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Admission des femmes au Grand Orient de France, suite :
marche arrière par haine de la liberté?

En ligne le 22 avril 2010
[Une version plus développée de cet article est en ligne en date du 23 avril sur Rue89.com]


Dans une Lettre circulaire adressée aux Loges, le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France vient d'annoncer son intention de faire appel de la récente décision de la Justice maçonnique reconnaissant la liberté des Loges d'initier des femmes (voir le bloc-notes précédent). Si l'appel est effectivement interjeté et considéré comme recevable, c'est reparti pour un tour...
C'est ce dont fait état un article de L'Express.fr, signé par François Koch, daté du 22 avril.

 

Les attendus de l'appel, comme toujours, sont d'ordre formel et procédurier.
Mais on ose à peine imaginer les véritables raisons de ce retour à la case départ.

On savait certes qu'il existe au GODF des Loges à qui la liberté d'initier des femmes répugne: ce n'est pas de cela que je parle ici, Mezetulle ayant déjà abordé la question dans un dossier publié cet automne. Cette réaction à la récente décision de la Justice maçonnique suggère d'autres hypothèses, bien pires.

 

Car on peut à la rigueur comprendre - sinon admettre - que la liberté d'initier des femmes répugne à certaines Loges. Mais cela ne suffit pas à expliquer cette marche arrière spectaculaire : pour le faire, il faudrait supposer de plus que cette liberté leur répugne y compris et surtout si elle était  exercée par d'autres, sans rien restreindre de la leur (1). Et si jamais les autres exerçaient un droit - une force, un talent - que je m'interdis, où on va ? Cet altruisme, cette sollicitude et cette inquiétude pour ce que fait votre frère, ressemblent fort à ce que la charité a de plus féroce - on en connaît la roborative analyse qu'en fit Nietzsche dans sa Généalogie de la morale. Mais on n'a pas attendu Nietzsche pour en avoir la formule ironique et poétique, que Boileau, se rappelant un vers ancien, plaça dans son Lutrin : « Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots? »

On peut se laisser aller aussi à supposer que les mêmes n'ont pas digéré qu'un pouvoir judiciaire s'appuie sur un règlement écrit, ou plutôt que ce pouvoir s'appuie sur un silence de ce règlement - le silence de la loi, dernier refuge de la liberté naturelle.


On serait alors bien au-delà du machisme et des mesquineries. Une telle répulsion devant l'exercice d'un droit par ceux qui souhaitent en user et une telle indisposition devant le silence de la loi ne se borneraient pas en effet à exclure les femmes d'une association qui se veut philosophique et humaniste : je ne vois pas d'autre nom à leur donner que la haine de la liberté, espèce admirable et politique du ressentiment. Contrairement à ce qui arrive ordinairement, on passerait ici de la comédie à la tragédie - ce serait, il faut le reconnaître, une forme de grandeur (2).

Mais non, ce n'est pas possible, vous n'y pensez pas : comment des francs-maçons pourraient-ils haïr la liberté ? Ce sont juste des hypothèses malignes, inventées de toutes pièces par la méchanceté de Mezetulle. Car tant de fiel, sûrement, et tant de passions tristes ne peuvent entrer dans l'âme d'un franc-maçon.

  1. [Note ajoutée le 24 avril] On rappellera que le débat ne porte pas sur la mixité (la mixité obligerait toutes les loges à examiner les candidatures féminines), mais bien sur la liberté de chaque loge d'examiner et éventuellement d'initier, dans le cadre du règlement général, des impétrantes femmes. La liberté de le faire implique aussi celle de ne pas le faire : selon l'arrêt de la chambre suprême de justice maçonnique, les loges qui souhaitent rester unisexe masculin le pourront, aucune obligation ne leur étant imposée. Voilà pourquoi je me mêle de la question : il s'agit bien de la liberté, concept fondamental de la franc-maçonnerie et non d'imposer la mixité à toutes les loges, encore moins de forcer la porte du GO - avec lequel je travaille depuis longtemps et qui m'a toujours fait un accueil chaleureux et fraternel ! Cet article ne vise que certaines loges du GO : je ne leur reproche pas ici de refuser la mixité (c'est leur droit), mais de refuser la liberté d'autres loges d'examiner les candidatures quel que soit leur sexe.
  2. Il convient tout de même d'ajouter que la grandeur et la tragédie n'excluent pas le ridicule, qui peut atteindre des sommets.

