de l'incroyance, et en garantit la liberté précisément par cette abstention aveugle. C'est devenu une question parce que les tenants d'une laïcité adjectivée banalisent l'idée qu'il faut bien aider les cultes si on veut qu'ils soient libres. C'est devenu une question politique brûlante parce que les tenants de l'ultra-laïcisme brandissent un péril dit « d'islamisation » auquel le non-financement des lieux de cultes serait une réponse.


Or le non-financement public des lieux de cultes n'est pas un instrument politique dirigé contre les religions, ni a fortiori contre telle ou telle religion, ce n'est pas une arme à la disposition des tenants du « choc des civilisations ».
Il faut donc expliquer pourquoi le non-financement public des lieux de cultes est normal, pourquoi il est indissociable de la liberté des cultes, et pourquoi leur financement public serait en revanche un problème et pas seulement financier.
J'esquisserai une explicitation autant que possible en forme de réponse aux arguments que l'on entend, parfois même dans la bouche d'élus républicains qui tendent à banaliser l'idée d'une contribution publique aux cultes.


La liberté des cultes n'est pas un droit-créance

L'argument compassionnel est le plus fréquent : « si on ne veut pas de prières dans la rue, si on ne veut pas de prières dans les caves, il faut donner au culte musulman les moyens de sa liberté et de sa dignité ». Cet argument prend pour argent comptant ce qui pourrait n'être qu'une mise en scène : il faut donc vérifier si les phénomènes cités ne sont pas organisés sciemment. Mais il faut s'en prendre  au cœur de ce pseudo-argument en exhibant son fondement.
Son fondement est que la liberté des cultes doit non seulement être garantie par la puissance publique, mais que son exercice devrait être organisé et soutenu par elle – (on reconnaît ici une variante de la distinction entre droits formels et droits réels qui sert bien souvent à abolir les droits dits formels). Autrement dit, ceux qui soutiennent cette thèse font comme si le libre exercice des cultes était un droit-créance, alors qu'il s'agit d'un droit-liberté. Il faut insister particulièrement sur ce point car il permet d'embarrasser les « libéraux » qui par principe n'aiment pas les droits-créance (il faudrait en admettre un de plus?) et les gens « de gauche » qui, partisans traditionnels des droits-créance, devraient expliquer en quoi à leurs yeux les cultes seraient d'intérêt public. On ne peut même pas comparer les cultes à des clubs de foot ou de break dance car ils sont par principe exclusifs sur critère d'opinion.


On peut en revanche comparer la liberté des cultes au droit de propriété : j'ai le droit de m'acheter une voiture de luxe, et si je n'en ai pas les moyens, il n'appartient pas à l'Etat de m'y aider : c'est en ce sens que les cultes sont « privés ». La liberté des cultes n'est comparable, ni au droit à l'instruction, ni au droit à la santé, ni à aucune prestation sociale, ni au droit au logement ou au travail. Une autre grande différence est que la liberté des cultes comprend aussi sa négative : ne pas avoir de culte est une liberté, c'est un droit (et donc le financement public ne financerait qu'un droit partiel au détriment d'un autre).


On ajoutera trois remarques de bon sens :

  • Lorsqu'une association manque de locaux, elle se tourne vers ses adhérents et leur demande une participation financière plus forte.
  • S'agissant d'offices religieux, il n'est pas exclu d'envisager d'organiser plusieurs services successifs en cas d'affluence.
  • La proposition de financement public fait comme si l'exercice d'un culte était une norme sociale et la transforme en norme politique. Or même s'il n'y avait qu'un seul incroyant, il aurait le droit d'objecter que la mesure est injuste et de récupérer son argent.

 

D'autres arguments accompagnent l'argument compassionnel

  • « Si on ne finance pas, le financement viendra de l'étranger ». En quoi cela serait-il fondamentalement mauvais ? Et un cadeau public n'empêchera pas dans son principe un cadeau privé. La législation fiscale des associations en revanche a assez de moyens pour contrôler les mouvements d'argent suspects.
  • « Il vaut mieux financer pour avoir un moyen de contrôle. » Il n'y a pas de contrat et encore moins de « deal » entre l'Etat et les citoyens, entre l'Etat et les associations. L'Etat détient une autorité qu'il n'achète pas. Le fisc ne paie pas pour exercer un contrôle, le juge non plus, le policier non plus. A ceux qui avancent cet argument, il convient de faire remarquer qu'ils traitent la République française comme un pouvoir maffieux. On peut d'ailleurs se demander à quoi rimerait un « contrôle » en matière de libertés religieuses.


L'argument du rétablissement de l'égalité entre religions


Il s'appuie sur le caractère historique de la loi de 1905 : les collectivités publiques sont propriétaires des lieux de culte principalement catholiques et se chargent de leur entretien. Mais d'autres cultes ne bénéficient pas de cette disposition... donc il faudrait rétablir l'égalité en injectant de l'argent public dans la construction de nouveaux locaux.

Une telle disposition, si elle était valide, devrait valoir pour toutes les religions, et prendre en compte rétroactivement tous les édifices cultuels construits entre 1906 et aujourd'hui...
On prétend qu'il y aurait un problème parce que l'islam s'est développé en France après la loi de 1905 (et donc aurait été pénalisé par une histoire dans laquelle il n'a pas été présent). Mais la loi de 1905, comme toutes les lois, a été principalement faite pour après sa promulgation ! Toute disposition juridique importante doit affronter la temporalité : « liquider » une situation antérieure, prendre des dispositions transitoires et fixer des délais à partir desquels elle s'applique pleinement. Cela a été fait clairement par la loi de 1905. Et jusqu'à présent aucune religion nouvelle n'est de nature à démentir cette loi fort bien faite : toutes peuvent parfaitement la respecter sans être atteintes dans leur essence religieuse.

Rappelons aussi que, s'agissant des bâtiments du culte catholique absorbés par la loi de 1905, il s'agit d'un patrimoine culturel soumis à des contraintes publiques : les lieux de culte peuvent aussi être affectés parallèlement à d'autres activités. Lorsque j'entre dans une église, personne ne me demande d'observer un culte ni même d'avoir des égards ou du respect pour lui, on ne me demande que de la discrétion comme dans tout édifice public. Lorsqu'une statue est restaurée, sa restauration profite à tous, et cela se fait sur une base historique et mythologique par des opérateurs qui ne sont pas liés organiquement au culte : c'est sur la même base qu'on restaure les frises du Parthénon. [ Haut de la page ]


La loi de 1905 et les lieux de culte

L'amendement dit de Vichy à l'article 19

Il faudrait à présent aborder le contenu de la loi de 1905. Je n'en ai pas la compétence, n'étant pas juriste, et je soulèverai seulement un point, celui de l'amendement dit «Vichy » à l'article 19, introduit en 1942 : « Ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées pour réparations aux édifices affectés au culte public, qu'ils soient ou non classés monuments historiques. » (c'est moi qui souligne).

Cet amendement  permet de contourner le principe énoncé par l'article 2 de la loi (La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte) et c'est grâce à lui que certaines collectivités territoriales financent des bâtiments cultuels comme cela s'est vu récemment aux Lilas.

 

On peut s'interroger d'abord sur l'usage que font de cet amendement des élus qui se disent par ailleurs laïques.
On peut aussi s'interroger sur le bien-fondé de cet amendement. On devrait en toute rigueur plaider pour le retour à la formulation antérieure (« Ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées pour réparations aux monuments classés. »), mais ce serait ouvrir dangereusement la boîte de Pandore du « toilettage de la loi ». On peut en tout cas ironiquement le dénoncer et dire que s'il fallait la toiletter la loi, ce serait plutôt en la rendant partout conforme à son principe !

L'Alsace-Moselle

 

Enfin reviendra peut-être le prétexte de l'Alsace-Moselle. Là encore, je pense qu'il faut se garder d'ouvrir la boîte de Pandore et souligner qu'il s'agit expressément d'une exception qui ne saurait subvertir la règle. Il convient néanmoins à mes yeux de rappeler deux éléments.

