Bloc-notes
L'urgence économiquement correcte

En ligne le 20 février 09


Le président de la République annonce 2,6 milliards d'Euros de "mesures sociales".
Aussitôt un choeur de pleureuses énonomiquement correctes, les yeux rivés sur l'horizon européen, se lamente (1) : ça va creuser le déficit ! pensez donc: ces abrutis de consommateurs vont acheter de la camelote made in China et dilapider l'argent en nourriture... M'enfin, ouf c'est raisonnable ces miettes, encore heureux qu'on n'augmente pas le smic...

Bah, c'est vrai, on n'a donné que 1,4 milliard aux banques - pardon, "prêté" : ça ne compte pas.
Et puis 7, 8 milliards pour le secteur automobile, ça ne compte pas non plus vraiment, c'est plus compliqué que ça... vous n'avez pas compris, il faut voir les immenses retombées positives...
Oui, mais les gros remboursements dus au bouclier fiscal et les 8 milliards par an à trouver après suppression de taxe professionnelle (2) ? Pas de quoi pleurer là non plus : il y a des urgences plus urgentes que d'autres.


1 - Une recherche sur Google de la séquence "mesures sociales déficit" ramène dans ses filets une longue litanie de reprises d'une dépêche AFP dont voici une des occurrences. Le choeur chante à l'unisson - vous avez dit créativité ?

2- Et encore, je me contente des chiffres économiquement bienpensants. Daniel Cohn-Bendit, invité aujourd'hui par Christophe Barbier sur LCI, déclare au sujet du bouclier fiscal : "Ce n'est pas crédible de dire 2,6 milliards c'est énorme ce que je mets sur la table alors qu'on a fait un cadeau fiscal de 15 milliards chaque année à ceux qui peuvent le plus facilement s'en sortir". Le 22 février Laurent Fabius, invité du Magazine 13h15 sur France 2, a avancé les chiffres suivants : 1000 personnes reçoivent chaque année un chèque de 250 000 Euros de remboursement dû au bouclier fiscal.

Accueil                     Sommaire
Par Mezetulle
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Une référence que je crois utile d'ajouter, car elle émane d'un spécialiste de l'économie.

Dans son blog politique, Jacques Généreux critique sévèrement le plan de relance du président de la République annoncé fin 2008. Un grand nombre des arguments qu'il détaille s'applique aussi à l'annonce de ces miettes de mesures sociales.

Voici un bref extrait de l'article Sarkozy abandonne la France à la crise économique :

  • "En 2007, N. Sarkozy se présentait aux Français comme le « Président du pouvoir d’achat ». Aujourd’hui, on sait qu’il est le « Président du pouvoir de la tchatche ». Plus son discours se fait républicain et keynésien et plus il redistribue le pouvoir d’achat des salariés aux détenteurs du patrimoine et des plus hauts revenus. Plus il défend la « valeur travail » et plus il soutient les revenus du capital.
  • Le gouvernement sait trouver tous les milliards d’euros nécessaires pour sauver les banques et les marchés financiers responsables de la crise, mais il ne consent aucun effort significatif pour défendre le pouvoir d’achat et l’emploi des salariés victimes de la crise. Il ne consacre qu’un vingtième de son soi-disant plan de relance à distribuer une maigre obole aux travailleurs privés d’emploi. Rien pour les salaires ! Rien pour la modération des loyers prohibitifs dans le secteur privé ! Rien contre les taux d’intérêts usuraires imposés par les banques aux ménages surendettés.
  • Au scandale social, s’ajoute l’erreur économique la plus grossière. Déjà, avec le paquet fiscal de 2007, la droite gaspille 15 Md par an, à gonfler les revenus des plus riches (bouclier fiscal, exonération des successions, etc.) et à rendre les heures supplémentaires moins onéreuses que les heures ordinaires. Ce dernier mécanisme est particulièrement pervers en période de récession : il incite les entreprises à licencier et à réduire l’emploi, quitte, en cas de besoin, à reporter une surcharge de travail sur les salariés. Le seul moyen de soutenir rapidement l’activité économique consiste à soutenir le pouvoir d’achat, l’emploi, et la consommation des salariés aux revenus modestes ou moyens. Non content de ne rien faire en ce sens, le gouvernement maintien un mécanisme d’incitation au licenciement, et supprime par dizaines de milliers les emplois dans les services publics."
Commentaire n°1 posté par Mezetulle le 24/02/2009 à 00h09

Annonce spéciale

Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.


Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Cinq représentations auront lieu  : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

Télécharger l'affiche du 25 février en JPEG, en PDF.

La revue: articles de fond

La revue contient 263 articles

Les plus récents

Sommaire thématique de la Revue

Liste chronologique des articles


Quelques "classiques"

Les annonces

Interventions CK

Varia

Si ça vous plaît

Votre blog ?

Abonnement Flux RSS

  • Flux RSS des articles

Contact

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés