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    <title><![CDATA[Commentaires de l'article: Sur un mot de Laurence Parisot et la précarité (J.M. Muglioni)]]></title>
    <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#anchorComment</link>
    <description>Les 25 derniers commentaires publiés sur l'article &quot;Sur un mot de Laurence Parisot et la précarité (J.M. Muglioni)&quot; du blog &quot;Mezetulle. Blog de Catherine Kintzler&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Commentaires de l'article: Sur un mot de Laurence Parisot et la précarité (J.M. Muglioni)]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#anchorComment</link>
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    <pubDate>Fri, 30 Jul 2010 11:19:54 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 30 Jul 2010 11:19:54 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.mezetulle.net</copyright>            <category>Politique, société</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Mezetulle]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment39525457</link>        <description><![CDATA[
  Merci pour vos analyses.<br>
  Juste une remarque sur la fin du commentaire : il me semble que si, comme le fait l'article de J.M Muglioni, et comme vous le faites aussi de manière différente dans vos commentaires, on peut
  légitimement critiquer les déclarations q'une personne publie et en analyser la portée (et en l'occurrence il s'agit de plus d'un responsable de la société civile), en revanche je trouve qu'il
  n'est pas nécessaire (ni d'alleurs très élégant) de lui reprocher d'être ce qu'elle est.

  
]]></description>
        <pubDate>Wed, 25 Mar 2009 21:35:19 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment39525457</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de etienne]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment39473351</link>        <description><![CDATA[La suite...<br><br>...toutes ces conditions sont n&eacute;cessaires &agrave; la reproduction m&ecirc;me de la force de travail, et son incompatibles avec la loi de la mobilit&eacute; universelle et permanente. <br>Ainsi, le Contrat de Travail &agrave; Dur&eacute;e Ind&eacute;termin&eacute;e (CDI), qui reste encore la forme dominante d'emploi (pour combien de temps?), est l'illustration exemplaire&nbsp;de&nbsp;cette n&eacute;cessit&eacute; de liens permanents: le capitalisme doit son efficacit&eacute; &agrave; l'existence d'institutions stables et de relations durables, y compris dans les entreprises. M&ecirc;me les th&eacute;ories &eacute;conomiques du courant dominant ont mis en avant depuis longtemps la sup&eacute;riorit&eacute;, en termes de productivit&eacute; du travail,&nbsp;d'une relation garantie, fond&eacute;e sur un minimum de&nbsp;confiance et de loyaut&eacute; r&eacute;ciproque entre les parties, sur les formes contractuelles minimales.&nbsp;<br>On voit bien aussi en France, que c'est l'existence de solidarit&eacute;s ext&eacute;rieures au lien marchand (revenus de transfert, solidarit&eacute; familiale) qui permet au corps social, et particuli&egrave;rement &agrave; la jeunesse, de supporter encore les progr&egrave;s de la lib&eacute;ralisation du march&eacute; du travail et la mont&eacute;e de la pr&eacute;carit&eacute;. On a vu par ailleurs avec l'exp&eacute;rience rat&eacute;e du Contrat Premi&egrave;re Embauche, que le corps social n'est pas encore m&ucirc;r pour aller encore plus loin dans le sens de ce programme, ce qui montre que l'endoctrinement lib&eacute;ral n'est pas encore compl&egrave;tement abouti...<br><br>Cette utopie de la "mobilit&eacute;" n'a donc non seulement rien de "naturel" (ce qui ne signifie absolument rien concernant l'organisation des hommes entre eux), mais va &agrave; l'encontre m&ecirc;me des possibilit&eacute;s ult&eacute;rieures de d&eacute;veloppment du capitalisme, qui&nbsp;ne peut durablement&nbsp;d&eacute;truire ses propres fondements externes.<br><br>Enfin, pour la petite histoire, la maxime de Laurence Parisot prend une tournure encore plus savoureuse quand l'on sait que sa position ne doit rien au hasard, ni aux comp&eacute;tences propres d'un individu isol&eacute;: elle est, par sa propre filiation, l'arch&eacute;type m&ecirc;me de l'h&eacute;riti&egrave;re&nbsp;du capitalisme familial&nbsp;traditionnel&nbsp;(en l'occurence une soci&eacute;t&eacute; de meubles r&eacute;put&eacute;e pour ses m&eacute;thodes archa&iuml;ques en mati&egrave;re de gestion du personnel): on est tr&egrave;s loin de la "self made woman" &agrave; la Bill Gates...Il faut un sacr&eacute; toupet pour proclamer ainsi la supression totale de toutes les formes de stabilit&eacute; et de garanties dans l'existence, alors qu'on est soi-m&ecirc;me le pur produit de l'h&eacute;r&eacute;dit&eacute; sociale, c'est-&agrave;-dire le prolongement ultime de tout ce qu'il y a de plus immobile et permanent dans la soci&eacute;t&eacute; aujourd'hui, et ceci depuis deux si&egrave;cles: les rapports sociaux de production.