  • Le régime concordataire est contraire à l'égalité dans l'exercice des cultes (car certains cultes ne sont pas reconnus) et à celle des citoyens en général, qui doivent payer pour des cultes qu'ils ne pratiquent pas ou qu'ils réprouvent. Il oblige de plus ceux qui veulent échapper à l'enseignement religieux de déclarer ce désir. Une récente proposition du Haut Conseil à l'Intégration suggère que la charge de la déclaration soit inversée et qu'elle incombe à ceux qui souhaitent cet enseignement. Cette mesure dont le coût est nul aurait une haute portée symbolique pour souligner l'anomalie d'un régime concordataire.
  • Le régime concordataire est contraire dans son principe à la liberté religieuse puisqu'il consacre la légitimité d'autorités que les Églises veulent bien lui désigner, et qu'il néglige nécessairement les cultes nouveaux : il lui faudrait sans cesse renégocier s'il voulait être à jour et étendre le financement public à des niveaux imprévisibles. Que se passerait-il en cas de schisme ? Où est la liberté des fidèles face à des appareils religieux désignés par le pouvoir politique, alors qu'ils devraient être seuls à les déterminer ? Le régime de laïcité, par son silence, laisse une entière liberté aux cultes, qu'il encadre par le droit commun.



Le jeu de l'oie à la mode : éviter la case laïcité en en parlant sans cesse

Ainsi, en peu de temps, on a vu les mêmes plaider pour une « laïcité positive » qui mettrait la puissance publique à l'ordre des religions, puis présenter le projet insensé de soumettre « les usagers » des services publics à l'abstention de tout affichage d'opinion religieuse, en passant par le projet de financement public des lieux de culte. Tout et n'importe quoi a été entendu et on peut s'attendre à de brillantes variations dans la suite de ce jeu de l'oie où le but est d'éviter systématiquement la case laïcité. Le Front national serait bien bête de ne pas ramasser la mise de ce gaspillage politique.

 

En l'absence de boussole, on va d'un extrême à l'autre, on passe d'une laïcité énucléée et dénaturée à un ultra-laïcisme liberticide : tout dans cette affaire respire l'affolement, rien n'y décèle la moindre once de pensée sauf à confondre la pensée avec la panique devant une calculette. Mais cette oscillation s'observe aussi chez d'aucuns qui se prétendent les adversaires politiques des premiers et qui dénoncent aujourd'hui leur fébrilité : la  différence est qu'elle est de plus longue durée, témoignant que l'obstination dans l'absence de pensée et de principes n'est pas une exclusivité.

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© Catherine Kintzler, 2011. Lien permanent vers cet article : http://www.mezetulle.net/article-comment-la-laicite-a-ete-offerte-en-cadeau-au-front-national-70336445.html 


Notes   [cliquer ici pour fermer la fenêtre et revenir à l'appel de note]

  1. Cet alignement sur une laïcité accommodée et adjectivée ne s'est heureusement pas fait unanimement au sein de ce qu'il est convenu d'appeler les forces de gauche. On rappellera par exemple que c'est en réaction devant l'immobilisme (pour ne pas dire plus) des "forces laïques" traditionnelles que le Comité Laïcité République fut créé à la suite de la première affaire du voile à l'école en 1989, notamment pour soutenir les professeurs en lutte. L'UFAL a également adopté une orientation opposée à ces accommodements.
  2. Voir notamment sur ce blog : La laïcité face au communautarisme et à l'ultra-laïcisme, Secularism and French Politics. Rethinking "Laïcité" for the 21st Century, La laïcité : partir de zéro,  Laïcité, souveraineté et culture critique,  Mythes antirépublicains et communautarisme . Voir aussi La laïcité face aux libertés religieuses par C. Arambourou.

