Bloc-notes nouveautés

Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
L'inculture comme valeur

En ligne le 15 février 2012


La pathétique attitude de l'équipe française de football lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du sud fut un hymne lamentable à l'inculture, à l'incivilité et à la muflerie. Je notais alors, en adressant une supplique aux joueurs de rugby pour leur demander de rester ce qu'ils sont toujours - à savoir des gentlemen - que le mal venait de loin, issu de décennies de démission en matière d'éducation. Le nouvel article de Guy Desbiens et d'Albert-Jean Mougin situe le mal à sa racine.

 

En réalité c'est d'abord et paradoxalement à l'école elle-même que la culture semble déplacée, intempestive, à tel point qu'il devient presque naturel de la bannir des épreuves écrites des concours d'entrée aux grandes écoles, avec l'approbatiion des classes dirigeantes et même de certains intellectuels.

C'est sur cet étrange renoncement que réfléchissent Guy Desbiens et Albert-Jean Mougin dans leur article
De l’inutilité du savoir. Réflexions sur le bannissement de la culture au sein de l’institution scolaire

 

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Gouverner, est-ce gérer ?

En ligne le 11 février 2012


Dans son nouvel article Y a-t-il des « agents rationnels » ?, Jean-Michel Muglioni dénonce l'idéologie selon laquelle les chefs d'Etat (et particulièrement les gouvernants européens) prennent les meilleures décisions possibles.


Cette hypothèse de la rationalité des décisions est en effet une idéologie d'inspiration économiste qui repose sur une double illusion. Elle consiste d’une part à croire que l’intérêt amène les hommes à bien peser leurs décisions - comme s’il n’était pas aveugle et sans mesure comme les autres passions -, et d’autre part à réduire la rationalité au calcul, réduction scientiste de l’action à la connaissance positive.

Mais pourquoi croire que l'intérêt soit le seul guide des hommes, et que, lorsque c'est le cas, il n'inspire que de sages décisions ? Et pourquoi penser que l'usage de la raison se borne à effectuer des calculs ? Gouverner n'est pas gérer.

 

Lire l'article de Jean-Michel Muglioni Y a-t-il des « agents rationnels » ?
.

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Joly laïcité (un article de C. Genin)

En ligne le 17 janvier 2012


J'emprunte le titre de ce Bloc-notes à un échange de méls entre Christophe Genin et moi-même lors de l'envoi de son article (à lire dans la partie revue) commentant une proposition faite récemment par Eva Joly, candidate EELV à l'élection présidentielle. Mme Joly propose en effet, au motif d'un traitement égal entre les religions, d'introduire des fêtes religieuses dans le calendrier officiel afin que « juifs et musulmans puissent célébrer Kippour et l'Aïd-el-Kébir lors d'un jour férié ».
Si l’intention part d’un bon sentiment, elle semble reposer sur un contresens sur la laïcité et être contreproductive, cela pour plusieurs raisons que Christophe Genin examine dans son article.

 

Voyant l'effet produit par la déclaration de la candidate EELV, dans le désir de la « bémoliser », José Bové apporte ses lumières par une explication qui, loin d'atténuer le caractère antilaïque de la proposition, en remet une couche et se contente de rassurer les employeurs.
Il ne s'agit pas, déclare-t-il «  de rajouter des jours fériés mais de permettre à chacun, selon sa confession, de travailler à Pâques ou à Noël mais pas le jour de sa fête religieuse. » (1) L'insistance des formulations possessives - « chacun selon sa confession » « le jour de sa fête religieuse » - est révélatrice : il va de soi que chacun a une religion, et une seule...

Devant cette très oecuménique proposition, Mezetulle imagine une fiction maligne.

Supposons que j'aie une religion. Que se passerait-il si je changeais ma religion plusieurs fois dans l'année ? Ou encore supposons que j'aie plusieurs religions en même temps (à ma connaissance ce n'est pas interdit par la loi). Pourrais-je dans l'un ou l'autre cas bénéficier de plusieurs jours de congé religieux au motif du traitement égal entre les religions en ma personne ? Et pour m'empêcher de tirer au flanc, qui aurait autorité pour décider que « chacun » ne peut avoir qu'une seule religion, pour s'introduire ainsi dans la conscience de « chacun »  ? L'employeur ? La loi ? On va demander des certificats d'authenticité religieuse ? A qui ?
Quant à ceux qui seraient assez honnêtes pour se déclarer démunis - « sans religion » (2) - on n'y pense même pas (sait-on même que la liberté de conscience est plus large que la seule liberté religieuse?) :  ils pourront toujours se faire cuire un œuf en regardant le défilé militaire du 14 juillet.
Je me rends compte que je viens d'écrire une bêtise : le défilé militaire n'a pas les faveurs de Mme Joly.

