18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 18:06
Bloc-notes
Travaux pratiques grandeur réelle pour TPE

TPE ? Ce sont les "Travaux personnels encadrés", épreuve du baccalauréat demandant la réalisation d'une "production" concrète effectuée seul ou en groupe, à partir d'une documentation rassemblée à l'école ou ailleurs, et "encadrée" par les avis des professeurs.

Voici la définition qu'en donne le site eduscol, avec toutes les références aux textes officiels :
En lien avec les programmes, les TPE offrent aux élèves l'occasion de développer des capacités d'autonomie et d'initiative dans la conduite de leur travail en vue d'aboutir à une réalisation concrète. Sur un sujet dont ils ont délimité les contours en accord avec leurs professeurs, les élèves élaborent en groupe, une production individuelle ou collective à partir de ressources documentaires variées. Au cours des différentes étapes de la recherche et de la production du TPE, les enseignants suivent les élèves dans leurs progression, et vérifient la pertinence des informations sélectionnées par rapport au sujet choisi.
Initiation à la recherche, initiative personnelle, autonomie, brassage d'informations, travail d'équipe, réalisations sous formes variées (page web, journal, écriture, vidéo, spectacle) : tous les poncifs grandiloquents de la pédagogie moderne sont mobilisés... On voit très grand. Et en plus ça peut rapporter puisque seuls les points au-dessus de la moyenne sont comptés !

Or je viens d'effectuer bien malgré moi des "travaux pratiques" qui laissent rêveur sur ces mirifiques objectifs. Sur le blog La Choule, dédié au rugby, le 16 novembre, le commentaire suivant est déposé sous un pseudonyme :
"Hoey La Choule, c un fan de rugby qui vous parle
Je trouve votre blog super. Je suis en train de faire un TPE (travaux pratique encadré) sur le comportement des supporters pour mon lycée à paris. Cette sorte d'exposé est à rendre à la fin de l'année et compte pour le BAC. Seulement comme je ne vais pas très souvent aux matchs du Stade et que je ne possède pas Canal+, je me demandai si vous pourriez m'éclaircir sur le sujet. La partie que je dois développer est celle de leur sociologie."

Tout y est : la recherche de documentation "à l'extérieur de l'établissement" en seconde main, le sujet, la répartition des tâches - on se demande quelle est celle de l'auteur qui avoue ne pas avoir l'intention d'aller au-delà de la "commande" à des prestataires de services extérieurs. Oh pardon, je suis méchante, je maîtrise mal la novlangue : je devrais plutôt parler d'une "enquête" auprès de personnes autorisées. On voit mal aussi comment le professeur va pouvoir exercer sa vigilance sur une recherche aussi foisonnante...  Je n'invente rien, vous pouvez allez voir sur La Choule, où j'ai publié le commentaire (dont j'ai la preuve de l'authenticité), avec la réponse suivante  :
"Hoey acbb91 ! C'est La Choule qui vous parle. Je trouve votre message vraiment "super" ! Ni bonjour ni au revoir, ni signature... : que d'élégance, que de délicatesse ! sans compter la demande à peine voilée "faites-moi mon dossier, voilà le sujet, voilà la date limite, moi de toute façon je ne me documente pas, je fais un peu de copier-coller sur le web, j'attends que ça tombe tout rôti dans ma boîte mél!"
Et si je fais votre dossier, vous mériterez sûrement une bonne note au bac... pour débrouillardise. Vivent les TPE !!!
Mais quand les joueurs de rugby entrent sur un terrain, ils doivent faire les choses eux-mêmes, et en temps limité par dessus le marché... (comme c'est ringard!) ! C'est comme si on vous demandait de faire une dissertation en 4 heures sans document... non mais, où on va là ?"

Après m'être soulagée par cette réponse, je me croyais au bout de l'expérience, remontant du fond du gouffre. Mais non ! le même jour, sur le mail de la Société française de philosophie dont je suis le webmestre, je reçois le message suivant :
"j'ai un éxpausé sur les philosophes français du 18 siécle. veuiller me donner des informations .MERCI" [sic]

Quelle ringardise que de croire qu'une école authentiquement démocratique ne doit compter que sur elle-même et n'exiger des élèves que ce qu'elle leur a vraiment appris à connaître et à faire !!!
Mais quel avenir pour ces élèves désemparés, abandonnés devant des machines dont on peut certes attendre beaucoup à condition, pour pouvoir se tourner vers elles et les conduire, de maîtriser les éléments? Et quelle machine pourra jamais éduquer à l'humanité ?

