12 juillet 1970 7 12 /07 /juillet /1970 00:00
L'école des âmes monarchiques
Teacher Pride

par Tristan Béal
En ligne le 7 novembre 2008

Tristan Béal retrace ici comment, pris d'un sentiment jubilatoire en lisant un texte d'Alain, il retrouve la fierté d'enseigner. Hélas cette fierté n'est pas simplement ignorée par les IUFM et le lobby pédagogiste : elle est soigneusement évitée par eux. Mais où irait-t-on si instituteurs et professeurs redressaient la tête et s'avisaient de redevenir des maîtres qui instruisent et élèvent ? Il leur est plutôt demandé de former des adaptés sociaux et, à cette fin, de donner l'exemple d'une âme servile. Ainsi la classe, qui devrait être le lieu de l'émancipation où l'on s'enorgueillit à juste titre du savoir, devient un parc à moutons où l'on se règle sur l'opinion d'autrui.

J'ai fait l'autre nuit un rêve bien étrange et saugrenu. Je me trouvais sur un de ces grands boulevards de Paris sur lesquels manifestent volontiers les enseignants en colère. Cette fois encore, il s'agissait bien d'une manifestation, mais assez particulière, je dois dire. Les enseignants avaient le sourire aux lèvres et le regard pétillant voire mutin ; ils arboraient joyeusement des banderoles plus bariolées les unes que les autres et aux slogans particulièrement déroutants : qui brandissait un dantonien « Après le pain, le premier besoin du peuple est l'éducation », qui un platonicien « Nul n'entre ici s'il n'est géomètre », qui un radical « République et École, même combat », qui encore un sibyllin « Apprendre, c'est se ressouvenir », qui enfin un cartésien « A bas tous les châteaux de savoir fondés sur du sable », et bien d'autres encore... On était là fort loin des revendications de la gent enseignante que l'on juge souvent bien trop matérielles. Et soudain je compris d'où provenait cette festive et guillerette bonne humeur : je me trouvais au beau milieu non pas d'une manifestation corporatiste (comme on aime à le dire), mais de ce qu'un char rutilant et ouvrant cette jubilante marche appelait une Teacher Pride. Et effectivement, tel un leitmotiv entêtant et enthousiasmant, les enseignants scandaient, sur des tons et des notes différentes : « Nous sommes fiers d'enseigner ! ». Mon rêve prit brusquement fin avec, en fin de cortège, la vision d'un Jaurès au visage égaré avec, comme dirait Rimbaud, deux trous rouges au côté droit de la tête.
À mon réveil, et en pauvre lecteur de Freud, je me mis aussitôt à chercher de quel reste diurne ce rêve était le symbole. Et très vite je trouvai.

En effet, on m'avait mis dernièrement entre les mains un court texte d'un auteur passablement inconnu dans les rayons de pédagogie et publié il y a fort longtemps (en janvier 1901) dans une revue au nom assez exotique et désuet (Revue de Métaphysique et de Morale) : « Le Culte de la Raison comme fondement de la République » d'Alain (1).
Je dois dire que cet article m'avait particulièrement éclairé : en une argumentation serrée et limpide, j'avais su quelle était la nature de mon métier et, du même coup, combien, jusqu'à présent, je l'avais pratiqué sans en savoir toute la beauté et l'honneur qui lui en incombait. A la fin de ma lecture, j'avais soudain été fier d'enseigner.
Néanmoins la joie avait vite laissé place au doute, à l'incompréhension et au soupçon : comment se faisait-il que ce texte ne m'eût jamais été soumis lors de ma préparation à l'IUFM ou bien par les inspecteurs ou les conseillers pédagogiques qui nous éclairent à l'envi de leurs lumières en matière d'enseignement ? Comment se faisait-il que cet auteur fût si occulté aux yeux d'un professeur des écoles ? Comment se faisait-il, en d'autres termes, que l'on m'eût parlé jusqu'à plus soif de Meirieu et non pas d'Alain ?
Soudain la réponse s'était faite d'elle-même ; elle était contenue dans le sentiment même de joie et de fierté qui m'avait empli à cette lecture. Autrement dit, c'est précisément parce que ce texte m'enorgueillissait en tant qu'instituteur qu'il m'avait été recelé jusqu'à présent et par mes formateurs et par ma hiérarchie.

