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Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).
Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Autres représentations : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
Chère Catherine,
Vous rappelez-vous le CVDL pour lequel vous êtes venue faire une conférence en 98 "Laïcité et tolérance"?
Nous avons récemment découvert votre blog: l'idée de comité de soutien à Robert Redeker nous semble devoir être mise en oeuvre d'urgence. Veuillez nous compter parmi les membres de ce comité de soutien:
Micheline Montot, philosophe
Maryse Haslé, professeur de lettres
Si un comité de soutien, ou une pétition se met en place, je ne manquerai pas d'en faire état sur Mezetulle.
mon opignon est qu'il est regit par sa pensée qui elle est fondé sur une sorte de rascisme.
a vous de juger en lisant d'autres article de lui.
Le lien vers son site est référencé dans la page "liens" de ce blog, on y accède également en cliquant dans l'article ci-dessus sur "Robert Redeker".
Quelques intellos qui usent parfois de leur intellect pour cacher leur manque d'estomac m'envoient des méls (se gardant bien de placer un commentaire public sur ce blog) sur le thème "voyons, il ne faut pas appliquer les catégories du XVIIIe siècle à l'intégrisme islamiste, vous mélangez les genres". Comme s'il fallait mettre Voltaire en vitrine ou au zoo du côté des bêtes, comme si Redeker n'était pas menacé dans sa vie, dans sa liberté, dans ses biens, à travers ses proches, comme si le fanatisme avait changé de nature d'autres intellos (vous ne croyez pas que ce sont les mêmes non ?) disaient, à propos de Staline, à propos du Goulag, : "voyons ce n'est pas du tout la même chose que (ici on peut mettre : l'oppression capitaliste, les tortures pendant les guerres coloniales, etc.) ". Ou encore on a pu entendre, dans un registre plus domestique : "quand un prolo bat sa femme, ce n'est pas la même chose que quand un bourgeois bat sa femme". Le compagnonnage de route existe toujours, il a simplement changé d'objet (ah mais non, je me trompe puisque "l'islam est la religion des pauvres" !!!).
Tout mon soutien également à R. Redeker. Mon soutien ne s'étend pas à ses propos que j'ai pas encore eu l'occasion de lire. Je ne les ai pas trouvé sur le site du Figaro.
Je profite de votre remarque pour remercier aussi ceux qui m'écrivent pour me dire "j'ai des réserves sur le contenu des articles de RR, mais justement je soutiens la liberté de dire ce sur quoi je peux, par ailleurs, avoir des réserves". Alors que d'autres prennent argument des réserves qu'ils peuvent avoir par ailleurs sur le contenu pour ne pas soutenir, pour laisser dire, pour laisser faire, pour laisser appeler au meurtre, et finalement pour laisser tuer... Misérables raisonnements chichiteux qui abritent une violence redoutable : ce que l'article de Respublica appelle "les dévots féroces".
Le texte de R. Redeker est disponible sur le site de 20 Minutes.
juste rester vigilant pour ne pas se laisser entrainer sur des terrains nauséeux ....
Mais au delà de son gout évident pour la polémique, je suis interpellé par l'attitude de la rédaction du Figaro, qui me semble relever un peu de la "mise en danger de la vie d'autrui" , par le fait d'avoir délibérément publié un texte provocateur sur un sujet sensible en en laissant l'auteur se dessiner une cible dans le dos ... Coup médiatique ?
Un coup médiatique du Figaro, dans l'ambiance actuelle, je n'y crois pas du tout ; ils se sont même dépéchés de retirer l'article de leur site web. Revenons à l'essentiel qui est la liberté d'expression : peu importe que Redeker ait raison ou tort, peu importe que le passé européen ou catholique ne soit pas sans reproche, le problème c'est aujourd'hui qu'il se pose et avec l'islam. Ce qui est inquiétant c'est qu'on a l'impression d'être démuni face à ces menaces. Y-a-il un comité de soutien des profs de philo ?
Comme je le dis dans l'article, je m'efforce de relayer les initiatives de soutien (pétitions en ligne, etc.) dont j'ai connaissance.
