Bloc-notes actualité


Bloc-notes actualité et nouveauté sur Mezetulle
François Hollande, la laïcité et le concordat (suite)

En ligne le 31 janvier 2012


Le bloc-notes précédent souligne la grande confusion dans la rédaction de la proposition 46 des 60 Propositions de François Hollande : n'est-il pas contradictoire de vouloir constitutionnaliser les principes de la loi de 1905 portant séparation des églises et de l'Etat et le régime concordataire de l'Alsace-Moselle ? Charles Arambourou répond clairement à la question et propose une reformulation de ce texte quelque peu hâtif.

 
Dans son article Si François Hollande veut vraiment constitutionnaliser la laïcité, il doit revoir sa copie !, Charles Arambourou s'interroge sur cette proposition qui prétend marier la carpe et le lapin : bourde ou manœuvre? Il analyse les termes, expose pourquoi il faut constitutionnaliser les principes de 1905 - car la laïcité, quoi qu'on en dise, est toujours fragile - et aussi pourquoi il ne faut pas graver dans le marbre les régimes d'exception.

 

Mais il ne suffit pas de mettre une mauvaise note à une copie, si brouillonne soit-elle : il faut encore être en mesure de corriger ce qu'on estime erroné. C'est aussi ce que fait Charles Arambourou en proposant une base de rédaction et de reformulation pour la constitutionnalisation des principes de 1905, laquelle évite toute trahison mais aussi toute brutalité.

 

 

Lire l'article de Charles Arambourou sur ce blog Si François Hollande veut vraiment constitutionnaliser la laïcité, il doit revoir sa copie !

 

 

NB - Les commentaires de ce bloc-notes d'annonce sont fermés. Merci aux lecteurs de déposer leurs éventuels commentaires sur l'article proprement dit.


Accueil                     Sommaire
Par Mezetulle
Voir les 0 commentaires

Bloc-notes actualité
Laïcité et concordat : l'exception doit-elle être érigée en règle?

En ligne le 28 janvier 2012 [modifié le 31 janvier]


La rédaction du numéro 46 des 60 propositions de François Hollande donne des signes de précipitation et de confusion dont on espère que la campagne qui va se poursuivre les éclaircira ou les abolira - en attendant un mandat présidentiel que beaucoup souhaitent et qu'il faudra le cas échéant, et comme toujours, « avoir à l'œil » (1) !

Pleine de bonnes intentions, elle propose en effet de constitutionnaliser certains principes de la loi de 1905 portant séparation des églises et de l'Etat, mais le rédacteur ajoute aussitôt  « sous réserve du statut particulier d'Alsace-Moselle ».

En voici le texte, repris sur le site Projet présidentiel François Hollande :
Je proposerai d’inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution en insérant, à l’article 1, undeuxième alinéa ainsi rédigé :  «  La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et respecte la séparation des Églises et de l’État, conformément au titre premier de la loi de 1905, sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle. »

D'abord que doit-on entendre par l'expression  « règles particulières applicables en Alsace et Moselle » ? S'agit-il du statut local de protection sociale qu'il serait effectivement opportun de préserver ? ou bien du régime concordataire dérogatoire à la loi de 1905, régime qui est contraire aussi bien à la liberté de conscience qu'à la liberté  des cultes, ainsi qu'au principe de non-reconnaissance et de non financement public des cultes (2) ? Car s'il s'agit de réaffirmer ce régime, on ne peut qu'admirer le tour de passe-passe qui graverait dans le marbre constitutionnel ce qui n'est que dérogatoire et ferait dire à un texte constitutionnel « J'énonce un principe et je dis aussitôt qu'il ne s'appliquera pas ici et là ; je dis que la République est une, mais je dis aussi qu'elle ne l'est pas » ! Dans ce cas, on souhaite bien du plaisir aux constitutionnalistes chargés de rédiger un texte sérieux pour le soumettre à un Congrès.

Pendant qu'on y est, on pourrait aussi faire la longue liste des détournements, dévoiements et dérogations par lesquels maints élus, maintes collectivités territoriales, ont contourné la loi de 1905, particulièrement son article 2, et s'autoriser de toutes ces exceptions pour réclamer qu'elles deviennent la règle ? C'est sur ce type de manoeuvre que s'appuient de nombreuses tentatives de toilettage de la loi de 1905.

Mais les politiques de tous bords nous ont habitués à ces manœuvres : confier à quelques obscurs rédacteurs (je devrais plutôt dire : à quelques petits malins) le soin de donner les petits coups de cuillère qui dénaturent une proposition en proclamant les principes pour mieux les piétiner. On en a vu naguère un exemple avec la commission Gerin qui, reprenant le rapport Machelon, proposait ingénument un financement public des lieux de culte.

On a donc l'habitude. Mais de même que, au rugby, les matches ne se gagnent pas avec des petites entourloupettes du genre des « cuillères », mais avec une bonne grosse mêlée où s'engage un pack solide, de même les combats politiques supposent qu'on mette autre chose dans la mêlée que quelques petits malins qui rédigent des textes faits d'une dentelle cousue de fil blanc.