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par Catherine Kintzler - dans Politique - société
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commentaires

Olivier 12/11/2011 17:04



Si la laïcité devient une thématique du FN, c'est tout simplement que les partis "du système" l'ont abandonné pour une raison trés simple, qui est de favoriser par tous les moyens la propagation
de l'Islam (qui bénéficie d'une indulgence sidérante alors que d'innombrables actes de violence ont été commis en son nom et par des gens se réclamant de son message).


Il faut bien voir que la laïcité à la française et la fameuse loi de 1905 n'ont jamais été en substance qu'une forme de guerre au catholicisme (voir par exemple avec quelle violence furent
expulsées les congrégations). 


La laïcité a toujours été conçue comme devant s'attaquer au Catholicisme -et à lui seul-. Dés lors qu'il risque de restreindre l'Islam le système s'empresse de le jeter par dessus bord.



Catherine Kintzler 12/11/2011 19:11



Je ne partage pas entièrement votre avis. S'il est exact historiquement que la laïcité a été confrontée au catholicisme hégémonique, elle a en revanche (et grâce à cette expérience) mis au point
un système qui permet, pourvu qu'on en ait bien évidemment la volonté politique, de faire plier toute religion dans ses prétentions à s'imposer hégémoniquement et à faire la loi.


Plusieurs articles sur ce blog abordent la question. Je vous en signale juste un :


Laïcité : partir de zéro


Et je me permets aussi de vous indiquer l'entretien avec Coralie Delaume sur le site Causeur.fr : La Laïcité face aux religions.



AINSEBA 21/10/2011 18:52



Et pourquo pas l'ultra-laïcisme ? Les Chrétiens ont eu en partage la France pendant près de 1500 ans, ont-ils érigé un Royaume de la conscience et de la charité ? L'offensive islamique
réussira-t-elle là où la Chrétienté à échouer ? J'en doute.


 


Vous dîtes qu'adopter une religion est une forme de liberté mais est-ce être libre que d'affirmer que deux et deux sont cinq ? (souvenir de Platon et d'Orwell)


 


Comment peut-on être philosophe et soutenir les religions ? C'est une question sincère. Comment peut-on aimer la recherche de la vérité en protégeant ceux qui l'ont trouvée sans l'avoir cherchée?


 


Laisser nos concitoyens et tout Homme dans l'état religieux n'est-ce pas l'empêcher de passer à une forme de spiritualité supérieure comme la philosophie ?



Mezetulle 25/10/2011 10:32



Vous trouverez quelques éléments de réponse dans cet article :


La liberté comme forme



GEIGER Richard 08/10/2011 22:19



TCCath


Loin de moi l'idée d'adjectiver la laïcité. Le terme se suffit à lui même excusez ce glissement sémantique involontaire je voulais simplement dire que notre discours sur la Laïcité se doit d'être
plus pédagogique. Les jeunes générations n'ont pas en mémoire la situation en France au début du siècle dernier; Ils ne sont pas conscients de l'apport à la paix civile qu'a constitué le
vote de 1905. Ils ne percoivent que son aspect couperet, les interdictions qu'ils percoivent comme des agressions. Ce n'est pas la Laïcité qui doit être positive. C'est notre discours. nous
devons prendre la parole pour expliquer que la laïcité est garante de la paix social, du vivre ensemble serein et pourquoi le communautarisme sous un visage plus libéral ouvre la porte à tous les
affrontements.


Plutôt qu'un discours sur les apports positifs de la laïcité j'emprunterais à un Président de Convent des années 1900 le terme de constructif; Et je suis convaincu que la défense de la
laïcité doit permettre à la société, à tous croyants et non croyants de construire ensemble.


très cordiales salutations


Richard GEIGER


 


 



GEIGER Richard 06/10/2011 13:29



Réponse à C Kintzler


Il y a encore une dizaine d’années la Laïcité faisait partie de nos acquis indiscutables. Et puis l’on a assisté à une offensive
des religions dans bien des domaines. Notre Président de la République gardien de nos institutions s’en est pris aux instituteurs moins bien placés, selon lui, que les curés pour transmettre les
valeurs républicaines. Des groupes de pressions inspirés par ce qui se passe aux USA agissent pour remettre en question la loi Weil. Les religions chrétiennes pèsent sur nos institutions pour
freiner sinon bloquer les progrès de la bioéthique et limiter ses champs d’action. La jeune religion islamique donne des coups de boutoir dans la loi de 1905 pour assurer son contrôle sur les
régions ou elle est dominante et faire financer ses lieux de culte par les collectivités locales.


