Bloc-notes
Admission des femmes au Grand Orient de France :
un pas en avant

En ligne le 10 avril 2010


Le 8 avril, la Chambre suprême de justice maçonnique du Grand Orient de France a rendu un jugement concernant la liberté des Loges d'initier des femmes : une telle initiation n'est pas contraire au règlement. Rien dans le règlement général du GODF ne s'y oppose en effet, et cela depuis belle lurette... En maçonnerie comme en république (il serait d'ailleurs plus juste et plus conforme à l'histoire d'inverser les termes) est permis tout ce qui n'est pas expressément interdit par la loi.

Ayant fort logiquement tiré la conséquence du silence du règlement concernant le sexe tant des candidats que des initiés, quelques Loges du GODF avaient en effet récemment bravé une tradition à caractère oral et coutumier en initiant des femmes : si la tradition de n'initier que des hommes est une liberté s'appuyant sur le silence de la loi écrite, alors rien ne s'oppose en effet à ce qu'une autre tradition s'installe et jouisse de cette même liberté. C'est sur la légitimité de cette démarche que la justice maçonnique, saisie par le Grand Maître, s'est prononcée. Désormais, les Loges du GODF pourront, si bon leur semble, examiner les candidatures féminines, et les admettre à l'initiation : libre à elles d'user ou non de cette liberté.

On se souvient que, en septembre 2009, le Convent du GODF s'était prononcé contre cette liberté. Un vif débat sur la question prit place à cette occasion dans les colonnes de Mezetulle. Dans un article qui distinguait notamment la question de mixité et la question de la liberté des Loges d'initier des personnes sans avoir égard à leur sexe, Charles Arambourou écrivait :
[...] la liberté des Loges est la seule solution maçonnique : que nulle ne prétende imposer aux autres son propre choix initiatique, dès lors que toutes respectent les principes et les statuts de l’association qui les fédère.
Comment se seraient exprimés les délégués au Convent du GODF s'ils avaient eu l'occasion d'entendre ces arguments au cours du débat qui leur fut refusé ? Certainement pas à 56% contre ! Ne refaisons pas l’histoire, mais sa roue tournera inéluctablement…
 

Charles avait raison : la roue tourne, grâce à ce qui fut traité comme une provocation et qui n'était que de la fermeté, et grâce à un pouvoir judiciaire digne de ce nom.
 

 

Lire l'article de Ch. Arambourou Mixité ? non : liberté des Loges ! (on y trouvera également les liens vers les autres textes du débat mené sur Mezetulle).

 

Lire l'article de F. Koch dans l'Express
Lire la dépêche AFP du 10 avril.

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Par Mezetulle
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Commentaires

Mezetulle  décerne légitimement à son ami Charles le prix de la clairvoyance et de la raison. Dans ces temps d'ingratitude généralisée, il est prudent de se féliciter soi-même et de de dire à quel point on fut digne et ferme dans l'épreuve.

Nul ne doute que dans le grand combat progressiste dont Mézetulle est l'héroïque porte-parole, la possibilité pour les Loges d'initier des femmes ne soient une victoire décisive...Repose en paix, Condorcet.... Tes disciples bataillent ferme contre les tyrannies de ce temps... Reculez hydres hideux du machisme, ci-devant adversaires du "sujet de droit", rien n'arrêtera la marche triomphante des idées vraies vers l'horizon indépassable du progressisme intégral...

 

Commentaire n°1 posté par Jean François Rémond le 15/04/2010 à 18h15

Cher Jean-François,

Parler d'épreuve pour moi est une figure hyperbolique : je me suis contentée de mener un minuscule combat en tapant sur un clavier. L'épreuve a plutôt été pour vous...

Et pourquoi endosser l'habit du vaincu ? Les loges qui ne veulent pas initier de femmes resteront libres de maintenir ce refus ; on ne leur veut aucun mal, pas plus qu'à celles qui font tourner les tables ou qui s'épuisent en circumambulations...

