1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 14:50

Bloc-notes actualités
Concertation « Refondons l'école de la République »:
texte de la contribution de C. Kintzler

En ligne le 1er septembre 2012


Le 5 juillet 2012, Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale, lançait solennellement à la Sorbonne une grande concertation destinée à alimenter la politique scolaire qu'il entend mettre en œuvre. Cette concertation, intitulée Refondons l'école de la République, se déroule jusqu'à la fin septembre pour donner lieu à un rapport début octobre, et débouchera sur le dépôt d'une proposition de loi d'orientation.

 

Non seulement la concertation met en place de manière classique groupes de travail et ateliers coordonnés par un comité de pilotage, faisant appel à de nombreux organismes, associations, ministres, élus et « personnalités qualifiées », mais elle s'accompagne aussi d'un site web fort bien fait, également intitulé Refondons l'école de la République, où les travaux des groupes et les contributions écrites des différents membres sollicités sont suivis et publiés au fur et à mesure de leur avancement et de leur arrivée. Chaque internaute peut en outre y poster un bref texte.

Pressentie par un contact téléphonique du cabinet du ministre début juillet, j'ai également été sollicitée pour participer sous forme écrite aux travaux par deux méls du 16 et 17 juillet indiquant les modalités de l'envoi d'un texte. J'ai lu les documents disponibles et écrit une contribution que j'ai envoyée le 20 août et dont on m'a accusé réception dès le lendemain.

Au moment où je mets ce billet en ligne (1er sept. 16h), mon texte n'est pas (pas encore ?) consultable sur la rubrique du site Refondons l'école destinée à cet effet. Aucune exclusivité ne m'ayant été demandée (d'ailleurs un certain nombre de contributions consultables en ligne sur ce site reprennent des textes déjà publiés), aucune promesse de publication ne m'ayant été faite, après avoir observé un délai de courtoisie qui me semble raisonnable vu le rythme de publication des textes qui suit d'assez près leurs envois, je prends la liberté de rendre mon texte public dans son intégralité sur Mezetulle.


En voici les premières lignes :

Si la refondation de l'école est nécessaire, c'est que sa réforme, conduite invariablement depuis une trentaine d'années, a échoué. Il n'est que trop vrai que l'école « a été maltraitée dans l'intelligence même de ses missions » (1). Le constat d'échec est désastreux, mais il ne décrit en rien une école républicaine, car il dresse l'état des lieux de l'école des réformateurs, du rapport Legrand des années 1980 au rapport Apparu-Descoings des années 2000, en passant par le rapport Attali des années 90, pour ne citer que quelques jalons.Cette école réformée repose sur l'idée selon laquelle l'école serait faite pour la société, qu'elle aurait pour mission principale l'adaptation sociale. On peut résumer cette position de manière critique par la formule suivante : l'école y est sans cesse renvoyée à son extérieur. Cette école assaillie de toutes parts et sommée de devenir autre qu'elle-même ne cesse d'exhiber sa défaillance depuis des décennies. Or le débat auquel nous sommes conviés sur le site Refondons l'école est sur ce point fondamental plutôt mal parti [...]

          1- Discours du Premier ministre, 5 juillet 2012.

 

Lire la suite du texte sur Mezetulle.


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par Catherine Kintzler - dans Bloc-notes actualité
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commentaires

Michel Delord 08/10/2012 22:18


Comme promis voici une petite suite, également décapante : REFONDONS I bis


Intermède : police, polissons et instruction.


Mathieu Kessler a écrit le 19 septembre 2012 sur le blog de Luc Cédelle :


"C'est une bonne décision qui confère à la lutte contre la violence sérieux et visibilité. Je souhaite bonne chance au professeur Debarbieux qui est un homme d'expérience et un universitaire
pragmatique. L'alliance de la compétence et de l'action est assez rare pour être saluée."


 


[…]. Je ne ferai aucune remarque sur la valorisation de la catégorie politique des " universitaires pragmatiques ". Je n'en ferai pas plus sur le fait que, à mon sens, on ne peut valoriser un
homme d'expérience que si l'on valorise le système dans lequel il a eu cette expérience. Ainsi, me semble-t-il, personne n'aurait l'idée de traiter principalement le bon docteur Servier Jacques
d'homme d'expérience bien que personne ne puisse nier qu'il en ait une, et étendue, dans sa (ses) spécialité(s). Et je suis donc tout à fait d'accord pour dire que Eric Debarbieux a de
l'expérience.