Lire la version développée de cet article sur Rue89.com

 

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Admission des femmes au Grand Orient de France :
un pas en avant

En ligne le 10 avril 2010


Le 8 avril, la Chambre suprême de justice maçonnique du Grand Orient de France a rendu un jugement concernant la liberté des Loges d'initier des femmes : une telle initiation n'est pas contraire au règlement. Rien dans le règlement général du GODF ne s'y oppose en effet, et cela depuis belle lurette... En maçonnerie comme en république (il serait d'ailleurs plus juste et plus conforme à l'histoire d'inverser les termes) est permis tout ce qui n'est pas expressément interdit par la loi.

Ayant fort logiquement tiré la conséquence du silence du règlement concernant le sexe tant des candidats que des initiés, quelques Loges du GODF avaient en effet récemment bravé une tradition à caractère oral et coutumier en initiant des femmes : si la tradition de n'initier que des hommes est une liberté s'appuyant sur le silence de la loi écrite, alors rien ne s'oppose en effet à ce qu'une autre tradition s'installe et jouisse de cette même liberté. C'est sur la légitimité de cette démarche que la justice maçonnique, saisie par le Grand Maître, s'est prononcée. Désormais, les Loges du GODF pourront, si bon leur semble, examiner les candidatures féminines, et les admettre à l'initiation : libre à elles d'user ou non de cette liberté.

On se souvient que, en septembre 2009, le Convent du GODF s'était prononcé contre cette liberté. Un vif débat sur la question prit place à cette occasion dans les colonnes de Mezetulle. Dans un article qui distinguait notamment la question de mixité et la question de la liberté des Loges d'initier des personnes sans avoir égard à leur sexe, Charles Arambourou écrivait :
[...] la liberté des Loges est la seule solution maçonnique : que nulle ne prétende imposer aux autres son propre choix initiatique, dès lors que toutes respectent les principes et les statuts de l’association qui les fédère.
Comment se seraient exprimés les délégués au Convent du GODF s'ils avaient eu l'occasion d'entendre ces arguments au cours du débat qui leur fut refusé ? Certainement pas à 56% contre ! Ne refaisons pas l’histoire, mais sa roue tournera inéluctablement…
 

Charles avait raison : la roue tourne, grâce à ce qui fut traité comme une provocation et qui n'était que de la fermeté, et grâce à un pouvoir judiciaire digne de ce nom.
 

 

Lire l'article de Ch. Arambourou Mixité ? non : liberté des Loges ! (on y trouvera également les liens vers les autres textes du débat mené sur Mezetulle).

 

Lire l'article de F. Koch dans l'Express
Lire la dépêche AFP du 10 avril.

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Le méridien sort de son aquarium

En ligne le 2 avril 2010


Le bloc-notes précédent était bien sûr un poisson d'avril. Il sort donc aujourd'hui de son aquarium temporaire, Paris revient à la longitude Est 2° 20' 14'' ... 

 

Ce poisson d'avril m'a été inspiré par une profonde méditation sur un GPS de randonnée qui me donne bien du fil à retordre, par l'exploration du superbe Géoportail et du site de l'IGN où, rien qu'en promenant la souris sur des cartes en ligne (parfaitement lisibles jusqu'au 1/8000e : pour le randonneur, c'est le pied !), on voit défiler les latitudes et les longitudes au dixième de seconde près, et par la relecture à cette occasion de la Lettre sur l'attraction de Voltaire.

Je ne résiste pas au plaisir de citer le passage que j'ai maintes fois commenté en classe :


Voltaire, Lettres philosophiques ou Lettres anglaises (1734), Lettre XV sur Newton
 
