Mezetulle. Blog-revue de Catherine Kintzler
Bloc-notes
Après Outreau /
Un professeur poignardé à Etampes
Brève rétrospective après l'affaire d'Outreau
- Rappel du cas de Bernard Hanse, professeur d'éducation physique qui s'est suicidé en 97 après avoir été accusé à tort de pédophilie. Le ministre délégué à l'enseignement scolaire de l'époque, Mme Ségolène Royal, avait cru bon de ranimer les soupçons après sa mort en jetant le doute sur la rétractation du mineur accusateur.
Sur le site du collectif Jamac on peut lire à la rubrique "presse" :
"[...] on a pu entendre les réactions de Mme Royal après les rétractations de l’enfant ayant accusé Bernard Hanse : «L’enfant s’est peut-être rétracté sous la pression des adultes ». Ce ministère était vraiment bien loin des interrogations nécessaires. Ce sentiment est renforcé par le compte-rendu d’une délégation du SNEP au ministère, donné par Marcel Berge dans la revue « Contrepied » n°4 de mars 1999 : « Reçus au cabinet de Ségolène Royal en février dernier, nous avons donné à son conseiller, le juge Hayat, des exemples de graves violations de la présomption d’innocence et de comportements, que nous jugeons irresponsables, de certains chefs d’établissement. Il n’a pas contesté les faits ; mais nous nous sommes entendu répondre que les ministres estiment que si un enfant peut être préservé au prix de neuf enseignants accusés à tort, l’objectif est rempli ! […] le conseiller précisait que ces propos n’étaient pas de lui mais devaient être attribués à « ses » ministres ! Comment douter, dès lors qu’il s’agissait d’un choix politique…»."
Les ministres en question sont Claude Allègre et Ségolène Royal. Les mêmes propos sont rapportés dans un article du Monde de l'éducation mai 2005, accessible sur le site appy.ecole
B. Hanse a été innocenté par la Cour d'Appel de Reims en juin 2002. Il a fallu attendre mars 2003 pour que Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire, répondant au député Jacques Desallangre qui dans une question orale regrette que certains propos aient "terni" la mémoire de B. Hanse, rende "solennellement hommage à la mémoire d'un enseignant vaincu par la rumeur" (séance à l'Assemblée nationale du 4 mars 2003).
Voir le blog consacré à Bernard Hanse
- Et du côté de certains psys... Extrait d'un article de L'Humanité du 26 janvier 2002 :
"Selon l’Observatoire national de l’action sociale (ODAS), qui recense depuis 1994 les grandes tendances concernant les enfants signalés aux services de l’aide sociale à l’enfance, on note une meilleure prise en compte du signalement et de la répression des agressions sexuelles. Mais des progrès restent à faire. Boris Cyrulnik, pédopsychiatre et membre du comité de pilotage de la campagne [campagne d’information et de prévention sur les maltraitances et des violences sexuelles], rapporte qu’aujourd’hui des travaux de psychologie de la mémoire attestent qu’un enfant victime d’une agression va être extrêmement précis sur les images, les gestes et les mots qui ont constitué l’agression. La parole de l’enfant n’est donc plus à mettre en doute. C’est surtout sur la manière de bien interroger l’enfant. "Quand les interrogatoires sont bien conduits, précise Boris Cyrulnik, la mémoire de l’enfant est d’une grande fiabilité. Nous n’observons que 2 % d’erreurs." Mais savoir écouter et comprendre, implique que les adultes sortent du déni. Marcel Rufo, pédopsychiatre et également membre du comité de pilotage, fait preuve, paradoxalement, d’un grand optimisme, car "nous rentrons dans une phase de démocratisation de la parole de l’enfant"."
ça fait froid dans le dos. Heureusement que la peine de mort est abolie.
Sur le bloc-notes le 22 janvier 2006
Voir les commentaires ou ajouter un commentaire : une discussion exemplaire sur la nature du débat politique, avec un remarquable dossier donné par Trevize commentaires n° 8 et 9.
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Un professeur poignardé par un élève
dans un Lycée à Etampes
Il a fallu qu’un professeur (« une prof » comme disent si dédaigneusement certains organes de presse) frôle la mort par arme blanche pour que soit enfin levée la chape de plomb qui étouffe les insupportables violences et humiliations dont les établissements secondaires sont ordinairement et depuis longtemps le théâtre.