Voir les articles sur l'école dans ce blog:
Qui a peur des humanités ? /
Violences scolaires "Ils ont des problèmes, vous dis-je !" (par Edith Bottineau-Fuchs)
Quel principe de réalité pour l'école ?
Condorcet, l'instruction et la cité
L'école et les éléments (consultation au Ministère, 7 nov 07) 

Sur le bloc-notes le 18 nov  07
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commentaires

alithia 11/12/2007 14:50

Je ne vous ai pas répondu (au message plus haut concernant des évaluations comparatives de wikipedia et d'une vraie encyclopédie. Mais je voudrais tout de même le faire car à mon avis l'écart entre les deux est abyssal et la situation est sans doute plus grave que vous ne le croyez, dans le cas de wikipedia. Certes, le recours à l'encyclopédie (la vraie, de ttye Universalis) doit être balisé de deux limites qui n'en font qu'une au final : ne pas tout admettre de ce qui s'y écrit, aussi longtemps du moins qu'on n'a pu vérifier par soi-même ; et ne pas croire qu'une encyclopédie, soit une synthèse qui repose en partie sur un compte-rendu d'ouvrages, remplace la lecture de ces ouvrages,. Bien qu'utile la synthèse d'un lecteur au regard qui diffère sans doute du mien et à l'interprétation également, ne doit ni ne peut remplacer ma propre lecture des texte : ce qui est vrai pour tout lecteur sérieux et étudiant sérieux par conséquent, càd tout un chacun qui n'a pas renoncé à l'ambition de penser par soi-même, après avoir étudié les textes qui doivent être connus d'abord, pour se faire une idée par soi-même.Je pense que nous serons d'accord. Une encyclopédie ne peut suffire comme référence pour l'étude véritable d'un sujet, dès qu'on a dépassé le lycée. Le point est la différence abussale, de nature, entre une encyclopédie, une vraie, et wikipedia. Je ne vous ne recommanderais pas d'aller piocher dans les articles ineptes ou vides de contenu, ce serait trop facile de se moquer de toute la aste zone loisir-people, de wikipedia. Appelons cela, son rôle de base de données. Utile à ce tie, indiscutablement. Non, il faut voir ce qu'il se glisse dans la partie supposée relever du savoir et de la connaissance.Je voudrais vous indiquer deux articles, concernant la laïcité au sens large et l'histoire des religions : l'article blasphème, et les articles sur l'Inquisition. Juste ces exemples, permettent, à mon avis de mesurer le problème d'un medaai fait pour servir de substitut à toute documentation pour les écoliers et étudiants. J'ai l'air de m'éloigner des TPE. Pas tout à fait. Les informations qui remontent de la base, comme on dit, en particulier des bibliothécaires et documentalistes, indiquent que cette année, via les TPE, mais pas seulement, wikipedia qui demeurait encore relativement marginale -ou minoraitaire- parmi les documents consultés par les élèves, eh bien cette année c'est le raz-de-marée : tous s'y mettent, et tous ont de + en + tendance à la privilégier et à s'en contenter et tous se mettent à copier-coller (wikipedia + Google, bien sûr, qui sont solidaires, bien sûr quant aux pratiques).Voilà, le truc a pris : invasion de l'école, qui engendre, déjà, des transformations des pratiques des élèves. Ce qui explique le "grand bon en avant" de wikipedia : 9 millions de consultations le mois dernier, paraît-il, en France. Enfin, ce succès quantitatif atteint, ne reste plus que l'auto-validation de wikipedia comme "encyclopédie " et aujourd’hui, nous avons la “validation” par Wales lui-même son fondateur et orchestrateur, qui , à la place du monde de l’enseignement et de la recherche, accorde à wikipedia le label , non seulement, d’encyclopédie mais d’encyclopédie de niveau universitaire et bonne pour être citée par les étudiants dans leurs travaux ( à condition que la citation soit exhaustive, même !). On n’est jamais si bien servi que par soi-même, il est vrai. Et Wales étant un homme d’affaire de 1° ordre, a une stratégie de communication bien rôdée, à défaut d’être admirable.(j'ai fait un article là-dessus)Voilà pour ce complément d'information.

