17 novembre 1970 2 17 /11 /novembre /1970 22:25

CAPES : inquiétante raréfaction des candidats
par Marian Balastre (1)

En ligne le 19 juillet 2012


Même en cette période de fort chômage, les candidats au métier de professeur se raréfient considérablement. Et parmi ceux qui se présentent, beaucoup ne sont pas au niveau du concours. Pourtant, n'est-ce pas la planque idéale pour intellos fainéants avec sécurité d'emploi, à l'abri de toute tracasserie, de toute violence, sans aucun stress, exerçant une autorité indiscutée sur les collégiens et lycéens, et pas si mal payée que ça vu les vacances et les 18h de travail hebdo (mais que font-ils le reste du temps ?).

Marian Balastre commente des chiffres inquiétants. Le jury du CAPES de Lettres Classiques lui-même s'alarme et a l'audace d'avancer une idée très étonnante : ce métier ne jouit d'aucune considération. Vraiment, vous croyez, après tant de réformes, de rénovations et d'innovations pédagogiques destinées à plonger le monde scolaire (pardon, il fallait écrire : le système éducatif) dans le bonheur ?


Cette année encore, les jurys n'ont pas pourvu tous les postes offerts, très certainement à cause du niveau insuffisant des candidats et de leur raréfaction. Ces deux phénomènes étant liés à la baisse du niveau scolaire des élèves, elle-même causée par la destruction de l'enseignement des contenus disciplinaires depuis plusieurs décennies.

Jusqu'en 2010, tous les postes offerts étaient pourvus. En 2011, 4 055 postes ont été pourvus sur 4 881, au CAPES externe.
Au CAPES externe de lettres modernes en 2012, la troisième section du concours la plus importante, 681 postes ont été pourvus sur 733. En LC, 75 postes seulement ont été pourvus sur 170 (en 2011, 77 admis) ! En anglais, le jury n'a pas recruté plus de 659 certifiés sur 790 postes à pourvoir. En allemand, 184 sur 230. Le plus grand écart numérique se réitère en mathématiques, dont le jury n'a pris que 652 admis sur les 950 postes offerts (en 2011, 574 pour 950).
Cette dernière discipline présente une évolution particulièrement symptomatique : en 1999, pour 945 postes, 7332 candidats venaient passer les épreuves; en 2012, pour un nombre presque égal de postes (950), il y avait seulement 1285 candidats présents aux épreuves. Où vont les étudiants en mathématiques, s'ils ne viennent plus au CAPES ? On peut se douter, sans même faire de recherche, qu'ils vont dans les filières de l’ingénierie, et globalement des entreprises privées qui monnaient sans doute mieux que le statut de professeur le travail intellectuel que représente l'expertise scientifique, et qui propose un emploi sérieux en comparaison de la garderie éducative à laquelle on affecte ceux qui se destinaient à être professeurs.

Alors que partout on prétendait que la baisse du nombre de candidats aux CAPES externes entre 2010 et 2011 (de 22 074 à 12 491) était liée à la mastérisation, les nouveaux candidats devant passer une année universitaire de plus pour accéder au concours (BAC + 5), le niveau du nombre des candidats présents aux épreuves du concours ne s'est pas vraiment rétabli, puisque de 2011 à 2012, il est passé de 12 491 à 12 940... une augmentation dérisoire qui dément totalement l'hypothèse d'une baisse uniquement due à la mise en place du calendrier de la mastérisation, et qui aurait donc dû être enrayée en 2012 (nous aurions dû même assister à une remontée importante puisqu'au nombre de candidats qui n'ont pas pu se présenter en 2011,  s'ajoutait celui des nouveaux candidats en âge de passer le concours, on pouvait donc s'attendre à plus de 22 000 candidats en 2012). Au contraire, la mastérisation a manifestement accentué la raréfaction, ou la "fuite des cerveaux" vers d'autres débouchés et l'abandon de la filière enseignante. Pour rappel, il y avait, en 2004, 37 538 candidats présents au CAPES externe, ce qui constitue à peu près une division par trois du vivier en 8 ans seulement, alors même que le nombre d'élèves du secondaire augmente à cause du "baby-boom" des années 2000.

