10 janvier 1971 7 10 /01 /janvier /1971 09:47

Le redoublement (de nouveau) en question 

par Guy Desbiens

En ligne le 24 octobre 2014

Tous les experts sont d’accord : il faut en finir avec le redoublement ! Le problème est que les prétendues études sur lesquelles s’appuient ces Diafoirus pour asséner ce qui n’est rien d’autre qu’un dogme reposent sur des sophismes, des enquêtes internationales biaisées et avancent des estimations de « coûts » invérifiables. Mais qu’importe ? qui veut noyer son chien...[1]

En finir une fois pour toutes avec le redoublement ! Telle est donc, de nouveau, la grande et noble ambition de refondation de l’École de la République. On ne le répétera jamais assez, et tous les experts s’accordent à le dire : le redoublement est une pratique archaïque, inutile, inefficace, coûteuse et même injuste, nuisible et traumatisante pour les élèves, à laquelle demeurent pourtant attachés les enseignants, voire les parents, par préjugé et par croyance irrationnelle.

Le lamento : si seulement le redoublement était interdit !


Un projet de décret fut donc présenté au CSE [2], le 3 juillet dernier, pour soumettre dorénavant le redoublement, à tous les niveaux de la scolarité, à un accord écrit des parents. Il semblerait que ce projet n’aille pas encore assez loin pour les experts du CNESCO [3], qui avaient opportunément rendu publics, le 28 août 2014, des extraits d’un futur Rapport consacré au « redoublement et ses alternatives » : on peut y lire que le redoublement, dont la pratique est en France en nette régression, n’est malheureusement pas encore, selon eux, comme c’est le cas pour d’autres pays, purement et simplement interdit [4] !

Le CNESCO prévoit donc pour le cours de l’année scolaire 2014-2015 une série de « conférences de consensus » : on peut cependant se demander en quoi pourront bien consister les débats avec des experts en « science de l’éducation » qui estiment détenir la vérité absolue et qu’on ne saurait donc contester qu’en raison d’un aveuglement lié à ses « représentations sociales ». Car c’est évidemment ce qui expliquerait les réticences du corps enseignant, encore attaché à « la pédagogie traditionnelle », à sa « vision morale de l’École républicaine » et même à l’usage de tout moyen coercitif confortant son pouvoir au sein de l’ordre scolaire [5] ! Les experts ne craignent pas néanmoins l’incohérence quand ils déplorent « la place essentielle laissée aux parents » (qui peuvent également adhérer à ce genre de pratiques éducatives désuètes), place qu’ils ont toujours cherché à renforcer au sein de l’institution (chaque fois qu’il a été possible, évidemment, de porter atteinte à l’autorité des professeurs).

Un sophisme arithmétique


Les arguments invoqués pour démontrer « scientifiquement » l’inutilité du redoublement sont globalement toujours les mêmes : ils se fondent sur un sophisme arithmétique. Les études en question consistent à comparer les résultats scolaires des groupes d’élèves ayant déjà redoublé avec ceux de la population de leur classe d’âge : ce qui permettrait de mesurer, par l’usage des méthodes statistiques, les effets négatifs du redoublement sur les performances scolaires ultérieures des élèves. Le Rapport du CNESCO reconnaît néanmoins qu’il y a en cela de graves insuffisances méthodologiques : « Le chercheur est donc contraint, peut-on y lire (p.19), de comparer des élèves redoublants et des élèves non-redoublants pour estimer la valeur inobservable de ce qui se serait passé pour le redoublant s’il avait été promu ». Nous saurons gré aux experts d’admettre qu’ils n’ont pas encore le pouvoir, en dépit de leur science absolue, de prédire ce qu’aurait dû être l’avenir si on avait pu agir sur le présent ! Mais qu’à cela ne tienne : ce défaut méthodologique expliquerait pourquoi certaines études ne sont pas significatives (les cas où le redoublement s’avère positif, ce qui tiendrait à des raisons extrinsèques), mais ne jouerait plus en défaveur des études les plus récentes (celles qui démontrent que le redoublement a des effets quasiment nuls à court terme et négatifs sur le long terme). Le double discours peut donc sans problème être admis comme procédé scientifique.

Des enquêtes internationales biaisées, un prétendu "coût" invérifiable


Autre argument indubitable au regard des experts : la confirmation par les enquêtes internationales et notamment PISA [6]. Or les enquêtes internationales sont biaisées : elles n’évaluent absolument pas le niveau scolaire des élèves, mais des « compétences socialement utiles » par des tests composés d’items et de QCM. De surcroît, l’interprétation des statistiques internationales est toujours tendancieuse : certains pays ne pratiquant pas le redoublement ont certes les meilleurs résultats (la Corée, le Japon, la Finlande, la Norvège) ; d’autres pays du même ordre, cependant, ont des résultats en dessous la moyenne de l’OCDE (la Grèce, la République Tchèque, la Slovaquie, Israël) ; mais certains pays, ayant conservé le redoublement dans leur système scolaire, bénéficient de résultats au dessus de la moyenne (la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse). Les comparaisons internationales ne permettent donc pas d’ériger un modèle de système scolaire abstraction faite d’autres paramètres déterminants comme la culture, l’histoire, le poids démographique, le PIB par habitants, etc. Encore une fois, le procédé n’est pas rigoureux sur le plan de la méthodologie scientifique.

Dernier argument, et c’est sans doute le plus convaincant : le coût annuel du redoublement s’élèverait à 1,6 milliards d’euros pour le système éducatif. Le Rapport du CNESCO ne présente aucune donnée quantifiable permettant de vérifier de tels chiffres, mais seulement sa méthode de calcul : distinguer le coût moyen et le coût marginal d’un élève et déterminer l’impact de l’augmentation du nombre d’élèves par classe d’âge sur la dépense d’éducation correspondante [7]. Le système éducatif s’apparente à un appareil de production, l’élève à une marchandise, la suppression du redoublement à une économie d’échelle.

Mais enfin par quoi le remplacer ? On ne pourra reprocher aux experts de manquer d’imagination : rattrapage en fin d’année, promotion conditionnelle, écoles d’été, classes multi-âges, suivi individualisé et apprentissage coopératif (pp. 28-29). Cependant, de telles pratiques pédagogiques, continuellement préconisées au fur et à mesure des réformes, ne seront pas mises en place pour se substituer au redoublement : elles seront rendues nécessaires parce que celui-ci aura été supprimé ! Que faudra-t-il, dès lors, supprimer encore afin de favoriser la réussite des élèves : la notation - car justement l'éducation nationale prévoit grande consultation sur l'évaluation d'octobre à décembre de cette année !  - [8] , les classes, les examens, l’École elle-même ?


Inconsistant sur le plan méthodologique, dogmatique, don-quichottesque : le Rapport du CNESCO sur le redoublement est un chef d’œuvre d’inepties pédagogistes.

 

1 Dans un article intitulé « le redoublement en question », paru dans la Quinzaine Universitaire n° 1242 du 29 août 2005, Guy Desbiens dénonçait déjà la campagne de communication orchestrée à l’époque pour mettre en cause la valeur et la place du redoublement au sein du système scolaire (article repris sur Mezetulle).

2 Conseil Supérieur de l’Éducation.

3 Le Conseil national d’évaluation du système scolaire, qui se définit comme une « instance indépendante placée auprès du ministre de l’éducation nationale et présentant une capacité d’évaluation scientifique de haut niveau » (http://www.cnesco.fr/).

4 « Légalement, le redoublement ne peut être qu’exceptionnel (article 37 de la loi de 2013). Il n’est cependant pas interdit » (pp.16-17).

5 Cf. pp.25-26 : les extraits qui sont présentés du Rapport sont édifiants.

6 Programme international pour le suivi des acquis des élèves (enquête menée tous les 3 ans par l’OCDE) : http://www.oecd.org/pisa. On notera à cet égard que l’actuelle présidente du CNESCO, Nathalie Mons, a codirigé la concertation pour la refondation de l’École et intervient en tant qu’experte pour le consortium PISA.

7 « nous avons calculé la sensibilité de la part de la dépense intérieure d’éducation par degré d’éducation au nombre d’élèves dans chaque degré. Nous trouvons alors qu’une augmentation de 1% du nombre d’élèves engendre une hausse de la dépense intérieure d’éducation de 0,6%. Ainsi, le coût du redoublement correspond à environ 60% du surcoût calculé comme le produit de la dépense moyenne par élève et du nombre de redoublants » (p.24).