Reste quand même (entre autres) le 14 juillet, jour de congé que partagent catholiques, musulmans, juifs, et aussi bouddhistes, zoroastriens, chrétiens orthodoxes, hindouistes, incroyants, chrétiens arméniens,  agnostiques, luthériens, athées, calvinistes, animistes... - comme on ne peut pas venir à bout de l'énumération il faut bien se résoudre à en écrire l'essence en trois lettres : etc. Des jours de congé comme ça, qui s'adressent à tous et à chacun en général (etc.) sans étiqueter personne, bien au-delà du champ de vision fragmenté d'Eva Joly relayée par José Bové, on en reprendrait bien un peu.

 

1 - Propos rapportés par Direct Matin daté du 13 janvier . On y lira aussi la relation (agrémentée d'une belle faute de français) de propos de Laurent Wauquiez qui a cru bon de recadrer Eva Joly en lui rappelant « l'histoire et les valeurs chrétiennes de la France ». La chasse au vote identitaire est ouverte. Et moi qui croyais qu'on allait élire le président d'une République une et indivisible...

2 - Et ici on n'a même pas besoin d'une fiction : 28% des sondés en France se déclarent "sans religion" selon une enquête IFOP réalisée en août 2010, téléchargeable sur le site de l'IFOP - je me réfère au tableau de la page 11 du document.

 

Lire l'article de Christophe Genin « Jours fériés : une proposition rétrograde faite par Eva Joly ».

 

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L'école de la « démocratie participative » :
une mystification manipulatrice

Un nouvel article de Tristan Béal. En ligne le 5 janvier 2012


« A quels enfants allons-nous laisser le monde ? » : voilà la question inquiétante et amère que pose Jaime Semprun dans L'Abîme se repeuple. Grâce aux pieux efforts du ministère de l'Education nationale, nous savons que ce ne sera certainement pas à des enfants comme ceux dont William Golding, dans Sa Majesté des mouches, nous conte la préoccupante histoire, ces enfants dont l'avion s'est écrasé sur une île déserte et qui, sans la présence tutélaire des adultes, sombrent dans une violence régie par les seuls rapports de force et la manipulation.
Quoique... 

 

Car cette école démocratique qui s'enfle devant nous, sous couvert de « responsabiliser » les élèves, de les rendre « autonomes », en leur intimant de donner leurs avis sur presque tout et n'importe quoi, ressemble à l'île de Sa Majesté des mouches : un lieu où, l'adulte et sa vertu protectrice et rectrice ayant disparu, la jeunesse livrée à elle seule, éclairée par de fausses lumières et habituée à une parole sans frein, risque de très vite se vautrer dans la barbarie.

Dans un article narquois et plein d'amertume, Tristan Béal s'interroge sur la mystification qui sous-tend cette école de la démocratie participative voulue par le ministère de l' Éducation nationale : son principe ne conduit-il pas à une école manipulatrice et pourvoyeuse de futurs citoyens influençables ? Ne peut-on y voir aussi la racine, entretenue à grands renforts d'angélisme, de certaines formes de violence ?

 

Lire l'article de Tristan Béal Pourquoi l'éducation civique à lécole primaire ? sur ce blog.

 

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La Voix déliée de Bernard Baas : lecture par C. Kintzler

En ligne le 29 décembre 2011


Pour aborder le livre de Bernard Baas La Voix déliée (Paris : Hermann, 2010) je conseille de relire, en apéritif, la fable de La Fontaine Le Laboureur et ses enfants. On y apprend que le trésor, le mot sacré, la vérité ultime, la jouissance pure et parfaite, n'existent pas et que pourtant nous nous en inspirons, nous y aspirons. Cette structure, celle du désir, est celle d'un objet toujours déjà perdu. 

 

Bernard Baas parcourt les occurrences de ce qu'il considère à la fois comme le schème et le type de cette structure appelante : la voix, mais la voix déliée. Déliée de sa fonction parlante : que reste-t-il une fois évacué le détour de la représentation signifiante? Il reste le pneuma, une énonciation sans énoncé, ce qui excède le discours et qui serait non plus un sens construit et articulé mais la présence immédiate et la plénitude du sens. Et ce que la fable ne dit pas, et que le livre de Bernard Baas analyse fort bien, c'est qu'on n'aurait peut-être pas intérêt à trouver un tel objet absolu : ce serait très probablement comme si on entrait dans le cabinet de Barbe-Bleue, découvrant un objet insoutenable, aveuglant, hors-monde - immonde.

 

Lire l'article La Voix, objet inassignable et ses figures philosophiques sur ce blog.

 

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Majorité arithmétique et majorité politique : suffit-il d'être en plus grand nombre pour faire la loi ?