alithia 08/12/2007 19:15

A propos de plagiat et copiés-collés dont le nombre suit une courbe exponentielle, chez les élèves et étudiants, grâce à Google-wikipedia qui vous trouvent tout en un instant et que les TPE ont rendu pratique courante, pour ne pas dire la norme : voyez cet article du Figaro " Le site Wikipédia, encyclopédie en libre accès, a la faveur des jeunes. « Mais les élèves sont aussi prêts à acheter les textes corrigés qui circulent sur Internet ». Quand ils ne se copient pas... entre eux. « La triche est particulièrement développée pour les travaux personnels encadrés qui entrent en ligne de compte pour le bac. Là, on se retrouve avec des copiés-collés d'anciens travaux, eux-mêmes copiés-collés sur des précédents ! C'est décourageant : on a l'impression d'avoir perdu une année »"http://www.lefigaro.fr/france/20071003.FIG000000240_les_profs_de_lycee_desempares_devant_le_copier_coller_sans_scrupule.html

Pierre-Henri 01/12/2007 11:13

J'ai un très bel exemple de TPE, à l'université cette fois. L'université Marc Bloch de Strasbourg publie une offre d'emploi demandant, je cite, des "danseuses discothèque" :

http://www-umb.u-strasbg.fr/listedesemplois101007.php

Je m'interroge : combien de crédits ECTS valent une soirée à tortiller des fesses ? La consommation d'alcool amène-t-elle une mention spéciale ? Le conseil scientifique de l'université a-t-il conduit des études sur place ?

Cela pourrait être pire : de l'autre côté de la frontière, où le proxénétisme est légal, on recrute franchement les prostituées sur annonce. Peut-être que, dans un souci d'harmonisation communautaire, nous y viendrons également. L'université Marc Bloch aura ainsi l'occasion de mettre en avant sa vocation humaniste européenne. Après avoir envoyé ses diplômées découvrir les réalités de l'emploi dans les discothèques, elle les dirigera vers les maisons closes.

On voit, au passage, comme on fait honneur à la mémoire de Marc Bloch.

Mezetulle 01/12/2007 22:51

Ce n'est peut-être pas tout à fait adéquat au concept de "TPE" (lequel est en réalité beaucoup plus prétentieux) mais j'ai visité l'adresse que vous indiquez,  je n'en croyais pas mes yeux ;  c'est hallucinant de voir le site officiel d'une université relayer ce genre d'offre d'emploi...

Gargar 26/11/2007 19:37

    J'ai découvert récement un forum, administré apparemment par un grand ami de Michel Henry. Ce forum est entièrement dévoué à la rédaction des dissertations de Terminales. Il donne raison à cette nouvelle démarche qui consiste à consommer passivement l'information.    Bizarrement, et paradoxalement, la recherche à effectuer pour trouver un forum, s'inscrire, et consulter ensuite l'aide fournie par ce forum (aide sur mesure bien entendu) est presque aussi fastidieuse que celle qui consiste à se rendre dans une bibliothèque pour effectuer soi-même ses recherches à la source, sauf que la recherche de sources a pour intérêt de faire travailler la concentration, la pertinence de la réflexion et la perspicacité.    Avec les TPE, j'ai l'impression qu'une sélection secrète, menée par un organisme occulte, fait la différence entre les élèves prêts à aller en prépa ou toute autre école où ils seront maternés et chouchoutés jusqu'à ce que mort s'en suive, et les élèves faits pour la vie universitaire, capables de faire des recherches par eux-mêmes, aussi jusqu'à ce que mort s'en suive. Il est facile de reconnaître les étudiants qui sont de la première catégorie (i.e. qui se sont trompés d'orientation, qui sont faits pour être maternés): ils sont les premiers à râler de ne pas pouvoir aller en cours en situation de blocage de leur fac. Délaissés, ils ne sont pas capables de prendre l'initiative d'effectuer eux-mêmes des recherches sur le programme de leurs cours.    Avec l'aide précieuse d'internet et du web 2.0, la connaissance se transforme en produit de consommation, disponible de suite, comme du prêt-à-porter. Ce dont ont besoin les futurs bacheliers, avant même d'apprendre à effectuer des recherches, c'est d'une formation à la pensée autonome, incluant naturellement des cours d'internautique modérée.    GARgar.