8 Au moment où nous écrivions ces lignes, nous n'imaginions pas que le ministère de l'éducation nationale mettrait précisément en place une consultation sur l'évaluation d'octobre à décembre 2014.

 

© Guy Desbiens et Mezetulle, 2014.

 

Sur le redoublement :

Lire l'article de Tristan Béal Le redoublement est-il nécessairement un mal ?

Lire le précédent article de G. Desbiens (2011).

 

Voir les autres articles de Guy Desbiens en ligne sur Mezetulle.


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commentaires

Eric Le Goff 25/10/2014 13:23

très fidèle lecteur du site , ex instit ...les problèmes de l'école sont connus , la politique de l'Éducation Nationale aussi , les résultats ..mitigés , mais l'instit reste seul dans sa classe ,
et il y a des écoles dans la France profonde , rurale , archaïque , rétrograde ...au choix , ou l'on apprend encore , un savoir , un savoir faire , un savoir être , mon intervention était plutôt de
pointer la cohérence ( hélas ) des processus , des logiques , que ce soit pour l'école , l'économie ... bref tous les aspects du paradigme actuel ...je pourrais résumer en paraphrasant Alain
Bentolina "comment sommes nous devenus si cons ? ( Editions First , 14,95 euros ) le problème à mon sens , c'est que si le diagnostic est clair , il n'en est pas moins complexe , la solution ? plus
encore ..les solutions devrais je dire ...mais quid de la pensée complexe aujourd'hui ? les mots eux mêmes sont détournés , éléments de com ? mais c'est un autre problème , sauf que tout est lié
....je vous remercie donc pour votre ? message ? il m'a permis d'affiner mon analyse , la vérité appartient à ceux qui la cherchent ..et , ne riez pas , mais ici , j'y suis venu car "on" m'a dit "
il y a de la lumière " , pour finir (?) sur une note d'espoir .

Eric Le Goff 24/10/2014 09:58

il est évident pour tout (ou presque ) enseignant que n'est candidat au redoublement que l'apprenant n'ayant pas appris , pourquoi ? c'est une bonne question .C'est un peu comme les prédictions
auto réalisatrices , quand on dit au candidat à l'Everest , l'hiver , équipé comme tu es , les baskets , la chemise , et le K Way , je sens que ça ne va pas le faire , eh bien ça ne le fait pas ,
il meurt de froid , c'est typique de la prophétie automatique , si j'ose , quelque chose comme TINA en économie . Pourquoi il redouble ? comme Abdennour Bidar sur un autre problème , causes
internes et causes externes ...Diagnostic ? et là , on tombe sur Zemmour , la pensée unique , le conformisme ....changer de paradigme ?? sur ce sujet , hélas, il s'agit des enfants , donc un peu de
l'avenir ....

Guy Desbiens 25/10/2014 11:45



Mezetulle a reçu la réponse de Guy Desbiens :


****************


J’ai pu dire dans cet article que lutter actuellement contre le redoublement (ou la sélection, ou l’élitisme, ou l’autoritarisme, etc.) à l’Ecole relevait d’une attitude Don-quichottesque.


 


Vous avouerez que s’il n’y pas d’autre alternative aujourd’hui (« TINA en économie »), c’est qu’en matière de politique éducative, il n’y a vraiment plus aucun autre choix, aucune
pensée, aucun acte, que ceux imposés par les pseudo-experts en pédagogie et sciences de l’éducation. Il ne peut plus être question s’agissant de l’Ecole que de sa sempiternelle réforme. Car
évidemment, l’Ecole sera toujours trop dure à l’égard des enfants : il faut donc que l’Ecole cesse d’être l’Ecole. BRAVO ! Mais c’est bien la raison pour laquelle les réformateurs
auront toujours du travail : le « meilleur des mondes » de Huxley n’est pas encore, je l’espère, sur le point d’être réalisé ; et malheureusement il y aura encore des
enseignants, oui c’est là une idée terrible, insupportable, il risque d’y en avoir encore et longtemps, pour s’obstiner à donner une instruction à leurs élèves, pour s’indigner qu’on puisse les
écarter d’un accès à la culture, pour regarder avec scepticisme les choix des réformateurs, pour mépriser ceux qui prétendent savoir quelque chose de leur métier alors qu’ils seraient eux-mêmes
incapables de l’exercer…


S’il y a des prédictions auto-réalisatrices, c’est bien celles du ministère : en effet tous les gagnants ont tenté leur chance ; et bientôt 100% d’une classe d’âge accédera au
baccalauréat ... mais pour quel niveau d’instruction ? Faut-il que je publie sur ce site les copies illisibles, indigentes et syntaxiquement absurdes, d’élèves maintenant bacheliers
pour qu’on ose regarder enfin la réalité en face ? A-t-on rendu service à ces enfants en les abusant de la sorte par le passage automatique en classe supérieure ?


