Bloc-notes
La burqa au-delà du religieux: proposition de commission d'enquête parlementaire
En ligne le 18 juin 2009
Une soixantaine de députés proposent une « commission d'enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national »
(1).
Les motifs s'appuient d'abord sur le principe de laïcité. Mais, conscients que ce dernier ne peut interdire le port de signes religieux que dans l'espace relevant de l'autorité publique et non dans
l'espace civil accessible au public, les députés font justement remarquer que ces masques excèdent largement toute signification religieuse :
il ne s’agit plus seulement d’une manifestation religieuse ostentatoire mais d’une atteinte à la dignité de la femme et à l’affirmation de la féminité.
On pourrait certes ironiser sur l'argument d'une atteinte à « l'affirmation de la féminité » : en quoi le législateur, chargé des droits des personnes de tous sexes - droits parmi
lesquels figure le droit d'opinion, est-il habilité à s'assurer que la féminité s'affirme ? et qu'y a-t-il de plus affirmatif de la
féminité conçue comme une essence qu'un voile intégral
ou qu'une
burqa - tellement affirmatif qu'il s'agit de rayer toute personne du champ de vision civil au seul motif qu'elle est de sexe féminin et de la remplacer par une ombre, trou noir
bien visible où vient s'abolir l'humanité ! Il est certain que pour les talibans
La Femme existe !
Mais ne faisons pas la fine bouche en pinaillant de façon déplacée. Justement c'est cet
effacement , ce déni, qui constitue le cœur du problème. Et l'analyse « au-delà du
religieux » est à mon avis le bon angle d'attaque pour s'en saisir.
Car est au-delà du religieux le port délibéré (2) d'un masque intégral assorti du refus de s'en dessaisir. Il s'agit à la fois d'un déni d'identité, d'un déni de relation civile à autrui, d'un
obstacle à la plupart des actes courants de la vie civile, d'un déni d'identification. Ajoutons que, non identifiable, le porteur (la porteuse) de masque s'efface de la vie civile dans laquelle il
(elle) prétend pourtant circuler, et que la nature de cet effacement est aussi une menace pour la sécurité publique.
Il y a presque un an, je parlais ici même de la
burqa comme d'« un hold-up permanent qui s'en prend violemment à la liberté des femmes ».
Lire l'article de juillet 2008 : La burqua, masque et prison, à la fois au-dessus et au-dessous de la loi.
NB [Edit du 22 06 2009] Et celui du 22 juin 2009
: Burqa et niqab au-delà du
masque : une dépersonnalisation indifférenciée.
1 - Lire la proposition sur le site de l'Assemblée nationale.
2 - Que cette volonté soit celle de la personne ou celle d'autrui ne change rien à la question ; on n'est pas ici dans le cas d'une personne défigurée qui est obligée
de porter un masque.
Attendez-vous à savoir et vous saurez, chère Mezetulle, que la bure ne fait pas la nonne, que le filet protège des moustiques et que les droits de l'Homme, c'est clair, ne sont pas ceux de la femme.
Votre récent article sur Obama m'a rendu furieux de jalousie, aussi veuillez ne voir dans ce commentaire d'humeur que les humeurs noires de la vexation.
Je ne me permettrais pas une telle sortie si nous ne nous connaissions déjà un peu, chacun par nos blogs.
Parlerez-vous de ce qui se passe en Iran ou est-ce trop tôt ?
Merci de vos articles frondeurs et merci à vos complices.
des insignes religieux ? Johnny avec croix + viande tant en interview que sur scène!
Les footballeurs qui se signent et Tiberi qui va bientôt installer sontapis de prière sur
le terrain ...Ne sentez-vous pas que qu'à force de narguer le mécréant, la violence va
grandir . La religion est une affaire INTIME, nul n'est besoin de la brandir .