[…] S'étant retiré en 1666 à la campagne, près de Cambridge, un jour qu'il se promenait dans son jardin et qu'il voyait des fruits tomber d'un arbre, il se laissa aller à une méditation profonde sur cette pesanteur dont tous les philosophes ont cherché si longtemps la cause en vain, et dans laquelle le vulgaire ne soupçonne pas même le mystère. Il se dit à lui-même : "De quelque hauteur dans notre hémisphère que tombassent ces corps, leur chute serait certainement dans la progression découverte par Galilée […] Ce pouvoir qui fait descendre les corps graves est le même, sans aucune diminution sensible, à quelque profondeur qu'on soit dans la terre et sur la plus haute montagne. Pourquoi ce pouvoir ne s'étendrait-il pas jusqu'à la lune ? Et, s'il est vrai qu'il pénètre jusque-là, n'y a-t-il pas grande apparence que ce pouvoir la retient dans son orbite et détermine son mouvement ? Mais si la lune obéit à ce principe, quel qu'il soit, n'est-il pas encore très raisonnable de croire que les autres planètes y sont également soumises ?
"Si ce pouvoir existe, il doit (ce qui est prouvé d'ailleurs) augmenter en raison renversée des carrés des distances. Il n'y a donc plus qu'à examiner le chemin que ferait un corps grave en tombant sur la terre d'une hauteur médiocre, et le chemin que ferait dans le même temps un corps qui tomberait de l'orbite de la lune. Pour en être instruit, il ne s'agit plus que d'avoir la mesure de la terre et la distance de la lune à la terre."
Voilà comment M. Newton raisonna. Mais on n'avait alors en Angleterre que de très fausses mesures de notre globe […]. Ce faux calcul ne s'accordant pas avec les conclusions que M. Newton voulait tirer, il les abandonna. Un Philosophe médiocre et qui n'aurait eu que de la vanité, eût fait cadrer comme il eût pu la mesure de la terre avec son système. M. Newton aima mieux abandonner alors son projet. Mais depuis que M. Picart eut mesuré la terre exactement, en traçant cette Méridienne qui fait tant d'honneur à la France, M. Newton reprit ses premières idées, et il trouva son compte avec le calcul de M. Picart. C'est une chose qui me paraît toujours admirable, qu'on ait découvert de si sublimes vérités avec l'aide d'un Quart de cercle et d'un peu d'arithmétique.
 

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Retour au méridien de Paris

En ligne le 1er avril 2010


Voltaire dans ses Lettres anglaises en célèbre la naissance, due aux premières mesures de l'abbé Picard en 1669. Denis Guedj lui consacra naguère un roman La Méridienne (Robert Laffont, 1997). Abandonné depuis 1884, le méridien de Paris va très probablement redevenir la référence-origine pour la mesure des longitudes.

Rappelons brièvement de quoi il s'agit.

La «méridienne» de France est constituée de l'ensemble des éléments déterminant la position géographique du méridien de Paris sur le territoire national. Le méridien de Paris passe par le centre de l'Observatoire de Paris et traverse la France du nord au sud, sensiblement de Dunkerque à Perpignan. Sa construction a commencé en 1669, deux ans après la fondation de l'Observatoire de Paris, sur un arc reliant Paris et Amiens; à cette occasion, l'astronome Jean Picard (1620-1682) a créé les instruments et les méthodes de la géodésie astronomique et a obtenu la première valeur précise de la longueur du rayon terrestre.
La méridienne est achevée en 1718, grâce à Jean-Dominique Cassini (1625-1712), premier directeur de l'Observatoire, à son fils Jacques Cassini (1677-1756), et à Philippe de la Hire (1640-1718). Révisée en 1739)1740 (par l'abbé La Caille, Cassini de Thury et Maraldi), elle est remesurée en 1792-1798, à la demande de la Convention, par Delambre  et Méchain, afin de servir de base à la détermination de la longueur exacte du mètre (en 1799), défini comme la dix millionième partie du quart du méridien terrestre. C'est à partir de cette détermination que fut construit le «mètre étalon» déposé au pavillon de Breteuil à Sèvres, et détroné aujourd'hui par les mesures extrèmement précises des longueurs d'ondes atomiques effectuées au laboratoire. Arago et Biot prolongent ultérieurement les mesures de Delambre et Méchain jusqu'aux Baléares. (document Observatoire de Paris)


Le méridien de Paris fut finalement abandonné en 1884, sous la pression anglaise, et c'est le méridien dit de Greenwich qui lui fut préféré. On dit que en contrepartie, les Anglais s'engagèrent à adopter le système métrique.
Ce retour qui rend justice à l'histoire sera annoncé aujourd'hui 1er avril par une conférence géographique internationale réunie... à Greenwich. Il demandera un déplacement appréciable des mesures puisque la longitude actuelle  Est 2° 20' 14" va devenir la longitude zéro. Une modification qui, grâce au système informatisé fonctionnant par satellites (alimentant notamment les systèmes GPS), pourra être effectuée sans difficulté et sans trop perturber la navigation tant terrestre que maritime et aérienne. Pas plus compliqué qu'un changement d'heure - qui sera aussi nécessaire puisque les fuseaux horaires devraient être eux aussi légèrement décalés.
Mais pour les cartes imprimées, c'est une autre affaire.... plutôt juteuse car il va falloir réactualiser le quadrillage longitudinal dans les nouvelles éditions, une opération qui demandera du temps, finalement assez peu coûteuse pour les éditeurs - tels l'IGN - mais qui va obliger les usagers à se rééquiper.
Et dire que Mezetulle vient juste de compléter sa collection de cartes de randonnées ... avec des anciennes éditions !

