Le Convent du Grand Orient de France vient de refuser la mixité. A 56%, les délégués des Loges ont une fois de plus repoussé la possibilité d'initier des femmes. Comme
dirait Le Canard Enchaîné, le mur du çon est pulvérisé à la vitesse... de la Lumière ! On aurait plutôt envie de parler d'une plongée dans les eaux opaques du çouillon.
A savourer, la déclaration d'un délégué, rapportée par Le Monde daté du 5
septembre, dans le plus pur style « chasse-pêche-tradition-3e mi-temps-scrogneugneu » :
Si nous initions des dames, rien ne dit qu'elles ne postuleront pas au conseil de l'ordre et deviennent, pourquoi pas, grande maîtresse !
Mais c'est vrai ça, où on va si les gonzesses (oups, j'allais écrire « les Noirs », « les Arabes », « les Juifs » et quelques autres, mais ne soyons pas racistes :
il s'agit seulement des femmes, ce n'est pas si grave...) veulent occuper des strapontins maintentant ? Regardez l'Académie française, elle est tombée bien bas...
Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris
dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Cinq représentations auront lieu : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
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Interventions CK
Varia

Républicains de gauche, vous êtes des enfants, dans une prochaine vie, vous finirez mal : vous vous réincarnerez en "chrétiens de gauche" dont vous partagez déjà les frémissantes réactions indignées...
Il y a le "mur du con" et puis, comme disait Murray, il y a la "chappe de cons"...
Bon, à part ça, je reste un fan de Mézetulle...On peut être fan et râleur, non ?
Jean François Rémond
"Tous pareils" : c'est exactement ce que je reproche aux propos du délégué que je cite ! Ces propos sont en outre d'une vulgarité crasse. Ne confondons pas égalité des droits, égalité d'accès, et similitude.
Quant au règne de la Big Mother et du Tout féminin (ce qui, bien que redoutable et détestable l'un comme l'autre, n'est pas du tout la même chose - et c'est aller un peu vite que de les identifier), vous savez combien je les crains et combien je les combats - voir les articles sur ce blog contre la parité.
Ce que je ne supporte pas dans les propos que j'ai rapportés et critiqués c'est l'absence d'indifférence, l'absence de grandeur, l'incapacité à s'aveugler, le regard obligé sur le sexe, et la contradiction : on ne subordonne pas l'entrée dans une association philosophique à une propriété que personne ne choisit (comme la couleur des yeux, la taille, le poids ou la pigmentation de la peau).
Ce n'est tout de même pas de notre faute si je moi je suis porteuse de nichons et vous porteur de couilles, on n'y peut rien et on n'a pas à être jugé là-dessus - déjà que ce n'est pas facile de s'arranger avec ça alors pas la peine d'en remettre une louche ! On n'imaginerait pas d'éliminer a priori d'une association philosophique ceux qui mesurent moins de 1,75m ou ceux qui prennent aisément des coups de soleil.
Si cette majorité de délégués du GODF était vraiment conséquente au sujet de l'élimination a priori des porteuses de nichons, elle n'a qu'à l'écrire noir sur blanc dans les statuts de cette association.
Vous allez me rétorquer que la GLFF (Grande Loge Féminine) exclut explicitement la mixité, et que personne ne le lui reproche : ce n'est pas juste!
Du point de vue philosophique, je n'ai aucune raison de ne pas critiquer également cette exclusion, et je pense que si le GODF acceptait le principe de la mixité, alors toutes les obédiences non-mixtes seraient en question sur ce point.
Je remarque seulement que les deux non-mixités ne sont pas exactement comparables car il faut regarder l'histoire d'un peu près : en effet l'existence d'une obédience féminine est historiquement réactive ou seconde ("puisque les porteurs de couilles ont décidé qu'ils ne peuvent pas penser et travailler avec les porteuses de nichons, alors des porteuses de nichons en ont marre et se réunissent pour penser et travailler") alors que l'existence des obédiences masculines est active ou première ("parce que vous portez des nichons, vous n'entrerez pas dans une association où on pense et où on travaille").
Mais cela ne m'est jamais venu à l'idée de frapper à la porte d'une association philosophique homosexuée par principe et je conçois difficilement qu'on en ait le désir - ce qui ne m'empêche pas d'avoir de bonnes relations avec des membres de l'une comme de l'autre.
Et je suis bien d'accord avec ce que vous dites de la différence symbolique : encore faut-il qu'elle soit vraiment symbolique et pour cela qu'elle traverse chacun des sexes, demandez donc à Socrate ou à Diotime.
Alors çouillonnes les soeurs?