 


J’ai par ailleurs des propositions à faire : qu’on propose donc à tous ceux qui ont eu la prétention d’élaborer des théories fumeuses sur les méthodes innovantes, sur l’interdisciplinarité,
sur l’apprenant et ses pré-requis, sur l’apprentissage coopératif, sur l’éducation plurielle, sur l’interaction relationnelle, sur la notation sommative et formative, sur les items du socle
commun, sur les compétences socialement utiles, sur la pédagogie du projet, etc., d’aller mettre en pratique leurs conceptions en assurant un service d’enseignement dans les établissements les
plus difficiles, afin de savoir combien de temps ils seront capables de supporter le système qu’ils tiennent à mettre en place. Je pense ensuite, sur la base de ce constat, qu’il faudrait
proposer au ministère, qui est tant attaché à faire des économies budgétaires, de supprimer toute subvention à tous les instituts de recherche en pédagogie et « sciences de
l’éducation », qui ne sont pas seulement inutiles mais qui sont même nuisibles.


 


Je ne sais pas si je réponds vraiment à vos remarques que je n’ai pas forcément comprises dans leur intention, mais qui m’ont donné l’occasion de m’attaquer à certaines prises de position
auxquelles j’ai souvent été confronté.


 


[NDE - sur la "sempiternelle réforme", voir l'article de Guy Desbiens 


http://www.mezetulle.net/article-la-sempiternelle-reforme-du-lycee-et-l-enjeu-du-savoir-par-g-debiens--42718421.html


et celui de Jean-Michel Muglioni


http://www.mezetulle.net/article-les-horaires-d-histoire-et-la-sempiternelle-reforme-j-m-muglioni--40945062.html ]



Loys Bonod 23/10/2014 22:53


Compte tenu de la suppression progressive et effective du redoublement depuis trente ans au moins, que n'en constate-t-on les progrès depuis ?


http://www.laviemoderne.net/forum/cursus-et-examens/1648-la-suppression-du-redoublement

Guy Desbiens 24/10/2014 22:06



Mezetulle a reçu la réponse de Guy Desbiens :


**********


En effet ! Et je vous renvoie à la réponse que j’ai faite au commentaire précédent pour lequel j’ai cité votre site.


 


 


Il se trouve par ailleurs qu’ayant déjà écrit sur ce sujet, j’ai reçu en 2012 un témoignage écrit, que j’ai conservé, de grands-parents indignés parce qu’ils n’avaient pu obtenir le redoublement
de leur petit-fils qui fut, pouvaient-ils m’assurer, envoyé droit dans le mur en 6e en raison de lacunes indiscutables liées à un CM2 manqué. Les inspecteurs d’Académie n’ont rien
voulu savoir. Oui, vous avez bien lu : aujourd’hui certains parents d’élèves doivent lutter – en vain ! – contre l’institution, pour obtenir un redoublement qu’ils jugent
nécessaire ; c’est la mort dans l’âme qu’ils constatent avec le temps qu’ils avaient raison… Pour les autres parents, qui se laissent encore abuser, peu importe du point de vue de
l’institution : l’échec inéluctable de leurs enfants dans le supérieur ou sur le marché du travail sera temporairement masqué par un passage automatique en classe supérieure.  



Incognitototo 23/10/2014 22:03


Hum... je ne suis pas convaincu... Si à l'évidence vous soulignez bien les biais et erreurs de raisonnements qui conduisent bêtement à penser qu'il faut supprimer le redoublement, je ne vois pas
plus de raisonnements qui permettraient d'affirmer qu'il faut le maintenir.

N'y aurait-il pas d'abord un malentendu sur les missions de l'école qui demanderait préalablement à être clarifié, pour savoir si oui ou non, le redoublement s'avère un bon moyen d'atteindre les
objectifs ?