Mon petit mot n'a d'autre ambition que de vous dire ma gratitude et mon soutien, pour votre travail et vos prises de positions.
Puis-je me permettre, de vous indiquer un lien que peut-être vous ignorez, et où se mènent de passionnantes discussions, dans une veine qui me semble proche ? Il s'agit du Parti de l'In-nocence : http://www.in-nocence.org
Je vous salue avec toute ma considération.
Jérôme Vallet
Je me suis permis de déplacer votre commentaire (vous l'aviez posté sur un autre article qui n'a rien à voir avec R. Redeker) et j'en ai profité pour mettre le lien en html.
N'attendons pas que d'autres s'en préoccupent. Le Mouvement pour la France de Ph. de Villiers a été le premier à proposer une cyberpétition... pour soutenir Redeker
http://www.pourlafrance.fr/petition.php
Par ailleurs, il est manifeste que Mezetulle ne partage nullement les options politiques du Mouvement pour la France : mais Mezetulle applique le principe suivant "quand un réactionnaire dit que 2 et 2 font 4, il ne faut pas changer l'arithmétique !"
d'ailleurs cette condamnation à mort est une imbécilité en soit puisqu'elle interdit de facto tout débat critique autour des propos de R.Redeker ... La fabrique du martyr en route ...
Il ne s’agit pas d’exprimer ici son accord ou désaccord avec le texte de Redeker, mais il s’agit de la défense d’un principe : la liberté de pensée ne se divise pas. Acquise au fil du temps par de nombreuses luttes, philosophiquement fondée, elle ne souffre pas de restriction, hormis, le respect des lois.
La Constitution l’autorise et la garantit, conformément aux Déclarations des droits de l’homme : elle est un principe essentiel de la liberté de chacun, et du travail intellectuel, artistique, de création et d’étude.
Elle doit être reconnue à Redeker et contre Redeker, qui, s’il est critiqué et rencontre des désaccords, ne peut l’être qu’au nom de cette même liberté et en exerçant cette liberté : celle-ci est en tous points contraire à la logique de la menace. Et c'est la liberté de pensée qu’il s’agit de défendre , non le contenu d’un texte, qui lui, se discute.
Je me permets de rappeler cette déclaration de la Cour européenne des droits de l’homme :
« La liberté d'expression vaut non seulement pour les "informations" ou "idées" accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de "société démocratique" ». Cour Européenne des Droits de l’Homme, 21 janvier 1999, n°29183/95, Fressoz et Roire c. France
J'ai, moi aussi, apporté mon soutien à la défense de Redeker, menacé dans sa vie pour avoir exprimé une opinion. Voyez l'article sur mon blog.
http://www.propositions-audacieuses.net/categorie-380651.html
" fatwa " est assez pervers! indiscutablement il semble qu'il y ait un ceratin plaisir à l'utiliser ( à tort souvent : la preuve! ) une sorte de jouissance ( jack lang utilisant deux fois ce mot au début de la campagne du PS) comme si d'utiliser les mots de l'adversaire idéologique ne venait pas prouver votre "islamisation"....! s'il vous plait, en philosophie la critique est un moteur permanent...ne pas l'oublier!
merci
et bonne continuation de votre site et de votre combat
K. El-Bey
J'ai hésité à employer le terme aussi pour d'autres raisons : ne serait-ce pas une manière d'acquiescer à la "légitimité" d'une juridiction autre que celle des lois et consentir à l'idée d'un empire dans un empire ? Après tout, c'est ce que nous faisons encore avec la notion de "droit personnel" (voir La parité et après?)...
Et pourtant, si je l'ai malgré tout maintenu, c'est précisément à cause de cela, en rappelant le parallèle avec Rushdie : tout se passe effectivement comme si RR était passé sous d'autres "lois" et que les lois de la République ne s'appliquent pas à lui - on se contente de mettre sa vie à l'abri, mais tous les droits lui sont retirés de fait.
*******
[Ex-commentaire n°15 du 02/10/2006 à 23h41]
Bonjour,
J'avoue être attristé de voir que, de cette liberté d'expression pour laquelle Spinoza, Locke (et surtout, je pense, le peuple anonyme), Mr Redecker fasse si mauvais usage.
Je constate que vous avez quelque difficulté à ne pas tomber dans l'insulte facile (cf. ci-haut "misérable raisonnement chichiteux").
Surtout, je ne vois pas en quoi les propos mensongers, insultants, et grossiers de Mr Redecker font avancer la civilisation. Etudiant, je rêve encore que la philosophie est l'occasion de s'arracher à l'immédiateté du préjugé, et à la grossièreté du propos de comptoir.
De même je ne saurais comprendre en quoi hiérarchiser les religions monothéistes, pour dessiner une situation caricaturale, où christianisme et judaïsme seraient deux religions de tolérance et d'amour, et l'islam le fruit d'esprits haineux, serviles, barbares. (Caricature, et contre-vérité historique au surplus).
LA LIBERTE D'EXPRESSION EST UN DROIT INALIENABLE, et il est toujours dangereux que qui que ce soit soit censuré, ou se sente appelé à s'autocensurer. Pour cette raison, il n'est ni "indécent", ni "déplacé", mais au contraire, salutaire, de "disserter, entre gens de bonnes compagnie, sur l'article de Redecker", dès lors que l'on tient, en même temps, à manifester son indignation devant une telle volonté de vouloir voir celui-ci "exclu de l'espace du dialogue et réduit au silence".
Par conséquent, NOUS NOUS DEVONS DE DEFENDRE A LA LIBERTE D'EXPRESSION ET CEUX QU'ON VOUDRAIT EMPECHER D'EN FAIRE USAGE. Aussi les propos de Gilles de Robien touchant un prétendu "devoir de réserve" sont-ils inacceptables.
Surtout, la liberté d'expression ne s'usant que si l'on ne s'en sert pas, notre devoir à chacun est d'en faire usage, tant pour nuire à la bêtise de Mr Redecker, que pour appeler à l'usage de tous les moyens de coercitions nécessaires contre ceux qui souhaiteraient le réduire au silence, et rappeller à chacun que lorsqu'on met un doigt dans l'autocensure, on y laisse le bras.
Pour toutes ces raisons, Mme Kintzler, je ne signerai jamais le texte qui est sur ce blog et sur "Gauche républicaine", mais je signerai très volontiers, en revanche, le texte qui est sur yahoogroups - non pas du bout des doigts, mais avec fermeté - pour assurer Robert Redecker de mon soutien inconditionnel, en ce moment affligeant où l'on peut être inquiété pour un article dans un journal, sans même pouvoir compter sur le soutien sans faille de son ministre.
Bien à vous,
Le temps de disserter "entre gens de bonne compagnie" sera rétabli à armes égales... lorsque les menaces seront levées ; ce sont elles, et non l'appel que j'ai relayé, qui suspendent ce moment de dialogue critique nécessaire.
Pour le moment, Robert Redeker n'est même plus dans quelque compagnie, il ne peut partager son pain avec personne, il est privé du droit de débattre, car privé des plus élémentaires des droits, à commencer par celui d'aller et venir : quand le Promeneur solitaire n'est pas possible, le Contrat social est défaillant. C'est à nous de le restaurer.
Quant à un "mauvais usage de la liberté d'expression", la mesure de la réalité de ce droit est précisément que son usage puisse être considéré comme "mauvais" par ceux que vise une critique. Comme si la liberté d'expression consistait uniquement à dire ce que l'autre trouve "bon" ou relevant d'un "bon usage" ! J'avoue que sur ce point j'accorde mal la fin de votre commentaire avec son début.
Voyons maintenant les insultes faciles. "Raisonnements chichiteux" ou «grossièreté de propos de comptoir» : les uns sont dans un salon avec des gens de bonne compagnie hyper-protégés, les autres dans un bistrot avec les beaufs…Ni l’une ni l’autre de ces expressions n’est insultante, personne n’étant expressément visé, mais en revanche il y aurait là un beau sujet pour un caricaturiste, malheureusement je ne sais pas dessiner !
