Bloc-notes actualité
Benoist Apparu et le financement des cultes
Le secrétaire d'Etat (?) au logement Benoist Apparu a trouvé jeudi 17 février une belle occasion pour faire parler de lui. Sur BFM, il s'est déclaré favorable au
financement public pour la construction de mosquées, tout en balayant d'un revers de main la loi de 1905 (1).
Mais on aurait tort de croire que les propos tenus par B. Apparu sont irréalistes. Comme on va le voir, ils sont avancés avec un grand sens de la gestion publique et de bonnes références
politiques.
A ceux qui se demandent comment l'Etat pourrait faire face à une telle dépense, on rappellera que Benoist Apparu fut naguère le rapporteur d'un texte très intelligent en faveur (notamment) de la
marchandisation de l'éducation - benoîtement désignée en bonne littérature technocratique par une magnifique formule ambivalente : « l'économie en connaissances » (2). Donc pas de
problème budgétaire : l'argent récupéré sur l'Education nationale pourrait être redéployé dans la construction de nouveaux édifices religieux ?
Tss tss, Mezetulle a mauvais esprit et fait des rapprochements tirés par les cheveux.
La loi de 1905 ferait obstacle ? Pas du tout ! M. Apparu précise que « même si c'est contraire à la loi de 1905, on pourra faire un aménagement ». Il a raison : voyez Jack Lang et la construction
de la cathédrale d'Evry, et plus récemment les propositions de Manuel
Valls pour « faire évoluer la loi de 1905 afin de permettre la construction des lieux de culte à travers un financement transparent, et par conséquent public ». Ou encore plus récemment une
géniale proposition de la
mission dite « Gérin » sur le port du voile intégral. On en oublierait presque le rapport Machelon.
Que d'idées originales (3) !
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Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).
Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Autres représentations : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
Quel mépris du débat du public, quel mépris pour les gens dont vous ne partagez pas l'avis ... Quel mépris et quelle condescendance pour Messieurs Apparu, Valls ou Mélanchon. Je pensais allé vous écouter lors d'une de vos prochaines interventions dans le val de marne. Je crains, chère Madame, comme vous le dites à propos d'autrui que "je n'aurais pas la patience" d'aller voir si "vous régalez" votre auditoire de vos points de vues bien trempés d'intellectuelle bien pensante. Et comme vous éteignez votre poste quand vous trouvez un secrétaire d'état effarant, ne préférant pas savoir, je m'en range à vos méthodes concernant ce blog et vos développements. Je ferme le navigateur !
Les lecteurs se demanderont peut-être pourquoi je publie ce commentaire (qui est plutôt un message personnel), vu son absence d'argumentation. Son seul point d'appui est l'anti-intellectualisme. Je le fais pour trois raisons.
1° Cet ex-lecteur de Mezetulle a commis une erreur de lecture. Dans l'article, il n'est jamais question de Mélenchon, mais du rapport Machelon... J'en profite pour souligner que la question du financement des cultes divise la droite et la gauche.
2° Ce "commentaire" appelle une précision quant à la notion de débat public. Mezetulle n'a jamais prétendu organiser le débat public en son sein et n'a jamais caché qu'il s'agit d'un blog d'opinion. Le débat a lieu dans la cité. Il est libre, chacun peut publier ce qu'il veut. Mezetulle y contribue, comme tous ceux qui le souhaitent.
3° La troisième raison tient au fond.
L'indignation de l'ex-lecteur de Mezetulle, je la prends au sérieux, car elle me semble de bonne foi et je ne crois pas une seconde que cet ex-lecteur ait pris à la lettre la figure de style "je n'ai pas eu la patience de...". En revanche il me semble avoir très bien compris que l'article brocarde une position avec laquelle je suis en désaccord.
Son indignation m'amène à me poser cette question : pourquoi l'idée de la possibilité d'un financement public des cultes jouit-elle d'une telle évidence, au point que la récuser ou la brocarder comme je le fais dans cet article serait faire preuve de mépris et d'intolérance ? Elle m'indique que, au fond, l'évidence a changé de côté : la charge de la preuve revient à présent à ceux qui récusent le financement public des cultes. C'est une absurdité aussi bien logique (la charge de la preuve incombe toujours à la proposition qui affirme le plus) que politique (engager un financement public n'a rien d'évident), mais admettons-le et essayons d'y faire face.
Il faut donc pousser l'analyse un peu plus loin. Je me contente d'une esquisse dans le cadre de cette réponse. La position de M. Apparu est très cohérente : il plaide d'une part pour une forme de financement public des cultes, de l'autre pour la marchandisation de l'éducation (autrement dit pour la diminution d'un service public). Ce croisement montre que la notion de financement public des cultes s'appuie sur l'idée que la liberté des cultes serait un droit-créance (un droit à...) et non pas un droit-liberté (le droit de...). Le parallèle avec l'éducation souligne cet aspect ; en effet, l'éducation est un droit-créance, comme la santé ou la sécurité : chacun a droit à l'éducation et la puissance publique a le devoir de rendre ce droit effectif pour tous, ce qui suppose un financement.
Or la loi de 1905 est très claire sur ce point : l'exercice des cultes est un droit-liberté (comparable par ex. au droit d'association ou au droit de propriété) et non pas un droit-créance. Pour soutenir que la liberté des cultes est un droit-créance, il faudrait soutenir que les religions sont d'intérêt public et qu'elles sont absolument nécessaires à l'association politique républicaine : le président de la République a présenté une version claire de cette thèse dans son fameux "discours de Latran" en affirmant la primauté du pasteur par rapport à l'instituteur. Voilà ce que Mezetulle dénonce, tente de démonter et brocarde parfois comme dans l'article ci-dessus.
Je remercie donc cet ex-lecteur de me donner l'occasion de préciser l'argumentation, tout comme je le remercie de rappeler (en disant qu'il n'ira pas) la séance Café-philo de Saint-Maur (consacrée à Condorcet) du 9 mars 2011 dont les lecteurs trouveront la référence ci-contre dans la rubrique "Annonces".