<p><br><br></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 24 Mar 2009 22:36:12 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment39473351</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de etienne]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment39375523</link>        <description><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">&nbsp;Au moment o&ugrave; Laurence Parisot fustige le droit de gr&egrave;ve et accuse certains syndicats de salari&eacute;s de contribuer &agrave; la baisse de l'emploi (cf les propos tenus&nbsp;&agrave; propos&nbsp;de la journ&eacute;e de mobilisation du 19 avril 2009), il n'est pas inutile de revenir sur cette fameuse naturalisation des lois du capitalisme.<br><br>Je souscris globalement &agrave; l'analyse que vous faites de cette maxime, qui est effectivement particuli&egrave;rement r&eacute;v&eacute;latrice de l'"esprit du temps". Je partage aussi votre &eacute;tonnement &agrave; propos du peu de r&eacute;actions qu'a suscit&eacute; cette phrase: ma th&egrave;se est que la domestication des esprits entreprise depuis la fin des ann&eacute;es 1970 a grandement port&eacute; ses fruits. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si &agrave; la faveur de&nbsp;la crise actuelle, nous assisterons ou non &agrave;&nbsp;de profondes r&eacute;visions id&eacute;ologiques,&nbsp;non pas dans ce qu'il est convenu d'appeler "l'opinion", mais plut&ocirc;t chez nos "faiseurs d'opinion".<br><br>On sait depuis&nbsp;Polanyi que le capitalisme n'a pu se d&eacute;velopper et perdurer non pas <em>malgr&eacute; </em>l'existence de logiques ext&eacute;rieures &agrave; l'int&eacute;r&ecirc;t et au march&eacute; (les valeurs dont vous parlez, mais aussi les liens familiaux, les institutions publiques etc...), mais <em>gr&acirc;ce &agrave; elles.</em> Ce fait anthropologique est fondamental.<br>L'av&egrave;nement de ce qu'on pourrait appeler un "capitalisme&nbsp;total", c'est-&agrave;-dire dont les principes fondamentaux&nbsp;d&eacute;terminent l'ensemble des activit&eacute;s humaines et des relations interpersonnelles, jusqu'&agrave; l'&eacute;ducation, la culture et l'amour est une&nbsp;utopie qui semble&nbsp;en passe de se r&eacute;aliser:&nbsp;nous parvenons effectivement &agrave; l'apog&eacute;e de&nbsp;ce que vous appelez "cette sombre conception du monde humain o&ugrave; la fonction politique n'a pas pour fin l'&eacute;mancipation, mais la normalisation et la g&eacute;nuflexion devant le seul dieu qui compte d&eacute;sormais: l'argent".<br><br>Or il y a tout lieu de penser que ce programme d'un capitalisme&nbsp;soci&eacute;tal total, r&eacute;sum&eacute; par la phrase de Laurence Parisot,&nbsp;porte en lui de telles contradictions&nbsp;anthropologiques&nbsp;qu'il ne pourra durablement s'installer.<br>&nbsp;<br>Pour comprendre cela, il me semble n&eacute;cessaire&nbsp;d'expliciter en quoi consiste ce programme (ou cette utopie), qui ne peut se r&eacute;sumer&nbsp;par la&nbsp;seule formule, certes pratique et tout-&agrave;-fait juste,&nbsp;du "&nbsp;culte du Dieu argent". Certains commentaires ont appuy&eacute; &agrave; juste titre sur la notion de "mobilit&eacute;" du travail, qui est effectivement au coeur de cette utopie, et qu'on retrouve dans cette obsession lib&eacute;rale de la pr&eacute;carit&eacute;, non pas seulement professionnelle, mais existentielle.<br><br>Afin d'&eacute;clairer tout le sens de la maxime de L. Parisot, je propose de citer longuement J.-C. Mich&eacute;ea, qui expose tr&egrave;s clairement ce "nouvel esprit" du capitalisme, en montrant qu'il n'a rien &agrave; voir avec l'ancien ordre "bourgeois" (in "<em>Impasse Adam Smith</em>"):<br>&nbsp;<br>"Or, &agrave; quelles conditions anthropologiques - je laisse de c&ocirc;t&eacute; le probl&egrave;me &eacute;videmment crucial des limites &eacute;cologiques - un tel sch&eacute;ma de fonctionnement est-il concevable? La r&eacute;ponse est &eacute;vidente: pour que les &eacute;quilibres promis par Adam Smith puissent &ecirc;tre satisfaits, il faut n&eacute;cessairement que chaque op&eacute;rateur humain - quelle que soit sa place sur ce march&eacute; unique dont la concurrence est suppos&eacute;e parfaite - soit dispos&eacute; &agrave; chaque instant de sa vie, et cela sans la moindre h&eacute;sitation psychologique, &agrave; changer sur le champ, d&egrave;s que l'Economie l'ordonne, d'<em>habitudes</em>, de <em>profession</em> et (c'est la condition la plus fondamentale) de<em> lieu de r&eacute;sidence</em>. Autrement dit, les proph&eacute;ties historiques du syst&ecirc;me capitaliste (l'enrichissement de tous dans un monde pacifi&eacute;, toujours plus libre et toujours plus heureux) ne peuvent s'accomplir que si, et seulement si, chaque individu de la <em>commercial society </em>(comme l'appelle Adam Smith) a d&eacute;finitivement int&eacute;rioris&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; mentale d'&ecirc;tre int&eacute;gralement<em> flexible</em>, <em>mobilisable</em> &agrave; tout instant, et pr&ecirc;t &agrave; vivre quotidiennement comme un atome absolu - ou une "particule &eacute;l&eacute;mentaire" -pour lequel tout lien et tout engagement envers autrui, repr&eacute;sentent a priori un obstacle &agrave; la poursuite de ses int&eacute;r&ecirc;ts bien compris, et une d&eacute;pendance psychologique inacceptable. On voit aussit&ocirc;t que <em>l'homme sans qualit&eacute;</em> du capitalisme id&eacute;al - cet homme qui n'est chez lui