Et nous avons  continué à Ronronner.


Le cas Baby Loup* met en lumière à quel point la situation a changé. Et que de nombreuse
questions ne sont pas résolues par une simple application de notre législation nationale c’est ainsi que :


-Se référer à la Loi de1905 demande une analyse complexe des situations rencontrées. Analyse qui prête à interprétations
contradictoires : dans un premier temps la Halde (Dont les AVIS n’ont pas de portées juridiques) a interprété le licenciement de la plaignante comme DISCRIMINATOIRE puis sous l’influence de
sa nouvelle présidente est revenu sur cette première interprétation. Qu’une institution entièrement consacrée à l’analyse des faits discriminatoires ne semble pas en mesure de s’accorder sur sa
propre interprétation d’un cas concret en dit long sur l’imprécision de nos textes.


 


-Il ne suffit plus dans un prétoire de se référer à notre législation nationale. Celle-ci est maintenant remise en question sur
plusieurs points par les arrêts de la justice européenne. On ressent une conjonction forte entre le lobbying religieux à Bruxelles et la conception anglo-saxonne dominante qui privilégie le
communautarisme. Déjà un député a posé la question de la constitutionnalité de la loi de 1905 ! A quand son abrogation pure et simple.


 


-Nous aurons à réfléchir à notre conception des rapports entre la liberté religieuse et la liberté de conscience. Déjà dans le
document préparé par L’UMP pour introduire son débat sur la laïcité on constatait un glissement de la Liberté de conscience à la Liberté religieuse. Glissement qui, s’il était constaté dans nos
lois, conduirait pratiquement à la remise en cause de la loi de 1905. Or la liberté religieuse est au cœur de la conception qui prévaut au plan européen. Des textes qui ont été communiqués par JM
Isr mettent l’accent sur la détermination de Barroso à privilégier les représentants des religions révélées comme
principaux « guides spirituels » de l’Europe.


 


-La définition de « l’espace public » n’est pas suffisamment précise une entreprise de droit privé constitue-t-elle un
espace public ? Une crèche privée, mais qui pour survivre dépend de financement public, est-elle un espace public ou privé ? L’interdiction par son règlement intérieur des signes
religieux ostentatoires dans l’espace d’une entreprise privé est-elle autorisée ? Le fait que la défense de la laïcité soit inscrite dans son objet social doit-il être pris en
compte ?


Sommes-nous prêts à répondre à ces différentes questions ? L’avocat de la Crèche et celui de la collaboratrice licenciée
ont évoquées contradictoirement tous ces points.


L’intervention exceptionnelle, pour un dossier « social », du procureur de la République démontre que la défense de
notre principe de laïcité risque de dépendre des décisions qui seront prises par les tribunaux qui auront à traiter des nombreuses affaires soulevées par son application concrète.


Les défenseurs traditionnels de la loi de 1905 ont donné de leur action une image uniquement négative.  Ils sont contre, ils dénoncent, ils interdisent. Pour beaucoup  ils sont ces Laïcards qui s’en prennent avec
violence aux coups de griffes les plus minimes donnés à la loi de 1905.   A l’inverse il me semble que  la défense et illustration de la laïcité doit être éminemment POSITIVE.




Mezetulle 08/10/2011 21:33



 


Sur "positif" et "négatif", je me permets de vous signaler cet article :


http://www.mezetulle.net/article-23196913.html



sarah 25/05/2011 18:44



Bonjour,


Votre propos est plus qu'éclairant, il est lumineux (au plein sens du terme). J'avais passionnément écouté votre intervention au lycée Louis-le-Grand le 18 janvier et m'étais promis de vous faire
part d'une remarque que je n'avais pas eu le temps de vous communiquer ce jour-là. Me voici un peu tard mais j'espère que ma modeste contribution pourra être de quelque utilité. Il se trouve que
j'ai eu l'occasion d'avoir de longs débats sur la laïcité avec des intégristes de toutes religions (encore que ces termes soient quelque peu incompatibles car je n'ai observé d'intégrisme au sens
commun que dans les religions du Livre). Et j'ai entendu un argumentaire qui m'a paru très fort quoique totalement erroné (nous baignons tellement dans les sophismes!). La laïcité, plutôt la
laïcité radicale probablement ou l'ultra-laïcité si l'on refuse "l'adjectivation" systématique, est dénoncée comme une véritable religion (!): l'athéisme (et non l'agnosticisme que l'on fait
semblant d'ignorer) avec ses prêtres, essentiellement les enseignants du secteur public mis opportunément en parallèle avec ceux de l'enseignement privé confessionnel (voilà pourquoi, entre
autres raisons, l'école est le premier front d'attaque), ses temples que sont tous les édifices institutionnels de la République dont l'école, ses dogmes et ses rites essentiellement d'exclusion.
Grâce au flou conceptuel ambiant, la République française laïque se voit taxée d'intolérance religieuse et sommée d'accepter à égalité les autres religions, leurs cultes et leurs symboles,
partout, y compris, et surtout, à l'école. Il faut reconnaître que les propos et comportements ouvertement athées, et clairement revendiqués comme tels, de certains défenseurs de la laïcité la
desservent. Mais, au besoin, la religion défendue par la laïcité peut aussi bien être celle de la Raison (les Lumières...) etc., qui peut équivaloir à une forme de spiritualité. Si je ne m'abuse,
cet argumentaire, que j'ai simplifié ici, n'est pas souvent évoqué et encore moins réfuté par les tenants de la laïcité. Peut-être paraît-il trop simple; il est cependant terriblement efficace
quand il s'agit de dénoncer les prises de position parfois passionnées de Caroline Fourest par exemple, efficace surtout auprès d'autres intégristes, évidemment, mais pas seulement.


Encore merci pour votre passionnante évocation de Condorcet.



Catherine Kintzler 30/05/2011 23:00



Merci beaucoup pour votre appréciation.


L'assimilation de la laïcité à un courant de pensée comparable à une religion n'est malheureusement pas spécifique aux intégrismes religieux. Je fais ce que je peux pour  expliquer en quoi
la laïcité est d'abord une disposition de l'association politique qui assure un espace a priori permettant la coexistence des libertés. Mais il faut pour cela exposer une sorte de théorie du
vide, une théorie des conditions de possibilité de la liberté de pensée qui n'est pas facile. On peut par exemple comparer la fonction de la laïcité à l'égard de la liberté de conscience à celle
du zéro en arithmétique à système décimal, car le zéro n'est pas exactement un nombre "comme un autre" : il ne "compte" pas quand on l'additionne et quand on le soustrait mais il rend possibles
l'addition et la soustraction. Cette comparaison m'a été suggérée par le professeur Philip Pettit lors de ma visite à Princeton en 2008, il a eu cette formule "nous (les Américains = régime de
tolérance), nous commençons par 1 ; eux (les Français= régime de laïcité) ils commencent par zéro".


Vous trouverez quelques éléments sinon de réponse du moins d'argumentation dans cet article http://www.mezetulle.net/article-existe-t-il-une-spiritualite-laique-38579412.html et également dans l'article que j'ai publié en anglais: Secularism and French politics.


De manière plus générale, je vous invite à consulter la récapitulation des textes sur la laïcité publiés sur ce blog, vous y trouverez peut-être quelques petites choses à glaner : FAQ sur la laïcité.



berthierch 31/03/2011 12:55



Bonjour,


Avec l'argent, il ne faut pas tourner autour du pot: la republique ne doit pas financer les "cultes", les eglises et les sectes, parce qu'elle est une et indivisible et procede du suffrage
populaire universel. Elle n'a pas à subventionner ceux qui placent la partie au dessus du tout. En consequence, il faut oser affirmer que les compromis de la commission Sarkozy-Michalon doivent
etre abrogés: chacun chez soi, l'eglise chez elle et la republique, son etat, chez eux.


