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l'appel Sauvegardons la laïcité de la République 1 - Personne n'est tenu d'avoir une religion plutôt qu'une autre.Qu'est-ce qui les différencie philosophiquement ? Ce n'est pas la distinction de la sphère de l'autorité publique et de la sphère des convictions, que les deux admettent et qui a été inventée par la théorie de la tolérance. C'est avant tout un dispositif de pensée.
2 - Personne n'est tenu d'avoir une religion plutôt qu'aucune.
3 - Personne n'est tenu de n'avoir aucune religion.
Il faut tout refuser aux Juifs comme nation ; il faut tout leur accorder comme individus ; il faut qu’ils soient citoyens. (Le Moniteur universel, 23 décembre 1789.)La formule, citée aujourd’hui étourdiment comme le comble de l’abomination jacobine, est profondément libératrice précisément en ce qu’elle proclame un devoir d’aveuglement (3).
1° En toute rigueur, une société ne peut être que tolérante, seule une association politique peut être laïque.
2° L’autorité publique et ce qui en relève, tout ce qui est relatif à la constitution, à l’énoncé et au maintien des droits, est soumis à l’abstention stricte en matière de croyance et d’incroyance.
3° Le fondement de l'association politique se pensant indépendamment de toute référence religieuse et de toute référence à un lien social ou communautaire, la religion civile est directement contraire à la laïcité, cette dernière ne s’opposant aux religions que dans la mesure où elles prétendent faire la loi.
4° La forme de l’association permettant à chacun de vivre en communauté, mais aussi de changer de communauté ou encore de se soustraire à toute communauté, il ne saurait y avoir d'obligation d'appartenance : le principe de la suspension du lien social apparaît comme constitutif du lien politique, tout autre lien étant surabondant pour former la cité.
5° Puisque la laïcité ne suppose pas des parties prenantes préexistantes, il n’y a pas de pacte ni de contrat laïque.
6° Elle n'est pas non plus un courant de pensée au sens ordinaire - on ne peut pas dire « les laïques » comme on dit « les catholiques » ou « les athées ». Il ne saurait donc y avoir d’« intégrisme » laïque, sauf à entendre par là une position qui voudrait étendre le principe d’abstention propre à la puissance publique à tout ou partie de la société civile – c’est ce que le texte de présentation de ce colloque appelle aussi le « laïcisme », qu’il faut bien distinguer de la laïcité.