Cette situation est le résultat global et significatif de plusieurs dégradations de l'institution :
- Elle n'est plus attrayante socialement, être professeur n'étant plus un métier prestigieux, ni bien rémunéré.
- Les candidats eux-mêmes n'ont plus, soit le niveau, soit l'attrait pour la transmission d'une discipline académique; en échange, l'idéologie pédagogiste de la gestion éducative des compétences des élèves, qui se développe actuellement pour pallier la ruine du modèle transmissif, n'attire évidemment pas les "cerveaux", les étudiants cultivés et ambitieux intellectuellement.
- Les conditions de travail des enseignants, notamment des jeunes professeurs, sont, de notoriété publique, très difficiles : affectations dans des établissements ZEP, agrégés affectés en collège, jeunes lauréats ne trouvant pas de poste fixe pendant des années mais devant rester remplaçant, un barème de mutation fondé sur la situation personnelle et non le niveau du concours et des diplômes du professeur (un professeur, qui, mastérisation mise à part, possède un master 1, 2, ou un doctorat, par rapport aux autres professeurs qui n'ont que la licence et le CAPES, c'est à dire le niveau minimal, n'a aucun avantage d'affectation ou de salaire par rapport aux autres).
- Phénomène symbolique, les normaliens, qui autrefois, passaient le CAPES dont ils étaient dispensés des épreuves écrites, sont aujourd'hui très rétifs à passer même l'agrégation, à moins d'être certains, une fois admis, d'échapper au secondaire, enfer dans lequel ils ne voudraient tomber pour rien au monde, préférant évidemment le statut, par exemple, d'ATER à l'université, et ce même s'il est, en général, bien moins rémunéré que le traitement normal d'un professeur du secondaire. Une grande partie des normaliens devenus des intellectuels reconnus avait commencé sa carrière, voire l'avait terminée, dans l'enseignement secondaire : Bergson, le philosophe Alain, Julien Gracq, etc. Ce cas de figure, qui assurait culturellement le lien républicain entre le sommet de la méritocratie (l'ENS), et l'enseignement de base du secondaire, est désormais révolu.

Extraits intéressants du rapport de jury du CAPES externe de Lettres classiques de 2011 :


Premier paradoxe : alors que le nombre des postes mis au concours du CAPES ne cesse d’augmenter (185 contre 170 l’an dernier), le nombre des candidats inscrits ne cesse de diminuer, et dans des proportions considérables (297 contre 384 l’an dernier). Encore plus inquiétant : sur 297 inscrits, seuls 111 ont finalement composé, soit un peu plus de 37% des inscrits – c’est-à-dire que plus de 60% des inscrits ont renoncé à venir passer les épreuves du concours auquel ils se destinaient.[...] Pourquoi ces abandons catastrophiques ? Un président ne peut prétendre fournir toutes les explications possibles et définitives. Mais un président universitaire n’a pas à chercher bien loin quelques causes des plus évidentes : la série des réformes, mal accueillies par la communauté universitaire, on s’en souvient, qui ont touché le Master, le calendrier des concours et la formation des maîtres.[...]Plus généralement, dans la société française de 2011, mener à bien une vocation d’enseignant est fort méritoire, quand on voit ce que sont la condition économique des enseignants, les difficultés rencontrées dans la pratique de leur métier et le peu de considération qui s’attache à leur fonction. De telles remarques concernent tout citoyen et ont trait à l’organisation de la vie de la cité – ce que Platon et Aristote appelaient du beau mot de politique.[...]Nous avons besoin et nous aurons besoin de professeurs de Lettres classiques, quelle que soit leur répartition entre les académies et à l’intérieur des académies. Dans une société où l’image remplace la réalité, où l’émotion remplace la raison, où l’affirmation péremptoire, la publicité ou les astuces de la communication remplacent l’argumentation, où la mauvaise foi, le mensonge, voire le bourrage de crâne triomphants remplacent la réflexion et l’exercice de l’esprit critique, les cultures antique et classique offrent des richesses incommensurables pour la formation d’esprits libres ; outre sa beauté, la littérature antique transmet une expérience historique qu’il ne faut pas perdre – ce que les premiers humanistes européens appelaient bonae litterae ou litterae humaniores. [...]Enfin, à vue humaine, il ne faut pas espérer qu’un enseignant du second degré gagne autant qu’un trader ou soit aussi considéré qu’un ingénieur ou qu’un cadre commercial ! Et pourtant, vieux professeur qui aura aimé passionnément son métier dans le second degré et dans le supérieur, j’encourage les jeunes intellectuels qui se sentent un don, une vocation même, à se lancer, malgré les présentes difficultés, dans cette voie.


