8 décembre 1970 2 08 /12 /décembre /1970 14:42

Opposants au « mariage homo » :
une nouvelle tactique
L’adoption par un couple homosexuel est-elle contraire
au « droit de l'enfant » ?

par Jean-Michel Muglioni

En ligne le 29 janvier 2013


La question du mariage étendu aux personnes de même sexe ne se pose plus, on a rêvé, une majorité de Français, y compris catholiques pratiquants, y est favorable ! Le hic maintenant, c'est l'adoption, la PMA et la GPA. La tactique est visible. Puisqu’on n’a pu empêcher le PACS, empêchons le mariage ; puisqu’on ne peut empêcher le mariage, empêchons l’adoption ; et bientôt : puisqu’on n’a pu empêcher l’adoption, empêchons la PMA, etc. 
L'argument ? Adoption, PMA et GPA seraient contraires aux droits de l’homme parce qu’on « priverait » alors un enfant de père ou de mère... Mais au fait, avoir un père et une mère, est-ce à proprement parler un droit ? Si tel était le cas, il faudrait interdire le divorce, interdire aux célibataires d'avoir des enfants !


Un nouvel argument pour refuser l’adoption aux homosexuels


Un nouvel argument est proposé dans le débat sur le mariage homosexuel (1). D’une part la question du mariage ne se poserait plus, les catholiques eux-mêmes (selon les sondages) y étant majoritairement favorables. Mais les Français s’opposeraient à l’adoption (ainsi qu’à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) et la Gestation Pour Autrui (GPA) pour les époux homosexuels. Et cela pour la raison suivante : lorsqu’un couple homosexuel adopte un enfant, son droit à l’enfant irait contre le droit de l’enfant, droit à avoir un père et une mère, droit à la différence sexuelle. Les partisans de l’adoption dissimuleraient cette question derrière une rhétorique facile : dénonciation de l’homophobie et des excès de représentants caricaturaux des Eglises.


Ma position exprimée dans Mezetulle jusqu’ici

Il se trouve au contraire que j’ai justifié le mariage des couples homosexuels par la nécessité de protéger leurs enfants par les mêmes droits et devoirs que dans n’importe quelle famille. Ainsi je n’ai jamais utilisé l’expression « mariage pour tous » ni invoqué le droit à l’enfant, tenant l’argumentation la plus courante en faveur de la nouvelle loi pour indigente. Toutefois mon entrée en lice, si je puis dire, a bien été provoquée par les arguments de l’Église romaine, les pires, et ceux qu’elle a repris au grand rabbin de France, fondés sur l’idée de la naturalité du mariage et sur une certaine interprétation de la Bible qui a ses lettres de noblesse. Mon analyse est-elle pour autant le simple écho de leurs propos et de leurs excès ?


La nouvelle tactique des opposants

Pourquoi ces précautions oratoires ? Parce que soutenir que l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel mettrait en cause le droit de l’enfant et ainsi irait contre le principe de l’égalité des droits de l’homme revient à dire : vous prétendez lutter pour l’égalité, en réalité, c’est vous les inégalitaires, c’est nous qui défendons l’égalité ! C’est nous catholiques qui défendons les faibles et les orphelins. Bel exemple d’un phénomène inhérent à la plupart des débats : on ne cherche pas la vérité, on invente une argutie (peut-être même de bonne foi) pour s’opposer à l’argument confus et souvent fallacieux de l’égalité des droits invoqué par la défense officielle de la nouvelle loi.

Ainsi le nouvel argument suppose que la question du mariage ne se pose pas : que des homosexuels se marient, les catholiques dans leur majorité l’admettent. Rêverais-je ? J’admettrais qu’on soutienne que le débat présent les a fait changer d’avis et qu’ils prennent maintenant parti contre les autorités de leur Église (2). Gilles Bernheim et l’Église romaine refusent non seulement l’adoption mais le mariage. Que se passe-t-il donc ? L’Église et une partie de la droite se sont opposées avec violence au PACS. Ces derniers temps il a été question de leur part d’accorder les droits que le PACS ne garantit pas, mais par une union civile qui ne s’appellerait pas mariage. Maintenant ils admettraient le mariage, mais non l’adoption ! Tout cela est pure hypocrisie. C’est une retraite tactique : puisqu’on n’a pu empêcher le PACS, empêchons le mariage ; puisqu’on ne peut empêcher le mariage, empêchons l’adoption ; et bientôt : puisqu’on n’a pu empêcher l’adoption, empêchons la PMA, etc. Et j’imagine tout à fait que certains croyants sincères que ces transformations des mœurs et du droit affectent viscéralement ne se rendent pas compte que leurs raisonnements ne font qu’exprimer leur désarroi.