La liberté d'opinion ? La religion n 'est pas une opinion ordinaire . Ce type d'opinion
justifie trop de guerres dans notre monde . Je ne vous convaincrai pas, mais
j'attends les faits . L'actualité "burqa" (qui n'en est nest pas ) est une première
étape timide dans ma lutte .
Meilleures salutations .
Je vous invite à relire de près les deux premiers articles de la loi de 1905.
Bien sûr que "je persiste" à distinguer espace relevant de l'autorité publique et espace civil !
Pour les lecteurs qui viennent de prendre connaissance de ce blog et des débats sur la laïcité qui y prennent place, je me permets de renvoyer - entre autres - à La laïcité face au communautarisme et à l'ultra-laïcisme et pour ceux qui lisent l'anglais à Secularism and French Politics.
Pour autant, à une loi je préfèrerais de loin une puissante campagne d'opinion, à l'initiative des mouvements féministes, ou des partis politiques de gauche, si du moins ces derniers possédaient encore ce que je me proposais justement d'exhiber plus haut !
Le cas de la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux ostensibles à l'école publique primaire et secondaire était relativement plus clair, dans la mesure où ce qui était en débat c'était la question de savoir si l'école publique élémentaire et secondaire est intégralement incluse dans l'espace de l'autorité publique - où s'applique le principe strict d'abstention-, y compris les élèves. Ici en revanche c'est l'ensemble de l'espace civil - où s'applique la tolérance - qui est concerné. Mon avis est que, si on considère la burqa comme un signe religieux, il sera impossible de l'interdire. En revanche, s'il est établi qu'il s'agit d'un déni d'identité et d'identification, les choses sont beaucoup plus faciles puisqu'il s'agit de la sécurité publique. La comparaison avec les cagoules et masques de malfrats me semble évidente. Qu'en pense Mme Alliot-Marie ?
Mais s'agissant du fond de la question (il s'agit aussi d'un déni de liberté et d'une atteinte à la dignité) je suis d'accord avec vous : la campagne d'opinion est plus efficace. Et là c'est plutôt la comparaison avec les cagoules de type Ku Klux Klan qui serait plus pertinente. L'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire est de toute façon un accélérateur pour le débat public.
Le déni d'identité est impossible à établir. Pour certaines femmes, se voiler intégralement c'est affirmer leur identité religieuse contre l'Occident assimilateur.
De deux choses l'une: ou bien on se penche en sociologue et en statisticien sur la signification quotidienne de ce port vestimentaire pour les femmes concernées (on découvrirait peut-être que 51 % ou plus ne sont pas d'accord et obéissent sous la contrainte...), ou bien on statue sur une question "de droit". Votre position a toujours été la seconde, le statut de droit. Par cohérence, il me semble que vous devez vous y tenir.
Ainsi donc si le déni d'identité n'est pas consubstantiel à ce port vestimentaire, le débat devrait être clos.
C'est une question de "simplicité" et je renvoie à votre argument (qui m'a convaincu) sur la "simplicité" dans votre réponse récente à l'un de mes messages (on peut y renvoyer les lecteurs).
Vous disiez notamment (dans votre réponse à mon même message) que même si on pouvait prouver qu'une religion conduit au terrorisme, il faudrait montrer que le terrorisme est consubstantiel à son dogme pour pouvoir l'interdire (ce qui semble impossible).
Sur le déni, j'ajoute cet argument: se préoccupe-t-on, de manière équivalente, des Français qui refusent leur identité française, des jeunes gens de la bourgeoisie urbaine qui refusent leur identité bourgeoise (par exemple en écoutant du rap et en votant pour le NPA), de certains garçons efféminés qui se cachent à eux-mêmes leur virilité, etc. Se préoccupe-t-on de tous les agents (journalistes, enseignants, etc.) qui contribuent à cette espèce d'aliénation généralisée qu'est la repentance (comme déni d'occidentalisme)? Eh bien, une femme a pareilement le droit ne ne pas se reconnaître prioritairement dans les critères de féminité assignées par la société (une société qui plus est occidentale); elle a le droit de se voir davantage soi-même dans un rôle d'épouse (qui n'est pas de l'esclavage) et de fidèle croyante (qui dans les termes de la loi n'est pas assimilable à l'esclavage). Il est très difficile de juger le déni d'identité chez les autres sans violer les droits de l'individu.