On se doute que François Hollande a d'autres chats à fouetter en ce moment et qu'il recouvrira d'un édredon salutaire de telles mesquineries. A présent il importe avant tout de faire obstacle à l'actuel locataire de l'Elysée. La question, si elle réapparaît ultérieurement, fera forcément l'objet d'un débat : ce n'est pas rien que de réunir un Congrès. Alors, patientons - chaque chose en son temps.
On vous a à l'œil, et on vous retourne la proposition : peut-être bien que « la République vous rattrapera » !

 

 

1 - L'Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires a rédigé un second communiqué après avoir pris connaissance du détail de la proposition 46. A télécharger ici. Voir également sur le site du Monde l'article de Caroline Fourest daté du 27 janvier.
2 - Voir dans cet article pourquoi les dispositions concordataires sont contraires à la liberté de conscience et à la liberté des cultes.

 

[Edit 31 janvier 2012. On lira avec intérêt l'article très précis de Charles Arambourou "Si François Hollande veut vraiment constitutionnaliser la laïcité, il doit revoir sa copie !". Mezetulle remercie UFAL-INFO de l'autoriser à reprendre ce texte qui mérite la plus large diffusion ]

Voir les règles de publication des commentaires


Accueil                     Sommaire
Par Mezetulle
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Bloc-notes
Un bazar plein de charmes

En ligne le 26 janvier 2012


On trouve vraiment tout dans ce petit bazar à l'enseigne pleine de poésie.

26012012358
Photo prise par Mezetulle 26 janvier 2012 à Paris.

Voir les règles de publication des commentaires.


Accueil
                     Sommaire
Par Mezetulle
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Bloc-notes actualité
Laïcité : constitutionnalisation des principes de la loi de 1905

En ligne le 24 janvier 2012


Je m'apprêtais à écrire un nouveau Bloc-notes (1) au sujet de la constitutionnalisation des principes de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat, proposée par François Hollande le 22 janvier, lorsque j'ai reçu ce communiqué du président de l'Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires. Ce communiqué expose en termes brefs et clairs pourquoi cette constitutionnalisation ne fait nullement double emploi avec la simple présence des termes « laïcité » et « laïque » dans le texte constitutionnel.

En voici l'intégralité :

L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires se félicite de la déclaration nette et précise de Monsieur François Hollande candidat aux élections présidentielles manifestant sa volonté d'inscrire la loi du 9 décembre 1905 dans la Constitution de la République française.
Certes, le terme de laïcité est d'ores et déjà inscrit dans le texte constitutionnel.
Mais y ajouter de manière expresse l'article 1 et l'article 2 de la loi de 1905 serait naturellement, pour l'ensemble des acteurs de la laïcité, une avancée essentielle, la constitutionnalisation de ces deux principes juridiques fondateurs empêchant toute tentative de modification, d’amendement ou de toilettage de la loi de 1905 tel que cela avait été tenté entre 2005 et 2007.
Il appartiendra naturellement à tous les candidats aux élections présidentielles de se déterminer quant à eux, par rapport au choix ainsi effectué par le candidat François Hollande.

Fait à Paris, le 23 janvier 2012
Jean-Michel Quillardet, Président de l’Observatoire International de la Laïcité contre les dérives communautaires


Jean-Michel Quillardet me semble avoir raison de dire que cette constitutionnalisation ferait obstacle à toutes les tentatives de modification, telles que celles qui ont tour à tour été naguère proposées tant à gauche qu'à droite sous des adjectivations diverses : laïcité « plurielle, positive, ouverte, raisonnable, d'intelligence, apaisée.., etc. » et qui toutes tendaient à introduire une forme de reconnaissance et de financement public des cultes. Il en a été question à plusieurs reprises sur Mezetulle (2).


J'ajouterai à cela une réflexion sur le premier article de la loi. Il place la liberté de conscience, laquelle est « assurée », en position première. La liberté des cultes - partie extérieure et institutionnellement organisée des religions - en est un cas particulier et celle-ci est « garantie ». Il est à remarquer que le mot religion n'apparaît nulle part dans le texte de la loi : on n'y trouve que l'adjectif religieux qualifiant généralement des choses ou des institutions (édifices, services, congrégation, circonscriptions, enseignement, signes et emblèmes). Sage rédaction minimaliste : la liberté religieuse dont on fait grand tapage jouit donc d'une liberté extrême, celle que lui laisse le silence de la loi en l'incluant tacitement dans la liberté de conscience.