Différence n’est pas inégalité

Mais revenons au fond. La différence entre un enfant élevé par un couple hétérosexuel et un enfant élevé par un couple homosexuel relève-t-elle de l’égalité des droits ? Toute différence est-elle une inégalité ? Si c’était le cas, il faudrait, au nom de l’égalité, interdire le divorce, puisqu’il a pour conséquence un grand nombre de familles monoparentales. Et faut-il à nouveau réprouver les « filles-mères » parce qu’elles ont un enfant mais pas de mari ? Faut-il supprimer le droit d’adopter des célibataires (lesquels au demeurant peuvent vivre avec qui ils veulent sans être mariés : la loi n’autorise pas les autorités chargées de leur accorder l’adoption à aller voir qui est dans leur lit) ? A-t-on jamais dit que les enfants élevés dans ces situations étaient victimes d’une inégalité contraire aux droits de l’homme comme le dit l’article de Marianne auquel je renvoie (3) ?

Ce que je viens de rappeler ne prouve pas que l’éducation « homoparentale » est pire ou meilleure que celle d’un père et d’une mère, mais cela suffit pour montrer que les arguments qu’on lui oppose sont fallacieux. On se demandera en outre si dans l’expression « droit à avoir un père et une mère », le mot droit a plus de sens que dans celle décriée à juste titre de « droit à l’enfant ».

Je ne reviendrai pas ici sur les raisons que j’ai avancées et qui m’ont fait prendre parti non pas seulement pour le mariage homosexuel mais d’abord et essentiellement pour l’adoption, en raison même du droit des enfants, c’est-à-dire des devoirs des parents.


Questions de bioéthique

La question de la PMA et de la GPA, qui en effet seront accordées si le mariage et l’adoption sont accordés, est d’un tout autre ordre : elle relève de la bioéthique, c’est-à-dire de toute une série de problèmes liés aux techniques de procréation artificielle (encore que la GPA soit possible par les voies naturelles et ait été pratiquée ainsi depuis toujours). Laissons de côté la question de la commercialisation du corps humain que la France a toujours refusée avec la plus grande clarté. La PMA est aujourd’hui autorisée pour les couples hétérosexuels en cas de stérilité. Des femmes à 18 ans demandent qu’on congèle leurs ovocytes pour pouvoir les utiliser lorsque, plus âgées, elles voudront un enfant. On use déjà des techniques à des fins purement égoïstes : est-ce une spécificité homosexuelle ? Le droit à l’enfant n’est pas plus naturel pour un couple hétérosexuel que pour un couple homosexuel.


Le vrai risque

J’ai donc les pires craintes : les questions de bioéthique sont d’une extrême complexité et bien malin qui croit pouvoir les résoudre aisément. Or à force de déconsidérer par des sophismes tout argument qui limite l’usage des techniques génétiques, les représentants des Eglises ouvrent une voie royale aux ambitions technicistes auxquelles s’ajouteront les intérêts économiques de la sécurité sociale et des industries de la santé qui ne sont pas toujours contradictoires.

© Jean-Michel Muglioni et Mezetulle, 2013


Voir les articles publiés par Mezetulle sur le « mariage homo » :

- Le « mariage homo », révélateur du mariage civil, par Catherine Kintzler

- « Mariage homo », nature et institution, par Jean-Michel Muglioni

 

Voir les autres articles de Jean-Michel Muglioni en ligne sur Mezetulle.

 

[Edit du 2 février 2013. Mezetulle attire l'attention des lecteurs sur l'échange qui figure en commentaire ci-dessous, Jean-Michel Muglioni ayant apporté une réponse extrêmement détaillée au commentaire de Martine Verlhac, réponse qui est en fait une annexe à l'article.]

 

Notes 

1 - Voir par exemple http://www.marianne.net/L-homoparente-contre-l-egalite_a225873.html
2 - Je rappelle que beaucoup de mes amis catholiques sont plutôt de mon avis.
3 - Voir la note 1.


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par Jean-Michel Muglioni - dans Politique - société
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commentaires

Favre Isabelle 19/02/2013 22:09



Merci pour votre contribution, qui me semble cependant trahir une certaine
méconnaissance de l'état actuel du droit positif, ce qui empêche le philosophe de réfléchir précisément.


 


Comme juriste, permettez-moi donc de faire les deux remarques suivantes :


 


1- Vous dîtes : "Adoption, PMA et GPA seraient contraires aux droits de l’homme parce qu’on « priverait » alors un enfant de père ou de mère... Mais au fait, avoir un père et
une mère, est-ce à proprement parler un droit ? Si tel était le cas, il faudrait interdire le divorce, interdire aux célibataires d'avoir des enfants ! "


 


En droit, votre prémisse n'est pas bonne. Et donc toute votre argumentation tombe par terre. En effet, vous comparez ce qui n'est pas comparable. Je m'explique : 


 


a- On ne peut pas comparer les conséquences pour l'enfant d'une adoption par deux personnes de même sexe et les conséquences pour un enfant du divorce de ses parents. Dans le premier
cas, la réalité de l'altérité sexuelle est niée, tandis que dans le second cas, du point de vue juridique, le droit permet de constater le délitement d'une relation qui
était intrinsèquement déjà fondée sur l'altérité sexuelle.  Et les juges passent d'ailleurs
leurs temps à rappeler aux ex-époux que la suppression du lien conjugal fait subsister tout le lien parental entre les ex-époux, dans l'intérêt de l'enfant. On ne peut pas se situer impunément,
tantôt en aval et tantôt en amont, au gré du besoin de la démonstration. L'erreur juridique vient ici entacher votre raisonnement. 