Alerte. C'est début décembre que certaines menaces ont réellement inquiété cette professeure [sic : Libération pratique l’orthographe politiquement correcte] d'arts appliqués, très appréciée par ses collègues. «On sait où vous habitez, on viendra vous violer et vous tirer une balle dans la tête», lui lance un élève. «Si tu la violes, tu me la refiles après», complète un autre. Le 6, Karen Montet-Toutain alerte par courriel sa hiérarchie, à savoir la proviseure [re-sic], du lycée professionnel et le rectorat de Versailles. Un peu plus tard, les difficultés à gérer certains élèves sont à nouveau évoquées en conseil de classe. Son avocat, Me Senah, relate encore les craintes évoquées oralement par sa cliente auprès de sa proviseure, mais celle-ci aurait «tourné les talons en lançant "C'est de mieux en mieux !"». Hier, nous avons tenté en vain de joindre le lycée Louis-Blériot.
Libération, 12 déc. 05
Voir sur ce blog l’article d’Edith Bottineau-Fuchs « Violences dans les établissements scolaires : ils ont des problèmes vous dis-je ! »
Mis sur le Bloc-notes le 21 déc. 2005
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Mais au sujet des propos de Ségolène Royal dont il est fait état dans la note "Rétrospective arpès l'affaire d'Outreau", la question est de savoir si on peut parler d'erreur... Car ces propos ont été tenus après la rétractation du témoin à charge, donc à un moment où on pouvait savoir que ce témoignage était au moins douteux.
En revanche on peut parler de faute, à un double sens. D'abord, la politique menée à l'époque (bien avant Outreau) au sujet de la pédophilie a systématiquement fait prévaloir une présomption de culpabilité, et cela de façon affichée. Je vous rappelle les propos du juge Hayat, conseiller de Ségolène Royal, rapportés par la délégation du SNEP (syndicat des professeurs d'éducation physique) : "les ministres estiment que si un enfant peut être préservé au prix de neuf enseignants accusés à tort, l’objectif est rempli". Ensuite, c'est loin d'être un détail, il y a eu mort d'homme : un minimum de précaution et de réserve s'imposait. Le député J. Desallangre (élu de gauche) a parlé d'une mémoire ternie.
Je tiens à préciser aux visiteurs de ce blog que Mezetulle est avant tout un blog de réflexion, et non un blog militant au sens courant du terme. La réflexion amène parfois à critiquer telle ou telle personnalité politique en vue (ainsi Ségolène Royal et Claude Allègre sont critiqués dans cette note, mais Nicolas Sarkozy l'est tout autant dans les articles "Violences dans les banlieues 1 et 2"), elle n'est pas synonyme d'abstention et de neutralité. Mais cela est toujours rapporté à un enjeu conceptuel - ici la question de la présomption d'innocence et son traitement bien avant l'affaire d'Outreau.
Bonjour Catherine,
je te remercie pour le lien que tu as mis sur mon blog aujourd'hui. Curieusement je suis tombé sur ton site tout à l'heure. Je prépare en effet un article justement sur l'affaire de Montmirail. J'ai été contacté par la famille de la victime.
Je mettrais probablement demain en ligne un entretien que j'ai eu avec le frère du prof suicidé suite à la fausse affaire de pédophilie et les courriers ignobles de Ségolène Royal.
Quelques références aussi et en lien l'assos Jamac
N'hésite pas alors à intervenir.
Ayé j'ai mis en ligne avec un peu de retard une interview du frère de bernard Hanse. En lien aussi les lettres de Ségolène et de la famille Hanse. Sans doute maintenant un article à faire exclusivement sur cette fameuse circulaire Royal.
J'attends vos commentaires
Bonsoir Madame,
N'étant pas un lecteur de Libération, je n'avais pas pris connaissance de la relation des faits de cette lamentable affaire.
Je constate que cette professeur a déjà fait l'objet de menaces. De viol, pour être précis.
A-t-elle, à ce moment-là, porté plainte auprès du procureur de la République?
J'espère que oui, faute de quoi je serai amené à penser que cette personne méconnait gravement ses droits (et même ses devoirs, étant agent public).
Je suppose que vous parlez dans ce commentaire du professeur poignardé au Lycée d'Etampes. Je ne sais pas si elle a porté plainte au moment des menaces. D'après ce que j'ai pu lire dans la presse, elle avait averti sa hiérarchie sans aucun effet. Toujours d'après ce que j'ai lu la plainte n'a été déposée qu'après l'agression physique. Mais tout cela demande vérification.
J'ai fait cette note effectivement pour attirer l'attention sur le "non-dit" qui entoure ce qui se passe depuis très longtemps dans les établissements scolaires où les professeurs sont victimes d'insultes, d'humiliations de toutes sortes qui sont tues par la hiérarchie. Si vous jetez un coup d'oeil sur les autres articles du blog relatifs à la question scolaire, vous verrez très vite que ce propos s'inscrit dans une réflexion conceptuelle que je mène (heureusement je ne suis pas seule !) depuis 20 ans ! Et ce n'est pas l'idéologie de l'école comme "lieu de vie" qui va arranger cela, on peut même soutenir qu'elle est, entre autres, à l'origine de cette situation ou du moins qu'elle y contribue largement. Pour pouvoir être une véritable ouverture, un lieu d'instruction et de découverte, l'école doit d'avoir la grandeur et le courage de se fermer aux pressions de l'environnement immédiat.
ce serait mieux je pense d'ajouter des commentaires en bas de chaque article. Parce qu'on finit par ne plus savoir à quel article se rapporte les commentaires.
pour ce qui est de l'affaire du prof suicidé et de la fausse accusation de pédophilie,il s'agit plus que d'une faute. Les propos de SEGOLENE ROYAL ont été à vomir.
Apres la rétractation du gamin et alors qu'il n'y avait plus rien dans le dossier qu'elle ne connaissait d'ailleurs pas, elle a continué jusqu'au bout à salir ce mort et sa famille. Cette femme est ignoble.
J'ai écrit le billet "rétrospective après Outreau", non pas pour inviter à porter un jugement moral sur telles ou telles personnes, mais pour souligner une politique, que je trouve effectivement fautive. Comme je l'ai dit dans un précédent commentaire, Mezetulle n'est pas un blog militant mais se veut un blog de réflexion : il porte donc sur des textes, des idées, des discours, des propos, des actions, sans se priver du ton critique, mais il s'efforce de ne pas s'ériger en autorité morale jugeant des personnes.
A vrai dire je pense que cette politique désastreuse s'agissant des affaires de pédophilie aurait été menée de toute façon par d'autres que les deux ministres cités dans le billet. Ce serait tellement commode et rassurant si on pouvait dire "il y a des salauds, des ignobles"... mais c'est bien pire.
C'est pourquoi la tâche du citoyen n'est pas d'élire des personnes sur leur prétendue "personnalité", mais d'examiner des programmes et d'apprécier des politiques.
Merci pour votre commentaire,
A Catherine Kintzler,
Vous dites : " j'ai écrit le billet " rétrospective après Outreau ", non pas pour inviter à porter un jugement moral sur telles ou telles personnes, mais pour souligner une politique, que je trouve effectivement fautive. "
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'expliciter votre pensée. Comment, et je m'interroge, peut-on dire, ne pas émettre un " jugement moral ", sur des personnes ayant été " acteurs ", " auteurs " et " responsables " d'actes et de décisions infâmes et ignobles, " in abstracto ", comme vous le déclarez ainsi, et comme si rien n'était arrivé, mais que, a contrario, vous émettez un " jugement défavorable " sur une " politique ", qui, elle, est un terme " abstrait ", du moins, comme vous l'employez, ici, complètement vidé de son " sens réel " et concret, puisque cette " politique ", mauvaise, que vous dénoncez, est bien l' oeuvre, précisément, d'hommes et de femmes qui l' ont élaborée, cette " même politique ", que vous condamnez..?
Cela me rappelle la fac. Et que faites-vous donc, du principe de non-contradiction, de ce très cher et vieil ami Aristote, qui, sans cela, " invalide " votre argumentation ? Simple question de logique formelle..
