Mezetulle. Blog-revue de Catherine Kintzler
Bloc-notes
L'urgence économiquement correcte
Le président de la République annonce 2,6 milliards d'Euros de "mesures sociales".
Aussitôt un choeur de pleureuses énonomiquement correctes, les yeux rivés sur l'horizon européen, se lamente (1) : ça va creuser le déficit ! pensez donc: ces abrutis de consommateurs vont
acheter de la camelote made in China et dilapider l'argent en nourriture... M'enfin, ouf c'est raisonnable ces miettes, encore heureux qu'on n'augmente pas le smic...
Bah, c'est vrai, on n'a donné que 1,4 milliard aux banques - pardon, "prêté" : ça ne compte pas.
Et puis 7, 8 milliards pour le secteur automobile, ça ne compte pas non plus vraiment, c'est plus compliqué que ça... vous n'avez pas compris, il faut voir les immenses retombées positives...
Oui, mais les gros remboursements dus au bouclier fiscal et
les 8 milliards par an à trouver après suppression de taxe professionnelle (2) ? Pas de quoi pleurer là non plus : il y a des urgences plus urgentes que d'autres.
1 - Une recherche sur Google de la séquence "mesures sociales déficit" ramène dans ses filets une longue litanie de reprises d'une dépêche AFP dont voici
une des occurrences. Le choeur chante à l'unisson - vous avez dit
créativité ?
2- Et encore, je me contente des chiffres économiquement bienpensants. Daniel Cohn-Bendit, invité aujourd'hui par Christophe
Barbier sur LCI, déclare au sujet du bouclier fiscal : "Ce n'est pas crédible de dire 2,6 milliards c'est énorme ce que je mets sur la table alors qu'on a fait un cadeau fiscal de 15
milliards chaque année à ceux qui peuvent le plus facilement s'en sortir". Le 22 février Laurent Fabius, invité du Magazine 13h15 sur France 2, a avancé les chiffres suivants : 1000 personnes
reçoivent chaque année un chèque de 250 000 Euros de remboursement dû au bouclier fiscal.
Dans son blog politique, Jacques Généreux critique sévèrement le plan de relance du président de la République annoncé fin 2008. Un grand nombre des arguments qu'il détaille s'applique aussi à l'annonce de ces miettes de mesures sociales.
Voici un bref extrait de l'article Sarkozy abandonne la France à la crise économique :