 


b- De même, on ne peut pas comparer les conséquences pour l'enfant d'une adoption par deux personnes de même sexe et les conséquences d'une adoption par un célibataire. En cas
d'adoption par un célibataire, l'une de des deux branches de l'état civil reste vide, et donc respectée dans son existence symbolique, alors que dans l'adoption plénière par deux personnes de
même sexe, la filiation biologique, naturelle, est remplacée par deux branches, de même sexe. Or, on ne peut impunément considérer comme équivalents un vide et un plein, au gré du besoin de la
démonstration, sauf à encourir la censure pour contradiction de motifs.


 


 


2- Vous dénoncez une prétendue "tactique" des opposants au mariage pour deux personnes de même sexe. 


 


Outre qu'il est présomptueux de s'offusquer qu'un adversaire choisisse un point faible pour mener une attaque, il me semble encore une fois que votre analyse repose sur une connaissance
insuffisante ou erronée des mécanismes juridiques réels. Je m'explique. Certes, votre analyse a le mérite de rappeler aux opposants qu'ils devraient se focaliser plus sur la défense du mariage,
et pas seulement se contenter d'accepter le droit au mariage aux personnes de même sexe pour éviter de donner l'adoption à ces mêmes personnes. Cependant, vous oubliez un point juridique
capital, à savoir le caractère indissociable du lien mariage-adoption. Si la loi accordait le droit au mariage aux personnes de même sexe sans leur accorder
celui d'adopter, ce droit leur serait immédiatement (ou de façon légèrement différée dans le temps) conféré par le juge (si besoin, en dernier recours, par la CEDH, pour discrimination, selon
un raisonnement classique : un même statut ne peut pas ouvrir des droits différents selon les personnes). Dès lors les opposants au projet de loi sont bien fondés à s'attaquer d'abord à
l'adoption, laquelle permet de remettre l'intérêt de l'enfant au centre du débat. C'est précisément le retournement qui est en train de se produire dans l'opinion, d'où la nécessité d'un débat
approfondi. Si ceux-ci arrivent à faire comprendre (faire passer dans l'opinion) que l'adoption par deux personnes de même sexe n'est pas acceptable précisément pour l'enfant alors il
conviendra, en logique, et compte tenu du caractère indissociable des deux mécanismes juridiques du mariage et de l'adoption, de refuser le droit de se marier aux personnes homosexuelles, sauf
à laisser faire la loi par les juges..., ce qui n'est pas conforme à la tradition républicaine française. CQFD. 


 


Etes-vous républicain ou non ?


 


Cordialement, 


 


I.F

Jean-Michel Muglioni 20/02/2013 22:23



[Note de l'éditeur.


Il est préférable d'éviter de poster des caractères de cette taille, en gras et en couleur, cela fait vraiment beaucoup ! Ne faites pas de copier-coller à partir de Word ou d'OpenOffice. Merci,
soit de taper vos textes directement dans la fenêtre de saisie des commentaires, soit (dans le cas d'un commentaire assez long) de préparer votre texte sur un traitement de texte simple (Wordpad
sur pc, Simpletext sur mac). ]


 


Mezetulle a reçu la réponse de Jean-Michel Muglioni :


 


************



Je ne suis pas juriste et je l’ai même écrit au cours du débat. Il me semble toutefois que votre argentation au point 1, a, ne repose pas sur  une considération de droit, mais sur cette
proposition : vous dites que dans le cas d’une famille homosexuelle, « la réalité de l'altérité sexuelle est niée », thèse des opposants à la nouvelle loi, thèse que précisément je nie : les
enfants savent parfaitement qu’ils ont un père et une mère biologique.




Et votre point b repose sur le même présupposé.




Au point 2 vous m’écrivez : « vous oubliez un point juridique capital, à savoir le caractère indissociable du lien mariage-adoption ». J’ai au contraire soutenu tout au long de ce débat que si le
mariage était accordé aux homosexuels, il faudrait accorder du même coup tout ce qui est accordé aux hétérosexuels, d’une part (que donc la question de la PMA et de la GPA est générale et vaut
aussi pour les hétérosexuels, et que c’est inextricable : je n’ai pas apporté de solution miracle) ; et d’autre part j’ai pris parti pour le mariage homosexuel précisément parce que le PACS ne
permet pas cette adoption et que les célibataires homosexuels se sont vu refuser l’adoption (d’où la condamnation de la France pour discrimination par la cour européenne). Je ne comprends pas
votre argument : comment les opposants à la loi peuvent-ils remettre en cause l’adoption sinon en changeant le droit positif en vigueur sur l'adoption par les célibatires avant la nouvelle loi ?



