16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 18:25

Bloc-notes actualité
Madame le président et l'Académie française

En ligne le 16 octobre  2014

 

A la suite de la sanction (amende) infligée au député Julien Aubert pour son obstination à dire « le président » en s'adressant à Sandrine Mazetier (qui occupe la vice-présidence de l'Assemblée nationale), l'Académie française vient de publier un texte de mise au point sur la question de la féminisation des noms de métiers et de fonctions.

 

L'Académie précise notamment que « aucun gouvernement n'a le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français » et ajoute que « nul ne peut régenter la langue, ni prescrire des règles qui violeraient la grammaire ou la syntaxe : elle n’est pas en effet un outil qui se modèle au gré des désirs et des projets politiques. »

 

On retiendra la distinction faite par l'Académie entre la féminisation d'un nom de métier (pharmacienne par ex.) et celle d'un nom de fonction, ainsi que le rappel de la valeur générique neutre du genre grammatical masculin, dans la mesure où ce dernier n'est pas marqué. L'Académie précise au passage que si la langue accepte sans difficulté des féminisations qui sont du reste passées dans l'usage (éditrice, exploratrice, etc.), on ne peut en revanche imposer de véritables barbarismes (comme professeure, auteure, chercheure, ou sapeuse-pompière).  

 

Mais revenons au différend qui s'est produit à l'Assemblée nationale. De cette lecture, on peut conclure que, si l'intéressée (en l'occurrence la présidente de séance) pouvait demander à se voir reconnue comme femme dans cette appellation (et parce que le mot président accepte la forme féminine sans qu'il soit fait violence à la langue), cela ne peut cependant pas être érigé en contrainte générale. On voit alors mal comment cela pourrait donner lieu à une sanction officielle assortie d'une amende. Le député Julien Aubert n'a commis aucune faute de langue en maintenant un masculin générique ; on ne peut pas parler non plus d'une infraction. En cette occurrence particulière et devant le désir exprès de l'intéressée dont il n'a pas tenu compte, il a tout au plus commis une indélicatesse personnelle - requalifiée « rébellion » pour la circonstance. Et si toutes les indélicatesses commises par les élus en séance à l'Assemblée nationale étaient ainsi sanctionnées par une amende, la République ferait quelques économies... Mieux et encore plus économique : imaginons que toutes les fautes de langue commises par les élus soient punies d'une retenue sur leur indemnité...

 

On peut lire le texte en ligne sur le site de l'Académie française, où il est téléchargeable.

 

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commentaires

Caspard Annette 20/10/2014 16:39


Voilà qui me rassure : vous écrivez enfin quelques lignes au sujet de cet "incident"! Je m'étonnais qu'une Catherine Kintzler ne réagisse pas, il fallait simplement un peu de patience...! Et
compte tenu de vos propos au centre de votre intervention, et surtout à la fin, il est facile de deviner ce que vous pensez de ce genre de querelles - j'en pense comme vous, et cet événement
comme bien d'autres me laissent perplexe : sommes-nous à l'Assemblée Nationale, ou dans une cour de récréation ??? .


Ce qui m'a laissée sans voix, c'est la réction de "Regards de femmes", association très féministe, comme vous devez le savoir, et à présent je pense plutôt : féministe de façon caricatuale ...
Franchement, je ne m'attendais pas à voir de leur part une totale approbation vis-à-vis de Madame l - Président -, et trouver normale la sanction infligée à M. Aubert. J'étais jusqu'ici membre de
R de F, mais je crois que je vais cesser ...


Et par la même occasion, abandonner les dons que j'octroie chaque année à diverses associations (contre le cancer, la faim, Altzeimer, SDF, and so on ...). J'ai comme l'impression d'être le
dindon de la farce ... Médecins du Monde, S.O.S. Villages d'enfants, voilà tout. Mais j'augmenterai mes dons pour les animaux : One Voice, la FFAC (chiens guides d'avaugles), la SPA ... Après
tout, puisque les humains sont des animaux évolués et "pensants", qu'ils se dépatouillent, par une radicale transformation de leurs visions des choses, afin qu'il n'y ait PLUS de SDF, de
pauvres, de laissés-pour-compte ...Les animaux ont besoin que quelques personnes dévouées les défendent, EUX ...


 


Et BABY-LOUP ! ! Les derniers appels (le vôtre, Marianne, ...) sont déjà anciens, et Elisabeth Badinter vient elle aussi
de lancer une diatribe acérée contre la politique du nouveau maire de Conflans, et contre tous ceux (y compris les asso. prétendûment laïques) qui NE BOUGENT PAS plus qu'ils n'ont bougé
auparavant. Je vais envoyer à cette crèche exemplaire un quatrième chèque, mais qui servira tout au plus à payer les repas d'UNE journée pour les enfants (et encore) !!! Et puis ?


Que va devenir Baby-Loup ? Où sont donc les gouvernants, les élus, les "penseurs", les pleins aux as, les groupes plus que riches, les associations LAÏQUES, les BANQUIERS, tiens, eux aussi ! Vers
quels horizons chimériques donc sont tournés les regards de tous ces gens ?


 


 

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