Ce qui est plus inquietant est la frequente confusion - que j'espere n'etre que de language- entre religion et eglises. Pour moi, la croyance est libre. Dans une certaine mesure, elle peut
etre librement  collective. Mais le legislateur parle de "culte" et "d'eglise", c'est à dire des appareils et de leurs "fonctionnaires" permanents ayant leur legitimité et ressources
propres, fut-ce hors de la republique. Et là, on quitte le domaine de la croyance et de la philosophie pour entrer dans celui de la politique. la loi de 1905 est un vrai acte politique en reponse
aux actes seditieux du "parti catholique", comme je l'ai dit à Bondy. Un acte de pouvoir qui est trop souvent theorisé par les maitres à penser, mais que le regime de Vichy avait bien compris en
supprimant les ecoles normales et instituant "l'etat français" avec force prélats.


 



Catherine Kintzler 31/03/2011 22:28



Merci de souligner la distinction religion(s) / églises et cultes. Il me semble que à vos yeux le premier aspect, philosophique et métaphysique, relève d'une forme de liberté naturelle et
s'exerce dans le domaine de la conscience personnelle. Mais d'un autre côté, toute religion s'organise institutionnellement (notion d'"église" au sens large) et se manifeste par des actes
matériels ("culte"), sinon ce ne serait pas une religion. Et la loi de 1905, dans son premier article, dit qu'elle garantit la liberté des cultes (qui est un cas particulier de la
liberté de conscience). Elle la garantit mais elle ne l'assure pas : elle fait respecter cette liberté lorsque celle-ci est menacée ou niée, mais elle n'a pas à donner à chacun les
moyens d'avoir un culte (alors que la loi donne à chacun les moyens de s'instruire, d'accéder aux soins...). Autrement dit: la liberté des cultes est réelle, mais c'est un droit-liberté et non un
droit-créance.



Sylvie Jacquot-Barrault 31/03/2011 10:44



Merci pour cette analyse claire, rigoureuse et pertinente.


 



jf van campo 30/03/2011 17:17



Merci pour cette analyse lucide...


On regrette tout de même que ce soit "le phhilosophe" qui la génère plutôt que les "penseurs ou leaders d'opinions" politiques,non ? Comment expliquer ces faits ?


Ne serait-il pas opportun de commenter l'article 2 de notre actuelle constitution?......



Coralie Delaume 29/03/2011 19:04



Le problème est que le Front national ramasse TOUTES les mises. Pas seulement le pactole de la laicité. Partout où il y a une demande non satisfaite, il est en embuscade : la Rébublique, la
nation, la lutte contre le libéralisme, qu'on l'appelle "mondialisation" ou "européanisme", tout. Ce qui témoigne tout de même à quel point les autres ont absolument TOUT bradé.



Lacoste 28/03/2011 22:18



Je n'ai jamais dit que MLP n'a pas parlé de laïcité. Mais comme je ne l'écoute pas, je te crois simplement.


J'ai dit que ds mon canton le candidat du FN, sans faire campagne, a insisté sur l'insécurité et les immigrés (qualifiés de "français de papier" dans son interview au Midi-Libre) dans sa
profession de foi, le thème conjoint le plus porteur.


Moyennant quoi, il a fait 47% au 2nd tour contre un camarade du PS, en bénéficiant d'une grande partie des électeurs UMP et divers droite.


Salut et Fraternité! 



Catherine Kintzler 29/03/2011 21:49



OK, merci pour cette précision sur la campagne (ou plutôt la non-campagne) locale d'un candidat FN - je suppose du reste que ce n'est pas un cas isolé. Et une remarque : le mot "camarade" ne me
semble pas toujours propre à désigner un candidat PS, en tout état de cause je l'ai depuis longtemps banni de mon lexique politique... !