Le mot "souillonne" (substantif) semble bien être un hapax en français - je n'en connais qu'une occurrence récente (la pièce de Norman Beaupré). "Souillon" comme substantif est indifféremment masculin ou féminin (ou peut parler d'une ou d'un souillon) : alors sexiste la langue ? Je n'ai pas vu grand chose en revanche sur l'emploi comme adjectif.
Ca fait maintenant quinze ans que le rugby a fait sa mue et que les femmes participent aux banquets du XV de France...
Quant à la troisième mi-temps, vous avez raison, aussi ai-je pris la précaution de mettre "tradition" dans mon énumération, mais il vaut mieux le dire clairement et distinctement comme vous le faites.
Le lien vers votre blog que vous avez laissé dans votre signature est mauvais (il manque une lettre), je ne peux pas le modifier, je le redonne donc ici en invitant les lecteurs à y aller :
http://commefou.blogspot.com/
Avec regret, j'ai été pendant presque deux mois dans l'incapacité de laisser des commentaires ici et là, car là où j'étais, hors de Paris jusqu'à début septembre, je pouvais recevoir les courriers par le réseau d'un voisin, mais, bizarrement, je ne pouvais rien envoyer!
J'ai beaucoup apprécié, Catherine, votre réaction à cette décision "réac" (pour moi) du GODF - lorsque je l'ai apprise j'ai pensé comme vous!
A l'attention de J.F.Rémond, (commentaire assez drôle, même si je ne suis pas du tout d'accord), je ferai remarquer que, à mon sens, une élection effectuée "démocratiquement" ne garantit pas obligatoirement le bien-fondé du résultat! Les exemples montrant le contraire sont légion! (Hitler avait été élu démocratiquement, le Hamas également, etc ...).
L'indignation de J.F.Rémond m'amuse énormément, de même que les remarques immédiates de "K" et de "comme fou". C'est-à-dire, pour le premier, le fait de dénoncer ce qu'il considère comme une sorte de "dictature" de la mixité à tout prix et en tous domaines. Pour les deux autres, vouloir mettre C.K. au pied du mur en lui opposant la situation inverse ("les femmes aussi parfois veulent rester entre elles et refusent les hommes - alors, réagiriez-vous de même?"). Ce procédé, d'ailleurs, (prendre prétexte d'une situation inacceptable en en mettant d'autres en parallèle, comme si cela rendait la première plus justifiable!) est très largement utilisé, et me fait toujours sourire (jaune, parfois ...).
Quoi qu'il en soit, Catherine, vous avez devancé les deux derniers commentateurs, car votre première réponse contient en effet TOUS les arguments, nécessaires et suffisants pourrait-on dire. J'irais encore dans votre sens , en précisant que, porteurs de couilles ou porteuses de nichons, d'abord nous ne l'avons pas choisi, ensuite qu'en effet égalité ou parité, n'a rien à voir avec similitude. Que je sache, jamais un homme n'a été "enceint" et n'a été ennuyé une bonne partie de sa vie par la nécessité de porter des protections périodiques. Mais il se trouve que l'être humain a suivi une évolution autre que celle des animaux, et que la différence (biologique, physiologique) indéniable entre masculin et féminin (en quoi est-elle symbolique, d'ailleurs? je ne comprends pas très bien ce que J.F.Rémond et vous-même entendez par là) n'induit pas que cela doive entraîner des différences de traitement ni de considération devant la loi, la morale, la vie publique.
Pour moi, seules les différences de connaissances et de compétences doivent justifier l'intégration ou non d'une personne dans un groupe, une association, une équipe ... Il est certain qu'un club de joueurs d'échecs de haut niveau va refuser de me prendre, si je ne connais rien à ce jeu! Un homme ne sachant pas danser ne sera pas accepté dans une troupe de ballets...!
En revanche, à notre époque, toute discrimination ou séparation hommes/femmes non justifiée par des considérations pragmatiques (comme dans les exemples que je donne), ne devraient tout simplement PAS être acceptables. Exemples : côté hommes/ côté femmes dans les synagogues et les mosquées, refus d'ordonner des femmes-prêtres, refus des femmes (ou des hommes - mais ce dernier cas, comme vous le dites, Catherine, a été la réaction à une injustice) dans les obédiences maçonniques, port de la burqa (eh! oui, on y revient - ceci concerne seulement quelques cas intégristes, ce qui n'est pas une raison pour l'accepter), et bien d'autres situations certainement qui ne me viennent pas immédiatement à l'esprit ...
Quelle catastrophe en effet si une femme devenait "grande maîtresse" !!! Pourtant, des "maîtresses", beaucoup d'hommes ne rechignent pas à en avoir ... Quant aux enfants, ils ont beaucoup plus de "maîtresses" que de "maîtres", je suppose, et la plupart du temps, ils sont heureux de leur faire la bise ...!