Donc, quand vous écrivez que si les opposants à la nouvelle loi parviennent à faire admettre que « l'adoption par deux personnes de même sexe n'est pas acceptable précisément pour l'enfant alors
il conviendra, en logique, et compte tenu du caractère indissociable des deux mécanismes juridiques du mariage et de l'adoption, de refuser le droit de se marier aux personnes homosexuelles »,
vous avez raison : mais alors pourquoi ont-ils fini par dire qu’ils étaient pour le mariage et contre l’adoption ? C’est cette tactique que j’ai dénoncée. Et je le répète, que faites-vous des
célibataires homosexuels (car dans votre hypothèse les couples homosexuels seraient composés de célibataires ayant droit à l'adoption)?



 Ainsi je me suis demandé en vous lisant si en effet j’avais été imprudent sur le plan juridique, car je ne suis pas du tout spécialiste du droit. Mais réflexion faite, j’ai vu que votre
référence au droit n’est pas ce qui fonde votre propos.



En outre, s’il faut une nouvelle loi, c’est qu’en l‘état le droit positif ne suffit pas si du moins on admet la réalité des couples et des familles homosexuelles, ce qui est mon cas. Et je
profite de cette réponse pour rappeler que mon seul argument est la prise en compte de l’intérêt de l’enfant, le seul argument des opposants à la nouvelle loi étant finalement qu’élever des
enfants dans un couple homosexuels va contre leur intérêt. Les enfants sont en effet les otages de ce débat. Et la raison du désaccord n’est pas d’ordre juridique. Et elle porte en dernière
analyse moins sur la question de la filiation que sur le sens qu’on accorde à l’homosexualité.


 



Martine Verlhac 01/02/2013 19:42



Bonjour Jean-Michel Muglioni,



Je me permets de publier un bref commentaire à votre dernier article qui évoque la tactique des opposants au mariage homosexuel. J'avoue avoir été un peu choquée que vous trouviez que l'évocation
des questions de (l'adoption), de la PMA ou de la GPA relèverait d'une tactique de tous les arriérés religieux et autres intégristes de la famille traditionnelle. Toute proportion gardée je me
revois avec des millions d'autres, accusée d'être xénophobe parce qu'en 2005 j'ai voté et appelé à voter contre le traité européen. Je ne suis pas plus une intégriste de la famille traditionnelle
que je ne suis xénophobe. Je suppose que vous connaissez mes positions en général.


 



Sans doute n'objecterai-je rien au mariage des homosexuels : vous me permettrez de ne pas employer la novlingua socialis libertaris, puisqu'il ne s'agit certainement pas de mariage pour
tous. Je ne céderai donc pas au « politiquement correct ». Je ne sais même pas si j'ai une position arrêtée concernant le recours à l'adoption, à la PMA et à la GPA pour les couples
homosexuels. Je sais seulement que je me pose des questions sur ces recours pour tous les couples en général. J'ai bien dit : je me pose des questions. Or il y a une question que ne me pose
plus depuis quelques temps ( le temps de me faire une idée) c'est que dans tous ces cas je suis absolument pour le droit des enfants à connaître leur origine. Cette question vous le savez suscite
beaucoup trop de souffrance chez les individus qui sont confrontés au néant de leur origine. L'origine biologique et sexuée a, vous le savez sans doute,  outre n poids affectif, un poids
symbolique. Peut-être que la recherche de l'origine confronte ceux qui la mènent à de la douleur encore, mais ce ne peut être un argument pour leur refuser le droit de le faire. Ainsi suis-je
d'accord avec ce qu'écrit le juge Rozensweig dans son blog et que je vous envoie en pièce jointe.


 