Signez les textes de soutien qui vous conviennent; le blog en a relayé plusieurs, j’en ai moi-même signé plusieurs ; c'est tout ce qui compte maintenant.
Pardonnez-moi, mais votre expression "raisonnements chichiteux" était précisément précédée du qualificatif "misérables", d'une part, et visait des personnes déterminées, quoique non nommées, d'autres part.
Maintenant pourquoi ai-je pu écrire que Mr Redecker faisait de la liberté d'expression un "mauvais usage" ? D'un point de vue intellectuel, d'abord : cette tribune du figaro est un recueil de préjugés et d'insultes, et non le fruit d'un usage critique (et informé) de la raison. D'un point de vue éthique, ensuite : il y a une disproportion entre la grandeur du principe de la liberté d'expression, la rigueur des théories politiques qui l'ont thématisé, et les sacrifices personnels qui nous ont permis d'en jouir, d'un côté, et la facilité du propos de Mr Redecker, de l'autre, (en clair, je parle ici de "point de vue éthique", parce que j'aurais personnellement du mal à me regarder dans la glace si j'utilisais mon statut d'intellectuel pour écrire de telles choses - et plus précisément, si l'occasion m'étais donnée d'écrire un article dans le Figaro, j'essaierai au moins d'y mettre une lueur d'intelligence et de nuance, sauf quoi je renoncerais à la publication). D'un point de vue politique, enfin : l'article de Mr Redecker est l'expression d'un très haut degré de haine (dont procède précisément une phrase comme "Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran") et d'intolérance (Mr Redecker propose notamment l'interdiction du port du voile dans la rue) - j'emploie ce mot, à dessein, puisqu'il nous renvoie précisément à son envers, le concept de tolérance, issue d'une tradition politique de liberté, tradition anglo-saxonne, d'où proviennent les formes politiques les plus poussées de liberté d'expression. En outre, les propos caricaturaux de Mr Redecker sont en parfaite adéquation avec ceux de Mr De Villiers qui est l'une des menaces pesant aujourd'hui sur le régime républicain. Entretenir, par ignorance, la haine de l'islam, c'est faire le lit des extrêmes, qu'ils soient islamistes fanatiques, chrétiens intégristes, ou nationalistes xénophobes. En ce sens, Mr Redecker participe aussi à la fragilisation des principes républicains.
Bien entendu, à court terme, mon voeux le plus cher est que ceux qui sont à l'origine des menaces de mort contre Mr Redecker soient arrêtés et jugés.
Pardonnez-moi, mais j'ai appelé "misérable raisonnement chichiteux" le fait de prendre argument des réserves qu'on peut avoir sur le contenu du texte (ce que je peux concevoir mais dont il n'est pas question ici) pour laisser faire et laisser appeler au meurtre.
Lorsque Redeker pourra enfin circuler librement sans être obligé de changer de résidence tous les deux jours, vous lui enverrez vos critiques et réserves. Vous pourrez ausi, lorsque ce temps sera heureusement venu, faire part de vos critiques et réserves sur le Mahomet de Voltaire : à vous suivre, comme c'est rempli de choses que certains pourraient trouver insultantes, il n'est pas digne d'une tribune dans Le Figaro.
Quant à la haine, il ne faudrait tout de même pas inverser les rôles : la haine appelle la destruction de ce que l'on hait. Cette fois, hélas, on n'est pas dans la métaphore ni les pures définitions : RR est bel et bien menacé de mort, c'est très sérieux. La haine, celle qui appelle la destruction de l'objet haï, est sur lui. Ne retournons pas la situation svp. Je ne m'habitue pas à cette façon pourtant très répandue dans les "harangues des clercs" de transformer les victimes en coupables : "A ces mots, on cria haro sur le baudet " - la fable se termine sur une sentence de mort. Par ailleurs, il a été mille et mille fois dit et écrit que la Bible contient une grande violence, sans pour autant que les auteurs de ces propos (que vous devriez juger "haineux") aient été condamnés à mort et sans qu'ils aient été accusés de faire le lit des extrêmes...