Certes, il y aurait le déni d'identification. C'est plus subtil, mais je ne suis pas sûr que la loi ait prévu que tout individu marchant dans la rue doive impérativement montrer son vrai visage, urtout s'il est innocent de tout délit et n'est pas recherché. Qu'est-ce qui m'interdit de mettre une perruque, une fausse barbe et des lunettes sombres?
Les réactions dans les commentaires ci-dessus m'étonnent un peu. On ne peut pas interdire une pratique parce qu'elle est réprouvée par une majorité. Sinon, on interdirait peut-être le port du voile, voire la religion musulmane... La démocratie d'opinion c'est la tyrannie.
Ce projet d'interdiction, assorti des justifications "philosophiques" qu'on peut lire ici ou là, me rappelle un peu ce dicton: qui veut noyer son chien dit qu'il a la rage...
Rappelons d'abord que la proposition des parlementaires n'aborde nullement la question d'une loi. Elle se contente d'ouvrir une enquête : ce faisant elle réclame un débat et montre, par l'émoi qu'elle soulève, que la question n'est pas loin de toucher l'ordre public.
J'ai rappelé dans mon billet - et j'ai dit clairement dans l'article plus long que j'ai écrit en 2008 - qu'il me semble impossible d'interdire burqa et voile intégral au motif de "signes religieux" dans l'espace civil puisque le principe de laïcité impose l'abstention dans le seul espace relevant de l'autorité publique et au contraire établit la tolérance dans l'espace civil. Cela a toujours été ma position. Aussi lorsque j'entends certains dire "il faut interdire la burqa parce que la laïcité interdit le port de signes religieux ostentatoires" je me dis ou bien qu'ils n'ont rien compris ou bien qu'ils entretiennent volontairement une confusion préjudiciable au débat.
Quant à la question de la "féminité", vous savez ce que j'en pense et j'y ai fait allusion dans le billet ci-dessus. Le législateur n'a pas à décider si elle existe, et si oui si elle doit se manifester, et si oui si elle doit prendre des formes déterminées. Je suis entièrement d'accord avec vous. Sur une telle voie, on pourra bientôt m'interdire le port du pantalon...
J'ai donc soulevé la question du masque volontaire, destiné à dérober son identité. Cela différencie fortement burqa et voile intégral de ce qu'on appelle le voile islamique lequel ne masque pas la personne. Cette question n'est d'ailleurs pas propre à la burqa et au voile intégral, et c'est ce qui la rend à mon avis intéressante : elle est générale, elle concerne tout recel volontaire d'identité et son effet est l'impossibilité de l'identification physique.
C'est le problème d'une personne qui déclare, "je ne suis personne, ma présence est entièrement épuisée par l'effacement". Il se peut, comme vous le faites remarquer, que la proposition résulte d'une injonction à la deuxième personne "tu n'es personne", mais en tout cas son effet se conjugue à la troisième personne : "il (elle) n'est personne". Il (elle) n'est jamais identifiable dans l'espace civil.
C'est à mon avis le seul angle d'attaque pertinent, car l'approche en termes de "signes religieux" ne tient pas la route. Et celle en termes d'oppression des femmes est très difficile à établir puisque certaines prétendent porter la burqa volontairement... entendant ainsi affirmer leur identité culturelle et... leur féminité ! Le reste relève du débat de société - et dans ce débat de société bien entendu je ne me gêne pas pour dire mon hostilité à la burqa.