"Albert" avait une formule pour juger des jugements : "Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson par sa capacité à grimper aux arbres, il passera sa vie entière persuadé qu'il est
totalement stupide".
La question, me semble-t-il, est donc bien plus de savoir, comment on décide des outils d'évaluation (comme vous le rappelez d'ailleurs par rapport aux différents tests)... et là, le "chantier"
me paraît immense et très politique...

Guy Desbiens 24/10/2014 22:04



Mezetulle a reçu la réponse de Guy Desbiens : 


*********


Il est vrai qu’il ne s’agit pas pour moi de défendre le redoublement en tant que tel : de toute manière, le système marche sur la tête et il en est venu à se reproduire, car il y a
maintenant tellement peu d’élèves qui doublent – ou « redoublent » si l’on veut – que ces derniers sont d’un niveau très insuffisant … y compris pour qu’un redoublement leur soit
bénéfique ! CQFD du point de vue des experts : le redoublement est inefficace, puisque moins les élèves sont bons, plus ils seront mauvais…


Une chose est sûre, c’est qu’il faut redéfinir les objectifs du système : et rétablir un peu plus sérieusement, à tous les niveaux de la scolarité, des exigences liées à la transmission du
savoir. Le redoublement et la sélection (s’il n’est pas encore purement et simplement interdit d’employer ce terme impudique) n’étaient, au sein de l’Ecole de la République (qu’on prétend
pourtant vouloir « refonder » aujourd’hui), que la conséquence d'un système fondé sur la progression raisonnée de l'enseignement dont le principe absolu était le contrôle des
connaissances requises pour passer d’un niveau de scolarité au niveau supérieur.


 


Or TOUTES les réformes ont confronté le système scolaire à une logique absurde : celle qui consiste à baisser les exigences pour augmenter les taux de réussite. Dès lors, puisque
dans l’absurde tout est absurde, on peut effectivement supprimer le redoublement, les cours, les enseignements, les disciplines, les classes, la notation ; pourquoi pas s’il n’est plus
question que de faire des économies…


Par ailleurs, le ministère lance en ce moment une grande consultation sur l’évaluation : en fait cela fait longtemps qu’on cherche aussi à la réformer, pour remplacer la « notation
sommative » par la notation formative » : encore un autre délire de « pédagogos ». A cet égard, les « expérimentations » menées pour démontrer l’arbitraire de
la notation n’ont rien de scientifique et je renvoie à un autre article paru sur Mezetulle à ce propos : http://www.mezetulle.net/article-la-notation-arbitraire-de-l-epreuve-de-philosophie-au-bac-par-g-desbiens-58472941.html
J’y rappelais d’ailleurs qu’il est impossible de prétendre, comme le font les pseudo-experts, que les professeurs n’évaluent pas leurs élèves conformément à leur niveau réel sans
présupposer que ce niveau peut finalement être estimé par une évaluation plus adéquate (mais c’est ce qu’on s’est précisément interdit par principe !).


 


De toute manière les experts, les « pédagogues », les théoriciens des « sciences de l’éducation », les conseillers des ministres, les réformateurs, etc. n’ont jamais enseigné,
ou n’enseignent plus, ou seraient incapables d’enseigner dans les conditions déplorables que connaissent aujourd’hui, et de surcroît par la faute de ces derniers, la plupart des professeurs.


Sinon ils sauraient par expérience, ce que vous sollicitiez en tant qu’argument, que le redoublement peut évidemment avoir son utilité : ainsi, c’est un fait que beaucoup d’enseignants de
Lycée déplorent, par exemple, que de nombreux élèves « forcent le passage » en Première (en fait ils ne forcent rien, puisque le passage est de droit automatique) : les dégâts se
font surtout sentir en Terminale et plus ou moins au moment des résultats du baccalauréat (qu’on s’efforce pourtant d’attribuer généreusement à tout le monde).


Enfin, je vous renvoie également au site de l’auteur d’un autre commentaire sur cet article [voir com ci-dessous com. n°2] qui me semble assez instructif :


http://www.laviemoderne.net/forum/cursus-et-examens/1648-la-suppression-du-redoublement


 


Le constat est assez simple : le redoublement a quasiment disparu – on pourrait ajouter que le nombre de bacheliers augmente d’année en année – mais est-ce à dire que le niveau monte et que
tout va forcément mieux dans le système scolaire ?


 



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