nulle part et dont toute l'existence doit imp&eacute;rativement se r&eacute;duire &agrave; une <em>s&eacute;rie de ruptures et de d&eacute;m&eacute;nagements</em> -ne trouve qu'une r&eacute;alisation tr&egrave;s imparfaite dans le mod&egrave;le du bourgeois balzacien ou de l'industriel provincial des films de Chabrol." [...] Ce que Boltanski et Chiapello ont appel&eacute; avec tant de raison, le "nouvel esprit du capitalisme", ce moment historique o&ugrave; la mobilit&eacute; des individus devient une force productive directe, est bien une des derni&egrave;res formes que doit prendre l'esprit humain lorsque le d&eacute;veloppement effectif du Capital tend, pour parler en philosophe, &agrave; "rejoindre enfin son concept". Inutile de dire que la figure qui incarne le mieux cette fin commen&ccedil;ante de l'Histoire n'est pas le bourgeois balzacien. Le "nomade Bouygues", ersatz path&eacute;tique d'humanit&eacute;, destin&eacute; &agrave; vivre comme un poisson dans l'eau dans le monde selon Gates, me para&icirc;t &ecirc;tre un exemple beaucoup plus appropri&eacute;."<br><br>On voit bien qu'au del&agrave; d'un&nbsp;vague "culte de l'argent", l'essentialisation de la pr&eacute;carit&eacute;,&nbsp;&agrave; travers&nbsp;la disparition "de tout lien et tout engagement envers autrui" autre que celui du contrat de droit priv&eacute;, est au coeur du programme du "capitalisme total". Il s'agit bien de la fabrication d'un "Homme nouveau" d'un type tr&egrave;s particulier.<br><br>Plus loin, Mich&eacute;a montre que ce nouveau programme anthropologique s'accompagne d'une mythification de l'&eacute;ternelle jeunesse, au d&eacute;triment du temps long de l'&eacute;ducation, de l'h&eacute;ritage&nbsp;et des liens interg&eacute;n&eacute;rationnels:<br>"Cette terreur absolue de devenir adulte, c'est-&agrave;-dire d'assumer le fait qu'il nous faudra un jour &agrave; notre tour laisser la place (sans cette supposition l'acte de transmettre, qui est l'acte adulte par excellence, n'a plus le moindre sens), cette terreur n'est bien entendu que l'envers du mode de vie auquel nous contraignent les progr&egrave;s du capitalisme moderne. Car, m&ecirc;me en faisant abstraction du fait que toute soci&eacute;t&eacute; progressiste -vivant par d&eacute;finition <em>&agrave; l'ombre de l'avenir</em> - est philosophiquement tenue de mythifier la jeunesse (qui repr&eacute;sente officiellement l'avenir), il existe des raisons sp&eacute;cifiques permanentes, sous le r&egrave;gne du Capital, pour transformer l'absurde d&eacute;sir de rester jeune <em>pour l'&eacute;ternit&eacute;</em> en imp&eacute;ratif cat&eacute;gorique. L'existence du "Nomade Bouygues" - perp&eacute;tuellement d&eacute;plac&eacute; sur l'&eacute;chiquier du monde en fonction des ordres de l'Economie et du Spectacle - exige, en effet, non seulement une sant&eacute; physique &agrave; toute &eacute;preuve mais, surtout, une capacit&eacute; de vivre sans jamais s'impliquer dans des relations profondes et <em>durables</em> (ce qui ne signifie pas, naturellement, indissolubles et &eacute;ternelles). Or le <em>moment de la jeunesse</em> - qui est celui o&ugrave; pour devenir soi-m&ecirc;me on ne peut faire autrement que <em>rompre</em>, d'une fa&ccedil;on provisoire ou d&eacute;finitive, avec ceux qui nous ont permis, bien ou mal, d'arriver jusque l&agrave;, est peut-&ecirc;tre le meilleur mod&egrave;le qui soit d'une vie int&eacute;gralement accordable avec les pr&eacute;suppos&eacute;s m&eacute;taphysiques du Capital; c'est-&agrave;-dire la n&eacute;cessit&eacute; de tourner perp&eacute;tuellement le dos &agrave; son pass&eacute; et de ne nouer avec les autres que des relations essentiellement passag&egrave;res. Toute la question, cependant, est de savoir jusqu'&agrave; quel point notre corps, et notre psychisme, peuvent, sans d&eacute;faillir, soutenir cette contrainte capitaliste d'une jeunesse &eacute;ternelle, c'est-&agrave;-dire d'une existence &agrave; jamais atomis&eacute;e et perp&eacute;tuellement mobile."<br><br>Que retenir de cela, sinon que la pr&eacute;carit&eacute; existentielle r&eacute;clam&eacute;e par le nouveau capitalisme est une utopie non seulement effrayante, mais intrins&egrave;quement contradictoire. Car le capitalisme&nbsp;repose avant&nbsp;tout&nbsp;sur s&eacute;rie de reproductions (reproduction sociale, reproduction de la force de travail), et n&eacute;cessite l'existence d'un substrat -&nbsp;ext&eacute;rieur &agrave; sa logique propre -de relations sociales stables. La solidarit&eacute; des liens familiaux, la formation de la main-d'oeuvre, la socialisation n&eacute;cessaire pour obtenir des comportements&nbsp;suffisamment pr&eacute;visibles&nbsp;des agents, et plus simplement la possibilit&eacute; m&ecirc;me de fonder une famille, d'avoir des enfants et de les &eacute;duquer...toutes ces conditions sont n&eacute;cessair]]></description>
