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Ecole: révision indispensable, par Denis Kambouchner
A lire dans Le Monde du 8 avril un article de Denis Kambouchner sur l'école et le "recentrage" des programmes.
Début de l'article :
Le "recentrage" de l'école est-il mal parti ? Les nouveaux programmes de primaire et de maternelle, publiés le 20 février, sont aujourd'hui soumis à un feu nourri de critiques émanant des organisations syndicales et des cercles pédagogiques. Deux anciens ministres de l'éducation nationale, Jack Lang et Luc Ferry, y ont joint leur voix dans une tribune remarquée (Le Monde du 14 mars).
Ces programmes, dit-on, porteraient un "alourdissement des contenus", une "conception mécaniste des apprentissages" et un "affaiblissement de leur dimension culturelle". En renonçant à la "transversalité des savoirs" au profit des seules "approches transmissives", ils sacrifieraient "l'envie d'apprendre" qui est "la condition première de la réussite". Sous un affichage avantageux, on ne trouverait en fait qu'"appauvrissement intellectuel" et "déni de la pédagogie", bref, "populisme scolaire" et réaction sur tous les plans.
Qu'y a-t-il de fondé dans ces critiques ? Soit dit sans parti pris, peu de chose. Certes, le texte présenté par le ministère de l'éducation nationale ne répond pas à une inspiration unique, et il comporte quelques concessions à des thèmes imposés. Néanmoins, dans ses parties principales, telles que celle qui concerne le français, il apparaît comparativement comme le plus solide et le moins idéologique qu'on ait connu depuis des décennies.
La raison en est simple : renonçant à délivrer, comme les programmes de 2002, toute une théorie des apprentissages, ce texte se borne, pour l'essentiel, à définir avec sobriété le contenu des enseignements, ainsi que les connaissances et compétences dont l'acquisition sera requise à chaque niveau et au terme de chaque cycle.
Mais apparemment c'est ce choix qui embarrasse.