2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 15:27

Bloc-notes
Cachez cette virginité ... !

En ligne le 2 juin  08


Ainsi ceux qui s’émeuvent de la décision du TGI de Lille annulant un mariage pour cause de mensonge par l’épouse sur sa virginité ont tout faux ! Ces ignares professionnels de l’indignation agitent un chiffon rouge médiatique et s’acharnent sur les juges (déjà bien abîmés ces derniers temps). Heureusement, le corps des hommes de loi est là pour expliquer la profonde expertise du jugement de la honte.

J’en ai fait un mauvais rêve cette nuit sous la forme d’un dialogue en deux actes dont je vous livre la transcription, notée dès mon réveil.


Acte I, où Tartuflette établit que le juge ne pouvait pas décider autrement
Chicanette. - Comment peut-on décider que la virginité est « qualité essentielle » d’une femme ?
Tartuflette – Vous n’avez rien compris, le jugement ne parle pas de virginité. C’est technique : une femme a menti à son futur conjoint sur une qualité que tous deux jugeaient essentielle pour se marier. C’est ce mensonge qui a été jugé comme un manquement au contrat. Pour la virginité, on s’en fout : c’est le mensonge qui compte.
Chicanette – Ainsi, les qualités essentielles sont celles qui sont tenues pour telles par les deux parties ?
Tartuflette – Vous faites une fixation hystérique sur la virginité....


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ou sur Marianne2.fr  (publication du 2 juin 08)


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commentaires

Fabien Besnard 05/06/2008 14:54

Votre parodie est aussi savoureuse qu'argumentée. J'aime beaucoup, et je l'ai fait lire autour de moi.

Yogi 04/06/2008 16:39

Il se trouve que votre texte a été repris en commentaire d'un billet sur le blog d'Eolas par un lecteur dudit blog, et qu'il y répondu point par point. Cela se passe ici, commentaire 57 : http://tinyurl.com/3fg28oJe me permets de vous inviter à y répondre directement chez Eolas, cela pourrait être intéressant.

Mezetulle 04/06/2008 18:42


Cette réponse s'adresse également à Pilou et à Yogi (com. 1 et 2)

Je vous remercie de m'avoir signalé la diffusion de mon article par un commentateur du blog de maître Eolas. J'ai aussi pris connaissance du commentaire injurieux qui suit. C'est bien la moindre
des choses de provoquer la mauvaise humeur de ceux dont on se moque !!

Le saucissonnage dont maître Eolas me fait l'honneur donne une explication de mon texte à mourir de rire avec quelques contresens cocasses - par exemple il m'attribue par moments la thèse de
"Tartuflette" : il n'en est certainement pas dupe. Il feint de ne pas avoir compris l'ironie de l'article: c'est surtout cela qui est drôle.
Que ne s'en prend-il aussi à Nicolas Cantelou qui hier matin sur Europe 1 a brocardé la conception "contractualiste" en suggérant la création d'un Label VOC ("vierge d'origine contrôlée") ? Son
audience dépasse infiniment la mienne...

Je pourrais me livrer à un contre-saucissonnage laborieux, montrer que chaque critique tombe précisément dans le défaut qu'elle me reproche, farfouiller pour trouver des arrêts qui vont dans le
sens que j'indique, etc., etc., et surtout expliquer en détail ce qu'est un procédé ironique et comment fonctionne une caricature - ce qui reviendrait à désamorcer ce que j'ai voulu faire... à
saucissonner encore plus un texte qui ne prend son sens que si on le lit d'un seul coup. (pour lire le texte "non saucissonné" sur le site d'origine, cliquer ici).
Les exemples empruntés aux échanges marchands ne sont pas de moi. Il ne faut pas chercher bien longtemps pour les trouver, y compris dans la bouche d'éminents juristes qui se font un plaisir de
vous expliquer cela sur un ton condescendant avec des exemples "pédagogiques" choisis exprès dans ce qu'ils peuvent trouver de plus vulgaire : que voulez-vous, on est tellement bêtes, il faut
prendre le bon peuple à son niveau... Je les ai légèrement modifiés (je dois même avouer que je les ai un peu embellis, n'osant pas écrire ce que j'ai réellement entendu), c'est tout.