En ligne le 20 décembre 2011


Les lois sont votées à la majorité et obligent tout le monde, y compris ceux qui ne les ont pas voulues. Mais de quel droit ? Si ce n'était qu'une question de nombre, on ne voit pas en quoi la pression des plus nombreux sur les moins nombreux aurait autorité : elle n'a que la force et force ne fait pas droit. La force contraint, mais elle n'oblige pas et dès qu'on peut s'y soustraire, on autant de droit à le faire qu'elle en avait à nous contraindre. Il faut donc qu'il y ait autre chose dans ce recours à la majorité des votants, et que le concept de majorité politique soit distinct, par au moins quelque propriété, de celui de majorité arithmétique.

 

 

Dans son article La décision d'une majorité peut-elle fonder l'autorité de la loi ?, Jean-Michel Muglioni réfléchit sur cette question et rappelle, sur les traces de Rousseau, une des conditions élémentaires permettant de l'éclairer : pour que le vote ait un sens républicain et non pas despotique, c’est-à-dire pour qu’il porte sur la chose publique et ne fasse pas qu’exprimer l’intérêt d’une partie, quel que soit son nombre, il faut que tous, députés de l’assemblée ou citoyens de l’Etat, soient d’avance assurés qu’il n’est pas le déguisement d’un rapport de force. Cela suppose notamment (1) que chacun, citoyen ou élu, s'interroge, non pas sur ce qui est bon pour tel ou tel, pour tel ou tel groupe, mais pour tous pris généralement. Ainsi, on n'oubliera jamais qu'il suffit qu'un seul soit opprimé pour que tous le soient.



Lire sur ce blog l'article de Jean-Michel Muglioni La décision d’une majorité peut-elle fonder l’autorité de la loi ?

  1. Ce petit « notamment » n'est pas une simple figure de précaution. En effet, je [CK] pense que la condition rousseauiste d'une réflexion en termes de volonté générale, si elle est nécessaire, n'est pas suffisante pour répondre à la question de la légitimité des décisions prises à la majorité des voix. Il faut lire Rousseau, certes, mais il faut lire aussi Condorcet qui relance la question et modifie la solution proposée par Rousseau. Mais commençons par le commencement : d'abord Rousseau, qui nous apprend ce qu'est un peuple au sens politique du terme, et comment un peuple se distingue d'une simple collection, quels qu'en soient le nombre et la composition. Les lecteurs trouveront à la fin de l'article de Jean-Michel Muglioni un lien menant vers un exposé de la position et de la solution de Condorcet.

 

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Qu'est-ce que la discipline ? Y a-t-il une hiérarchie
entre le maître et l'élève ?

En ligne le 12 décembre 2011

 

Dans son nouvel article Quelques remarques sur la discipline, Jean-Michel Muglioni développe sa réponse à divers commentaires provoqués par ses réflexions sur la discipline (voir notamment l'article L'éducation par l'instruction). Certains ont cru qu'il soutenait par là une sorte de militarisation de l'école.

 

Dans ce texte, il rappelle pourquoi la discipline n'a pas de sens si elle est séparée de l'instruction. L'appel fréquent à une discipline extérieure, répressive et artificielle de type social n'a lieu que là où règne une profonde indiscipline; la multiplication des forces de police est un élément du désordre. Au contraire, l'instruction requiert une discipline intérieure de même nature que celle que suit volontairement un spectateur au théâtre pour entendre ce que disent les comédiens, ou encore celle que suit tout naturellement et sans même s'en rendre compte chacun pour être attentif à ses propres pensées comme à celles d'autrui : une telle discipline n'est pas une règle sociale imposée de l'extérieur, elle tient à la nature même de ce que l'on fait en s'instruisant. Pour apprendre à écrire, il faut discipliner sa main ; certains le font aisément, d'autres ont besoin d'un entraînement, mais cela ne relève en aucune manière d'une contrainte extérieure de type policier ou militaire destinée à contenir ou à dresser des forces jugées indésirables. 

Chemin faisant, l'auteur règle son compte à l'idée répandue selon laquelle il y aurait une hiérarchie, une sorte de supériorité, entre le maître et l'élève, entre celui qui sait et celui qui ignore. Prétendre qu'il y a hiérarchie entre le savant et l'ignorant est aussi bête que croire qu’il y a dans la rue une relation hiérarchique entre celui qui demande son chemin et celui qui le lui indique. Le savoir n'est pas en lui-même un pouvoir, il ne devient le support du pouvoir que s'il n'est pas enseigné ni transmis, s'il est jalousement gardé comme un secret initiatique ou utilisé à des fins de tromperie - or le magister qui enseigne, à l'inverse du dominus qui domine, n'a de cesse de faire en sorte que l'élève le rattrape. 

 

Lire l'article de Jean-Michel Muglioni "Quelques remarques sur la discipline" sur ce blog.

 

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Annonce spéciale

Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.


Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Cinq représentations auront lieu  : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

Télécharger l'affiche du 25 février en JPEG, en PDF.

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