Sur Les Archives internationales de la danse, 1931-1952
ouvrage collectif (Centre national de la danse, 2006)
par Catherine Kintzler (en ligne 29 mai 06)
Aucun réel travail de recherche n'avait été consacré aux Archives internationales de la danse, précise Claire Rousier dans sa présentation. Cet ouvrage ne se contente pas
de combler la lacune en réunissant une documentation exceptionnelle, il éclaire la dimension critique par laquelle la danse, en se saisissant de son histoire, est devenue maintenant un modèle
esthétique et un enjeu pour la pensée contemporaine.
Récemment publié par le Centre national de la danse (collection "Recherche") sous la direction d'Inge Baxmann, Claire Rousier et Patrizia Veroli, ce magnifique
ouvrage in quarto de 250 pages, superbement illustré, matérialise l'aboutissement d'un programme de recherche commencé en 2003. Il réunit des études dont on trouvera le sommaire ci-dessous, des
documents (photos, fac-simile), et des annexes qui forment à la fin du volume un outil de travail précieux (chronologies, liste des conférences, biographies, liste des publications et des
expositions).
dit la présentation en 4e page de couverture.
Effectivement, il fallait d'abord réunir ces aspects dispersés et redonner un corps à ce qui fut en même temps un centre de recherches, une maison d'archives, un programme de promotion, de
révélation et de diffusion de la danse moderne et un lieu de réflexion. Mais l'entreprise va bien au-delà d'une identification documentaire encadrée par une périodisation (1931-1952) et repérable
par des noms propres (Rolf de Maré fondateur et Pierre Tugal conservateur), des manifestations (conférences, spectacles, expositions, concours), des publications (la Revue elle-même), des lieux
(l'hôtel de la rue Vital à Paris), des programmes de recherche (notamment en sociologie et ethnologie), un fonds documentaire (actuellement réparti entre le Dansmuseet de Stockholm et la
Bibliothèque Musée de l'Opéra de Paris). Elle permet de situer en effet un enjeu de pensée parce qu'un véritable objet thématique s'y déploie sous la forme d'une vie intellectuelle, multiforme,
traversée par l'histoire, mais surtout se saisissant réflexivement de la question de l'histoire et de la mémoire.
Retracer l'histoire et parcourir l'ampleur de ce qui fut une encyclopédie et un mouvement chorégraphique, ce n'est pas se contenter de jeter un regard sur le passé. C'est au contraire se rendre
compte comment (et s'obliger à comprendre pourquoi) la danse, d'un art codifié et transmis par la voie immémoriale de l'oralité, voué à l'admiration des uns et à la virtuosité des autres,
séparant en quelque sorte les corps, est devenue pour nous un paradigme esthétique qui engage le corps de chacun et qui pour cette raison se situe aujourd'hui au foyer des arts contemporains. Et
du même coup, bouleversant l'appréhension du corps dansant et la notion de "danse" par celle d'oeuvre chorégraphique, la danse moderne a dû se poser à nouveaux frais la question de sa propre
mémoire. On voit ici, parallèlement, par quelles voies de pensée et d'action elle a quitté une conception téléologique ou épique de l'histoire pour s'appréhender elle-même de façon critique et
problématique. Ce livre s'adresse donc bien évidemment aux danseurs et chercheurs en danse, à tous ceux qu'intéresse l'art moderne et contemporain (car offert à la fois à la pensée et au regard,
il a sa place dans la bibliothèque de recherche aussi bien que sur la table basse des salons) ; il alimentera en outre de façon utile et concrète la réflexion des historiens et plus largement
celle des théoriciens des sciences humaines.
© Catherine Kintzler, 2006
Sommaire du livre
Introduction par Claire Rousier
Textes et documents
Annexes (coordination Marion Bastien)
La revue contient 270 articles
Les plus récents
Sommaire thématique de la Revue
Liste chronologique des articles
Quelques "classiques"
Interventions CK
Varia

Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).
Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Autres représentations : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
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