Cordialement,
Jean
Pour vous répondre selon les catégories issues de ce "cher et vieil ami Aristote", je distingue la substance (la personne proprement dite) et les qualités (ici les actes). Quand je dis que je ne m'érige pas en juge moral, je dis que je n'ai pas de quoi conclure des qualités (les actions qu'on peut juger effectivement fautives et ignobles) aux personnes ("untel est ignoble"). Voilà pour la logique.
Sur la différence entre juger une politique et juger une personne, je fais une autre analyse que celle que vous proposez. Se contenter de juger une personne en l'occurrence c'est beaucoup plus abstrait que de juger une politique puisque ça pourrait inviter à ne pas s'interroger sur une politique (dont on peut continuer à souffrir très concrètement) en en déchargeant le caractère nuisible sur une personne.
Je le répète : je pense que cette politique aurait été menée de toute façon par d'autres, parce qu'elle était cautionnée par des appareils et par l'opinion, et qu'elle était "dans l'air du temps". Elle est bien une oeuvre humaine, mais une oeuvre collective qui ressortit aux mécanismes de ce qu'on a naguère appelé l'idéologie. On peut prendre aussi l'exemple de la politique scolaire désastreuse contre laquelle je lutte depuis plus de 20 ans : elle a été menée par des responsables très divers et opposés sur le plan de la "politique politicienne"...
Enfin j'ai voulu, dans ma réponse, souligner que le blog Mezetulle s'engage (sans aucune neutralité) dans des opinions et des critiques, mais que cet engagement se veut toujours conceptuel.
Je crois que pour l' affaire Hanse, il faut dissocier le suicide de ce malheureux professeur et les propos de Ségolène Royal
Ségolène Royal n' est pour rien dans ce geste tragique! (A lire certains blogs, on pourrait être amené à faire ce rapprochement)
Par la suite, et concernant UNIQUEMENT l' affaire judiciaire, Madame Royal a exprimé des doutes, certes susceptibles de choquer une famille accablée.
De là à faire de Ségolène Royal une "coupable", c' est aller trop vite et trop loin. L' affaire Hanse est un drame intime, personnel et familial. Il appartient à la famille de le commenter. Se servir de ce drame atroce pour en faire un prétexte à combat politique me semble pour le moins abject.
Au moment de l' affaire et après, tous ceux qui "hurlent aujourd' hui aux loups" étaient ils aussi combattifs, aussi "proches" de la famille Hanse? Evidemment pas!
Il a suffi que Ségolène Royal devienne présidentiable pour que certains se découvrent des élans compassionnels.
Respect à Bernard Hanse! C' est tout! Le reste n' est que politique politicienne et polémiques de bas étages
Chris
Par ailleurs la réponse précédente (au commentaire n° 6 de Jean) aborde clairement la différence entre question de personne et question de politique.
Bonsoir,
Comme le dit Catherine Kintzler, il est intéressant de juger une politique au-delà des personnalités qui l'ont menée.
Le décès de Bernard Hanse a mis en évidence le caractère odieux d'un texte contraire aux principes élémentaires des droits de l'homme qui garantissent la présomption d'innocence et non la présomption de culpabilité.
Outre l'affaire de Montmirail, combien d'affaires méconnues, étouffées, "bateaux" montés à la hâtes de manière si grotesque que parfois les accusés ne travaillaient même pas sur les lieux des faits qui leur étaient reprochés, ce qui, heureusement pour eux, a mis fin à toute procédure (que serait-il arrivé dans le cas contraire ?), mais malheureusement pas aux rumeurs... Les victimes se sont souvent elles-mêmes emmurées dans cette injustice en n'osant même pas se révolter de peur d'être encore plus salies.
Les responsables de cette politique ne pouvaient pas ne pas être concrètement au courant de la capacité de nuisance de la circulaire. En principe de telles informations remontent rapidement. Mais les dérapages ont aussi été permis par un climat détestable et un certain silence des media qui ont assurément eu vent de ces débordements dans les faits divers. Mias la plupart se sont tus, peut-être plus par crainte d'être accusés eux-mêmes de soutenir des pédophiles que par complicité objective...