Que je m'explique.
Alain commence ainsi en quatre phrases magistrales par leur forte simplicité : « Tout gouvernement qui n'est pas la République est exactement représenté par l'image du pasteur et du troupeau. Le pasteur protège ses moutons, il a des chiens pour cela. Mais il tond les moutons. Les moutons vivent non pour eux, mais pour lui ». Ensuite le coup à l'estomac, le soufflet jeté à nos visages de pleutres adulateurs : « Or on voit bien comment le pasteur reste pasteur de son troupeau : les moutons n'ont ni dents ni griffes. Mais on ne voit pas comment un roi ou un petit nombre de gouvernants peuvent gouverner par la force un peuple d'hommes. Un tel gouvernement est à vrai dire impossible ». Conséquemment, un gouvernement ne nous tient que dans la stricte mesure où nous y tenons. Ce n'est pas la force brute qui nous soumet (un seul ou quelques-uns n'ont jamais fait le poids), mais c'est la crainte, une volonté dévoyée et couarde certes, mais une volonté. Le pouvoir de nos gouvernants est moral : c'est « un pouvoir sur les âmes ».
Le despotisme va donc de pair avec la confiance que l'âme des opprimés voue à son despote. Âme qu'Alain qualifie de « monarchique », âme dont le trait essentiel est « une disposition à régler son opinion sur celle d'autrui ».
Inversement, il n'y a de République qu'à une seule condition : que la défiance soit la vertu de l'âme ; défiance signifiant ici cette promesse jurée à soi-même de ne jamais « croire sans comprendre », c'est-à-dire de « n'accepter comme vraies que les opinions qui lui paraîtront évidemment être telles ».
Autrement dit, alors que l'esclave adhère, va dessus la foi de son despote comme l'âne épongier de la fable, le citoyen républicain refuse de faire partie, il cultive la distance, et tout d'abord la distanciation vis-à-vis de lui-même, de ce lui-même phagocyté par les opinions, en lui sans lui ; bref, il juge.
D'où le lien essentiel entre la République et l'École. D'où aussi les écailles qui m'étaient tombées des yeux à la lecture de cet article. D'où enfin l'enthousiasme et l'orgueil ressentis.

Si le citoyen "citoyennement" citoyen est celui qui use librement de sa raison (tout le contraire de ce que l'on appelle communément un bon citoyen), alors il ne saurait y avoir de République sans école comme lieu où l'âme prend conscience d'elle-même et de sa force adamantine de raison. L'école est ce lieu où l'âme se déprend de tout ce qui en elle n'est pas elle, c'est ce lieu à la fois paisible et dangereux où l'âme renaît à elle-même en mourant à ce qui n'est pas elle (2). Rien de plus beau, mais aussi rien de plus angoissant.
Et Alain de continuer de mettre à bas tout ce qui jusqu'à présent m'avait été présenté comme la panacée en matière d'enseignement. Non, il n'est pas vrai qu'il faille partir des représentations des élèves ; non ce n'est pas à eux de "construire" leur savoir, si par cette activité constructrice on entend que l'élève, au petit bonheur la chance, répète le vrai sans l'entendre. La vraie pédagogie, le vrai art d'instruire, c'est l'élémentarisation au contraire. Apprendre, c'est certes construire un édifice aux fondations parfaitement solides, mais une telle construction n'est possible pour l'élève que parce que tout d'abord le maître a lui-même découpé les pierres. Le maître d'école est un maître d'œuvre paradoxal : il vise un projet (un savoir sûr de ses bases) qu'il ne réalise pas (ce n'est pas lui qui le construit, mais l'élève dans la solitude de son jugement) et qu'il n'impose pas (le magister n'est pas un dominus, pour le dire en latin) (3). L'élève « raisonnable ne doit point croire que deux et deux font quatre, mais comprendre que deux et deux font quatre. Et pour y arriver, que fera-t-il ? Il divisera la difficulté ».