[…] il est bien connu maintenant, c'est-à-dire depuis quasiment un siècle, que beaucoup considèrent comme un très grand progrès le passage explicite du centre de gravité de la conception de
l'école de l'instruction vers l'éducation. Or il est bien évident que, si  la lutte contre la violence scolaire a une place naturelle dans l'éducation, elle n'en a aucune dans l'instruction.
Et donc que la conception éducative (qui plus est nationale et d'Etat) est un nid bien chaud pour le développement d'une éducation centrée sur la lutte contre la violence scolaire considérée à la
fois comme polissage moral des esprits et poliçage plus physique des diverses formes de chienlit. On peut donc dire, en ce sens, que Eric Debarbieux se place bien dans la  tradition
républicaine qui, après avoir fait globalement semblant de se centrer sur une instruction publique, a accepté en 1932, sans aucune opposition et c'est ce qui est le plus grave, de rebaptiser
l'école du nom d'Education nationale. 


J'avais déjà abordé indirectement cette question de la fonction de contrôle social et politique par l'école il y a maintenant deux ans.


Je voudrais aujourd'hui en rajouter une autre louche […] Pour cela, il faut revenir en arrière au début du XIXème siècle et au moment du succès de l'école mutuelle, école qui permettait d'avancer
beaucoup plus vite dans le cursus  et d'enseigner la lecture et l'écriture en deux ans alors que cela prenait durait ailleurs quatre ou cinq ans. Performance qui ne pouvait que réjouir les
partisans de l'instruction mais qui représentait un handicap majeur pour de nombreux partisans de l'éducation […] explicitement opposés à l'instruction […]: ELLE MET TROP VITE LES ENFANTS HORS DE
L'ECOLE […]. C'est ce qu'explique le Conseil général du Calvados en 1822 pour refuser des crédits aux écoles mutuelles : 


" Le plus grand service à rendre à la société serait peut-être d'imaginer une méthode qui rendit l'instruction destinée à la classe intérieure et indigente de la société plus difficile et
plus longue… Il faut occuper les enfants de 4 à 12 ans, ne pas laisser se créer ce vide que permettrait une instruction de 20 mois… " 


Anne Querrien, L'ensorcellement
scolaire, introduction à Anne Querrien, L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace?, Editeur Les Empêcheurs de penser en rond, Paris, 2005, préface d'Isabelle Stingers. 


Suite sur http://michel.delord.free.fr/refondons.html#REFONDONS_I_bis


Michel Delord

Michel Delord 20/09/2012 17:29


Ma contribution sur le site officiel :


Puisque, selon les titres du site « Refondons l’école de la République »,  « Les élèves sont au cœur de la refondation » et que « La priorité est donnée à l’école primaire », il peut être
judicieux de voir, situation fondamentale, comment sont assis les élèves du primaire lorsqu’ils apprennent à écrire. On peut chercher ce qui peut, de ce point de vue, être refondé, en
s’intéressant tout autant aux tables scolaires du familistère de Guise dessinées par l’utopiste Godin - celui des poêles et des cuisinières - , qu’à celles proposées en 1898 par « Les fils
d’Émile Deyrolle » ou à celles proposées actuellement par Camif-Collectivités.


 


C’est la question que j’aborde dans une première chronique - Refondons I - consacrée à la Refondation de l’Ecole, sous le titre « Comment pouvoir bien tenir son crayon ? » question pratique qui
sert ensuite de base à une « Petite leçon de morale financière ... à l’intention des défenseurs de la leçon de morale à l’école », ce qui ne devrait pas déplaire à l’ensemble de l’éventail
politique qui semble subjugué par la nécessité de la morale à l’école.


 


Texte complet sur http://michel.delord.free.fr/refondons.html


Vous pouvez en débattre sur mon blog :


 http://micheldelord.blog.lemonde.fr/2012/09/20/refondons-lecole/


 


Michel Delord, professeur de mathématiques retraité


CA de la Société Mathématique de France (2002-2008)


Conseil Scientifique de la Nonpartisan Education Review


Un des signataires-fondateurs de « L’appel pour la refondation de l’école » de 2006.


 


 


 


 


 


 

Mezetulle 20/09/2012 19:03



A lire ce petit traité "Du relâchement progressif (progressiste ?) de la tenue"... jusqu'au bout. Je donne le lien cliquable


http://michel.delord.free.fr/refondons.html


Merci cher collègue.


A suivre...



Hiram Abi 01/09/2012 17:46


Plutôt d'accord... Il me faut relire dans le détail... Mais je transmets à mes camarades du combat laïque... Merci pour cette contribution... Espérons !

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