Revenons donc à la question du masque (déni d'identification par refus d'indiquer son identité) qui semble simple : elle revient à se demander si on a le droit d'interdire les masques dans l'espace civil. Spontanément, on répondra oui.
Mais cette simplicité n'est qu'apparente. Vous avez parfaitement raison de le faire remarquer. Car aucune loi à ma connaissance n'interdit cela. En effet, personne n'est tenu de décliner son identitéde manière constante et publique, ni même d'en montrer un indice. Cela n'est exigé que dans des circonstances précises - contrôle d'identité, accès à certains espaces comme les banques, existence d'un décret momentané suite à une menace terroriste par ex. On est renvoyé à une question analogue à celle des autorisations de vidéosurveillance.
Je me souviens que Mme Alliot-Marie a proposé l'interdiction des cagoules lors des manifestations. Je lui donne raison, mais je remarque que c'est encore une circonstance déterminée.
Votre remarque sur la perruque, la fausse barbe et les lunettes noires va dans ce sens.
Si ce que je dis est correct, il reste à s'interroger sur la réglementation du port des masques. Il me semble qu'on peut obtenir une réglementation : réglementation dans les transports, les lieux clos accessibles au public, les magasins, les grandes surfaces. Quant à une interdiction totale, c'est une autre paire de manches qui me semble très difficile à engager. On a donc besoin d'une clarification, et surtout d'éclaircissements juridiques.
En attendant, je propose de mettre à l'épreuve ce que je viens de dire: promenons-nous dans la rue avec un masque sur le visage, ne laissant voir que les yeux. Je pousserais volontiers la provoc jusqu'à porter une cagoule pointue de pénitent, faisant penser aux cagoules KKK. Nous verrons bien. Si on nous interpelle, nous pourrons dire "si on a le droit de se promener en burqa on doit pouvoir aussi porter un masque". Et symétriquement, allons dans une manifestation revêtus de voiles intégraux ou de burqas : si on ne nous interpelle pas, nous devrons dire "comment se fait-il qu'on interpelle les cagoulés et pas nous" ?
Chère Catherine, c'est vraiment un excellent exemple ! Dans les deux cas il s'agit bien d'un symbole de haine. Ce que je voulais souligner néanmoins, c'est que même sur la voie publique, ma liberté vestimentaire n'est pas totale : elle s'arrête là où commence le droit des autres à ne pas être agressés visuellement. Or je ne suis pas le seul à me sentir agressé dans mes convictions profondes par la vision d'une femme en burqa. Je pense pouvoir dire que tout citoyen doit l'être, presque par définition. Enfin, je voulais également me situer sur un plan pratique : la question de savoir ce que l'on peut tolérer sur la voie publique ne peut pas se résoudre par la raison pure, et même si je reconnais l'utilité et la rationalité de vos arguments, il me semble que si 90 % de la population se dit choquée par le port de tel ou tel vêtement, de toute façon l'affaire est réglée.
Sur votre argument de la réglementation dans certains lieux (postes, gares, rue, manifestations, transports publics), je suis parfaitement d'accord, car c'est un argement inattaquable. On devrait d'ailleurs se pencher de plus près sur l'accoutrement des racailles, qui se mettent une écharpe enroulée jusqu'au nez, des lunettes noires et une casquette, de sorte qu'on ne reconaît aucune partie du visage et qu'on ne peut établir aucun portrait robot ... Mais vous savez ce qu'on vous répondra en s'appuyant sur "le fait de société" soulevé ici: les femmes en burqa qui ne pourront plus apparaître en burqa, seront séquestrées par leurs maris... Drôle de façon de "libérer" les femmes...
Pour ce qui est des contrôles d'identité, on ne peut rien préjuger, et c'est là que votre argument me paraît plus contestable. Hier encore dans un reportage TV, une femme en burqa disait ôter son voile noir lors des contrôles...