Maintenant je sais pourquoi ce magnifique texte n'est pas connu de tous les professeurs des écoles de France : c'est parce qu'il est dangereux de part la haute idée qu'il véhicule du métier d'enseignant. Si ce texte est aussi sciemment mis sous le boisseau, c'est qu'il fait de l'instituteur un pilier de la République (4). Si ce texte est si éhontément nié, c'est que, loin de montrer aux enseignants le caniveau, il les grandit et les exhorte.
Maintenant je sais également qu'un pays dont le président ose affirmer que, dans la transmission des valeurs, jamais l'instituteur ne saurait égaler le prêtre ou le pasteur, qu'un tel pays est une république moutonnière et que son école est une école des « âmes monarchiques » (5).
Maintenant je sais aussi hélas ! qu'un État qui considère que pour sa jeunesse l'enseignement de l'histoire et de la philosophie peut être optionnel, qu'un tel État est un État Janus, face démocratique et revers tyrannique. Ces deux enseignements sont en effet puissamment émancipateurs : l'histoire, telle qu'enseignée au lycée, n'est pas seulement succession de dates mais enseignement moral, elle exhorte à la résistance et elle permet de démonter tous les mécanismes d'oppression qui aimeraient rester tapis dans l'ombre. La philosophie, quant à elle, apprend ce que parler veut dire : loin de réduire la parole à un acte de communication où les mots ont autant de transparence que la pièce de monnaie mallarméenne circulant de main en main, la philosophie révère paradoxalement le mot ; elle en cherche la signification (c'est toujours le qu'est-ce que socratique) parce que par delà cette signification c'est l'accord que l'on vise, un accord sur le sens des mots d'abord, puis un accord sur ce qui est et enfin, parce que s'entendre en vérité est possible, un accord politique : on peut faire peuple. La philosophie va de pair avec l'idée que les hommes ne peuvent vivre ensemble que si premièrement ils sont capables de se mesurer à la même aune (ici, le mot), de dire non pas la même chose sur le réel, mais de parler au sujet du même réel, d'habiter un lieu commun. Partant, brader ces deux enseignements, c'est tout à la fois interdire à la jeunesse une distance vis-à-vis de son époque, c'est l'enfermer dans un ici et maintenant (mollement ?) totalitaire, mais c'est aussi l'empêcher de penser le lien politique. C'est donc faire de sa jeunesse un vil troupeau seulement préoccupé de sa pâture du moment, c'est cultiver en elle une âme moutonnière et du coup méprisable.

Mais je dois mettre mon enthousiasme en sourdine ainsi que ma juste colère. Demain j'ai école et je dois remplir servilement deux ou trois fiches de préparation ; c'est moins roboratif que la lecture d'Alain, mais c'est ce que l'institution a trouvé de mieux pour nous occuper quand nous ne sommes pas dans notre classe, pour nous divertir de notre noble cause, pour éteindre le plus possible la flamme républicaine qui pourrait encore tout de même brûler en nous, maîtres que l'on espère bientôt vulgaires tâcherons (6)...

© Tristan Béal et Mezetulle,  2008


Notes

1 - http://classiques.uqac.ca/classiques/Alain/culte_de_la_raison/culte_de_la_raison.html

2 - Ainsi, en classe, un élève pourra dire que dans la phrase : Claudine va au marché, marché est un verbe car on dit, comme c'est écrit dans la leçon, « je marche, tu marches, ... ». L'élève a donc ici une justification vraisemblable, une raison bonne (un verbe est un mot qui se conjugue) mais qu'il applique mal (ici, marché est un nom commun précédé d'un article).

3 - Rappelons que le maître d'école et le maître d'un esclave n'ont pas la même étymologie. Le premier provient de magister, le second de dominus. Le premier, donc, est sous le signe du plus, du magis : le maître est celui qui en sait plus et vers le savoir duquel s'élève l'enfant à qui ce savoir est indiqué. Le second, au contraire, n'a de souci que pour sa maison, sa domus : il ne cherche que l'accroissement de son propre bien. Le magister enrichit d'humanité son élève sans s'appauvrir de la sienne ; le dominus ne peut s'enrichir qu'à condition de n'avoir aucun souci de son esclave, ou sinon par accident, comme par surcroît.

4 - Il est donc honteux que dernièrement, sur un plateau de télévision, un maître à penser ès pédagogisme, idolâtré dans tous les IUFM et par une grande partie de la gauche, ait eu le front de parier qu'il pourrait proposer un plan à même de se défaire d'un nombre encore plus grand d'enseignants que celui fourbi en ces temps par le Ministère de l'Épuration nationale.