Enfin dire (version esthétique) qu'il y a disproportion entre la grandeur du principe de la liberté d'expression et l'usage facile et petit qu'en fait tel ou tel pour dénier à cet usage mesquin le bénéfice de la liberté, ou supposer (version éthique) que l'éthique de l'usage de la liberté d'expression devrait faire honte à quiconque d'en user facilement, c'est dire (version grossière digne de propos de comptoir mais qui a le mérite d'être claire) : "un principe aussi grand ne devrait s'appliquer qu'à ce qui est grand, un principe aussi moral ne devrait s'appliquer qu'à ce qui est moral ". Et quelle autorité va dire ce qui est grand et moral, ce qui est bienséant ? Un contrôle idéologique ? Heureusement que la loi ne fonctionne pas selon cette éthique héroïque, sinon ça ferait beaucoup de bouches fermées... Je vous renvoie au commentaire précédent et à la citation de la déclaration de la Cour européenne des droits de l'homme. Je me contente de penser que pourvu que la mesquinerie soit possible, ça laisse a fortiori la place à toutes les grandeurs. Et cela sans préjuger de la grandeur ou de la mesquinerie du texte en question, car ce n'est pas la saison de discuter son contenu : je ne vous suivrai pas sur ce terrain.
Bien entendu à court et à long terme, mon voeu le plus cher est que les menaces de mort soient levées ; car ceux qui sont à l'origine de ces menaces, on peut parvenir à les identifier et donc à les juger. Le problème ce sont ceux qu'ils excitent ou manipulent, c'est le contrôle qu'ils exercent sur les esprits: celui qui passe dans la rue et qui, pour des motifs si grands qu'on n'arrive même pas à en prendre la mesure, peut être l'assassin.
Je crois que nous sommes d'accord sur l'essentiel. Je ne cherche pas à transformer la victime en coupable, et ne veux pas qu'il y ait une telle méprise sur mon propos.
Oui, je pense que le "Mahomet" de Voltaire n'est pas un modèle de rigueur intelletuelle (Voltaire tout court en fait).
Quant à ce que vous dites sur la Bible, je suis entièrement d'accord - ce que je contestais précisément, dans l'article de Mr Redecker, c'est d'attribuer à la Bible et au Coran des statuts différents, l'un irréductiblement violent, l'autre non - ce qui me paraît tout à fait erroné (et sans rentrer dans la lettre même du texte, on peut au moins signaler que les pays musulmans ont eu une tradition de tolérance beaucoup plus durable et plus ancienne que les pays occidentaux, où par ailleurs, une telle tradition de tolérance n'est née qu'à la faveur d'oppositions aux autorités ecclésiatistiques).
L'autre point sur lequel je voulais éviter toute méprise, c'est celui de la disproportion entre la gradeur le principe et la bassesse son usage : jamais je n'ai voulu sous-entendre la nécessité d'un contrôle idéologique. La réponse à votre question "Quelle autorité va juger de ce qui est grand et moral ?" était pour la suivante : l'auteur, et lui seul (aussi avais-je utilisé l'expression "se regarder dans la glace").
Je clos ici cette discussion parce que je comprends bien que ce n'est pas le moment le plus opportun.
Et là où nous sommes d'accord : la vrai haine est celle qui appelle à la destruction de l'autre. C'est au tribunal de la raison, et lui seul, que je souhaiterais convoquer Mr Redecker. C'est dans un tribunal pénal qu'il faudra juger les auteurs de ces menaces.
Je tenais donc pour finir à réaffirmer mon indignation, et mon attachement à la liberté d'expression, y compris pour les idées "qui heurtent, choquent ou inquiètent".
J'avoue d'ailleurs avoir du mal à comprendre qu'on ai pas déjà identifié ces gens. Est-ce vraiment si compliqué ? C'est à se demander s'il y a une véritable volonté politique.