Mezetulle. Blog-revue de Catherine Kintzler
Bloc-notes
Journée de "la" femme ?
Un jour pour les droits des femmes, qui sont pourtant la mesure des droits d'un citoyen quelconque, c'est peu et ça fait vraiment alibi
commémorationnel. Le devoir de mémoire et de célébration avoue une fois de plus sa véritable fonction : agenouillez-vous une fois par an avec des mines contrites et surtout restez tranquilles le
reste du temps.
Et puis, rien que d'entendre "la" femme, comme si "la Femme" existait, comme si ce fantasme devait prendre place dans un zoo imaginaire du côté des bêtes (ne
dit-on pas "la Girafe", "le Chimpanzé", mais ne peut-on pas dire aussi "la Chimère", "la Furie"?), comme s'il n'y avait pas des millions de manières - lorsqu'on est une personne humaine, un être
parlant - de s'arranger avec le sexe qui vous échoit et qui peut être (ça tombe grosso modo une fois sur deux) féminin, ça me met encore plus en colère.
Mezetulle se contente donc cette année de signaler deux de ses articles en rapport avec ce sujet:
- Les Femmes savantes : savoir, maternité et liberté
- La parité ou le retour de la "nature"
Accueil SommaireSur la fabrication de ce qui peut devenir un mythe, elle n'est pas forcément stalinienne ! Fénelon a inventé le mythe d'Idoménée à partir d'un vers de Virgile, le plus étonnant est que ça a marché. Et le mythe dit toujours une forme de vérité, en général pas celle qu'on croit - mais là il faudrait relire Lévi-Strauss. Nous continuons à lire l'Iliade et l'Odyssée alors que nous savons que ce n'est pas historiquement vrai, nous continuons à faire la différence entre l'histoire de Napoléon et la légende napoléonienne, et nous lisons toujours Victor Hugo.. qui l'a diffusée.