Mezetulle 26/11/2007 21:38

Je suis bien d'accord sur l'utilité des outils web, mais cela ne s'improvise pas. Mais je ne suis pas sûre que ce qui distingue actuellement les "pro" et les "anti "blocage soit la capacité à chercher par soi-même... N'oublions pas que, notamment à cette époque de l'année, les cours et les TD sont aussi une source de formation au travail autonome. Sans parler du fait que la Bibliothèque universitaire est un précieux outil irremplaçable... : encore faut-il pouvoir y accéder !

MonsieurEd 22/11/2007 21:50

A l'époque où je rampais dans les couloirs du lycée pour me rendre à des cours tous plus captivants les uns que les autres je me pris à rire. La principale adjointe, alias "Le roquet" (gueule de loin, flippe de près), lançait un nouveau concept : le PET ! Il s'agissait de faire du lycée un Pôle d'Education Tertiaire, le top du top en matière de (dé)formation des personnalités les moins enclines à se laisser malmener dans le labyrinthe de la connaissance institutionnelle (maths = bien, si toi nul alors toi pas bien donc toi aller en filière PET pour ramasser les déjections canines dans la rue plus tard). Fière comme une crotte, elle esquiva le vent de protestation des professeurs de filières scientifiques, qui pour certains prirent la direction d'un autre établissement...Tout ça pour dire que le TPE, sous cette appellation bizarre, peut être une très bonne chose si les enseignants sont derrière les élèves (j'avais pondu un truc sur la transformée de Fourrier appliquéee à la musique techno et le résultat avait été concluant grâce à ma prof de maths).Mais l'époque n'est pas à l'émancipation individuelle, plutôt à la résignation du pain et des jeux, à l'élévation de ce côté bovin de l'homme qui consiste à aller se nourrir dans la mangeoire la plus proche plutôt que dans le prés où rôde ce farouche dictionnaire si difficile à domestiquer... Aller va chercher gamin, va chercher le nonos à son pèpère sur internet...

Mezetulle 22/11/2007 23:12

Oui les travaux type TPE fonctionnent quand on fait les choses à fond. Et pour faire les choses à fond, il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs - il vaut mieux par ex. maîtriser la langue avant de l'inventer... Pour avoir pratiqué l'initiation à la recherche avec des étudiants déjà fort avancés et maîtrisant depuis longtemps les "fondamentaux" (comme on dit au rugby !) - par exemple en Licence avec des travaux de type "mini-mémoire" - je connais bien le chemin à parcourir pour avoir des résultats solides. On n'a pas le droit d'assener à quelqu'un le poids de la liberté sans l'avoir mis en état de s'en saisir et d'exercer sa propre autorité.

Pierre-Henri 22/11/2007 21:48

Cela me rappelle cette assez fabuleuse citation de Roland Goigoux, qui voyait dans une classe de CP "une communauté de chercheurs" (*). Pierre Frackowiak, lui, donne des cours de Sciences éco en CE2 (**).

CP ou école doctorale, c'est un peu la même chose, finalement : on cherche. La peinture avec les doigts, un copié-coller sur Google, les "Mythologiques" de Claude Levi-Strauss, un collier de nouilles ou le "Dimanche de Bouvines" de Duby, au bout du compte, c'est tout pareil, c'est de la recherche.

Comment, comment ? vous pensez que le "Dimanche de Bouvines" est tout de même plus intéressant qu'un copié-collé mal lu, mal écrit et plein de fautes ? Vous pensez qu'une recherche, quel que soit son niveau, saurait être "meilleure" que n'importe quelle autre ? Vous établissez des hiérarchies ? Elitiste, bourgeois, réactionnaire, lepéniste (cela va de soi)... n'en jetez plus.

L'objet de la recherche et son niveau d'exigence n'ont donc plus la moindre importance. En évacuant de la sorte les contenus disciplinaires, les chercheurs en éducation ont réussi à s'imposer comme les grands spécialistes de toute forme de savoir. Ils ont institué leur domaine en meta-discipline, coiffant toutes les autres. A partir du moment où l'on cherche, n'importe quoi, à n'importe quel niveau, CP ou école doctorale, on tombe sous l'autorité des sciences de l'éducation.

Il se sont couronnés super-chercheurs, méta-chercheurs, spécialistes non d'une discipline, mais de la recherche elle-même.

A partir de rien, d'un domaine inexistant il y a seulement 30 ans, ils ont pris le contrôle du système. Et cela, grâce à une simple habileté scolastique, une minuscule tautologie de rien du tout. Il leur a suffi de dire : "nous enseignons l'enseignement".

On se demande comment une ficelle aussi grosse a pu tromper les autres chercheurs, par facultés entières. Allez comprendre.


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(*) "C'est une véritable aventure “à la Champollion” qu'ils entreprennent lorsqu'ils sont placés, comme le déchiffreur de hiéroglyphes, devant un message obscur mais dont la signification est claire. Comme Champollion, ils connaissent la signification du message et cherchent, avec l'aide de la maîtresse et du groupe, à en déduire le fonctionnement du système linguistique écrit. Tout au long de l'année, de texte en texte, l'exploration se poursuit, instituant la classe comme une communauté de chercheurs."

Cahiers pédagogiques, mars 1997.

(**) Véridique. cf. le texte "Confiance en l'enfant".

Jacques Heurtault 19/11/2007 14:01

Et moi qui croyais que TPE ça voulait dire "Très petite entreprise"

Mezetulle 19/11/2007 14:49

Mais, dans la jungle des sigles Education nationale, vous ne connaissez peut-être pas encore les TICE, le logiciel JADE... et le réseau MAGRET (c'est parfois un peu lourd à digérer... !).

alithia 19/11/2007 12:47

Eh oui. Cette année le thème des TPE qui donnent une note pour le bac, en 1°, est "les grands hommes".

On peut admettre que c'est vaste, et vague, et malheureusement ne sous-entend aucune question -donc occasion de questionnement et de réflexion- et est une invitation à la copie de simples biographies, sans interrogation aucune.

L 'école se montre là parfaitement anti-démocratique et inégalitaire, à ne pas demander de travaux portant sur ce qu'elle a (aurait dû) préalablement enseigner aux élèves. La seule vraie égalité , et même honnêteté dirai-je, consiste à apprendre aux élèves, d'abord, les interroger, et leur demander de rédiger un exposé ou une dissertation, ensuite.

Mais ça n'est pas tout : c'est un pousse-au-crime car cela revient à aller ramasser sur les sites et l'inévitable wikipedia, ce qu'ils trouvent ou espèrent trouver déjà tout fait.

Incitation à la facilité et à la paresse, donc. Incitation à la copie : deuxième malhonnêteté répondant à la 1°, celle de l'interrogation. Et risque d'approbation de 3° malhonnêteté qu'est wikipedia, elle-même composée de copiages massifs et d'articles erronés et pour certains, faits de pure propagande. Risque de donner donc, une importance et un intérêt immérité à une source qui est elle-même intrinsèquement tricherie : tricherie constitutive avec la vérité (tout est approximatif, au mieux, quand on n'est pas dans la déformation, au pire, et néanmoins chose constante).

[comme je le montre sur mon blog , observatoire de wikipedia : http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/]

On est dans le cycle de la tricherie généralisée avec cette idée stupide de faux travail (qui pousse à se documenter de manière stupide) et qui est profondément inégalitaire et dans un véritable contre-sens, par rapport à ce qu'instruire et enseigner veulent dire.

Franchement, en serions-nous là, nous qui sommes profs de philo, si on nous avait tout laissé découvrir par nous-même, avec l'outil sous la main qui copie-colle à la place de notre effort et de notre réflexion ?

Evidemment non.

Mezetulle 19/11/2007 14:43

Merci Alithia, je donne le lien cliquable vers votre blog : http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/, il figure aussi dans ma page "Liens". Il est vrai que nous nous servons tous (aussi !) de Wikipédia, mais en connaissant les risques et avec un peu de recul critique. Disons que c'est pratique pour des données purement factuelles - vérifier une date, un nom propre, un chiffre (et encore...), cueillir quelques idées de bibliographie en sachant que ce sera de toute façon très incomplet. Mais il ne m'est jamais venu à l'idée de consulter Wikipédia sur des concepts et encore moins des thèses. J'ose à peine imaginer ce qu'on doit y trouver par exemple à l'article "Laïcité" !!!
Cela dit, je dois vous avouer qu'il y a belle lurette que je traite avec la même défiance l'Universalis, qui est sur bien des sujets une entreprise idéologique bienpensante (et en plus on est pratiquement certain de n'y trouver aucun renseignement de fait précis comme une date... !)

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