De même la figure de style "progressisme intégral" me semble excessive. J'ai dit dans un article du débat qui nous a à la fois opposés et réunis pourquoi ce n'est pas du progressisme. Et à supposer que cela en soit, il n'y a nulle intégralité, puisque, comme l'a expliqué Charles, il ne s'agit nullement d'une obligation de mixité, mais d'une liberté dont on peut ou non user... aussi je ne vois nulle part l'océan d'uniformité qui vous accable et dont la seule vertu est de vous inspirer une très belle page d'écriture ironique. Mais avez-vous vraiment besoin de l'accablement pour vous inspirer des pages qui donnent autant de plaisir à vos lecteurs ?

Réponse de Catherine Kintzler le 20/04/2010 à 15h57

ENFIN...il était temps ! jfvc.

Commentaire n°2 posté par jf van campo le 19/04/2010 à 13h21

« Que nulle ne prétende imposer aux autres son propre choix initiatique, dès lors que toutes respectent les principes et les statuts de l’association qui les fédère. » il y a malheureusement des choix qui n’ont rien d’initiatiques mais sont dictés par bien d’autres motivations, poids de l’opinion publique, politique du chiffre….

L’engagement maçonnique n'est pas un simple cours du soir ou club politique, encore moins un centre de développement personnel ou autre coaching chers à notre époque moderne.

La franc maçonnerie est une société initiatique dans laquelle chacun de ses membres accepte de remettre en jeu sa construction identitaire, ce qui est le propre de toute initiation (je vous renvoie à des auteurs reconnus: Mircéa éliade par exemple).

Ni nouvelle secte, ni nouveau cours spirituel à la mode de style new âge(où l'on rencontre en majorité des femmes et où règne un diktat féministe), elle s'inscrit dans une tradition qui se doit de ne pas se laisser traverser par les passions qui agitent le monde moderne (les métaux se doivent de rester hors du temple), notamment les divers courants politiques, y compris les courants féministes.

C’est à cette condition qu'elle permet de poser un regard libre et critique, détaché de toute influence majoritaire ou pensée convenue, sur la modernité.

De plus, comme le souligne justement Elisabeth Badinter, la construction identitaire masculine nécessite des questionnements totalement différents de la construction d'une identité féminine (cf. "XY l'identité masculine"), questionnement pour lequel il est préférable qu'il se déroule dans un groupe de pairs.

Cette différence de construction identitaire justifie à elle seule l'existence des loges mono genres, féminines et masculines et devrait interroger les tenants des loges mixtes, si la mixité n'y était pas élevée en dogme....

Ce qui n'interdit pas de se retrouver ponctuellement, initiées et initiés, pour traiter de grandes questions de société...

Il ne faut pas oublié que la mixité est avant tout une revendication féministe et que, la volonté de la faire appliquer au GODF, alors qu'il existe des loges féminines et mixtes, est l'expression d'un féminisme radical.

En franc maçonnerie, nous nous sommes toujours méfiés des extrêmes et des dogmes, continuons à être vigilants et persévérons....

A.F.aux SS. et aux FF. dans leurs LL. respectives....

J’ai dit.  

Commentaire n°3 posté par calvariam le 23/04/2011 à 16h59

J'espère que les francs-maçons et les franc-maçonnes n'ont pas eu besoin d'attendre leur initiation pour "construire leur identité (masculine ou féminine) !

Il n'a jamais été question à ma connaissance de réclamer la mixité du GODF. Il s'agit tout simplement de la liberté des Loges d'examiner (ou non) des candidatures de l'un et de l'autre sexe. Et qui dit liberté dit aussi liberté de ne pas le faire.

Réponse de Catherine Kintzler le 25/04/2011 à 01h23

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Dramatique musicale CK

Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.

 

Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).

 

Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Autres représentations  : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

 

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