5 - En passant, voici ce que l'on peut lire dans l'article d'Alain : « Ce que je vous invite à remarquer tout de suite, c’est que cet état d’esprit [celui de l'âme monarchique] est tout à fait d’accord avec ce que l’on appelle communément la Religion, et ce que l’on doit appeler exactement la Religion révélée. La Religion révélée exige en effet que l’on règle ses opinions sur les opinions contenues dans de certains livres dits sacrés, ou enseignées par de certains hommes qui sont dits dépositaires de la parole divine. Cette brève remarque nous explique déjà pourquoi Religion et Monarchie se tiennent et se soutiennent par leur nature même, encore que par accident et pour un temps elles semblent parfois lutter l’une contre l’autre. »

6 - Pour preuve... « Cela [la mise en place d'un suivi pédagogique au lycée] suppose une redéfinition du service enseignant. Ceux-ci devront travailler ensemble et communiquer entre eux. Pour cela, il faut des enseignants impliqués autrement. Ce ne sera plus l'enseignant qui vient donner son cours et qui rentre chez lui corriger ses copies. Ce sera un enseignant pédagogue. » Philippe Meirieu, http://www.lesechos.fr/info/france/4753164--la-reforme-suppose-une-redefinition-du-service-enseignant-.htm


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commentaires

Fabien Besnard 09/12/2008 08:46

J'aime vos slogans ! Quant à mon j'irai à la teacher pride en brandissant cette phrase d'Alain Connes que j'ai faite mienne : "la première chose qui compte, c'est devenir sa propre autorité". En ce qui concerne cette nouvelle guerre scolaire entre pro et anti-pédagogos, il ne faut pas perdre de vue que, des deux côtés, on se pense comme de "vrais" républicains, et que, mis à part quelques sommités dont le discours actuel n'a pour seul but que de justifier leurs erreurs passées, le gros des troupes est de bonne foi et pense agir pour le mieux. C'est pourquoi, à mon sens, la revendication la plus fédératrice serait celle d'une vraie liberté pédagogique, bien que, naturellement, les conditions d'exercice de cette liberté soient également essentiels, notamment en terme d'objectif et de structure des enseignements. Mais que, au moins, chacun soit libre d'adopter la méthode de son choix (cela va bien sûr avec une évaluation sincère des résultats).

Laurent 15/11/2008 21:34

Ce n'est pas tant les nouveaux programmes de l'école primaire ni même les anciens qui sont un obstacle à l'apprentissage des jeunes depuis bientôt 20 ans mais le socio-constructivisme c'est à dire la soit disant aptitude des élèves à "construire leur propres savoirs". Voilà le dogme auquel il faut adhérer dans la majorité des IUFM et que tous les "formateurs" d'enseignants répètent à l'envi... Dogme auquel il faut également souscrire impérativement lors des entretiens oraux (et écrits dans certaines disciplines) aux concours ! On imagine quel incidence celà a sur la capacité des enseignants recrutés : un véritable carnage ! Merci à Tristan Béal pour ce texte très intéressant... Signé : un professeur des écoles

