Bloc-notes
Une légende urbaine universitaire
En ces temps de rentrée, je constate encore une fois que de nombreux étudiants, parmi lesquels des enseignants du secondaire, croient dur comme
fer à ce qui n'est qu'une rumeur, une légende urbaine : les professeurs d'université seraient rétribués "à la tête de pipe" pour diriger des travaux de recherche (mémoires de master et thèses) et
chaque fois qu'ils participent à un jury de soutenance...
C'est faux. La direction de travaux ne rapporte pas un centime "à la tête de pipe" (principe qui serait du reste inquiétant, puisque cela encouragerait chaque
professeur à accepter le plus grand nombre possible de doctorants ce qui se traduit mécaniquement par une diminution de leur suivi individuel), pas plus que la participation à un jury de
soutenance.
Il existe certes une prime d'encadrement doctoral dont le montant n'est pas négligeable, mais l'appréciation des conditions pour l'obtenir est telle qu'on ne peut les satisfaire qu'en
compromettant les autres activités normales d'un professeur et au prix de ce qui est une forme de servitude, car elles excèdent largement et explicitement les obligations de service.
Par exemple il faut s'engager, entre autres, à rester disponible (à rester physiquement sur le lieu de résidence administrative : c'est la lecture restrictive pratiquée par nombre d'universités)
pendant toute la durée de l'année civile et cela pour une période de quatre ans consécutifs. Difficile dans ces conditions d'aller fréquenter une bibliothèque lointaine ou de rencontrer des
équipes de recherche à l'étranger... Et on ne manquera pas ensuite de reprocher à celui qui aura ainsi souscrit à ce contrat léonin, dont l'appréciation est entièrement à la discrétion d'un
administrateur mesquin, son absence de participation à des colloques internationaux, etc.
Voir les modalités présentées sur le site de
l'université de Lille III (on appréciera tout particulièrement le paragraphe sur l'obligation de résidence "tout au long de l'année civile").
Sur les légendes urbaines, quelques sites en français : Myth-hunter, Hoaxbuster, Tatoufaux et un grand classique en anglais : Snopes.com
L'article "Légende urbaine" de Wikipédia n'est pas mal fait, on y trouve une biblio intéressante : preuve que je
ne suis pas systématiquement hostile à Wikipédia comme on me le reproche à tort parfois - même si Wikipédia est un lieu lui-même propice à la propagation de légendes, c'est aussi un site où ces
légendes peuvent être démasquées...
Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris
dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Cinq représentations auront lieu : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
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Varia

Quelles que soient les "moeurs" auxquelles vous faites allusion, sans aucun fondement objectif, il me semble difficile d'exiger une disponibilité constante à ce point. On n'est pas de mauvaises moeurs en s'absentant le dimanche ! Vous présentez cette mesure (qui est rédigée de telle sorte qu'elle laisse le champ libre aux appréciations arbitraires) sous un régime moral comme une sorte de punition en réaction à des moeurs supposées : c'est une manière de reconnaître qu'elle relève de la brimade. Ne confondons pas droit et morale.
NB. L'adresse mail laissée par le commentateur n'est pas valide (voir ici les règles de publication et de censure des commentaires sur ce blog). Je publie néanmoins le commentaire : c'est un exemple à verser au dossier de la mentalité "antiprof" dont le billet fait état...