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Les contre-réformes scolaires


Cours de Marie Perret dans le cadre de l'atelier « La République pour quoi faire ? » organisé par l'UFAL et l'Université conventionnelle mardi 30 mars à 20 h.

Présentation :

C'est à la République que nous devons l'invention de l'école publique. Cette dette est double : la République a non seulement inventé l'école publique comme institution, mais l'a aussi inventée comme concept. En cela, l'école publique n'est pas seulement un objet institutionnel et politique : elle est aussi un objet de pensée. Si l'institution scolaire est tributaire de l'histoire et de ses déterminations contingentes, l'école publique comme objet philosophique est tributaire de principes qui se déploient en vertu de leur seule nécessité et qui articulent une conception du politique à une conception du savoir trouvant son point d'ancrage dans l'épistémologie cartésienne et dans l'encyclopédisme des Lumières.
Parce que la liberté politique suppose la liberté métaphysique, c'est-à-dire des citoyens capables de faire usage de leur raison, la République doit instaurer l'école. Reste à déterminer quel contenu donner à cette institution pour qu'elle puisse réaliser sa vocation, à savoir permettre la constitution des libertés. Catherine Kintzler, dans son intervention du 9 février, a montré que la République exige une conception à la fois spécifique et exigeante de l'école, conception qui articule une théorie de la culture, une théorie de l'organisation des savoirs ainsi qu'une conception critique de la vérité. Nous chercherons à montrer comment ce dispositif a été progressivement déconstruit.
Nous verrons qu'il est possible de discerner, dans ce processus de déconstruction, deux séquences.  La première s'ouvre à la fin des années 70 et prend la forme d'une offensive idéologique visant à remettre en question le paradigme sur lequel reposait l'école républicaine. Cette offensive a donné lieu à ce que l'opinion a appelé la « querelle de l'école », querelle qui, il faut le rappeler, divisa profondément la gauche. La deuxième séquence s'ouvre en 2007, lorsque le gouvernement décide soumettre l'école publique aux prescriptions néolibérales et d'en réduire considérablement les moyens. L'école républicaine a donc fait l'objet d'une double attaque : après avoir été remise en question dans ses fondements théoriques, elle est aujourd'hui attaquée en tant qu'institution.
De même que la construction de l'école républicaine avait exigé des armes théoriques puissantes, sa déconstruction n'a pu se faire sans un discours idéologique efficace, dont il nous faudra analyser les présupposés et les implications. Cette analyse nous conduira à interroger un certain nombre d'évidences qui sont de nature à entretenir la confusion et l'ambiguïté : « la pédagogie la plus adaptée est nécessairement individualisée », « l'élitisme républicain est une forme de sélection par l'échec », « les candidats aux concours administratifs de catégorie C n'ont nullement besoin d'avoir lu La Princesse de Clèves », « un diplôme que tout le monde n'a pas est injuste », ou bien encore « il faut donner plus d'autonomie aux établissements ».
Nous nous tournerons, enfin, vers l'avenir en nous posant la question de savoir comment reconstruire l'école républicaine. Il s'agira alors de présenter les 23 propositions élaborées par le secteur Ecole de l'Ufal dans la perspective d'une refondation de l'école républicaine.

Les séances ont lieu le mardi à 20h, Lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste 75011. Voir le calendrier sur le site de l'Université conventionnelle et les transcriptions disponibles des cours sur le site de l'UFAL
.

La transcription intégrale des deux séances inaugurales « Qu'est-ce que la république laïque? » par J.M. Kintzler est en ligne sur Mezetulle.

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Jean-Louis Borloo et la langue entrepreneuriale

En ligne le 25 mars 2010

L'interview de Jean-Louis Borloo par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 le 25 mars à 8h37 est pleine d'enseignements. Les analyses du ministre ne manquent sans doute pas d'intérêt politique. Mais le plus intéressant et le plus révélateur, c'est la langue qu'il emploie, spontanément, tout naturellement.