Beau panégyrique du métier de professeur, avec le succès qu'on peut lire dans le statistiques de 2012... (encore moins d'admis en LC en 2012 qu'en 2011, malgré le rétablissement annoncé du nombre de candidats).


© Marian Balastre, 2012

1 - Professeur agrégé de lettres modernes, membre du comité de l'Association des Professeurs de Lettres.


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commentaires

Munier 23/01/2013 19:03

Bonjour, je trouve cet article très intéressant. Il porte un regard très juste et très lucide concernant la réalité du métier de professeur et la manière dont les futurs enseigants sont formés (
mal formés). Merci donc de véhiculer ce genre d'article qui nous met un peu de baume au coeur. En effet, comme vous le dites, ce métier est bien trop déconsidéré que ce soit par les proches, par
les voisins ou par n'importe qui d'autre d'ailleurs. Merci

DM 27/07/2012 16:25


Quelques mots sur les mathématiques. Dans cette filière, il y a la possibilité de se diriger vers la finance, ou vers d'autres activités bien rémunérées dans le privé, surtout si on allie aux
connaissances mathématiques des connaissances en informatique et des compétences en programation (ce qui n'est pas le cas de tous les étudiants en mathématiques). Qui plus est, ces métiers sont
souvent intellectuellement intéressants.


Conséquence ? Il est difficile de recruter des étudiants pour des thèses en informatique un peu théorique, là où il y a des mathématiques, ce y compris quand le financement est garanti. On
encourage donc à importer des étudiants, par exemple d'Europe de l'Est, d'Inde ou de Chine.


Parallèlement, comme vous le soulignez, le métier d'enseignant du secondaire est déclassé : il est devenu assez mal rémunéré (surtout en début de carrière), les conditions de travail peuvent être
très médiocres (élèves dangereux etc.), les programmes sont peu cohérents, et on fait tout pour ôter de ceux-ci les notions de raisonnement mathématique, jugées trop complexes pour les lycéens.

mlevant 22/07/2012 20:40


Je ne suis pas certaine d'avoir saisi les critères sur lesquels reposent, selon vous, la légitmité à répondre à un article qui, croyais-je naïvement, invitait au débat. Je m'explique néanmoins,
en vous faisant part de mes impressions de jeune enseignante, depuis la petitesse à laquelle je me trouve.


Loin de moi l'idée de glorifer toute idéologie pédagogique, ou d'abaisser le niveau des professeurs, bien au contraire. J'ai tendance à croire, en me fondant néanmoins sur ma seule expérience,
que l'enseignement de la pédagogie vire trop souvent au dogmatisme, et que la pédagogie s'apprend mieux sur le terrain, y compris au contact des autres enseignants (ce qui n'empêche pas de
recourir aux IUFM, ou à des modules spécifiques, ne serait-ce que pour y trouver des interlocuteurs, des guides, des conseils).


Sur la question disicplinaire, je ne me considère nullement comme supérieure à quinconque, mais je me permets seulement de faire usage, comme l'Université m'a appris à le faire, de mon sens
critique. Or, je constate qu'aujourd'hui, peut-être en raison du degré de compétition auquel on en est arrivé (je pense notamment à l'histoire-géographie, où le traux de réussite dépasse rarement
les 10%), on recrute assez peu un enseignant sur sa capacité à enseigner des connaissances, mais plutôt sur sa capacité à réciter celles qu'il a apprises pendant l'année du concours. Il y a des
qualités propres à un enseignant, qui ne s'apprennent pas nécessairement, ou qui ne sont pas nécessairement validées par l'Université, nous sommes bien d'accord ; et l'Université n'a pas à être
transformée en un lieu de formation exclusive au professorat. Mais je pense que du point de vue des connaissances strictement scientifiques, un étudiant en sait assez à la sortie d'une Licence,
pour enseigner en collège ou en lycée. Il me semble que rarement ce que vous apprenez durant l'année du concours ne sera utilisé, en termes de connaissances scientifiques, pour enseigner ensuite
à des élèves de collège ou de lycée (il y a bien-sûr toujours quelques petites choses à glaner). Il en va de même pour la capacité du futur enseignant à exposer rapidement ses connaissances, de
manière structurée : l'exercice de la dissertation, en théorie, et s'il est surmonté, doit le valider. On peut bien-sûr considérer que le niveau de la Licence s'est abaissé, ce qui est un autre
problème, même s'il est lié.


Cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas quelques trous à boucher, des connaissances à compléter, pour les généraliser davantage par rapport à la spcécialisation des connaissances universitaires.
Mais ce n'est pas là-dessus que le concours doit sélectionner en priorité, selon moi. Or, on n'en est arrivé à ne vérifier pratiquement que cet amas de connassances acquises.


Je ne parle pas nécessairement de la formation délivrée par les IUFM et les Universités dans le cadre du master de préparation au concours, qui dépasse parfois, fort heureusement, ce seul
bachotage.


 


 


 

Marian Balastre 25/07/2012 15:18



Mezetulle a reçu la réponse suivante de M. Balastre :


 


****************


Je suis tout à fait favorable à tous les débats, à condition qu'on traite du même sujet et qu'on écarte toute mauvaise foi de part et d'autre. Et le sujet n'est autre que la transmission des
savoirs et de la culture humaniste scolaire par l'autorité d'un professeur.

Votre avis sur la "pensée pédagogique" est typique de l'évolution actuelle : on critique le dogmatisme des IUFM et on valorise l'expérience pédagogique de terrain. Or, si les IUFM sont devenus
dogmatiques c'est parce que justement ils promouvaient une pensée pédagogiste qui, creuse en elle-même, ne pouvait être qu'imposée de manière doctrinale et figée. L'expérience de terrain mène
dans l'excès inverse : le chaos et l'incohérence, les profs n'ayant plus de modèle commun, étant abandonnés sur la mer flottante des masses d'élèves et des pluralités de méthodes dont aucune ne
sort du lot (refrain courant : "il n'y a pas de recette miracle" ; entendez : si vous n'y arrivez pas avec votre classe, ne vous inquiétez pas, c'est parce qu'aucune méthode particulière ne vous
permet d'établir votre autorité; voire, c'est de votre faute et il n'y a rien à y faire, adaptez-vous aux élèves). Dans les deux cas, le modèle transmissif de l'enseignement de la culture
humaniste est perdu.

Vous dites que "du point de vue des connaissances strictement scientifiques, un étudiant en sait assez à la sortie d'une Licence, pour enseigner en collège ou en lycée", ce qui est très
contestable dans les faits, et encore plus dans les principes. Un professeur du secondaire (6e à terminale) ne peut décemment se contenter des connaissances acquises pendant 3 petites années
universitaires, à moins de diminuer drastiquement le niveau de compétence des professeurs. Or les concours de recrutement de profs ne servent qu'à vérifier la solidité et le caractère général,
cohérent, de l'ensemble des connaissances d'un futur prof (pas la quantité amassée), ce pourquoi une année n'est pas de trop, loin de là. Des camarades agrégatives me disaient, même après avoir
échoué au concours, qu'elle voulaient le repasser car justement il leur semblait que pour garantir leur compétence professorale en face de toutes sortes d'élèves (et leurs diverses questions), le
nombre de connaissances nécessaires dépassait largement les exigences minimales du capes lui-même. Ce sentiment perfectionniste est un moteur fondamental qui devrait habiter tous les professeurs
et candidats.

Plus généralement vous promouvez, comme le camp pédagogiste depuis une trentaine d'années, une pédagogisation des concours et une minoration de la valeur des connaissances, ce qui implique in
fine de remettre en cause la finalité principale de l'enseignant : transmettre des connaissances et une culture. Si ce n'est pas le cas, merci de l'expliquer.



Catherine Kintzler 22/07/2012 15:30


Je me permets d'intervenir dans la discussion entre l'auteur et mlevant (com. n°1) pour fournir un témoignage. J'ai en effet, dans le cadre de mon service d'enseignement comme professeur
d'université, assuré pendant un certain nombre d'années le cours de préparation au CAPES.



Bien sûr, les étudiants étaient titulaires d'une licence de philosophie et comme tels réputés être au niveau du concours. Cela ne veut pas dire qu'ils possédaient tous les connaissances qu'on
leur demanderait d'enseigner ou sur lesquelles se baserait leur enseignement. Tous étaient au niveau en ce sens qu'ils étaient en mesure de suivre le cours sans aucune difficulté, de boucher les
"trous" que laisse nécessairement un parcours d'enseignement supérieur -  et je dois dire qu'à Lille 3, nous prenions grand soin d'équilibrer ce parcours en y imposant des "passages obligés"
pour tous les étudiants ; néanmoins le "collage" que constitue forcément un cursus composé d'unités différentes juxtaposées laisse des lacunes.



