Bloc-notes
Les bonnes manières de N. Sarkozy.
De la différence entre grossièreté et vulgarité
La vidéo prise le 23 février au Salon de l'agriculture où l'on entend le président de la République dire à un visiteur qui refuse de lui serrer la
main "Casse-toi, pauvre c***" a été vue par des centaines de milliers d'internautes. Mezetulle a voulu en avoir le coeur net et y est allée de son petit clic voyeur : le problème c'est qu'il ne
s'agit peut-être pas d'un écart de langage !
Quelle déception ! Je m'attendais à un style provocateur se voulant flamboyant. Mais pas du tout, ce fut une répartie (j'allais écire "réflexion" mais non, c'est trop, c'est trop)
toute ordinaire, bien peu claironnante, dite presque à mi-voix. En somme, la traduction basse et vulgaire de ce qu'un président aurait dû dire : "Mais monsieur, vous pouvez partir, personne ne
vous retient". Ou de ce qu'il aurait pu dire avec un peu plus d'esprit avant un important match de rugby: "Mais cher monsieur, personne ne vous a demandé d'aller au contact, il ne tient qu'à vous
d'éviter, c'est la meilleure chose à faire quand on craint le plaquage !"
Voilà le plus affligeant: nulle colère, nul emportement de passion qui aurait pu expliquer un tel débordement de langage, et qui en aurait accusé le caractère extra-ordinaire. Non, juste un peu
d'agacement, bien peu de chose en somme. Alors ce qu'on soupçonne de découvrir, atterré, c'est justement que ce n'est pas un écart de langage : il doit probablement parler tout le temps comme ça, c'est naturel !
On se souvient a contrario des écarts célèbres magnifiquement maîtrisés et distillés par De Gaulle. La grossièreté n'est pas exclue du monde littéraire. Mais la vulgarité ordinaire est
en elle-même un monde, tout un programme, lequel exclut la littérature et le mot d'esprit.
On souhaite bien du plaisir à Xavier Darcos pour restaurer à l'école les bonnes manières et le goût de la langue belle et forte.
C'est dur d'être dans un gouvernement présidé par un... [ici le lexique de Sarkozy est inadéquat, on pourrait mieux s'inspirer de celui que De Gaulle utilisa pour qualifier certain
monarque].
Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.
Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris
dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.
Eric Perré : Jean-Jacques Rousseau, Eric Péron : Jean d'Alembert.
Chorégraphie : Isabelle Dufau
Mise en scène et dramaturgie d'Eric Perré.
Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.
Cinq représentations auront lieu : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Saint- Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.
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Interventions CK
Varia

Un seigneur toujours doit donner à valetaille
Exemple de finesse et d’esprit d’à-propos
S’il déroge à cela il se peut que repos
Ne lui soit imposé par épée ou mitraille.
Ce que vais vous conter est chose véridique
Chacun pourra s’en faire claire opinion
D’autres diront sans doute « c’est pas mes oignons »
Et pourtant ces temps-cy, tout mot est politique.
Il était une fois un roitelet avide
A se faire mirer comme un œuf qu’il était
Dur de tête et mal cuit, coquille un peu pétée
Humeur labile et penser vide.
Allant en ces grands prés où paissent les bœufs gras
Il salue et sourit, parlote et puis s’expose
Ce lieu vous le savez ne sent toujours la rose
Tout allait bien jusqu’au funeste patatras.
Il tend à un manant sa main bien trop baguée
Pour ces lieux où d'aucuns savaient bottes chausser
L'homme ne veut la prendre, pis, veut se gausser
Du roi qui ne supporte point d'être nargué.
Certes ne fut malin de la part du Pays
Qui refusa la main à baiser de son maître
De le crier si fort qu’en toutes les fenêtres
Ses propos injurieux ont longtemps retenti...
Mais de la part du Roi, non plus ne fut sapiens
De répondre aussi sec « Casse-toi pauvre con »
Car c’est toujours celui qui dit qu’y est, au fond,
Après que soit passé un minime de temps.
Ô mes heures anciennes de langue châtiée
Où estes vous enfuies ? Où estes vous passées ?
Et que restera-t-il de celui qui voudrait
A toute force eschole et langue repasser ?
Où sont cachés les us des preux et gentilshommes
Qui savaient à l’injure rétorquer souris
Ou mieux encore oubli, ne mordant cette pomme
Envenimée que tend le salon de Paris
En toute chose il faut montrer le bon exemple.
Quoi! il n'est donc parmi les beaux gardiens du temple
Quelqu'un pour lui gauchir sa facheuse tendance
A croire tout permis dans le registre rance?
Redressez-vous Monsieur, si la chose est possible
Parler vrai ce n'est point dire des mots horribles
Et douloureux à l'ouie.
Souvenez-vous de Louis
Le XVI ème du nom.
C'est avec du mépris qu'on fait l'insurrection.
Il n'est pas exclu non plus que la personne qui éventuellement rapportait l'incident - si elle ne craignait pas pour sa tête ou sa liberté - en donnait une version probablement arrangée pour mieux figurer dans les gazettes ou les salons.
"Vous êtes de la merde dans un bas de soie" est une bien jolie phrase... mais qui sait si Napoléon n'avait pas en réalité traité Talleyrand de pauvre con ?...
Cela expliquerait d'ailleurs la réponse de ce dernier: "c'est grand dommage qu'un si grand homme soit si mal élevé"...
- Sur les vidéos omniprésentes. NS ne peut en ignorer l'existence, du reste il fonde une partie de ses techniques de communication sur elles, il doit aussi en maîtriser les dangers.
- Quant à savoir ce que Napoléon aurait dit et que par définition on ne saura jamais, avec des si on pourrait mettre Paris en bouteille...
- Enfin, à supposer que votre raisonnement soit valide ("NS peut bien faire cela puisque Napoléon l'a fait...") une c*** ne peut pas être une excuse pour en commettre une autre...
Lors d'une visite au Salon de l'agriculture, un visiteur dit à Jacques Chirac :
- "Connard !"
- "Enchanté! Jacques Chirac" a répondu le président.
cordialement