Lacoste 28/03/2011 11:24



La "campagne" locale du FN n'a absolument pas parlé ni de la laïcité, ni dans une moindre mesure de la défense des services publics, ni d'ailleurs de sujets à vocation sociale. L'électorat
basique du FN a l'esprit ailleurs.


A ce titre, il parait difficile de soutenir que ce thème était électoralement porteur pour le FN, même si a priori il était malin médiathiquement pour de parti de la "récupérer", en en changeant
le sens. 



Catherine Kintzler 28/03/2011 18:07



C'est drôle, j'ai dû rêver en entendant Mme Le Pen parler à plusieurs reprises de laïcité.


D'ailleurs je ne suis pas la seule.


Jean-Paul Brighelli aussi, et cela me donne l'occasion de signaler aux lecteurs de Mezetulle son article daté de ce matin : http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2011/03/28/les-aveugles-et-les-sourds.htm


article repris sur Marianne en ligne : http://www.marianne2.fr/Education-laicite-services-publics-le-hold-up-du-FN_a204428.html



Incognitototo 28/03/2011 03:53



Merci, de faire l'effort de nous répéter ad nauseam ce qui devrait être des évidences.

J'ai été surpris par la récupération du FN des "thèmes" laïques ; mais il a été fortement aidé par des journalistes, notamment JFK qui a osé dire que Marine Le Pen occupe le terrain laïque
délaissé par nos politiques (pendant l'affaire de la burqa)... beurk... Les profs de philo de ces journalistes  n'auraient-ils pas un peu failli dans leur mission ? )

Je ne suis pas sûr que notre dérive à propos de la laïcité depuis 30 ans et la place du FN soient corrélées ou plutôt qu'il y ait cause à effet... Ça en fait partie, mais le "mal" est ancré bien
plus profondément et ne débute pas avec les manipulations mitterrandiennes pour diviser la droite... Entre autres, comme vous le rappelez à travers l'article 19, nous n'avons jamais vraiment purgé la République de
l'emprise de Vichy. Nous n'avons jamais fait de catharsis à propos de cette époque. Les principaux responsables ne sont plus en poste ou sont morts, mais avons-nous jamais entendu ne serait-ce
que les syndicats débattre de leur responsabilité dans un régime qui a fait beaucoup plus que collaborer ?
Comme nous avons déjà pu l'évoquer ailleurs, il y a des causes systémiques à ce que certains Français continuent à bien des égards à vénérer "travail, famille, patrie", ainsi que "race" et État
chrétiens...
Pour l'anecdote, une de mes grands-tantes par alliance avait encore dans les années 80 un portrait de Pétain chez elle, qu'elle vénérait comme une déité. Je n'ai jamais compris comment elle
pouvait vivre et aimer mon grand-oncle, un anarchiste qui avait dû fuir Mussolini...

En lisant votre article, je faisais un parallèle de votre argumentaire avec le financement des partis politiques... Il est quasiment symétrique au niveau de l'argumentaire, et je n'ai jamais
vraiment approfondi ce qu'il fallait en penser ou pas. Mais quand vous citez un des arguments "Il vaut mieux financer pour avoir un moyen de contrôle", et pour les partis politiques, on ajouter
"et éviter la corruption"... Au final, je me demande, si c'est bien fondé pour les partis politiques... Pas tant que ça finalement, en tous les cas, si je vous suis bien pas plus pour les partis
politiques que pour les cultes.



Courouve 27/03/2011 22:20



Et en prime, Mayotte la musulmane devient un département français. Comme si l'exception d'Alsace-Moselle à la laïcité ne suffisait pas.



Mezetulle 28/03/2011 11:03



Si j'ai bonne mémoire, Mayotte devient département à l'issue d'un référendum pour lequel les intégristes musulmans avaient appelé à voter non.


La question sera maintenant de voir s'il s'agit vraiment d'un département de la République une et indivisible..



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