        <pubDate>Mon, 23 Mar 2009 13:29:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment39375523</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Digbeu Tape]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment25982833</link>        <description><![CDATA[Laurence Parizot devrait aller jusqu'au bout de sa logique : la vie est pr&eacute;caire. Pourquoi donc s'indigner d'un assassinat ? D'une mort accidentelle (surtout s'il s'agit d'un accident du travail, presque syst&eacute;matiquement pass&eacute; sous silence par la presse) ? De la mort de vieillards par un &eacute;t&eacute; plus chaud que les pr&eacute;c&eacute;dents ou par un hiver un peu plus froid ?<br />Comme l'affirment les astrologues (et d'autres), lorsque l'heure est sonn&eacute;e, rien ne peut s'opposer &agrave; l'issue. Mort d'un coup de couteau, d'une ambolie ou d'une pleur&eacute;sie, qu'importe, il (elle) devait mourir &agrave; cet instant. Laissons donc les assassins tranquilles, laissons ceux pour lesquelles la vie est devenue trop pesante partir quand ils le d&eacute;sirent, et laissons les aider ceux qui acceptent ce r&ocirc;le.<br />Dans cette logique, les entreprises sont pr&eacute;caires. Nulle n'est &agrave; l'abri d'une faillite. Souvenez-vous : Enron, Manufrance, la sid&eacute;rurgie de Longwy, etc. Pourquoi donc renflouer celles qui sont sur la mauvaises pente ? Cr&eacute;dit Lyonnais torpill&eacute; successivement par ses implications dans les affaires Bernard Tapie, puis dans les fantasmes am&eacute;ricains de Pinault. Pourquoi les contribuables ont-ils &eacute;t&eacute; pr&eacute;ssur&eacute;s pour son renflouement ?<br />Allons jusqu'au bout de cette logique : Mme Parizot est pr&eacute;caire, M. Sark&ouml;zy de Nagy-Bocsa est pr&eacute;caire. Pourquoi ne pas les pendre ?<br />L'un comme l'autre disposent de sbires qui veillent jour et nuit sur leur peau. Pourquoi avoir retir&eacute; au reste de la population le droit de d&eacute;tenir une arme, le droit de pr&eacute;server cette peau pr&eacute;caire &agrave; laquelle chacun tient &eacute;perd&ucirc;ment ? Ne r&eacute;pondez pas que la police et les gendarmes sont l&agrave;. Ils ne viennent que sous de nombreuses conditions : les appeler (il est rare qu'un agresseur laisse le loisir d'appeler ses gens), que ce ne soit pas pendant un "grand week-end" car tous les effectifs sont sur les routes en train d'extorquer l'argent des automobilistes (les petits, pas ceux qui "ont des relations") &agrave; l'exception d'un planton-t&eacute;l&eacute;phone, que ce ne soit pas la nuit d'un week-end ordinaire car les postes de police, les brigades de gendarmerie prennent la garde &agrave; tour de r&ocirc;le et le poste qui veille sur vous peut &ecirc;tre &agrave; une demi-heure de route, etc.<br />La logique ouverte par Mme Parizot est int&eacute;ressante, mais il faut en tirer toutes les cons&eacute;quences... dont certaines d&eacute;plairaient fort &agrave; cette dame.]]></description>
        <pubDate>Sun, 30 Mar 2008 17:58:52 +0200</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment25982833</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Mezetulle pour J.M. Muglioni]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23374922</link>        <description><![CDATA[Jean-Michel Muglioni, auteur de l'article, vient de m'envoyer cette r&#233;ponse au commentaire n&#176;3. Je m'empresse de publier cette substantielle contribution, en le remerciant.<br />C. Kintzler<br />*******<br /><strong>Lib&#233;ralisme politique ou &#233;conomique ?</strong><br />J&#8217;ai propos&#233; une r&#233;flexion g&#233;n&#233;rale sur la mani&#232;re dont aujourd&#8217;hui le travail est consid&#233;r&#233; et le slogan de Mme Parisot m&#8217;est apparu particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur de l&#8217;air du temps. Je n&#8217;y vois ni un accident, ni une simple maladresse rh&#233;torique, mais l&#8217;expression de ce que vous appelez le lib&#233;ralisme et dont le monde anglo-saxon nous est sans cesse propos&#233; comme le mod&#232;le. Votre vocabulaire ne m&#8217;&#233;tonne donc pas. Mais le terme de lib&#233;ralisme est d&#8217;une grande ambig&#252;it&#233;. Il d&#233;signe outre atlantique la gauche, en France la droite, et en effet, il ne s&#8217;agit plus chez nous (dans le d&#233;bat public et non dans les cat&#233;gories universitaires) d&#8217;un lib&#233;ralisme politique mais &#233;conomique. S&#8217;il est vrai qu&#8217;au d&#233;but du XIX&#176; si&#232;cle en France les lib&#233;raux d&#233;fendent le citoyen contre le pouvoir politique, ils d&#233;fendent aujourd&#8217;hui certains int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et financiers, sans remettre en cause ce qu&#8217;il y a de contestable dans nos institutions et nos pratiques politiques, par exemple la toute puissance du pr&#233;sident de la r&#233;publique. Le patronat fran&#231;ais lutte-t-il contre la concentration des pouvoirs m&#233;diatique, &#233;conomique et politique ? Il n&#8217;est donc pas lib&#233;ral s&#8217;il faut dire lib&#233;ral un homme qui combat pour la libert&#233; des citoyens contre les pouvoirs, tous les pouvoirs, tandis que mon propos est lib&#233;ral, lorsqu&#8217;il rappelle en quelques mots le rapport du travail et du droit.