Ne me dites point que posant cette question je ferais diversion car tout le monde se la pose à terme et elle pèse lourd dans le débat. Ce qui m'inquiète c'est la réponse qu'y apportent ceux qui
ne conçoivent pas que le désir des homosexuels d'avoir des enfants, leur « droit » à l'enfant, puisse souffrir aucun report. Je suis abonnée à Respublica or il y a quelques jours
j'ai lu un article de Zohra Ramdane qui évoquant ce problème propose pour que l'éventuel droit des enfants à connaître leur origine ne soit pas un obstacle au don de sperme ou d'ovule etc...que
l'enfant n'ait le droit à connaître ses origines qu'à 18 ans. Quelle violence, ne trouvez-vous pas ? Ainsi le droit à l'enfant serait bien opposé au droit des enfants. Vous me direz que
signalant ainsi ce problème je retrouve le rabbin Bernheim. Peut-être et alors ? Je suis totalement athée pour reprendre l'expression de Prévert, aussi est-ce la raison pour laquelle je ne
crains point de partager des points de vue avec des gens qui pensent autrement que moi.
Dans tous les cas, dépassant le malaise que j'ai à être éventuellement classée parmi les cagots sous prétexte que je me pose des questions, je vous pose une seule question : êtes-vous pour
le droit des enfants à connaître leur origine ? J'estime que les cagots et autres UMP emploient une bien mauvaise tactique car s'ils se contentaient de cette seule question ils embêteraient
radicalement leurs adversaires, mais ce n'est pas moi qui vais leur conseiller la bonne tactique. De toute façon nous serons tous confrontés dans les mois qui viennent à la question que je vous
pose. J'aurais quant à moi certainement des réflexions à proposer sur la PMA et la GPA(je vous fait remarquer que si l'égalité est en question -cela me semble vraiment un point de vue fort
discutable qui confond l’égalité et l'identité) alors il faudra accorder la GPA aux hommes, comme on aura accordé la PMA aux femmes. Et ces réflexions n'impliqueraient pas seulement la
marchandisation, mais des éléments beaucoup plus intimes concernant le « corps qui est tout l'homme », et je m'appuierais ici sur certains apports de la phénoménologie à côté de ceux
que m'inspire la psychanalyse, comme point de vue critique.


 


Je suppose que vous seriez tout autant attaché que moi-même à mener une telle réflexion.
Donc au bout du compte, même si le « débat » d'aujourd'hui sur le mariage homosexuel  charrie beaucoup de bêtises de part et d'autre, faites-moi le crédit en vous posant la
question que je vous pose, de ne pas me renvoyer au camp des cagots .


 


S'il vous plaît, avant de me répondre éventuellement, comme je le souhaite, prenez le temps d'examiner les documents que vous joins et de parcourir un peu le blog de Rozensweig qui  est une homme me semble-t-il très honnête et engagé du côté d'enfants bien abandonnés le plus
souvent.




In fine, vous choquerai-je si je vous dit que je suis scandalisée du fait que le bruit fait par les politiques et les gens de bien sur cette question du mariage des homosexuels couvre la voix de
milliers d'hommes  et de femmes angoissés par la dispartition de leur emploi  l'organisation sauvage de leur travail que les récents accords ne changeront point.  Vous n'irez sans
doute pas me rejeter dans le camp de ces staliniens qui naguère jugeaient que la liberté sexuelle des femmes et la contraception était un problème petit bourgeois. Mais prendrez-vous au sérieux
mon indignation ? Les questions de l'emploi et du travail sont tellement difficiles à aborder sérieusement sans que soit remis le consensus ultra-libéral, qu'il semble que leur occultation
par les questions sociétale soit pain béni pour ceux qui ne veulent pas remettre en cause ce consensus. Et la cité des égoïsmes l'emporte alors. Je ne pense pas que le débat sociétal ait été
programmé pour que le débat social n'ait pas lieu. Mais puisque vous vous êtes préoccupé de tactique, je prétends qu'une tactique responsable autant du point de vue qui est celui des socialiste
que de ceux qui courent à leurs basques en espérant des retombées pour leur propre réputation, eût été a contrario de poser une hiérarchie quant à l'importance des débats à proposer à l'ensemble
de la cité . Mais la responsabilité, je vous l'accorderai, n'est pas ce qui caractérise ceux qui se sont institués comme ténors de la polititique  ou de la démocratie. J'espère aussi
que vous me donniez votre point de vue là dessus.



Quoiqu'il en soit, je vous prie de croire à mes sentiments respectueux et cordiaux, Martine Verlhac 

Jean-Michel Muglioni 02/02/2013 10:54



Mezetulle a reçu la réponse de Jean-Michel Muglioni :


 


********************


Je ne vois pas en quoi votre commentaire se rapporte à mon dernier article et j’ai donc dû mal m’expliquer depuis le début de ce débat.


Rappel



Mon propos est essentiellement négatif : j’ai tâché de montrer la nullité de certains arguments opposés à la nouvelle loi sur le mariage dont j’ai dit qu’il était ridicule de l’appeler
mariage pour tous. Je n’ai retenu en faveur de cette loi que le droit des enfants (et non le droit aux enfants dont j’ai dit explicitement la nullité). Les familles qui sont aujourd’hui en charge
d’enfants et dont les « responsables » sont des homosexuels doivent recevoir un statut juridique. J’ai dit aussi que si le mariage était accordé, d’une part l’adoption aussi le serait,
et d’autre part le problème de la PMA et de la GPA se poserait, problème que j’ai qualifié de bioéthique. J’ai dit que ce problème n’était pas spécifique du mariage entre homosexuels, et qu’il
était très complexe : je n’ai pas proposé de solution, et je n’en ai toujours pas à proposer, et surtout pas en tant que professeur de philosophie !