1 - Après celui du 2 novembre 2011.
2 - Voir notamment Benoist Apparu et le financement public des cultesQu'est-ce qu'une laïcité négative ?Laïcité : Sarkozy franchit la ligne rouge ; Laïcité et référence religieuse dans les textes constitutifs de l'association politiqueLes religions sont-elles d'intérêt public ?  . A ceux qui s'inquiètent des possibles conflits avec la législation européenne, je conseille l'article de Charles Arambourou La laïcité face aux libertés religieuses . En se limitant à la période 2005-2007 pour dénoncer les tentatives de modification de la loi, J.M. Quillardet est assez indulgent : je croyais que Manuel Valls avait proposé un financement public des cultes un peu plut tôt, et que la construction de la cathédrale d'Evry fut soutenue par Jack Lang au prétexte de créer un musée d'art sacré en son sein ? La déclaration de F. Hollande est presque capable de me faire penser que j'ai rêvé tout cela ! Je ne vais certes pas bouder mon plaisir.
[Edit du 28 janvier]
Eh non je n'ai pas rêvé, même que ça continue : la "finalisation" actuelle de la proposition Hollande nous ramène à la case départ : les arrangements "raisonnables" sont en route ! Voir ci-dessus le nouveau bloc-notes du 28 janvier et la seconde déclaration de l'OIL.
Accueil                     Sommaire
Par Mezetulle
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Bloc-notes actualité
2012, année Jean-Jacques Rousseau :
quelques textes sur Mezetulle

En ligne le 6 janvier 2012


On célèbre en 2012 le tricentenaire de Jean-Jacques Rousseau. En attendant de signaler à ses lecteurs quelques événements et participations, Mezetulle se permet de rappeler ici quelques publications sur ce blog - réunies notamment dans le Dossier Jean-Jacques Rousseau consacré aux rapports entre esthétique, musique, politique, théâtre et morale - ainsi qu'un article comparant les critiques du théâtre par les rigoristes du XVIIe siècle et par Rousseau.


  Voir les règles de publication des commentaires

Accueil                     Sommaire
Par Mezetulle
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Bloc-notes actualité
La loi a-t-elle le droit de dire ce qu'il faut tenir pour vrai ?

En ligne le 24 décembre 2011

 

Au menu du réveillon figure un plat devenu hélas un classique bien que peu ragoûtant et toxique pour la pensée : les lois mémorielles. On a beau vomir cette sirupeuse bienpensance arrosée de fiel - qualifiée de « connerie sans nom » par Alain Juppé (1) -, les dévots s'obstinent à la resservir.

 

Mezetulle avait consacré quelques articles à la question en 2005, 2006 et 2007 (voir ci-dessous). On y trouvera notamment, outre des discussions intéressantes dans les commentaires, les liens vers des textes d'historiens et de juristes qui, bien sûr, n'ont pas été entendus. Ont-ils seulement été compris ? Comment faire comprendre à un dévot bienpensant qu'aucune proposition vraie n'a jamais été établie que sous la condition du doute, que sans l'expérience de l'erreur et sans l'épreuve du faux, rien de vrai ne peut être pensé ? Comment même lui faire comprendre que le vrai et le faux sont des objets de pensée ? On désespère d'y parvenir, et il se peut bien que La Rochefoucauld ait raison de dire : « il est de certaines bonnes qualités comme des sens : ceux qui en sont entièrement privés ne les peuvent apercevoir ni les comprendre ». 

Liberté pour l'histoire, 15 décembre 2005.

Les lois mémorielles : interdiction d'affirmer, de nier.. ou de douter ?, 20 octobre 2006.

Contre les lois mémorielles (suite), 3 janvier 2007.


1 - Le propos a largement été relayé par la presse, voir par exemple ici.
Accueil                     Sommaire
Par Mezetulle
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
La pensée musicale d'Adorno : un livre d'Anne Boissière

En ligne le 25 novembre 2011

 

Avec La pensée musicale de Theodor W. Adorno, l'épique et le temps (Paris : Beauchesne, 2011)  Anne Boissière signe son second ouvrage consacré au philosophe de l'école de Francfort (1). Ici, elle remanie de fond en comble les lectures convenues d'Adorno penseur de la musique, qui le figent trop souvent en avant-gardiste fixé sur les notions de progrès et de matériau, et qui organisent principalement leur vision à partir de sa réflexion sur « la nouvelle musique ».

 

Pour effectuer ce déplacement, elle prend appui sur le livre que Adorno consacra à Mahler et, de proche en proche, réordonne entièrement le paysage conceptuel de la réception d'Adorno, et avec lui les rapports entre musique et philosophie à la lumière d'une méditation sur la durée.

 

1 - Anne Boissière a publié en 1999 Adorno, la vérité de la musique moderne, Villeneuve d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion.

 

Lire l'étude critique du livre par C. Kintzler sur ce blog

 

NB. Les commentaires de ce billet sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur la version intégrale de l'article.


Accueil                     Sommaire
Par Mezetulle
Voir les 0 commentaires

La revue: articles de fond

La revue contient 261 articles

Les plus récents

Sommaire thématique de la Revue

Liste chronologique des articles


Quelques "classiques"

Communiqué

Communiqué officiel des éditions Grasset
en ligne le 29 novembre 2011 

erratum

Pour plus de détails sur ce blog, cliquer ici.

Les annonces

Interventions CK

Varia

Si ça vous plaît

Votre blog ?

Abonnement Flux RSS

  • Flux RSS des articles

Contact

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés