14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 19:32

Bloc-notes actualité
"Veillée anti-nucléaire au Trocadéro :
une insulte au peuple japonais"

En ligne le 14 mars 2011


Dans un communiqué bien senti paru ce matin 14 mars sous le titre Veillée anti-nucléaire au Trocadéro : l'insulte au peuple japonais, l'UFAL ose élever la voix devant l'instrumentalisation politique du tremblement de terre et du raz-de-marée qui ravagent actuellement le Japon.

 

Extrait de l'article :


Réagir de manière impulsive et émotionnelle afin de profiter de l’effet de peur, c‘est exactement ce que fait le gouvernement actuel avec la sécurité, l’islam ou les étrangers. Il est surprenant de voir certaines personnalités de gauche, qui ont dénoncé avec raison et vigueur ce comportement, le reproduire aujourd’hui avec la catastrophe japonaise et se contenter de suivre les mots d’ordre des activistes du Réseau Sortir du Nucléaire ou demander un référendum à chaud.

Respecter le drame qui se joue au Japon, c’est d’abord ne pas l’instrumentaliser !

En organisant une veillée anti-nucléaire à Paris, au Trocadéro dimanche soir, le Réseau Sortir du Nucléaire fait insulte à un peuple qui, de par son histoire, n’a pas de leçon à recevoir sur les risques que représente le nucléaire. Cette initiative est, de plus, maladroite : elle réduit le drame qui a lieu au Japon au seul accident de la centrale, alors que les morts dûs au séisme se comptent par milliers et que ces écologistes n’ont eu aucun mot à propos des pollutions déjà effectives sur le sol japonais. Elle est, enfin, injustifiée : l’accident nucléaire majeur n’a heureusement pas eu lieu à ce jour.

L’UFAL entend réaffirmer que si le débat sur les énergies doit avoir lieu (y compris sur la sortie programmée de l’électro-nucléaire !), il doit être l’objet d’une réflexion démocratique, posée et construite sur la rationalité, la responsabilité et la connaissance ; qu’une catastrophe n’a pas à être instrumentalisée à des fins médiatiques et politiques.

 

Lire l'intégralité du communiqué sur le site de l'UFAL


[Edit du 18 mars 2011.] L'UFAL a publié un second article qui prolonge et élucide son communiqué du 14 mars, tout en répondant aux interrogations qu'il a suscitées. Lire l'article du 17 mars La nécessité d'un choix public raisonné sur l'énergie illustrée par la catastrophe japonaise, signé par Monique Vézinet et Christian Gaudray. 
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commentaires

enyaff 28/01/2013 19:19


Le débat a eu lieu AVANT  la construction des centrales nucléaires et le peuple nippon a dit non . Les politiciens ont bâti quand même . Hiroshima et Nagasaki sont restés bien ancrés dans la
tête des Japonais et ils n'ont pas de leçons sur le débat démocratique à recevoir de la part de l'Ufal . Les Japonais savent qu'ils ne peuvent faire AUCUNE confiance à leurs politiciens et que
tout débat est inutile car ceux-ci ne tiendront jamais compte de leur jugement .


 


Je rappelle qu'au moment où l'UFAL a rédigé cet article , la fusion avait déjà  commencé , le 12 Mars !  L'Ufal ne plaçait un tel événement hypothétique que dans l'avenir . Il avait
DEJA eu lieu . On n'écoute jamais Cassandre .L'Ufal et ses défenseurs se draperont dans leur ignorance des événements : " non , on ne savait pas que le spoliticiens n'avaient pas voulu tenir
compte une première fois de la volonté du peuple japonais et que les fusions avaient débutés " . L'Ufal n'est-il pas suffisamment dégourdi pour chercher à se renseigner sur l'histoire du
nucléaire au Japon plutôt que de jouer les donneurs de leçon ? 


 


 Il faut lire les journaux qui ne sont pas français , un exemple :


http://www.theatlanticwire.com/global/2011/07/meltdown-what-really-happened-fukushima/39541/


extrait :


"Before the dawn on March 12, the water levels at the reactor began to plummet and the radiation
began rising.  Meltdown was taking place."

Mezetulle 28/01/2013 23:28



Point 1. L'article dit que les Japonais n'ont pas à recevoir de leçons.


 


Point 2. Le 17 mars, l'UFAL a publié un second article faisant état de l'ampleur de la catastrophe nucléaire. Cela a été précisé dans les échanges qui précèdent car d'autres commentateurs ont
fait état de leur perplexité à la lecture du premier communiqué. Merci de les lire, vous y trouverez d'autres éléments de réponse.


Merci pour le lien.


 



Mezetulle 18/03/2011 09:39



L'UFAL a publié jeudi 17 mars un second article sur son site qui prolonge et élucide son communiqué du 14 mars. De plus cet article répond à la plupart des interrogations soulevées par les
commentareurs au sujet du précédent communiqué.


Je me permets donc de les y renvoyer :


La nécessité d'un choix public raisonné sur l'énergie illustrée par la catastrophe japonaise, par Monique Vézinet et Christian Gaudray.



Claustaire 17/03/2011 11:03



Je vous lis souvent, recommande régulièrement vos articles à des amis, et je partage les convictions et les combats de l'UFAL, je suis
donc d'autant plus étonné par ce communiqué et le ton moraliste avec lequel il s'indigne de la mobilisation d'anti-nucléaires réagissant pourtant légitimement à une actualité particulièrement
brûlante et ne méritant assurément pas de leçon de décence, outre que leur mobilisation les range de fait du côté des victimes japonaises de la catastrophe en cours…


Du coup je suis obligé de me souvenir de la proximité UFAL-PC, parti dont je connais les positions pro-nucléaires et productivistes.
Je sais qu'au PS aussi on est plutôt pro-nucléaire, ainsi qu'à l'UMP. Je suis d'autant plus étonné de voir l'UFAL estimer nécessaire de se ranger dans de telles nombreuses et incohérentes
cohortes.


Pour ma part, je ne vois pas non plus comment renoncer rapidement au nucléaire dont, malheureusement, des décideurs peu représentants
du peuple souverain ont décidé de faire la principale source de notre énergie électrique. Mais qu'au moins le débat (via un référendum) soit proposé au peuple me semblerait la moindre des
politesses démocratiques et une bonne occasion d'un peu de pédagogie anti-gaspi. Avec mes respects.


 



Mezetulle 18/03/2011 10:24



Merci de l'intérêt que vous portez à Mezetulle.


 


Il se trouve que l'UFAL a anticipé vos interrogations, car j'ai découvert ce matin 18 mars sur leur site un second article daté du 17 mars qui explicite le communiqué du 14 en des termes qui à
mon avis répondent à votre question sur le débat. Du reste le premier communiqué faisait clairement état de la nécessité d'un débat raisonné, sans exclure la possibilité de "sortie du nucléaire"
et en s'opposant effectivement aux demandes de référendun à chaud et dans l'urgence : on ne voit pas bien quelle question serait à poser - et il faut au moins en débattre... Je rappelle aussi que
l'article que j'ai relayé portait sur la Veillée de dimanche 13 au Trocadéro.
Voici l'adresse url de ce second article :
http://www.ufal.info/developpement-ecologique-et-social/la-necessite-d%E2%80%99un-choix-public-raisonne-sur-l%E2%80%99energie-illustree-par-la-catastrophe-japonaise/4169#more-4169



Quant à la proximité que vous supposez entre l'UFAL et le PC, c'est bien mal connaître l'UFAL que d'en lancer ainsi l'hypothèse. A ma connaissance, cette proximité n'existe pas... Donc je ne
comprends pas bien et je pense que c'est une rumeur.  Mezetulle n'a pas pour principe de véhiculer des rumeurs.


Tout le monde peut éplucher le site de l'UFAL et se faire une opinion à ce sujet, et comme vous en appelez au souvenir pour avancer cette rumeur, je vous donnerai deux exemples dont le moins
qu'on puisse dire est qu'ils sont massifs et qu'ils portent sur une longue durée.
On peut se souvenir que sur les questions de laïcité l'UFAL est en complète opposition avec les positions du PC (notamment sur la loi de mars 2004) et celles du PS (qui a soutenu le port des
signes religieux à l'école publique pendant des décennies). Sur les questions scolaires et d'enseignement, je vous rappelle que les positions de l'UFAL sont opposées à celles du PC et du PS...
Cela me semble difficilement compatible avec la "proximité" dont vous croyez pouvoir faire état.



Enfin, j'ai déjà répondu sur mes relations avec l'UFAL et sur les motifs qui m'ont fait relayer ce communiqué sur Mezetulle (voir ci-dessus les réponses aux commentaires n°3 et 5).



Incognitototo 16/03/2011 17:11



On comprend bien le bénéfice politique que les "écologistes" veulent tirer de ce drame en jouant sur les peurs et c'est uniquement cela que l'article de l'UFAL souligne et dénonce (même si je
m'étonne pour ma part que cela fasse partie des missions de l'UFAL).

Pour le reste, compte tenu de la teneur du débat que les écologistes essayent de lancer, je suis toujours autant dégouté par leur mauvaise foi.

Exemple : "Vite, vite nous voulons un référendum sur le nucléaire".
Mais quelle serait la question posée ? Ou les questions posées ?

En exclusivité, je peux vous donner les résultats :
- Avez-vous peur du nucléaire ? : 85 % de oui.
- Avez-vous peur de mourir ? : 90 % de oui.
- Voulez-vous sortir du nucléaire et développer des énergies alternatives ? : 70 % de oui.
- Êtes-vous prêt à perdre environ 20 % de vos revenus pour sortir du nucléaire ? : 70 % de non.
- Êtes-vous prêt à consommer environ 30 % d'énergie en moins pour sortir du nucléaire ? : 70 % de non.
- Êtes-vous prêt à payer votre énergie environ 30 % plus cher pour sortir du nucléaire ? : 70 % de non.

Aie... alors, comment on va faire ? Continuer à discuter comme des supporters de foot ou chercher et proposer des alternatives viables, avant de se précipiter sur des solutions qui n'en sont pas,
comme nous y ont habitué les "écologistes" depuis tant d'années... Je m'étonne d'ailleurs qu'à chaque crash d'avion, on n'ait pas un seul écologiste pour renoncer aux voyages aériens ou demander
leur moratoire...



Jean-ollivier 16/03/2011 15:08



Bonjour, si vous pensez que l'information sur le désastre japonais est déficiente, vous pouvez vous rendre sur  le site http://intl-bos.sagepub.com/ lequel diffuse le
Bulletin of the Atomic Scientists, également accessible sur http://www.thebulletin.org/. Ce bulletin, qui remonte à 1945, et pour cause, est au moins
écrit par des gens sérieux. Il y a un blog avec des articles récents (24-48 h). J'ai noté que pour eux, le désastre naturel est beaucoup plus important que le désastre nucléaire. Evidemment c'est
en anglais.


Et pendant ce temps, Kadhafi et Bahrein passent "au-dessous du radar". Et Benghazi risque d'être dévastée dans le silence médiatique. 



H. 15/03/2011 17:59



→ Je crois au contraire que la formulation “Un peuple qui, de par son histoire, n’a pas de leçon à recevoir sur les risques que représente lenucléaire” les amalgame parfaitement.


 


→ Accessoirement, une nouvelle instrumentalisation de l'évènement à chaud vient de tomber : “Le chef de l'Agence internationale de
l'énergie, Nobuo Tanaka, s'est d'ailleurs inquiété mardi que l'accident de la centrale de Fukushima retarde le développement de l'énergie
nucléaire dans le monde et complique ainsi, selon lui, encore un peu plus la lutte contre le changement climatique” (Le Monde).


 


→ Toutes vos questions sont les bienvenues. Et ne voyez aucune passion ni aucune volonté polémique dans mes propos. Mais je crois que l'on ne se situe pas sur les mêmes plans d'interrogations –
ce que vous appelez sans doute “refuser d'argumenter”. Vous pointez bien ce qui me semble LE problème du nucléaire : “une technologie dont les dangers sont extrêmes.”

→ Et enfin non, je ne vous associe à aucun parti, je relève seulement un net consensus pro-nucléaire quand vous écrivez que vous aimez “bien certains articles, particulièrement lorsqu'ils sont
comme celui-ci [celui de l'UFAL] "anticonsensuels" !”


 


Bien à vous.




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Uther 15/03/2011 12:43



Je trouve au contraire que le blog de l'UFAL est insultant envers ceux qui se mobilisent depuis des décennies pour alerter des dangers du nucléaire. Personne ne veut
donner des leçons aux Japonais, ni le réseau "Sortir du Nucléaire", ni l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, ni la ministre de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet qui
s'inquiètent de la situation et qui évoquent, enfin, un débat sur la place du nucléaire en France.


25 ans après Tchernobyl, plus personne n'évoque le risque majeur que cette industrie fait courir à la planète entière, et depuis quelques années on envisage une multiplication dramatique des
nouvelles constructions (usine de déssalage en Lybie, par exemple, programme nucléaire Iranien, développement en Chine), et il faut que le danger deviennent une évidence à l'occasion d'un autre
drame pour que les consciences s'éveillent.


Les morts de Tchernobyls, les milliers d'enfants nés mal-formés ou déficients mentaux, ceux-là ne comptent pas ?


N'oublions pas, de plus, qu'EDF autrefois, puis Areva aujourd'hui, investissent une part colossale de leur chiffre d'affaires dans la propagande publicitaire. Et ceci était déjà le cas du temps
qu'EDF était une entreprise publique. Le blog cité n'est certainement pas innocent. Et il ne serait pas surprenant que, parmi les rédacteurs du texte, on trouve une personne liée, d'une manière
ou d'une autre, à l'industrie nucléaire.


Le réseau "sortir du nucléaire" pèse bien peu face à Areva et à sa puissance financière. Qui connaissait son existence avant ce drame ? Attendons-nous à voir arriver dans les mois et les années
qui viennent un quantité de spots et d'encarts publicitaires pour dissimuler la réalité.



Mezetulle 15/03/2011 13:01



Il n'a jamais été question dans cet article de soutenir le nucléaire : le nécessaire débat sur une éventuelle sortie est au contraire évoqué clairement. Merci de lire les textes intégralement et
d'un peu plus près.


Je vous laisse la responsabilité de vos propos en ce qui concerne les accusations d'accointance avec l'industrie nucléaire. Merci de ne pas lancer des accusations de ce type sans preuve, sans
biscuit - sinon cela s'appelle lancer des rumeurs : Mezetulle se veut un lieu d'argumentation et non de rumeurs et de suspicions.


Quant à des personnes "liées d'une manière ou d'une autre à l'industrie nucléaire", on aurait bien du mal à en trouver qui ne le soient pas ! Voilà une phrase dans le style de Mme
Soleil: elle est toujours vraie ! Nous sommes en effet tous liés "d'une manière ou d'une autre" à l'industrie nucléaire... et c'est l'un des problèmes qui se posent et qui entre autres réclament
débat !



Jean-ollivier 15/03/2011 10:54



voici une analyse à chaud publiée par Stratfor, un cente d'analyse stratégique américain.


Leurs informations sont de qualité : ils doivent avoir des liens abvec l'administration américaine. pas le temps de traduire, mais je le poste pour celles et ceux que ça intéresse Published on
STRATFOR (http://www.stratfor.com South in Japan



En tant qu'abonné à stratfor, j'ai le droit de rediffuser :n'hésitez pas à effacer si vous le considérez comme hors sujet.


Created Mar 15 2011 - 00:51



The nuclear reactor situation in Japan has deteriorated significantly. Two more explosions occurred at the Fukushima Daiichi nuclear power plant on March 15.


The first occurred at 6:10 a.m. local time at reactor No. 2, which had seen nuclear fuel rods exposed for several hours after dropping water levels due to mishaps in the emergency cooling
efforts. Within three hours the amount of radiation at the plant rose to 163 times the previously recorded level, according to Japan’s Nuclear and Industrial Safety Agency.


Elsewhere, radiation levels were said to have reached 400 times the “annual legal limit” at reactor No. 3. Authorities differed on whether the reactor pressure vessel at reactor No. 2 was
damaged after the explosion, but said the reactor’s pressure-suppression system may have been damaged possibly allowing a radiation leak. After this, a fire erupted at reactor No. 4 and was
subsequently extinguished, according to Kyodo. Kyodo also reported the government has ordered a no-fly zone 30 kilometers around the reactor, and Prime Minister Naoto Kan has expanded to 30
kilometers the range within which citizens should remain indoors and warned that further leaks are possible.





 


Reports from Japanese media currently tell of rising radiation levels in the areas south and southwest of the troubled plant due to a change in wind direction toward the southwest. Ibaraki
prefecture, immediately south of Fukushima, was reported to have higher than normal levels. Chiba prefecture, to the east of Tokyo and connected to the metropolitan area, saw levels reportedly
two to four times above the “normal” level. Utsunomiya, Tochigi prefecture, north of Tokyo, reported radiation at 33 times the normal level measured there. Kanagawa prefecture, south of Tokyo,
reported radiation at up to nine times the normal level. Finally, a higher than normal amount was reported in Tokyo. The government says radiation levels have reached levels hazardous to human
health. Wind direction, temperature, and topography all play a crucial factor in the spread of radioactive materials as well as their diffusion, and wind direction is not easily predictable and
constantly shifting, with reports saying it could shift west and then back eastward to sea within the next day. It is impossible to know how reliable these preliminary readings are but they
suggest a dramatic worsening as well as a wider spread than at any time since the emergency began.


The Japanese government has announced a 30-kilometer no-fly zone and is expanding evacuation zones and urging the public within a wider area to remain indoors. The situation at the nuclear
facility is uncertain, but clearly deteriorating. Currently, the radiation levels do not appear immediately life-threatening outside the 20-kilometer evacuation zone. But if there is a steady
northerly wind, the potential for larger-scale evacuations of more populated areas may become a reality. This would present major challenges to the Japanese government. Further, the potential
for panic-induced individual evacuations could trigger even greater problems for the government to manage.


Editor’s note: A previous version of this piece incorrectly stated that the fire at the No. 4 reactor took place at a facility in Daini. It also incorrectly reported the
range of the government’s no-fly zone as 20 kilometers. The piece has since been corrected.




Source URL: http://www.stratfor.com/analysis/20110315-red-alert-radiation-rising-and-heading-south-japan



Links:
[1] http://www.stratfor.com/theme/japanese-disaster-full-coverage
[2] http://web.stratfor.com/images/asia/art/DigitalGlobe_Japan_Earthquake_March_2011.pdf
[3] http://web.stratfor.com/images/asia/map/Japan_pop_800.jpg




H. 15/03/2011 10:03



“Un peuple qui, de par son histoire, n’a pas de leçon à recevoir sur les risques que représente le nucléaire” : la simple mention de l'Histoire du Japon et du risque nucléaire désigne
évidemment et immédiatement Hiroshima et Nagasaki.


 


C'est l'idée de vitesse, d'émotion, de sentiment, opposés à raison, réflexion, prise de décision certaine (et prise de risque pourquoi pas…) qui empêcheraient de bien penser qui me dépasse.
L'être humain n'est pas qu'un cerveau. Toutes les décisions qu'il prend sont mêlées, et heureusement, et aussi pour le meilleur, d'intellect et de sentiment. Arguer de la peur pour expliquer les
oppositions qui se manifestent aujourd'hui ne tient pas. D'autant plus, et ceci dit sans cynisme, que nous sommes assez peu concernés en Europe par un éventuel nuage radioactif japonais.


 


Le consensus pro-nucléaire concerne le FN (qui moque les “Cassandre anti-nucléaires”), l'UMP, le gouvernement, le chef de l'État et le PS (Hamon, “On ne peut pas sortir du nucléaire du jour au
lendemain”). Autrement dit, les “anti-nucléaires” concernent essentiellement l'extrême-gauche et les Verts, soit au doigt mouillé 5 – 7 % de l'électorat. Je connais des consensus moins
inconsistants.


 


Sur cette fumeuse instrumentalisation de l'instant présent.


 


Pour moi, cette indécence est justement chez ceux qui demandent aux autres de la boucler.


 


Seule question : on continue ou pas ? et on remplace par quoi ? En l'occurrence, par rien, sinon à la marge. Fin d'un débat qui n'aura pas lieu.




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Mezetulle 15/03/2011 12:51



Point 1 : Bien sûr l'allusion est claire. Et cela ne signifie pas qu'il y ait confusion.

Point 2 : "L'être humain n'est pas qu'un cerveau. Toutes les décisions qu'il prend sont mêlées, et heureusement, et aussi pour le meilleur, d'intellect et de sentiment."
On parle de décisions politiques, opposables en droit à toute personne. De quel droit une décision non fondée sur la nécessité, la raison, la connaissance et l'expérience pourrait-elle exiger la
soumission ? pourquoi devrait-on se soumettre à autre chose ? En quoi le sentiment pourrait-il avoir autorité sur d'autres que sur ceux qui l'éprouvent directement ? (Et même sur ceux qui
l'éprouvent directement, en quoi cette autorité serait-elle légitime, de quoi les libère-t-elle ? mais là on entre dans une discussion philosophique qui excède le cadre strictement
politique).  Cette question du fondement de l'autorité politique me semble assez importante : voilà entre autres pourquoi je me suis intéressée à Condorcet, qui la pose en termes de raison,
d'expérience et de connaissance et qui la conjugue avec la notion de souveraineté démocratique populaire, en montrant qu'une assemblée et même un peuple unanime ne peuvent avoir de légitimité
s'ils ne se donnent pas la peine d'examiner les questions de manière rationnelle, argumentée, expérimentale et informée (ne pas le faire c'est se donner le moyen le plus sûr de devenir son propre
tyran). Juste un exemple, Condorcet a présenté la meilleure argumentation que je connaisse contre la peine de mort et c'est grâce à ses arguments que la peine de mort a été abolie deux siècles
plus tard en France : le sentiment, l'impulsivité, on l'oublie trop, plaidaient pour son maintien. Mais tout cela s'argumente :  c'est précisément ce que vous refusez (mais pourquoi venir
sur Mezetulle "intello, raisonneur"?). Et je suis d'avance disqualifiée : cela prend du temps, de la réflexion, du raisonnement, pff...
Pour en venir sur ce point à la question qui vous occupe : oui, à mon avis un débat sur l'opportunité (et si oui avec quelles garanties) de poursuivre un programme nucléaire de production
d'énergie est nécessaire, et il me semble nécessaire de le mener exclusivement de manière argumentée comme tout autre débat politique, avec les seuls outils de la raison, du savoir et de
l'expérience, et cela d'autant plus qu'il s'agit d'une technologie dont les dangers sont extrêmes. Mais j'ai bien conscience de soutenir par là une position qui vous "dépasse" - et qui vous
exaspère.

Point 3 : Je ne savais pas que, en relayant un article qui critique la Veillée du Trocadéro du dimanche 13 mars (critique qui ne demande à personne de "la boucler", pas plus que je ne l'ai fait
moi-même), je me verrrais enrôlée ipso facto dans les troupes du Front national, de l'UMP, du PS et dans un consensus nucléaire auquel je n'ai jamais adhéré (je vous mets au défi de trouver une
seule déclaration en ce sens sous ma plume) et que l'UFAL à ma connaissance ne cautionne pas davantage. Vous allez très vite en besogne et je trouve que vos catégorisations sont à la fois bien
larges et bien expéditives.


 


[Edit du 15 mars 14h17] En fait je suis persuadée que rien de ce que je développe dans ma réponse ne vous "dépasse" - même si vous dites cela vous-même dans votre com. n° 6 ! En revanche je pense
réellement que ça vous exaspère !]



Incognitototo 14/03/2011 23:28



Merci Catherine pour ces précisions. Cependant, j'ai été lire leurs statuts et c'est bien pour cela que, tout en partageant le point de vue exposé, je m'étonne de ce qui pour moi, procède d'un
mélange des genres.
Je ne sais pas comment vous dire... Si vous aviez écrit ce texte (ou que des adhérents de l'UFAL disent voilà ce que nous, nous pensons), je n'aurais rien eu à y redire, mais que l'UFAL le signe
et dise que c'est sa parole, ça oui ça me gêne... Je ne sais pas exactement pourquoi, mais cela "décrédibilise " le message et m'interroge sur un positionnement politique interventionniste
et de "bonne parole", qui ne dirait pas son nom.
Mais, c'est peut-être un mauvais procès d'intention de ma part ou une déformation de juriste trop à cheval sur les "objets sociaux"... 



Mezetulle 15/03/2011 09:12



Pour la petite histoire, ce communiqué (si j'ai bonne mémoire) a d'abord été publié sous la signature de son auteur pendant quelques heures, avant d'être signé "UFAL". Cela signifie que le bureau
de l'UFAL, tous secteurs confondus, l'a repris à son compte après discussion (et d'éventuelles modifications ?). Si les adhérents de l'UFAL sont en désaccord avec cette prise de position, ils le
feront savoir et cela très vite car l'AG a lieu prochainement !


Je ne vois là aucun fonctionnement qui puisse discréditer une association dont les prises de positions, avec les prolongements politiques qu'elles impliquent, sont fréquentes, publiques et
discutées dans un cadre démocratique.


Je précise que je ne suis dans aucune instance dirigeante de l'UFAL. J'ai relayé ce communiqué parce que au moment où il a été publié, je n'ai
entendu aucune autre analyse portant sur l'espèce d'évidence dont a joui la "Veillée anti-nucléaire" de dimanche 13 mars à tel point que certains élus, comme le fait remarquer ce communiqué, se
sont précipités ventre à terre sur l'esplanade du Trocadéro pour être sous les caméras à cette occasion.


La situation évolue très vite au Japon, apparemment et malheureusement dans un sens plus qu'alarmant que personne ne souhaite ; cela n'empêche pas la peur en elle-même d'être un mobile
politique dangereux à agiter.



H. 14/03/2011 22:42



 


“Si le débat sur les énergies doit avoir lieu” ? Y'a plus qu'à trouver d'autres solutions de remplacement.


 


Vous ne trouverez aucun consensus sur ce débat ou une sortie du nucléaire, toutes expressions confondues (gouvernement, partis, commentaires d'internautes, etc.). La posture “anticonsensuelle” en
devient risible.




p { margin-bott


Mezetulle 15/03/2011 08:57



Nous sommes dans une chronologie rapide dans cette question. Je rappelle que l'article que j'ai relayé porte sur la "veillée anti-nucléaire" du Trocadéro de dimanche 13 mars et sur ses modalités.
Bien peu de voix se sont élevées alors pour en souligner les aspects instumentalistes et pour dénoncer le caractère immédiat de cette exigence de
référendum (car il faudrait savoir au moins quelle question poser et pour cela un débat rationnel est nécessaire), dont l'évidence est passée comme une lettre à la poste, fondée qu'elle est sur
la crainte. Il se trouve que ce matin du 15 mars, alors que je suis en train de découvrir votre commentaire et de vous répondre, d'autres voix s'élèvent pour rejoindre cette analyse.