Mon article sur la tactique des opposants au mariage répondait à un article de Marianne en ligne dont je commençais par résumer le propos. Il ne portait pas sur la question de l’adoption
ou de la PMA, et je concluais même que cette tactique aboutissait à rendre le débat impossible sur les questions difficiles de la PMA et de la GPA : qu’elle fait le jeu de ceux qui ne voient
pas qu’il y a là des problèmes graves et peut-être insolubles. Je ne comprends donc pas pourquoi je vous aurais choqué.




Adoption



Pour l’adoption, je suis fort gêné en raison de mon ignorance du droit. Mais il se trouve que maître Eolas (http://www.maitre-eolas.fr/ sous le titre Cachez moi cette adoption que vous ne sauriez avoir) a fait une mise au point
éclairante : si la loi actuelle avait été appliquée, les homosexuels auraient depuis longtemps pu adopter. La France a été condamnée par la Cour européenne pour discrimination parce qu’elle
a refusé des adoptions à des célibataires homosexuels, en des termes au demeurant d’une tartufferie plus drôle encore que celle du Tartuffe chez Molière. La loi sur le mariage règlera ce problème
posé par l’impossibilité où sont des femmes et des hommes de bonne volonté d’admettre vraiment l’homosexualité (sans être pour autant homophobes).





Filiation



Sur la question de la filiation, je projetais de répondre au commentaire que Sylvain Duforêt a posté sur mon article initial (voir  http://www.mezetulle.net/article-mariage-homo-nature-et-institution-quelques-reflexions-par-j-m-muglioni-114091244-comments.html#comment110112083 ) et j’ai retardé ma réponse à cause
de l’article de Marianne que je devais réfuter. J’aurais renvoyé à l’article de Jean-Pierre Rosenczveig. Voici où j’en suis dans mes réflexions sur un point qui me paraît d’une extrême
complexité et que je n’ai encore pas abordé sur ce blog, sinon pour dire, comme pour la PMA et la GPA en général, que je ne vois pas en quoi cela pose un problème d’une autre nature que celui qui
se pose déjà avec les couples hétérosexuels.




1/ Un président de tribunal pour enfants doit traiter les affaires les plus difficiles : je prends Jean-Pierre Rosenczveig (dont je sais la réputation) très au sérieux lorsqu’il écrit que
l’urgence est de « donner aux enfants des parents responsables avant de songer à donner des enfants aux couples homosexuels », partant du fait qu’il y a entre deux et deux millions et
demi d’enfants dans des familles recomposées (donc plusieurs millions d’adultes) pour lesquels le droit ne permet pas aujourd’hui de dire qui fait quoi. « L’urgence est bien de voter une loi
sur le droit des tiers - beaux-parents, grands-parents et d’une manière générale des personnes ayant en charge un enfant qui n’est pas le leur par le sang ». (http://www.rosenczveig.com/dossiers/famille/Loisurcoupleshomos.htm, ou Blog
www.lemonde.fr du 19 septembre 2012). Il est donc vrai que le cas de l’homoparentalité n’est qu’un cas parmi d’autres et en un sens marginal (même s’il y a des homosexuels dans les cas ici
décomptés). Mais qu’une loi sur la filiation ait trop tardé ne justifie pas qu’on retarde la loi sur le mariage homosexuel. Et non seulement le mariage donnera des parents juridiquement
responsables aux couples homosexuels déjà constitués et qui ont des enfants, mais du même coup il permettra à ceux qui n’en ont pas d’en adopter (dans la mesure où il y a des enfants adoptables,
et ils sont peu nombreux).




2/ Jean-Pierre Rosenczveig distingue cinq sortes de filiation qui dans le plus grand nombre de cas sont confondues : biologique ou génétique, juridique, affective, sociale, et gestatrice. On
pourrait soutenir que cette diversité ne date pas d’aujourd’hui. Jean-Pierre Rosenczveig montre les dégâts qui résultent de l’impossibilité légale de lever le secret sur les donneurs lorsqu’un
enfant désire savoir quelle est son origine biologique. Je ne reprends pas ici son argumentation en faveur de la levée de ce secret, que je comprends. Irène Théry, à l’émission de Finkielkraut du
12 janvier, Répliques, disait elle aussi sur cette levée du secret des choses convaincantes. On sait que le problème se pose aussi pour les accouchements sous X : là encore, rien
d’absolument nouveau. C’est un problème général qui ne vient nullement de ce qu’il y a des homosexuels qui désirent des enfants.