<br /><strong><br />La mobilit&#233; de l&#8217;emploi</strong><br />Vous voulez maintenant qu&#8217;on ne prenne en compte que la mobilit&#233; du travail, qui n&#8217;&#233;tait nullement mon propos. Je suis persuad&#233; de mon c&#244;t&#233; que vous ne jouez pas sur les mots, faute de quoi tout dialogue en effet est impossible. Je ne doute pas un instant de votre sinc&#233;rit&#233; ni m&#234;me de celle de Mme Parisot : elle est s&#251;re de son bon droit. Parlons donc de mobilit&#233; de l&#8217;emploi et non de pr&#233;carit&#233; du travail. Car si l&#8217;on s&#8217;en tient non pas &#224; l&#8217;usage m&#233;diatique des mots mais au bon usage de la langue, comme je t&#226;che de le faire, et c&#8217;est en effet tr&#232;s difficile, pr&#233;carit&#233; et mobilit&#233; sont deux choses totalement diff&#233;rentes. Je ne crois pas que la confusion vienne de moi. Ainsi un militaire qui d&#233;m&#233;nage tous les trois ans est mobile. Il est vrai qu&#8217;il ne change pas alors de m&#233;tier, pas plus qu&#8217;un sous-pr&#233;fet. Mais qu&#8217;un salari&#233; quelconque doive changer de m&#233;tier et de r&#233;sidence, cela n&#8217;a rien &#224; voir non plus avec la pr&#233;carit&#233; - sauf pour un syndicaliste born&#233;. Et j&#8217;avoue m&#234;me qu&#8217;une soci&#233;t&#233; o&#249; les salari&#233;s ne seraient pas prisonniers toute leur vie du m&#234;me emploi et devraient plusieurs fois passer d&#8217;une r&#233;gion du territoire &#224; l&#8217;autre et seraient amen&#233;s en changeant de m&#233;tier &#224; se former sans cesse n&#8217;irait pas contre mes v&#339;ux : il est possible en effet qu&#8217;ils y acqui&#232;rent une plus grande libert&#233; d&#8217;esprit qu&#8217;en restant enferm&#233;s comme autrefois dans un coron sous la coupe d&#8217;un seul employeur. Mais je ne crois pas que tel soit le projet de Mme Parisot. D&#8217;autant que rien n&#8217;est fait en France pour faciliter cette mobilit&#233; : par exemple, changer de logement, qu&#8217;on soit locataire ou propri&#233;taire, est une longue entreprise, complexe et ruineuse.<br /><br /><strong>Le &#171; faitalisme &#187;</strong><br />Mme Parisot soutenait que le ch&#244;mage est naturel. Et c&#8217;est cela que je consid&#232;re comme un non-sens. Sur le fait de la pr&#233;carit&#233;, je ne dirai rien de plus que Catherine Kintzler, sinon qu&#8217;en 1940, l&#8217;occupation de la France &#233;tait un fait que de Gaulle a refus&#233; d&#8217;ent&#233;riner. On pourrait m&#234;me montrer en quel sens il n&#8217;y a pas plus de fait &#233;conomique que de fait militaire. Mais vous voyez l&#224; que le d&#233;saccord est profond : je ne cherche &#224; convaincre personne mais seulement &#224; montrer par une analyse quels sont les enjeux et quelles cons&#233;quences il faut tirer de tel ou tel discours. Ainsi je me suis bien gard&#233; d&#8217;utiliser l&#8217;expression &#171; droit au travail &#187;, n&#8217;&#233;tant pas s&#251;r de bien comprendre ce qu&#8217;on entend par &#171; droit &#224;&#8230; &#187; ; dans cette expression, en effet, le mot droit n&#8217;a pas le m&#234;me sens que dans la D&#233;claration des droits de l&#8217;homme. Mais j&#8217;ai parl&#233; simplement du droit ou de ce qu&#8217;on appelle aussi l&#8217;&#233;tat de droit, consid&#233;rant que les revendications du patronat fran&#231;ais en sont la remise en question. Il est clair que sur ce point nous ne sommes pas d&#8217;accord et ce n&#8217;est pas une question de mots. Vous subordonnez la loi aux &#171; faits &#187; &#233;conomiques. Je dis exactement le contraire, comme l&#8217;a bien compris Catherine Kintzler.<br /><br /><strong>R&#233;publique et lib&#233;ralisme &#233;conomique</strong><br />Dans votre second commentaire vous avez le courage de dire que la pr&#233;carit&#233; de l&#8217;emploi fait partie du contrat social (en quelque sorte, ajoutez-vous) dans le syst&#232;me lib&#233;ral, que vous entendez donc au sens &#233;conomique. Vous rendez-vous compte que vous mettez ainsi hors la loi tous ceux qui comme moi n&#8217;ont pas pass&#233; ce contrat ? Qu&#8217;un tel discours, que vous tenez de bonne foi et sans aucune mauvaise intention &#224; notre &#233;gard, revient &#224; nous rejeter hors de &#171; votre &#187; soci&#233;t&#233; ? Lorsque vous opposez le r&#233;gime anglo-saxon &#224; 1793, vous avez le m&#233;rite de montrer que vous refusez les principes sur lesquels repose la R&#233;publique Fran&#231;aise, et c&#8217;est bien le drame de notre pays, qui est toujours divis&#233; entre ceux qui ont admis la r&#233;volution et ceux qui, comme vous, l&#8217;ont refus&#233;e, partage qui a &#233;t&#233; celui de la gauche et de la droite autrefois et qui traverse aujourd&#8217;hui autant la gauche que la droite.<br />Il faut m&#234;me que ce soit un historien anglo-saxon qui &#233;crive un livre (sa traduction fran&#231;aise vient de para&#238;tre : Aux armes citoyens, deux si&#232;cles d&#8217;histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise, Eric J. Hobsbawm La D&#233;couverte) pour rendre hommage &#224; 89 que beaucoup de nos historiens, Furet en t&#234;te, ont d&#233;consid&#233;r&#233;. Je disais dans mon article que la renonciation aux principes vient des clercs, et votre discours r&#233;percute le leur. Il est convenu de combattre le r&#233;publicanisme dont 93 est l&#8217;expression, autant sinon plus que 89, comme on voit assez bien dans le livre de Victor Hugo. Mais Hugo ne se lit plus gu&#232;re dans les &#233;coles, pour les raisons que mon article a donn&#233;es.