Bloc-notes
Fumer tue (suite) : une loi trop bavarde


Selon une porte-parole de la Commission européenne, la mention "Fumeurs s'abstenir" n'est pas une discrimination à l'embauche. Motif : "fumeur" n'est pas dans la liste des bases de discrimination établie par la loi. Faut-il rendre la loi plus bavarde ?


La mention "Fumeurs s'abstenir" pourra peut-être bientôt figurer en clair sur une offre d'emploi sans que personne ne s'émeuve en criant à la discrimination. La porte-parole du commissaire européen à l'Emploi et aux Affaires sociales vient de préciser que cette distinction à l'embauche n'est pas couverte par la législation européenne en matière de discrimination. Celle-ci en effet énumère de façon explicite et close les bases de discrimination : origine raciale ou ethnique, handicap, âge, orientation sexuelle, religion, croyances.
On peut en conclure que d'autres interdictions professionnelles pourraient apparaître sur la base de ce qui n'est pas énuméré par la loi... (on songe bien sûr à  "alcooliques s'abstenir", mais pourquoi pas "obèses s'abstenir", "diabétiques s'abstenir", "insomniaques s'abstenir", "lecteurs de Nietzsche s'abstenir"...?). Car il s'agit bien en l'occurrence d'un délit de comportement privé. Un fumeur est tenu comme tout le monde par une réglementation qui interdit expressément de fumer dans tel ou tel lieu, telles ou telles circonstances, telle ou telle période... que veut-on de plus ?  Une normalisation ?

Tout cela part d'un excellent principe : "tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché", autrement dit le principe du silence de la loi dont Mezetulle a maintes fois fait l'éloge. Alors ? Faut-il pour cela allonger la liste des bases de discrimination et réviser le salutaire principe du silence de la loi en montrant sur cet exemple qu'il n'est pas si libérateur qu'on le dit et qu'il peut avoir des "effets pervers" ?
Nullement : la perversion vient non pas du silence de la loi comme principe de liberté, mais plutôt des bons sentiments qui l'ont rendue bien trop bavarde en établissant cette liste explicite des bases de discrimination, sans même la mettre à distance par un "notamment" et ouvrant ainsi la porte à la normalisation. Il eût peut-être été moins dangereux d'établir une différence générale entre "distinction" et "discrimination". Et puis au diable ce bavardage indiscret  : c'est tellement plus simple de s'en tenir à l'article 1er de la Déclaration des droits de l'homme qui dans son laconisme affirme l'égalité des droits pour tous (ce silence comprend évidemment une infinité de personnes,
fumeurs, homosexuels, croyants, athées, noirs, juifs, paraplégiques, diabétiques, vieux, amateurs de Cognac... et aussi ceux qui n'existent pas encore et à qui on n'a jamais pensé).
Ah oui, je vois où le bât blesse : selon cet article, même ceux qui sont riches, jeunes, intelligents, beaux et bien portants ont des droits égaux à ceux des autres .... mais où on va là ?
 

Lire l'article consacré à ce sujet sur le site de l'Observatoire du communautarisme.

Lire sur le Bloc-notes l'article de Marie Perret "Fumer tue, vivre tue aussi".


Sur le bloc-notes le 11 août 2006
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Par Catherine Kintzler
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Commentaires

Merci de prendre ainsi la défense des fumeurs : les avocats de ces diables à l'haleine âcre se font rares, ces temps-ci. Merci de rappeler que les fumeurs, qui sont d'abord des êtres humains, ont aussi le droit de vivre dans la dignité et jouissent des mêmes droits que toutes les autres catégories que vous citez. Merci de défendre le droit des fumeurs à travailler et à honnêtement gagner leur vie.


Mais vous avez raison également de souligner que si la discrimination à l'embauche à l'encontre des fumeurs est permise, alors la porte est ouverte à toutes sortes de dérives (précisément, toutes celles que la loi n'a pas prévu d'interdire). De fait, ayant une certaine expérience de la recherche d'emploi, il m'est arrivé souvent de me demander si les critères de sélection qui ornent les offres d'emploi n'étaient pas globalement discriminatoires. Les employeurs ne seraient-ils pas plus honnêtes, au fond, en précisant d'emblée qu'ils ne comptent recruter que des personnes dûment parrainées par des cadres de leurs entreprises ?