Mon texte a produit l'effet voulu, qui est de faire rire. Les uns éclatent de rire, les autres rient jaune...
Au-delà, je remarque que l'argument final de mon texte (argument qui lui n'est pas du tout ironique) est totalement épargné par le pinaillage. Universaliser l'exigence de virginité montre que l'on
prive alors les célibataires majeures d'un droit fondamental. On n'imagine même pas de telles clauses de renoncement indéfini dans un contrat de travail : chaque fois qu'un contrat exige le
renoncement à un droit, il le fait de manière très précise et toujours limitée dans le temps (je renonce par ex. à mon droit d'aller et venir librement uniquement durant mes heures de travail...).
Je voulais montrer pourquoi on peut considérer que l'exigence de virginité n'est pas recevable dans un contrat quel qu'il soit - tout en mettant face à face deux conceptions du mariage
(contractualiste / institutionnelle) qui bien évidemment sont mêlées dans la réalité.

De toute façon le débat est loin d'être clos. Laissons-lui le temps de se développer et de se nourrir. Il est bon que des non-juristes y interviennent. Il est bon que le monde judiciaire prenne la
mesure des conséquences d'un jugement "tellement banal" et qu'il se divise. Il est bon aussi que les non-juristes se frottent aux arguments des juristes et voient en quoi la loi est une forme - il
suffit de visiter mon blog pour voir que je ne suis pas complètement ignare sur la question et sur le caractère libérateur du formalisme juridique. Mais une forme correcte peut être honteuse....
Cette crise générale me semble plutôt une bonne chose.


[Edit 5 juin, 15h30]. Bien que ce blog d'éminent juriste se garde bien de donner un lien pour que ses lecteurs puissent lire mon article en version originale ou pour voir mon blog, je redonne bien
volontiers ici le lien vers maître eolas qui ne fonctionne pas dans les interventions
précédentes de Pilou et Yogi et que je ne peux pas modifier directement dans leur texte. Les com. en question sont sous l'article, n° 57 et 58).


Pilou 03/06/2008 19:47

 

Le jugement d'annulation fera l'objet d'une émission sur France Culture, demain mercredi à 18 heures. Maître Eolas y défendra la décision contre (selon l'état actuel du buzz) trois personnes, dont Mme Elisabeth Badinter.Quelqu'un a copié votre article sur le site www.maître-eolas.fr où l'avocat en a fait une cridique acerbe et détaillée. Blindez vous si vous y allez voir : parmi les multiples commentateurs, il se trouve quelques crétins pour vous injurier.
 
J'y ais posté le commentaire suivant qui s'en prends a une unanimisme bizare :-  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -La marièe n'était pas vierge.
 
Vous l'avez vérifié ? Quelqu'un est allé y voir ?
 
Les époux, qui demandaient l'annulation de leur mariage, l'ont tous deux déclaré.
 
Et vous croyez TOUT ce que l'on vous dit ! Sans aucun commencement de preuve.
(Et en plus avec une grosse menteuse avouée ; comme disait mon prof de philo : «c'est l'histoire d'un crétois qui dit que tous les crétois sont des menteurs ...») 
Certe, il a bien dû se passer quelque chose de gravissime durant la nuit de noce ; suffisant pour motiver la cessation immédiate de la vie commune, moins de 24 heures aprés le "Oui" initial. Cette séparation est aisément vérifiable et, dés que sa durée atteint 2 ans, elle deviens une cause de divorce s'imposant au juge.Il serait intéressant d'avoir la durée de vie commune des cas connus d'annulation, hors mariages blancs.
 
Et si c'était l'homme qui avait failli ? Qu'il se soit montré si maladroit qu'il n'y avait aucun espoir qu'un jour il puisse procurer du plaisir. Pire, que puceau et incapable de bander il doive finir par avouer que, ne serais-ce le quant dira-t-on, c'est les garçons qui lui donnent le frisson.
 
Que la chose devienne publique et il n'a plus qu'a se pendre ; ou au moins s'exiler en Mongolie.Que risque la jeune femme à lui fournir un alibi facile ? 99% des mâles se fichent de la virginité d'une jolie fille de vingt ans, et elle préfère éviter le 1% restant.
 
Même si j'estime que mon invention n'a qu'une chance sur un million d'approcher de la vérité, c'est suffisant pour dire qu'il y a doute sur le motif de la rupture.Mais qu'il y a certitude sur sa rapidité.

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