A fréquenter le net, on se rend compte rapidement que le genre (masculin - féminin) n'a pas d'impact sur la pensée. De telltes vieilleries devraient être abrogées. Et si dans le pire des mondes on pouvait apporter la preuve qu'Un pense autrement qu'Une, alors ce serait une autre preuve à charge, car deux esprits valent mieux qu'un, tout le monde le sait.
Cet entêtement vaut, à mes yeux, un voile (ou plus) sur les cheveux des femmes.
(ha tandis que j'écris ces lignes je lis les commentaires et je vois que cette façon de le voir a déjà été abordée ;p)
Autrement dit l'argument des opposants à la mixité repose sur une coutume, une tradition, une habitude qu'il convient de préserver : c'est vraiment étrange pour une association philosophique et progressive. Et si ces opposants à la mixité étaient conséquents avec eux-mêmes (et ne pas se trouver déboutés dans un éventuel procès en justice, je parle de la justice de la République française, dite "profane"), ils devraient inscrire l'exclusivité masculine - autrement dit l'exclusion des femmes - noir sur blanc dans les statuts... et là, on est mal !
Ah oui, il y a un autre argument que je peux imaginer : "Si on passe à la mixité, on risque de ruiner les autres obédiences, mixtes et surtout féminines, on ne va pas leur faire ça quand même !". J'imagine aussi que cet argument a été jadis utilisé aux USA par les Blancs pour ne pas admettre les Noirs : "Si nous admettons nos frères noirs, les obédiences noires vont se vider... et ce ne serait pas gentil, donc on reste entre nous, ouf !". Mais j'ai peut-être trop d'imagination.
Le Grand Orient converge avec...le Vatican et quelques autres "obscurantistes"
Jean Riedinger
le débat sur la mixité au GO est truffé de tartufferies de part et d'autre du discours: je connais peu de SS.'. qui attendent en transe le ésultat du vote pour précipiter leur inscription au GO. la plupart se trouvent bien dans leurs obédiences mixtes ( je ne parle pas de celles qui sont en loges féminines et qui ne voudraient en sortir pour rien au monde ). les SS.'. des obédiences mixtes sont au nombre de 12 à 15 000: le 1/3 des effectifs actuels du GO. en migrant toutes elles seraient loin d'avoir la majorité qui est la leur dans leurs obédiences relatives. et l'affaiblissemnt supposé des obédiences mixtes est loin d'être certain. oui, n'en déplaise à quelques accros aux constitution d'Anderson, les femmes ont leur place en loge et leur présence permet souvent de comprendre autrement un problème soulevé. non la présence de SS.'. n'érotise pas la tenue. je dois dire que quand j'entends des frangins expliquer que si leurs femmes savaient qu'il y a des femmes en loge elles leut interdiraient de venir je suis partagé entre la consternation et la crise de rire.
m'enfin comme dit Gaston il n'en reste pas moins que la vie en loge mixte me dépasse. je suis personnellement pour l'idée que chaque loge soit libre de ses choix d'initiation, à la condition initiale que ce choix soit arrêté à une large majorité ( 3/4 ). ensuite chaque FM pourrait migrer selon ses choix personnels.
le mien est explicite.
taf
Elie
Je crois que l'ensemble de la discussion que ce premier bloc-notes a suscitée répond à toutes les questions que vous posez - sauf peut-être à celle de la prétendue difficulté pour les femmes de "passer à autre chose" après un affrontement viril - j'ai pour ma part aussi l'expérience inverse de rancunes masculines tenaces en milieu professionnel : je dirai donc que la difficulité de "passer à autre chose", c'est plus humain que spécifiquement masculin ou féminin. J'attire en particulier votre attention sur l'article de C. Arambourou qui expose parfaitement le principe de la liberté des L. Pour plus de commodité, je remets ici les liens.
il n'y aura pas de soeur
à la loge des neuf muses
où pourtant libres siègent
en lumineux collège
les hommes de bonnes moeurs.
Que le grand rituel nous garde
disent-ils des pensées impures
et des chansons paillardes
qu'inspire femelle nature.
A l’échafaud Olympe de Gouges
mais pas sur les colonnes
où le sein qui palpite
sous ton corsage d'allochtone
porterait au rouge
l'essence de l'élite.
Il n'y aura pas de soeur
à la loge des neuf muses
Au chantier de l'érection
du temple à la vertu
c'est la débandade absolue
Les dits fils de la veuve
en raison d'une panne infime en idées neuves
n'auront point de femme dans leur bastion.
Loran