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cadeau de Persée que la déesse Athéna porte sur son bouclier. Quiconque la regarde, l'envisage, est pétrifié, mort sur place. La face hideuse et hilare de Méduse c'est l'exposition sans limite ; la
voir, c'est voir les tréfonds, les entrailles, c'est voir ce qui exténue toute vision. C'est le traumatisme que subit l'enfant qui voit le sexe de sa mère. C'est la performation monstrueuse qui
transgresse la maxime de La Rochefoucauld « le Soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face ». Nous en avons aussi nos versions modernes : la face étalée du clown auguste, effrayante
si l'on y pense bien, dont Stephen King a exploité le caractère terrifiant dans son roman It. Mais tout visage un peu trop démonstratif ou grimaçant, un peu trop expressif produit cet
effet de gêne – devant celui du dément qui écarquille les yeux, s'esclaffe et nous montre sa glotte en pleine face, nous nous détournons.
peur que ce voile vienne me recouvrir et qu'il ensevelisse avec moi toutes les femmes qui osent se montrer. Pensons
aussi aux masques qui indifférencient : la tête de mort, la forme des masques dans le film La Nuit des masques de John Carpenter (1978), le domino, figure inquiétante du carnaval. Et sous
une forme qui pour être atténuée et ordinaire n'en est pas moins effrayante : figer son visage comme celui d'un mannequin, le rendre totalement froid et impassible, c'est aussi produire cet effet
sidérant. Le masque du clown peut aussi basculer de ce côté-là. Il est très facile de terrifier un enfant en singeant le mannequin en immobilisant ses traits pendant quelques minutes. La Beauté
froide que fait parler Baudelaire a ce caractère glacial et glaçant :
Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris
dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Cinq représentations auront lieu : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
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Varia

Article très intéressant et instructif, par contre je suis étonné du passage "On voile le visage du monarque, personne hors du commun, au-dessus des lois ordinaires : aucun regard ne peut l'envisager sous peine de sacrilège. " j'ai beau chercher je ne trouve pas où (ou qui) dans l'histoire cachait le visage du souverain (ne fusse que par un voile ou un masque). Pouvez-vous m'éclairer à ce sujet ? Merci :)
Si j'ai bonne mémoire, j'ai tiré cet élément du livre de David Le Breton cité dans la bibliographie à la fin de l'article. N'ayant pas actuellement ce livre sous la main, je ne peux pas donner la référence exacte.