Par ailleurs il est clair, comme vous le faites justement remarquer, qu'un débat sur le nucléaire n'aurait pas un caractère consensuel. Il devient d'autant plus utile et nécessaire que, d'après
les informations que nous avons ce matin 15 mars, les choses empirent au Japon en ce moment.



Incognitototo 14/03/2011 21:16



Oui, les appels à la raison ne sont jamais inutiles... Mais, je ne comprends pas... Cela fait partie de l'objet social de l'UFAL de prendre position sur l'attitude hystérique et manipulatrice
(jusqu'à l'indécence) d'autres groupes politiques ???
Que des adhérents de l'UFAL partagent une position, rien de choquant, que l'UFAL la diffuse en tant que mouvement laïque, ça m'interroge.
C'est juste une question...



Mezetulle 14/03/2011 21:41



L'UFAL se déploie en plusieurs secteurs. Le communiqué que je cite émane du secteur "Développement écologique et social". Les autres secteurs, "Ecole", "Féminisme et laïcité", "Santé et
protection sociale", "Services publics", "Logement", "Education populaire" réagissent assez souvent aussi à des prises de position de type politique. Mais pour se faire une idée des rapports que
l'UFAL tisse entre combat laïque et combat social, le mieux est encore d'aller voir les textes sur le site UFALinfo.


Je n'ai jamais caché que je suis adhérente de l'UFAL, ce qui ne fait pas de moi pour autant une militante acharnée ou un godillot ... Mais de temps en temps il m'arrive de travailler avec eux
(conférences sur la laïcité) et j'aime bien certains articles, particulièrement lorsqu'ils sont comme celui-ci "anticonsensuels" !



subirats 14/03/2011 20:24



bon article ,analyse lucide ,responsable sur cette dramatique situation qui nécessite respect et recul raisonné



H. 14/03/2011 20:15



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Ce communiqué est parfaitement inepte. Tout ce registre des sentiments habituellement brandi par celui qui veut réduire son interlocuteur à un automate décérébré est ridicule. La comparaison avec
les “débats” de toutes pièces montés par le gouvernement actuel tombe à plat : des centrales nucléaires au Japon ont, elles, effectivement et gravement été endommagées. Les militants ne sont
pas nécessairement des moutons de Panurge ; et chacun sait qu'un référendum sur un secteur aussi stratégique pour la France, qui plus est “à chaud”, n'aura jamais lieu - à la différence de
vraies oppositions ailleurs en Europe, au sein même du gouvernement allemand par exemple, qui vient, le méchant opportuniste, de suspendre “pendant trois mois la prolongation d'activité des
centrales nucléaires allemandes.”


 


Le drame au Japon, c'est tout ce que des centrales nucléaires, touchées par des événements naturels très graves (tremblement de terre et raz-de-marée), eux-mêmes responsables de déjà 10 000 morts
comptabilisés, peuvent produire quand tout capote, càd une hypothèque sur les régions où sont implantées les centrales touchées pour un laps de temps qui se compte au moins en décennies.


 


Mêler le nucléaire militaire (Hiroshima, Nagasaki) et civil tombe à plat (et paraît même en l'espèce assez abject) : le Japon ne possède pas l'arme nucléaire. Quant “à la rationalité, la
responsabilité et la connaissance”, la physique nucléaire est un domaine pointu où spécialistes et experts, formés comme partout dans un cadre au moins passionné, opposés à des militants pas
forcément plus lucides, n'est pas près de voir le jour.


 


Un communiqué qui relève en fin de compte bien plus du pathos qu'il dénonce que de l'argumentation qu'il feint de réclamer.




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Mezetulle 14/03/2011 21:28



Si vous lisez le communiqué, vous pourrez constater qu'il ne récuse nullement une sortie du nucléaire, et qu'il l'envisage au contraire.


[Edit du 15 mars, 9h15] Je ne vois nulle part dans ce communiqué un amalgame entre nucléaire civil et nucléaire militaire. Il y est fait mention de l'histoire des Japonais qui n'ont pas de leçon
à recevoir sur les risques liés au nucléaire : cela est vrai et ne consiste pas à tout mélanger.



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