<br /><br /><strong>Droit et prosp&#233;rit&#233;</strong><br />Une interpr&#233;tation id&#233;ologique de la r&#233;ussite &#233;conomique du monde occidental domine tous les d&#233;bats depuis longtemps. Le lib&#233;ralisme &#233;conomique serait le fondement des libert&#233;s publiques dans cette partie du monde et l&#8217;&#233;chec du communisme tiendrait &#224; ce qu&#8217;il a refus&#233; ce syst&#232;me &#233;conomique. Comme l&#8217;a bien vu Catherine Kintzler dans la r&#233;ponse qu&#8217;elle fait &#224; votre premier commentaire, vous pensez en terme d&#8217;opposition entre lib&#233;ralisme et communisme. Or cette opposition n&#8217;a de sens que pour les prisonniers de la caverne qui prennent l&#8217;ombre pour la r&#233;alit&#233;. Je suis s&#233;v&#232;re et rapide, mais je veux seulement marquer notre d&#233;saccord total. Les deux syst&#232;mes sont fond&#233;s sur le primat de l&#8217;&#233;conomie et vous avez sans doute compris que pour cette raison je les mets dans le m&#234;me sac. D&#8217;o&#249; vient donc la r&#233;ussite pr&#233;sente ou plut&#244;t pass&#233;e de l&#8217;un et l&#8217;&#233;chec de l&#8217;autre ? De ce que chez nous depuis l&#8217;Ath&#232;nes antique, et malgr&#233; des p&#233;riodes tr&#232;s sombres, il y a un &#233;tat de droit : m&#234;me le despotisme de Louis XIV est temp&#233;r&#233; par quelque chose comme la loi, ce que le r&#233;gime tsariste n&#8217;a jamais connu. C&#8217;est parce que nous sommes dans un &#233;tat de droit que la libre entreprise a &#233;t&#233; possible et non l&#8217;inverse. La r&#233;ussite des pays anglo-saxons tient &#224; leur tradition de libert&#233; politique. N&#8217;imiter que leur lib&#233;ralisme &#233;conomique en limitant sans cesse le r&#232;gne de la loi, c&#8217;est courir &#224; l&#8217;&#233;chec - &#233;chec aussi bien &#233;conomique que politique. Imitons d&#8217;abord les c&#233;r&#233;monies des universit&#233;s am&#233;ricaines o&#249; le sens de l&#8217;honneur est plus pr&#233;sent que partout chez nous, particuli&#232;rement dans le monde du travail. Les jeunes gens les plus brillants que j&#8217;ai vu partir dans l&#8217;entreprise avec enthousiasme sont g&#233;n&#233;ralement d&#233;truits quelques temps apr&#232;s par le m&#233;pris dont ils sont l&#8217;objet. Mais qui l&#8217;ignore ?<br /><br />Une remarque pour finir. S&#8217;il &#233;tait vrai que la Chine peut adopter le lib&#233;ralisme &#233;conomique sans le fonder sur des institutions politiques lib&#233;rales, alors le despotisme universel est l&#8217;avenir du monde, comme il est arriv&#233; &#224; Simone Weil de le penser.<br />J&#8217;esp&#232;re avoir ainsi clairement formul&#233; un d&#233;saccord fondamental qui ne tient nullement &#224; ce que j&#8217;aurai jou&#233; sur les mots. Tous les hommes n&#8217;accordent pas le m&#234;me sens &#224; la vie.]]></description>
        <pubDate>Fri, 04 Jan 2008 22:30:50 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23374922</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Mezetulle]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23368197</link>        <description><![CDATA[En fait, l'expression "droit au travail" n'est pas exacte et vous avez raison de relever cette impr&#233;cision, je citais de m&#233;moire. Les textes sont bien plus int&#233;ressants.<br />Je dis bien les textes car il y a deux textes appel&#233;s "Constitution de 1793". Je m'en tiens ici &#224; la D&#233;claration des droits qui ouvre chacun de ces deux textes.<br /><br />Le premier (dit improprement "Constitution girondine") est un projet de Constitution dat&#233; de f&#233;vrier, pr&#233;sent&#233; par Condorcet, il inclut "la garantie sociale" au nombre des droits naturels, &#233;num&#233;r&#233;s &#224; l'article 1 :<br />"<font class="storycontent">Les Droits naturels, civils et politiques des Hommes, sont la Libert&#233;, l'Egalit&#233;, la S&#251;ret&#233;, la Propri&#233;t&#233;, la Garantie sociale, et la R&#233;sistance &#224; l'oppression. "<br />C'est &#224; ce texte que je faisais allusion, avec une m&#233;moire effectivement d&#233;faillante.<br /><br />Le second, qui a &#233;t&#233; adopt&#233;, est la Constitution dite "Montagnarde" du 24 juin 1793. Il y est fait mention du travail &#224; l'article 21 :<br />"</font><font class="storycontent">Les secours publics sont une dette sacr&#233;e. La soci&#233;t&#233; doit la subsistance aux citoyens malheureux soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister &#224; ceux qui sont hors d'&#233;tat de travailler. "<br />Cette Constitution a &#233;t&#233; violemment critiqu&#233;e par Condorcet -  pas sur l'article 21 &#224; ma connaissance, mais sur d'autres points qu'il trouvait lui-m&#234;me <em>inqui&#233;tants </em>- </font><font class="storycontent">ce qui lui valut un d&#233;cret d'arrestation qui entra&#238;na sa mort.<br /><br />Comme vous le voyez, la r&#233;f&#233;rence &#224; la "Constitution de 1793" est plus compliqu&#233;e qu'il n'y para&#238;t...  Je vous invite notamment &#224; comparer les deux textes et je pense que vous seriez en grande difficult&#233; de citer un passage "inqui&#233;tant" tir&#233; de la D&#233;claration des droits du projet de f&#233;vrier 1793 (et de celle de 1789 aussi bien s&#251;r, texte repris en pr&#233;ambule de la Constitution de 1958). <br />Je sais bien que c'est la mode de cracher sur la R&#233;volution fran&#231;aise, mais avant de prendre ce grand moment avec d&#233;dain comme vous le faites (en surfant sur un pr&#233;jug&#233; actuel), il faut regarder les choses et les textes de pr&#232;s. C'est d'ailleurs ce que j'aurais d&#251; faire avant de parler improprement de "droit au travail".</font><font class="storycontent"><br /><br /></font>]]></description>
