Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Joly laïcité (un article de C. Genin)
J'emprunte le titre de ce Bloc-notes à un échange de méls entre Christophe Genin et moi-même lors de l'envoi de son article (à lire dans la partie revue) commentant une proposition
faite récemment par Eva Joly, candidate EELV à l'élection présidentielle. Mme Joly propose en effet, au motif d'un traitement égal entre les religions, d'introduire des fêtes religieuses dans le
calendrier officiel afin que « juifs et musulmans
puissent célébrer Kippour et l'Aïd-el-Kébir lors d'un jour férié ».
Si l’intention part d’un bon sentiment, elle semble reposer sur un contresens sur la laïcité et être contreproductive, cela pour plusieurs raisons que Christophe Genin examine dans son article.
Voyant l'effet produit par la déclaration de la candidate EELV, dans le désir de la « bémoliser », José Bové apporte ses lumières par une explication qui, loin d'atténuer le caractère
antilaïque de la proposition, en remet une couche et se contente de rassurer les employeurs.
Il ne s'agit pas, déclare-t-il « de rajouter des jours fériés mais de permettre à chacun, selon sa confession, de travailler à Pâques ou à Noël mais pas le jour de sa fête
religieuse. » (1) L'insistance des formulations possessives - « chacun selon sa confession » « le jour de sa fête religieuse » - est révélatrice : il va
de soi que chacun a une religion, et une seule...
Devant cette très oecuménique proposition, Mezetulle imagine une fiction maligne.
Supposons que j'aie une religion. Que se passerait-il si je changeais ma religion plusieurs fois dans l'année ? Ou encore supposons que j'aie plusieurs religions en même
temps (à ma connaissance ce n'est pas interdit par la loi). Pourrais-je dans l'un ou l'autre cas bénéficier de plusieurs jours de congé religieux au motif du traitement égal entre les
religions en ma personne ? Et pour m'empêcher de tirer au flanc, qui aurait autorité pour décider que « chacun » ne peut avoir qu'une seule religion, pour s'introduire ainsi dans la
conscience de « chacun » ? L'employeur ? La loi ? On va demander des certificats d'authenticité religieuse ? A qui ?
Quant à ceux qui seraient assez honnêtes pour se déclarer démunis - « sans religion » (2) - on n'y pense même pas (sait-on même que la liberté de conscience est plus large que la seule
liberté religieuse?) : ils pourront toujours se faire cuire un œuf en regardant le défilé militaire du 14 juillet.
Je me rends compte que je viens d'écrire une bêtise : le défilé militaire n'a pas les faveurs de Mme Joly.
Reste quand même (entre autres) le 14 juillet, jour de congé que partagent catholiques, musulmans, juifs, et aussi bouddhistes, zoroastriens, chrétiens orthodoxes, hindouistes, incroyants,
chrétiens arméniens, agnostiques, luthériens, athées, calvinistes, animistes... - comme on ne peut pas venir à bout de l'énumération il faut bien se résoudre à en écrire l'essence en trois
lettres : etc. Des jours de congé comme ça, qui s'adressent à tous et à chacun en général (etc.) sans étiqueter personne, bien au-delà du champ de vision
fragmenté d'Eva Joly relayée par José Bové, on en reprendrait bien un peu.
1 - Propos rapportés par Direct Matin daté du 13 janvier . On y lira aussi la relation (agrémentée d'une belle faute de français) de propos de Laurent Wauquiez qui a cru bon de recadrer Eva Joly en lui rappelant « l'histoire et les valeurs chrétiennes de la France ». La chasse au vote identitaire est ouverte. Et moi qui croyais qu'on allait élire le président d'une République une et indivisible...
2 - Et ici on n'a même pas besoin d'une fiction : 28% des sondés en France se déclarent "sans religion" selon une enquête IFOP réalisée en août 2010, téléchargeable sur le site de l'IFOP - je me réfère au tableau de la page 11 du
document.
Lire l'article de Christophe Genin « Jours fériés : une proposition rétrograde faite par Eva Joly ».
NB. Les commentaires de ce billet sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur l'article.
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Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).
Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Autres représentations : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
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