S'agissant du rassemblement d'une famille politique socio-écolo-libérale qu'il appelle de ses voeux, J.-L. Borloo déclare  :

Ce n'est pas un problème d'écurie. [...] La question est de savoir si des gens qui ont un certain regard sur la société, qui considèrent que les ressources humaines du pays sont plus importantes que des mesures qui viennent d'en haut, qui considèrent que la consultation est un mode de management supérieur à la décision imposée, qui considèrent que la décentralisation est un acte majeur, qui sont Européens, qui sont écologistes, sont capables de bâtir un projet de société

Mais bien sûr que les gens qui pratiquent les « ressources humaines » et la consultation comme « mode de management » sont capables de bâtir un projet de société ! Ce n'est d'ailleurs pas un projet, mais une réalité bien tangible. Nous l'avons sous les yeux tous les jours : une société sur le modèle entrepreneurial, où la force de travail est un gisement de « ressources » et où  la « consultation » est un « mode de management » - c'est-à-dire rien d'autre qu'une manière de faire croire aux gogos que la décision qu'on a déjà arrêtée en haut lieu et à leurs dépens, c'est la leur !
Mais bien sûr que c'est un mode de management, puisqu'il n'y a évidemment qu'une seule politique possible ! Celle où par exemple où il est tout naturel que les profits soient privatisés et les pertes socialisées, où, autre exemple, on vous présente toutes les combinaisons possibles pour le financement des retraites - toutes les combinaisons d'une seule hypothèse, la seule hypothèse envisageable, celle qui exclut d'accroître les contributions issues des profits. Devant de telles « nécessités », on ne peut que tenir le langage d'un très réaliste chef d'entreprise - oops, pardon, d'une équipe de managers soucieuse de faire prendre ses décisions par ceux mêmes qui en sont les victimes et les payeurs après les avoir persuadés, ces gogos, qu'il n'y a rien d'autre à faire.

En revanche, ce qui devient un projet, c'est une association politique où la consultation démocratique serait, non pas un mode de management, mais une forme d'autorité. La seule autorité possible ?

Ecouter l'intégralité de l'entretien sur le site d'Europe 1.

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Le financement régional des Lycées. Quels Lycées ?

En ligne le 18 mars 2010

A quoi sert l'argent des régions ? Entre autres, à financer la construction de Lycées... comme à Sartrouville. On en apprend de belles à ce sujet sur le site Bakchich infos. A Sartrouville (78), le lycée privé Jean-Paul II a bénéficié des aides du Plan Banlieue, de la Région et de la municipalité alors que son voisin du public ne récupère que quelques heures de tutorat.
Voici quelques extraits de l'article qu'on pourra lire intégralement sur son site d'origine.

À Sartrouville (78), une banlieue parisienne de classes moyennes, trône sur les bords de Seine, le lycée Jean-Paul II, un établissement catholique privé flambant neuf. [...]
Le lycée, qui accueille aujourd’hui 150 élèves de seconde, a été inauguré en grandes pompes en octobre dernier, par Mgr Aumonier, l’Evêque de Versailles, grand patron de l’enseignement catholique en France, et Olivier Roucher, Directeur diocésain de l’enseignement catholique. En présence notamment de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional, et d’Alain Boissinot, Recteur de l’Académie de Versailles. Surprenant mélange ! Qui s’affiche aussi dans les financements que perçoit Jean-Paul II.

La région a participé à hauteur de 70% (soit 1,36 millions d’euros) à la construction du lycée. Il a aussi reçu près d’1 million d’euros de la part de la mairie, une initiative originale puisqu’elle ne respecte pas la loi Falloux de 1850. Autre privilège, Jean-Paul II bénéficie de l’appellation “sous contrat d’association avec l’Etat” alors qu’un établissement privé ne peut recevoir de fonds publics qu’après 5 ans d’existence.

Le Plan Banlieue, pourtant relativement peu pourvu en budget (environ 800 000 euros pour 2010), a même sorti sa bourse pour aider le lycée. L’équivalent de 145 heures d’enseignement !

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La revue: articles de fond

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Quelques "classiques"

Les annonces

Interventions CK

Varia

Dramatique musicale CK

Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.

 

Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).

 

Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Autres représentations  : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

 

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