Cette levée du secret, dont je comprends la nécessité, suppose, si j’ai bien compris, une séparation radicale entre paternité biologique et juridique, telle que le père biologique une fois connu
ne puisse en aucune façon remettre en cause le père juridique ou être lui-même considéré comme juridiquement responsable de l’enfant (demande de pension, etc.). J’ajoute, sur cette question de la
filiation, que dire la vérité aux enfants est aujourd’hui devenu plus commun, d’autant, comme le dit notre lecteur Incognitototo dans son propre blog (http://solutions-politiques.over-blog.com/article-homoparentalite-et-mariage-pour-tous-de-la-realite-a-la-loi-114735226-comments.html), qu’on a cessé de raconter aux enfants qu’ils
sont nés dans les roses.




3/ J’avoue ne pas comprendre cette assertion de Jean-Pierre Rosenczveig : « si l’on décroche la filiation du masculin et du féminin on ne voit pas sur quelle base demain on interdirait
à deux ou trois hommes ou femmes, sinon plus, de vouloir faire de telle jeune personne leur enfant ». Je ne dis pas que je ne suis pas d’accord, mon avis sur la question important peu :
je ne comprends pas ce qu’il veut dire, et ce qui m’arrête ici n’est pas que le Primat des Gaules ait utilisé cet argument à propos du mariage, comme le note Jean-Pierre Rosenczveig. Je ne vois
pas pourquoi il serait inévitable que se réalise n’importe quelle sorte de combinaison (dont certes les enfants feraient les frais). Je demande d’être éclairé ! Et si c’est le cas, pourquoi
la loi ne limiterait-elle pas ces combinaisons prévisibles (puisque prévues par Jean-Pierre Rosenczveig) ?





PMA, GPA



4/ Que la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui puissent être utilisées par n’importe qui à des fins purement égoïstes, c’est déjà le cas. Cet égoïsme n’est pas une
spécificité homosexuelle. Il me paraît donc conforme au droit d’y réfléchir en général et non pas en partant de ce cas particulier. J’ai rencontré depuis de nombreuses années dans des colloques
des médecins (j’ai surtout des relations avec deux associations de gynécologues) avec qui j’ai pu parler de ces problèmes souvent douloureux. Ils doivent suivre des patientes dont la PMA est
remboursée par la sécurité sociale, et parfois ils craignent le pire, connaissant l’état de telle patiente et de sa famille… Or jusqu’à présent il ne s’agit pas d’homosexuelles.



Ma vivacité dans ce débat vient de ce que je m’étonne que des problèmes de cette nature, qui se posent depuis assez longtemps, ne soit médiatisés qu’au moment où il est question d’homosexualité.
Mais vous les avez comme moi médités depuis longtemps puisque vous dites très justement qu’ils se posent « pour tous les couples en général ». C’est au fond la seule chose que j’ai
soutenue et je ne comprends donc toujours pas votre réaction à mon dernier article.




Remarque supplémentaire sur la filiation en général



Sur la filiation en général et pour répondre en même temps à Duforêt, je dirai seulement ceci. Non seulement la filiation ne se réduit pas à la reproduction animale, mais l’idée qu’une définition
légale de la filiation soit éternelle n’a aucun sens. L’idée de la filiation défendue par Gilles Bernheim correspond à une représentation religieuse qui ne repose ni sur le droit, ni sur le fait.



Nous sommes aujourd’hui devant une situation nouvelle peut-être moins à cause des techniques nouvelles de procréation qu’à cause de la transparence de la filiation génétique permise par ces
techniques : on ne peut plus cacher le père ! Cela changera jusqu’au ressort comique du théâtre de boulevard. Si un enfant veut vérifier que son père est bien son père génétique, c’est
techniquement possible. Et par conséquent il me paraît nécessaire, comme je l’ai dit, de séparer radicalement et par la loi paternité génétique et juridique. Je ne vois pas pour l’instant
pourquoi, dans ces conditions, la loi ne permettrait pas à un enfant qui le désire de savoir quel est son père génétique. Si sa mère a dû recourir à un ovocyte, c’est la même chose. Et si je dis
que la principale nouveauté est ici la transparence, c’est sans pour autant me réjouir qu’enfin dans ces domaines l’humanité échappe à l’ignorance et au mensonge dont jusqu’à présent elle a su se
servir de différentes manières.



Dernière remarque, concernant la GPA, actuellement interdite en France. Qu’une femme « donne » l’enfant qu’elle a porté à une autre n’est pas un phénomène nouveau, une assistance
médicale n’étant en l’occurrence nullement nécessaire. Une femme homosexuelle peut faire un enfant avec un homme homosexuel et pour lui ; c’est déjà le cas (sans compter les méthodes dites
artisanales qui ne sont pas forcément plus souhaitables que les techniques sophistiquées). La loi peut-elle interdire ces pratiques ? Elle ne peut pas davantage exiger qu’on soit marié pour
porter un enfant. J’avoue que pour moi c’est inextricable, quand bien même la loi continuerait d’interdire toute marchandisation de l’opération, comme cela me semble nécessaire. Et je n’avance
pas l’argument selon lequel, du coup, les hommes deviennent les égaux des femmes qui jusqu’à présent pouvaient seules se faire faire un enfant sans avoir à garder le père.



