Toujours la même réforme
par Marie Perret

En ligne le 5 février  2009
avec l'aimable autorisation de l'UFAL

Le 29 janvier a été une journée de forte mobilisation. Elle a été l’occasion de dénoncer la casse des services publics qui n’est qu’une application servile des directives européennes, et en particulier de l’Accord Général sur le Commerce des Services. Aux yeux des chantres du néolibéralisme, que sont, en effet, les services publics ? Un marché juteux injustement soustrait à la loi du profit. Des bénéfices potentiels qui échappent encore à leur insatiable avidité. Tout comme la poste et les hôpitaux, l’école publique fait les frais d’une «  politique  » qui mérite à peine ce nom tant elle est soumise aux seuls impératifs du Marché.


Les réformes mises en œuvre par le gouvernement opèrent à la manière d’un dispositif à double détente. Il s’agit d’abord de diminuer les coûts, de « faire des économies » : diminution des horaires d’enseignement dans le primaire, réductions drastiques du nombre de postes, liquidation des RASED, dégraissage des enseignements dans les lycées professionnels, remise en question de l’existence des maternelles par la création de jardins d’enfants privés, voilà autant de mesures visant au désengagement de l’Etat. Mais il s’agit également d’affaiblir l’école publique en lui retirant le peu de prestige dont elle jouissait encore afin de favoriser l’enseignement privé. Pour ce faire, le gouvernement s’emploie à vider le service public d’enseignement de son contenu, renvoyant les élèves dont les parents en ont les moyens vers des officines de cours complémentaires ou vers des établissements privés, lesquels sont, via les réductions d’impôts, indirectement financés... par l’Etat. Tel est le sens de la réforme des lycées, qui réduit les disciplines à un saupoudrage. Tel est le sens de la réforme des concours de recrutement des professeurs, qui diminue encore un peu plus la part disciplinaire.

De ce point de vue, Xavier Darcos s’inscrit dans la même logique que ses prédécesseurs. Pour faire croire à la « rupture », il a bien agité quelques chiffons rouges : le retour aux fondamentaux, la fin de « l’impressionnisme » en matière d’enseignement, l’importance des savoirs. Mais il n’a dupé personne. Loin de relever le niveau d’exigence et de réinstituer l’autorité du maître, les réformes mises en œuvre par Xavier Darcos grossiront la cohorte des mesures qui, depuis trente ans, rendent, de fait, impossible ce qui constitue pourtant la principale mission de l’école publique : instruire les élèves pour qu’ils puissent devenir des citoyens libres et éclairés. En ce sens, il n’y a pas eu « des » réformes mais bien « une » réforme qui, au fond, est la même depuis au moins trente ans. Qu’elle soit mise en œuvre de façon brutale (par des économies drastiques) ou bien de façon douce (par la remise en question de l’importance du savoir et par la volonté d’adapter l’école à la société), la réforme a toujours la même visée : abaisser l’école républicaine.


© Marie Perret et UFAL-Ecole,  2009

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Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.


Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Eric Perré : Jean-Jacques Rousseau, Eric Péron : Jean d'Alembert.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie d'Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Cinq représentations auront lieu  : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Saint- Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

Télécharger l'affiche du 25 février en JPEG, en PDF.

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