        <pubDate>Fri, 04 Jan 2008 18:20:46 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23368197</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de FC]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23336653</link>        <description><![CDATA[@Mezetulle:<br /><br />Mais non, je ne ram&#232;ne pas la position de M. Muglioni au communisme... Et je ne lui impute pas non plus l'opinion que l'emploi devrait &#234;tre fixe &#224; vie dans la m&#234;me entreprise... J'explicitais juste ce que je crois &#234;tre le sous-texte de la critique de Parisot. Tout en soulignant, comme vous le faites, que cette rh&#233;torique n'&#233;tait pas tr&#232;s honn&#234;te. <br /><br />Ma critique de M. Muglioni est un peu du m&#234;me ordre: de la m&#234;me fa&#231;on que Parisot caricature la position de ses opposants pour la r&#233;futer plus facilement, il caricature la sienne: je ne pense pas du tout qu'elle r&#233;cuse toute intervention de la loi dans les rapports de travail.<br /><br />Ceci dit vous avez raison, <em>in abstracto</em>, on ne peut pas vraiment dire que l'emploi est pr&#233;caire par nature; mais on ne peut pas non plus dire l'inverse! L'emploi est une cr&#233;ation humaine, le fruit d'une convention: on peut le d&#233;cr&#233;ter stable comme on peut le d&#233;cr&#233;ter pr&#233;caire. En voulant r&#233;futer M. Muglioni, qui semble affirmer que l'emploi est stable par nature et que le fait de le rendre pr&#233;caire est le fruit d'une d&#233;cision politique d&#233;lib&#233;r&#233;e, j'ai affirm&#233; l'erreur inverse.<br /><br />Il reste que, dans un syst&#232;me &#233;conomique lib&#233;ral, l'emploi <em>est</em> pr&#233;caire: cela fait partie du contrat social, en quelque sorte. Le syst&#232;me &#233;conomique lib&#233;ral repose en effet sur le principe, notamment, d'une allocation optimale des ressources. Dans ces conditions, on peut &#234;tre amen&#233; &#224; changer d'emploi pour des raisons impos&#233;es par l'&#233;volution &#233;conomique. Ce sont les conditions juridiques, techniques et &#233;conomiques de cette r&#233;allocation des comp&#233;tences qui font d&#233;bat.<br /><br />Quant au "droit au travail", j'avoue que c'est une notion qui m'&#233;chappe un peu. Le droit &#224; un revenu, je le comprends. Mais le travail n'est pas quelque chose qui se d&#233;cr&#232;te.<br /><br />Les r&#233;f&#233;rences &#224; la constitution de 1793, enfin, ont toujours un peu le don de m'inqui&#233;ter. Ce texte et son histoire illustre bien le fait que ce ne sont pas tant les id&#233;es que les actes qui font avancer le monde. Des si&#232;cles de cohabitation entre sectes concurrentes, aux Provinces Unies ou en Angleterre, ont assur&#233;ment plus fait pour la d&#233;mocratie et les droits de l'homme que la d&#233;claration du m&#234;me nom.]]></description>
        <pubDate>Thu, 03 Jan 2008 16:15:09 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23336653</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Mezetulle]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23329160</link>        <description><![CDATA[-&gt; commentaire n&#176; 1 de FC<br />Il me semble qu'il y a un d&#233;calage entre certains points de votre commentaire et l'article de J.M. Muglioni, de sorte qu'on pourrait vous retourner le compliment : vous tombez souvent "&#224; c&#244;t&#233; de la plaque" ! <br />S'agissant du travail salari&#233; (c'est bien l'un des sujets, effectivement), vous parlez du constat d'un fait : il est vrai que celui-ci est pr&#233;caire. Mais l'article entend opposer justement le droit au fait. A quoi bon le droit, s'il se contente d'enregistrer ce qui existe et de le g&#233;n&#233;raliser ? Lorsque L. Parisot s'insurge contre l'id&#233;e qu'on puisse lutter contre la pr&#233;carit&#233; du travail en la contenant par des lois, elle promeut une politique, et cette politique non seulement peut &#234;tre critiqu&#233;e du point de vue politique et social, mais elle peut &#234;tre caract&#233;ris&#233;e philosophiquement comme un alignement du droit sur le fait.<br /> Sur la sant&#233;, Muglioni ne dit pas qu'elle n'est pas pr&#233;caire en soi en tant que fait naturel qui nous est impos&#233; mais qu'elle ne l'est plus &#224; partir du moment o&#249; un syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale est mis en place. La pr&#233;carit&#233; de la sant&#233;, c'est l'in&#233;galit&#233; devant la maladie, devant la dur&#233;e de la vie : toutes choses qu'un syst&#232;me de sant&#233; s'applique &#224; combattre et &#224; r&#233;duire. Le concept de "sant&#233;" change donc de sens selon qu'il d&#233;signe un fait purement naturel ou le dispositif technique et l&#233;gal destin&#233; &#224; traiter ce fait et &#224; l'humaniser par les soins et la solidarit&#233;. Quand je dis que je suis en bonne sant&#233;, le mot "sant&#233;" n'a pas le m&#234;me sens que quand je parle de la sant&#233; publique, de la politique de sant&#233;.<br /> Enfin, vous faites allusion aux syst&#232;mes politiques qui dans le pass&#233; r&#233;cent ont pr&#233;tendu mettre fin &#224; la pr&#233;carit&#233; du travail : appelons un chat un chat, il s'agit du communisme. D'o&#249; on peut conclure que vous rabattez la position d&#233;fendue par l'article sur le communisme : c'est un reproche implicite fait &#224; l'auteur, qui le disqualifie. Comme s'il n'y avait que ce syst&#232;me pour repr&#233;senter la position qu'il d&#233;fend. Pour parler des pays du Nord justement, on pourrait regarder d'un peu plus pr&#232;s le syst&#232;me "flexs&#233;curit&#233;". Muglioni ne dit nulle part que la s&#233;curit&#233; du travail est identique &#224; la fixit&#233; d'un emploi pour une personne pour toute sa vie active... or vous confondez express&#233;ment les deux notions. R&#233;clamer une garantie de travail durant toute la vie active (au passage il faut noter que les pr&#233;retraites co&#251;tent tr&#232;s tr&#232;s cher) cela ne signifie nullement exiger un seul et m&#234;me emploi "p&#233;p&#232;re" et ennuyeux...<br /> N'oublions pas que le droit au travail &#233;tait d&#233;j&#224; dans le projet de Constitution girondine de 1793 : on est loin, bien loin, du communisme ; et le propos de L. Parisot est bien r&#233;gressif par rapport &#224; ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pens&#233; &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle.]]></description>
        <pubDate>Thu, 03 Jan 2008 10:57:16 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23329160</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de FC]]></title>
        <link>http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23187537</link>        <description><![CDATA[La phrase de Parisot n'est pas d'une grande profondeur, mais votre r&#233;futation me para&#238;t, sauf votre respect, tout &#224; fait &#224; c&#244;t&#233; de la plaque.<br /><br />D&#233;j&#224;, ne jouons pas sur les mots: quand Parisot parle de "travail", elle parle de l'emploi salari&#233;. Toute consid&#233;ration sur la valeur et le sens du travail en soi est hors sujet. Ca ne veut pas dire qu'elle n'attribue pas de valeur au travail bien fait. Ca veut dire qu'elle a choisi, dans cette phrase, de parler d'autre chose.<br /><br />Ensuite, elle n'appelle pas &#224; l'abolition des lois et &#224; l'instauration de l'&#233;tat de nature, c'est un proc&#232;s d'intention qui ne repose sur rien. Elle constate la pr&#233;carit&#233; &#233;conomique du travail, qui est un fait absolument irr&#233;futable: on <em>peut</em> perdre son travail. Comme on peut perdre la sant&#233;, ou l'amour. Le parall&#232;le me para&#238;t avant tout d'une platitude sans nom.<br /><br />Apr&#232;s, on peut perdre son travail parce que le patron est cupide. On peut le perdre parce que les conditions &#233;conomiques de l'emploi ne sont plus r&#233;unies. Ou pour des tas d'autres raisons, sur lesquelles on peut d&#233;battre. Mais il y a une chose qui ne fait pas d&#233;bat: c'est que l'emploi est pr&#233;caire, puisqu'il peut &#234;tre l&#224; un jour, et plus l&#224; le lendemain. <br /><br />L&#224; o&#249; Parisot est attaquable, c'est dans ce qu'elle cherche &#224; faire dire &#224; ce constat. Le droit du travail, en effet, est une r&#233;ponse &#224; la pr&#233;carit&#233; de l'emploi, comme la m&#233;decine (et son financement collectif) est une r&#233;ponse &#224; la pr&#233;carit&#233; de la sant&#233;. <br /><br />Sa critique implicite, dans cette phrase, est &#224; mon avis que selon elle, le droit du travail &#224; la fran&#231;aise cherche &#224; lutter contre la pr&#233;carit&#233; du travail en la niant, en l'abolissant purement et simplement - un peu comme vous le faites. Elle s'insurge contre l'id&#233;e qu'on puisse mettre la pr&#233;carit&#233; du travail hors-la-loi - de la m&#234;me fa&#231;on que vous semblez croire &#224; une mise hors-la-loi de la maladie par la s&#233;curit&#233; sociale... (je vous cite: "<font size="2">La sant&#233; n'est pas pr&#233;caire s&#8217;il y a une s&#233;curit&#233; sociale qui permet aux plus d&#233;munis de se faire soigner"... C'est un raisonnement des plus curieux... Le syst&#232;me de sant&#233; ne rend pas la sant&#233; moins pr&#233;caire, il prend acte de la pr&#233;carit&#233; de la sant&#233;, et tente d'y porter rem&#232;de...).<br /><br /></font>Des r&#233;gimes ont pr&#233;tendu mettre la pr&#233;carit&#233; du travail hors-la-loi, au d&#233;fi des lois de l'&#233;conomie. (Il existe des lois de l'&#233;conomie, et ce n'est pas placer l'argent au-dessus de tout que de le rappeler). Les pays concern&#233;s payent aujourd'hui ce d&#233;ni au prix fort.<br /><br />Le droit du travail fran&#231;ais rel&#232;ve-t-il d'un tel d&#233;ni? C'est un avis tout &#224; fait contestable. C'est celui de Parisot.<br /><br />Pour elle, existe d'autres r&#233;ponse &#224; la pr&#233;carit&#233; du travail que sa protection par le code du m&#234;me nom: l'assurance-ch&#244;mage, associ&#233;e &#224; un effort accru de formation, et la croissance. La r&#233;f&#233;rence qu'elle utilise souvent est celle des pays nordiques. Le droit du travail fran&#231;ais, selon elle, prot&#232;ge excessivement l'emploi existant, au d&#233;triment de l'emploi &#224; venir. Sa phrase vise surtout &#224; s'insurger contre l'id&#233;e d'un emploi &#224; vie, l'id&#233;e que l'on entrerait dans une structure &#224; 20 ans et qu'on passerait toute sa carri&#232;re, en vertu d'un droit imprescriptible &#224; ne pas changer d'emploi.<br /><br />D'un certain point de vue, cette indignation de Parisot est assez hypocrite: aucun syndicat ne d&#233;fend plus aujourd'hui une telle th&#232;se. Le d&#233;bat ne porte pas sur une alternative flexibilit&#233; ou s&#233;curit&#233;, mais sur le degr&#233; d'engagement des entreprises dans la n&#233;cessaire flexs&#233;curit&#233;. <br /><br />En somme, vous avez fait un tr&#232;s long commentaire g&#233;n&#233;ral et philosophique sur une phrase qui n'&#233;tait qu'une posture de n&#233;gociation. Vous pouviez difficilement tomber juste dans ces conditions.]]></description>
        <pubDate>Thu, 27 Dec 2007 11:10:01 +0100</pubDate>        <guid >http://www.mezetulle.net/article-14437136-6.html#comment23187537</guid>
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