Béal 15/11/2008 15:21

 
Je devine, sous votre propos agacé, que vous tenez la nouvelle pédagogie ministérielle pour passéiste, voire pétainiste avec son triptyque glaçant et mortifère : Travail, Discipline, Morale ; et tout cela en l'honneur de la France (fille aînée de l'Église, voudrait-on rajouter).
De nouveaux programmes ont été en effet adoptés, nouveaux programmes présentés comme résolument anti-pédagogistes, c'est-à-dire des programmes remettant le savoir au centre, un savoir vers lequel doit s'élever celui que l'on appelle du si bon nom d'élève. Il y avait donc, pour un "réactionnaire" comme moi, lieu de se réjouir. Or il n'en est rien.
Tout d'abord parce que M. Darcos en a rabattu sur ses exigences. Et d'une façon fort rouée, du reste, comme sans y toucher. Il a demandé aux enseignants leur avis lors d'une consultation. Ceux-ci ne se sont pas fait prier et ont notamment affirmé à tout crin qu'ils ne voulaient pas que l'on touchât à leur sacro-sainte transdisciplinarité. Dont acte : et ainsi, sous des dehors magnanimes, le ministre revient sur ses propos, mais en creux ce que l'on retiendra c'est que les enseignants n'ont pas voulu ce qui était présenté comme la panacée, le recentrage sur les fondamentaux et rien d'autre. Quand on sait en outre combien certains inspecteurs et autres conseillers pédagogiques se sont gaussé de ces nouveaux programmes et ont affirmé qu'il leur serait bien difficile de les imposer à leurs ouailles, vous permettrez que je doute encore que l'école soit déjà totalement libérée des pédagogistes ; d'autant plus que les documents d'application relatifs aux programmes Lang & Ferry sont toujours en vigueur. Y a-t-il donc eu ce tel changement que vous décrivez et regrettez ?
Ensuite, première contradiction, ces nouveaux programmes se sont accompagnés d'une diminution du nombre des heures d'enseignement devant tous les élèves. Comment enseigner plus avec moins d'heures allouées ? En enseignant mieux, nous a-t-on répondu. Et d'inventer les deux heures de soutien hebdomadaire aux élèves à la traîne, vaste tartufferie facilitant la vie de famille et la douce éradication en deux temps des RASED, c'est-à-dire flattant les loisirs d'une certaine bourgeoisie et permettant l'année suivante de faire des économies.
De plus, deuxième contradiction, cette refonte du primaire se double d'une réforme du lycée exactement aux antipodes : dans le primaire, on formerait des moutons dociles soumis à des exercices répétitifs et à une pédagogie de l'entraînement systématique, alors que dans le secondaire, au lycée, on mettrait en place des "pédagogies de projet" hautement libératrices. Cherchez l'erreur...
Enfin, troisième contradiction, le recrutement des professeurs des écoles va sous peu changer, amenant en sous main la perte pour certains du statut de fonctionnaire d'Etat. En effet, on pourra avoir son master sans avoir réussi son concours, on sera alors recruté comme vacataire, c'est-à-dire comme un pion corvéable à merci et ne devant piper mot.
Si donc il y a eu au départ réjouissance de ma part, cette réjouissance s'est désormais changée en déconvenue. On ne peut prétendre avoir souci de la jeunesse, vouloir réduire l'échec scolaire et – en même temps – mettre tout en œuvre pour que ce soit l'exact inverse qui survienne.
Là où je vous rejoins quelque peu c'est que le climat actuel est fort délétère (aussi dites-vous que « vous avez intégré » la nouvelle donne pédagogique, preuve d'une acceptation extorquée) : il le fut jusqu'à présent pour les instituteurs qui voulaient tout simplement enseigner "traditionnellement", il le fut aussi à l'égard des élèves qui, selon moi, baignés dans un totalitarisme mollasson (ils croyaient, pauvres naïfs ! que c'étaient eux qui établissaient la règle), à présent cette emprise moralisatrice pèse sur tout le corps enseignant. Nos jours sont comptés, autrement dit.
Et, pour conclure, je dirais que cette contre-œuvre n'est absolument pas menée pour le salut de la France, pour la République, mais bien plutôt pour une certaine Europe, celle du capital outrancier et de l'esclavagisme généralisé.
De toutes les façons, vous comme moi avons intérêt à nous taire, car, au cas où vous l'ignoreriez, notre Ministère et ses sbires, ou Miniscol dans le novlangue de 2008, veillent sur les opinions des déviants ; si vous en doutez, suivez ce lien : http://www.fabula.org/actualites/documents/26772.pdf.

alala 10/11/2008 02:19

Je ne comprends pas la raison d'être de votre article. En effet, les nouveaux programmes de l'école primaire, en plagiant de manière quasi parfaite ceux de 1923, devraient vous réjouir.Continuer d'affirmer, après la mise en place ces "nouveaux" programmes que l'Education Nationale serait encore à ce jour un repère d'affreux pédagogistes n'ayant que pour seule raison d'être la suppression du savoir, relève fort probablement d'un déficit d'informations récentes sur l'état de l'école en général, et de l'école primaire en particulier.Enseignant en école primaire, je peux vous affirmer que j'ai tout à fait intégré les nouvelles instructions : Travail, Discipline, Morale.Vivement la prochaine enquête PISA qu'on puisse relever la tête et montrer enfin à la face du monde ce qu'est vraiment la FRANCE !

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