Le fait que d’autres pays autorisent moyennant espèces sonnantes et trébuchantes les mères porteuses complique encore les choses pour la France. Je citerai seulement notre lecteur Incognitototo,
concernant les enfants nés de mère porteuse à l’étranger et vivant sans état civil en France : « Une bizarre conception de l’égalité et de la cohérence des droits, où sous prétexte que
l’acte initial étant illégal, on prive ceux qui n’y sont pour rien, les enfants, de toute existence légale en France. Il faut être cohérent, soit on met les parents en taule et ces enfants dans
des orphelinats, soit on accepte simplement que la parentalité civile est un fait intégrable dans notre droit. Mais, on ne reste pas le « cul entre deux chaises » en refusant l’inscription sur
les registres d’état-civil français sous prétexte que l’enfant a déjà un état civil aux USA, tout ça pour que l’État ne se rende pas complice d’un acte illégal, qu’il n’est pas en mesure de
sanctionner par ailleurs... À l’évidence, ça n’est sûrement pas pour rien que Tartuffe a été pensé et créé en France... » http://solutions-politiques.over-blog.com/article-homoparentalite-et-mariage-pour-tous-de-la-realite-a-la-loi-114735226.html


Je peux donc persister dans la dénonciation que j’ai faite de la tactique de nombreux opposants au mariage homosexuel, laquelle correspond très bien à ce que dit ici Incognitototo. Mais ai-je
visé toutes les oppositions possibles à la nouvelle loi ou seulement la retraite tactique de certains ? J’en répète donc la conclusion : « Or à force de déconsidérer par des
sophismes tout argument qui limite l’usage des techniques génétiques, les représentants des Eglises ouvrent une voie royale aux ambitions technicistes auxquelles s’ajouteront les intérêts
économiques de la sécurité sociale et des industries de la santé qui ne sont pas toujours contradictoires ». C’est dire que je partage vos craintes pour le sort des enfants, ou plutôt que
mes craintes sont plus grandes que les vôtres, puisque je les éprouvais avant que la question de l’homosexualité soit à l’ordre du jour. J’ai le sentiment que beaucoup, contrairement à
Jean-Pierre Rosenczveig, s’éveillent bien tard pour défendre le droit des enfants qui sont les otages des deux camps en présence.


 



P.S.


Je vois tous les jours autour de moi des misérables qui couchent dans la rue. J’ai des chômeurs dans ma famille. D'autres, en grand nombre, n'ont pas de famille. Je sais (je crois même l'avoir
écrit) que le chômage est voulu par les politiques français et européens : la « lutte contre le chômage » est une plaisanterie. Est-ce une raison pour ne pas faire une réforme d’un
autre ordre, dont le vote ne me paraît pas devoir aggraver la situation des plus mal lotis ? Le même genre d’argument - il y a plus urgent et plus fondamental - était opposé naguère aux
exigences des féministes (donc contre la nécessité de voter les lois qui ont donné aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes, compte chèque par exemple, fin de la domination du chef de famille,
législation de l’avortement). On a même objecté aux combattants de la laïcité qu'ils oubliaient la lutte de classe. Pourquoi ne pas objecter à ceux qui se préoccupent de la misère en France qu’il
y a pire en Afrique ?



J’admets aussi bien que le parti socialiste utilise cette polémique comme écran de fumée pour cacher sa politique économique et sociale, et qu’il avait même prévu que les Églises et la droite l'y
aideraient. Son espérance n’a pas été déçue. Est-ce une raison pour ne pas chercher la vérité sur des questions aussi difficiles que celles des familles homosexuelles, et d’une manière générale,
car je répète, c'est un problème qui se pose indépendamment de l’homosexualité, sur la PMA et la GPA ? Faut-il abandonner ces questions à un comité d’éthique et renoncer sur ce point à la
citoyenneté ?



Enfin Mezetulle (à part quelques commentaires qu’il a laissé passer précisément pour les réfuter) a-t-il dans ce débat usé des arguments médiatiques d’un camp ou d’un autre ?
Avons-nous revendiqué le droit à l’enfant ? La marchandisation du corps humain ? Parlons-nous de « mariage pour tous » ? Ignorons-nous le droit des enfants, et n'est-ce
pas notre préoccupation principale ? Ai-je même parlé du droit que donnerait l’amour de se marier ? Si la fatigue de l'hiver fait que mes propos n’ont pas la même exigence
intellectuelle que ceux que je tiens sur d’autres sujets, qu'on me le montre, mais qu’on me permette de m’étonner non pas qu’on soit en désaccord avec nous, mais qu’on regrette que nous prenions
part au débat.



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