Par ailleurs (et surtout) le cours leur servait à relier leurs connaissances entre elles et à les utiliser dans des situations "généralistes". Il leur fallait un certain entraînement pour
apprendre à mobiliser, sur un même sujet, sur une même notion, des éléments issus qui d'un cours de philo géné, qui d'un cours de logique, qui d'un cours d'esthétique, qui d'un cours de philo
morale et politique, qui d'un cours d'histoire de la philo ... Car la totalité des exercices auxquels ils sont confrontés dans l'enseignement supérieur reste cloisonnée dans ces spécialités. Or
la somme de ces spécialités, fût-elle idéale, ne met pas un bon étudiant en état de construire sans difficulté un cours de philosophie en vue d'un enseignement dans le secondaire.



Il y aurait maints autres points à aborder, notamment l'entraînement à la "leçon", tout le travail à l'oral, le travail d'improvisation (car le professeur dans sa classe est constamment tenu
d'improviser, il est dans un état d'urgence), mais je pense que ce que je viens de dire est suffisant et puis ce serait trop technique.



Cela fait que le cours de préparation au CAPES était suivi, outre les étudiants effectivement inscrits au concours, par d'autres étudiants désireux de compléter leur parcours, de le rendre
homogène et de se confronter à des exercices d'une autre nature que ceux qui leur étaient proposés dans le cadre strict de la licence.

Incognitototo 20/07/2012 13:53


Allons, allons, pas de défaitisme, monsieur Hollande va changer tout ça...

mlevant 20/07/2012 08:52


Si je peux me permettre : "parmi ceux qui se présentent, beaucoup ne sont pas au niveau du concours". Et si le concours n'était pas au niveau des exigences du professorat? Le concours n'est
pratiquement que disciplinaire : or, de ce point de vue, ne pas avoir le niveau du concours ne signifie pas que le niveau nécessaire pour enseigner la discipline en collège ou en lycée n'est pas
atteint (la licence n'est pas censée y pourvoir?). Les candidats au professorat sont là : leur recrutement laisse à désirer. Il faudrait peut-être commencer par là, et cela fait bien longtemps
que c'est réclamé. La dernière réforme (loin d'être parfaite, certes), allait quelque peu dans ce sens.

Marian Balastre 22/07/2012 15:03



Mezetulle a reçu la réponse suivante de Marian Balastre :


 


***************


Les concours ne sont plus si disciplinaires que cela étant donné leur pédagogisation progressive. Il est vrai que l'idéologie pédagogiste a fait ses "preuves", comme le démontre la ruine totale
de l'institution (qui aurait très bien pu survivre dans notre monde actuel il est vrai hostile à l'apprentissage théorique de connaissances générales scolaires; mais avec un peu de sérieux, de la
constance et la perpétuation de la culture humaniste, le modèle pouvait parfaitement survivre et continuer à instruire les cohortes d'élèves; malheureusement massification à marche forcée et mise
aux ordures de la culture humaniste ont prévalu).

Sur le fait que le concours soit disciplinaire, il suffit de vous signaler qu'un professeur enseigne une discipline et qu'il ne doit faire que cela, et le faire pleinement. Si sa mission, c'est
autre chose, merci de nous l'expliquer (mais si vous pensez à une mission d'"éducation", je vous renvoie aux dizaines de livres et d'articles, et de statistiques, qui démontrent que l'idéologie
d'une école béatement "éducative" est une absurdité qui explique justement la ruine de l'institution).
Sur la différence entre diplôme universitaire et concours de l'enseignement, je vous renvoie à l'institution de ces grades. Ceux qui les ont établis étaient-ils des abrutis finis, des ignares
incompétents, des idiots incohérents ? Vous vous croyez supérieur à eux ? Une raison parmi tant d'autres : le diplome universitaire valide un niveau de maîtrise qui engage l'université uniquement
et a d'usage valeur générale pour l'obtention de n'importe quel poste dans n'importe quel métier. Un concours de l'enseignement recrute des professeurs et exige une qualification approfondie et
élargie des disciplines qui ne sont justement plus des maîtrises universitaires mais des connaissances disciplinaires propres à être enseignées (les diplômes en eux-mêmes ne validant pas
l'acquisition de disciplines propres à être enseignées).

Mais vous semblez bien être de ceux qui promeuvent l'abaissement du niveau de connaissance des profs comme des élèves, donc je ne vois pas la légitimité de votre discours...



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