Pardon, je m'emporte, et mon souci d'objectivité en prend un coup... Lorsqu'il est question de discriminations, en l'occurrence au nom d'une forme de puritanisme assez abjecte, j'ai du mal à garder mon calme...

Commentaire n°1 posté par Professeur Couillon le 22/08/2006 à 04h17
Pour le Français qui se veut Libre et Démocratique

A lire tous ces propos et commentaires sur le Web, on peut constater que le Gouvernement, en accordant une certaine tolérance, a agit avec une sagesse encore insuffisante.

Rappelons simplement que pendant des décennies les militaires avaient comme Solde et Salaire des cigarettes "bas de gamme" et sans filtres.

Avant d'interdire de fumer il aurait fallu interdire de fabriquer les cigarettes et non pas de doubler leur prix ce qui peut être interprété sous forme de racket.

De nos jours, le fumeur est conscient des risques encourus pour la santé ce qui ne l'était pas auparavant. Il appartient à lui seul de décider de ses envies ou besoins et d'en assumer les conséquences.
Interdire à un fumeur de fumer c'est comme demander à un dentiste de ne plus utiliser de plomb dans la bouche de ses client.

Il y aura peut-être "campagne" pour l'interdiction de consommer le beurre, café et sel car cela augmente les risques de maladies cardiovasculaires ou encore le vin qui rend non seulement malade (de la tête), mais également alcoolique.

Interdire également aux usines de tourner (travailler) pour produire ce que l'on sollicite, car la satisfaction d'obtenir d'un côté ce qui arrange, peut être néfaste à ceux qui n'en profitent pas ou qui n'en ont pas le besoin.

On pourrait également envisager "rapidement" l'obligation de se rendre au lieu de travail à pied ou à vélo (pour le vélo cela reste à étudier, car la fabrication de pneumatiques n'est peut-être pas la moins polluante) alors que les kilomètres à pied font du bien pour la santé.

Il semble que la tolérance n'est pas coutume et le fait de savoir gérer les priorités l'est encore moins. Le plus désolant dans toute cette polémique est de constater que la stupidité humaine n'a pas de limites et heureusement que celle-ci ne puisse tuer, on ne compterait pas 3000 morts par an, ce qui est énorme et déplorable, mais peut -être plus que 3000 survivants.

Il existe cependant une seule formule de base au pouvoir unique et magique qui permet de résoudre tous les problèmes de ce bas monde, cette formule ne trouve pas facilement sa place face à la vanité de l'homme.

En utilisant cette formule avant l'action, il ne restera plus qu'à analyser votre réaction.

La formule pour mémoire : Ne jamais faire aux autres, ce que vous ne voulez pas que l'on vous fasse.

Jene Pigerien
Commentaire n°2 posté par Jene Pigerien le 07/02/2007 à 18h01
En effet les non fumeurs qui applauudissent à cette loi feraient bien de se taire prudememnt, car bientôt eux aussi seront sur la liste des prohibitionnistes talibanseques. Moi-même ne fume pas, mais depuis environ 1999 j'ai commencé à trouver que cette campagne prenait un tour non seulement scandaleux et révoltant, mais très très inquiétant, pour TOUS
comme il est dit dans votre article:
"On peut en conclure que d'autres interdictions professionnelles pourraient apparaître sur la base de ce qui n'est pas énuméré par la loi... (on songe bien sûr à "alcooliques s'abstenir", mais pourquoi pas "obèses s'abstenir", "diabétiques s'abstenir", "insomniaques s'abstenir", "lecteurs de Nietzsche s'abstenir"...?)"

(Pour ne pas parler de l'aspect "rideaude fumée" - sans jeu de mot - d'une diabolisation orchestrée de cette pratique qui a diminué de moitié depuis 1945, tandis que dans le même temps l'aincidence des cancers du poumon était multipliée par 12 ! le moindre esprit scientifique devrait mener à chercher ailleurs non ? qu'est ce qui est cancérigène et qui a qui est apparu et n'a cessé de croitre à partir de 1945 environ ? je vous laiss chercher la réponse. )
Et puis d'abord interdisons les voitures car elles fument plus qu'un fumeurs et ces fumées certainement encore plus devastatrices que celles du tabac et je suis assez surpris de voir que personne n'a relevé ce fait bizarre non ?
Commentaire n°3 posté par Roland le 01/03/2009 à 19h30

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Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.

 

Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).

 

Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Autres représentations  : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

 

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