Il faut aussi remettre en perspective le contexte politique et social de l'application de cette circulaire : une bonne partie du monde enseignant était en conflit patent avec le ministère à cette époque. Casser, concrètement, ou discréditer, à l'occasion, du prof n'a peut-être pas déplu à tout le monde : c'était une aubaine. Cela m'étonnerait tout de même fort que personne n'y ait pensé à l'époque tant c'était énorme et tant ça "tombait" bien, mais on va m'accuser sans doute de vouloir faire un procès d'intention, alors passons...
Il reste qu'un climat favorisait de tels débordements (les crimes de pédophiles très médiatisés, la "parole de l'enfant" absolument sacralisée, ont constitué un terreau favorable).
On peut peut-être espérer un peu naïvement que cette "expérience" permettra de prendre un peu de recul par rapport aux émotions dans la mise en place de textes à caractère juridique, quel que soit le domaine concerné...
Tout cela ne dédouanne cependant pas certains protagonistes de cette déconfiture, étant donné les informations dont on dispose.
Techniquement, Ségolène R. étant juriste de profession, elle ne pouvait pas ne pas savoir que sa circulaire portait une grave atteinte à la présomption d'innocence et qu'elle jetterait éventuellement des innocents en pâture à des affabulateurs ou des détraqués (des enfants semblent avoir été à l'occasion manipulés par des "accussateurs" adultes) vu la simplicité et les conséquences immédiates de son application. Les propos du juge Hayat (qu'on ne vienne pas me dre qu'un juge, surtout conseiller, ne s'intéresse pas du tout à ce que doit être l'esprit de la loi ou l'ignore totalement) prouvent, s'il le fallait encore, qu'en haut lieu on (et "on" n'était pas seul) savait très bien ce qu'on faisait. Le fait de maintenir le texte en l'état malgré les dégâts déjà causés a été par la suite un choix délibéré.
On savait aussi très bien ce qu'on faisait en publiant des statistiques "présentées" pour mieux faire accepter cette politique.
D'autres statistiques émanant d'organisations mutualistes ou de protection juridique ont rapporté que près des 3/4 des accusations portées contre les enseignants en cette matière, et suite à ce battage, ont été avérée comme non-fondées.
En faisant fi de grands risques d'injustice, au sens strict, au nom d'un hypothétique principe de précaution (l'expression est très à la mode, devenue à l'occasion une variante de "la fin justifie les moyens"), on a sans doute aussi donné le "la" pour d'autres affaires en dehors de l'EN, un certain "esprit" de la loi comme par une sorte de jurisprudence non-écrite. On comprend le silence radio de quelques politiques concernant l'affaire d'Outreau, et la manière dont un juge débutant s'est retrouvé cloué au pilori : il était peut-être bien pratique de le faire ridiculiser publiquement pour avoir appliqué aveuglément une procédure sans chercher en amont qui a bien pu élaborer des textes permettant une telle dérive...
En outre, si des protagonistes de l'affaire de Montmirail (et de quelques autres) ont aujourd'hui de hautes ambitions et que celles-ci risquent d'être contrariées par la nature de leurs actes passés, ils n'ont qu'à les assumer en tant que personnes responsables, ce qu'on est légitimement en mesure d'attendre de tout représentant politique, quel qu'il soit. Ce n'est pas une question de tendance ou de point de vue partisan, c'est la vraie vie. S'ils ne sont pas d'accord ils peuvent toujours se convertir ou se recycler comme on demande de le faire à beaucoup de leurs concitoyens qui n'ont rien à se reprocher, sans que ça ne semble poser le moindre problème à l'opinion... La célébrité ne retire rien à la mesquinerie ou au scandale des actes de ceux qui les commettent, que ces actes aient le prestige d'un sceau officiel ou non.
Cordialement,
Trevize
Cette circulaire confirme donc une certaine volonté de persister dans un mode s'est avéré douteux à l'occasion de cette affaire.
Merci aussi de savoir si bien articuler les concepts et les faits, le particulier et le général, le juridique et le politique, sans jamais les confondre.
C' est si facile, a posteriori, de resortir une réflexion à chaud d' une responsable politique!
Vous, EVIDEMMENT, vous saviez que les enfants mentaient et que le Juge se trompait...
Ségolène Royal, comme tout être humain, a droit à l' erreur. Non?
Ceci dit, une fois de plus, Ségolène Royal fait parler. Et c' est excellent pour elle!
Continuez!
Chris