L'argument que je trouve le plus fragile, dans votre texte et ceux afférents, c'est celui qui porte sur l'identité personnelle. J'y reviens juste un instant. 1° On ne sait pas comment une femme en burqa se pense, conçoit et vit son individualité. Chaque cas est particulier. 2° L'effacement de soi est une liberté de la personne, du moins dans certaines limites. Je pense à l'attitude spirituelle qui consiste par exemple à neutraliser son moi (le moi est haïssable, a-t-on dit...) pour laisser parler une instance supérieure (Dieu, la communauté unifiée comme un corps divin, etc.). 3° La contrainte des maris sur les femmes est difficile à mesurer; comment, par exemple faire la part d'influence, de suggestion, de persuasion...? Et ce problème concernerait aussi des couples chrétiens, des couples athées, etc., où le mari commande parfois avec force et intimidation. La religion n'est plus ici qu'un prétexte ou un levier (encore que je ne sous-estime pas la force contraignante des religions, celles-ci ayant, pour ainsi dire par fonction, un pouvoir de contrôle et de coercition sur les individus).
Quant à l'identité féminine, il faudrait que les députés nous la définissent. Au moins, on s'amuserait bien!
Donc j'aimerais bien interpeller le Ministre de l'Intérieur sur tout cela. De toute façon une commission est une bonne chose et si elle est créée les questions apparaîtront lors de son travail, dans toute leur complexité.
Sur l'argument de la séquestration "supplémentaire", on a déjà vu passer cela pour bloquer la loi de 2004 ("vous allez les chasser de l'école et les priver d'instruction"). Et puis on a vu ... rien du tout. Au fond, il consiste à maintenir une oppression sous prétexte d'en éviter une autre, à maintenir une injustice sous prétexte d'éviter un mal qu'on présente comme pire.
Je vous donne un exemple dans un tout autre domaine. Lorsqu'il a été question de mélanger les Noirs et les Blancs dans les obédiences maçonniques américaines, certaines obédiences blanches ont tout simplement dit "cette fusion détruirait les obédiences de nos frères noirs, ce serait une mauvaise action, restons séparés !".
Et pour ce qui est des entraves à la vie ordinaire, la burqa en place déjà pas mal : pas moyen de travailler (sauf télétravail), pas moyen de parler à qui que ce soit, pas moyen de manger, de boire en public, difficulté pour faire des courses, pour exécuter un grand nombre de mouvements... la séquestration est en marche.
Et je me demande si la réclusion à la maison est vraiment à prendre au sérieux : la burqa est un affichage assez souvent militant, elle affirme une mainmise et cette mainmise doit être visible pour être efficace.
Je prendrai la chose par l'autre côté : il faudrait s'inquiéter davantage au sujet des brimades et séquestrations subies par nombre de non-voilées !
Je suis d'accord avec vous sur les questions philosophiques (effacement de soi, dévotion...) mais cet effacement n'est pas coïncident avec l'état civil : on peut vouloir s'effacer philosophiquement ou religieusement sans traduire cet effacement en termes civils. Nous en avons déjà discuté, me semble-t-il, dans les commentaires de l'article La burqa masque et prison, et j'avais argumenté que la personne en burqa n'est comparable ni à un religieux cloîtré ni à un condamné à la détention perpétuelle.
1° En Belgique, de nombreuses municipalités ont un règlement de police selon lequel il est interdit de dissimuler son visage sur la voie publique, sauf période de Carnaval : la burqa et le niqab ne sont donc licites que comme déguisements temporaires !
2° Je viens de lire au JO du 20 juin que le Décret no 2009-724 du 19 juin 2009 relatif à l’incrimination de dissimulation illicitedu visage à l’occasion de manifestations sur la voie publique vient de paraître... On ne me fera pas croire que c'est purement fortuit, alors qu'aucune manif importante n'est annoncée (à ma connaissance), on dirait que le Ministère de l'Intérieur commence à poser un jalon. Espérons que ce n'est qu'un début !