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Vélib' : le projet Vélo 75+

En ligne le 1er avril 2011


Il est bien connu que, Paris n'étant pas un terrain plat, la plupart des stations Vélib' situées sur les hauteurs de cette ville sont désespérément vides : c'est dur de remonter ce poids lourd... Et ça ne fait pas très bien dans le tableau idyllique d'un Paris « social » : une grande partie des quartiers qu'on peut (encore ?) dire populaires sont concernés par ce phénomène de station vide, et la plupart des bénéficiaires de Vélib sont les bobos habitant les bas quartiers branchouille.
Il est vrai que la ville a inventé un système « station Plus » pour les stations situées à plus de 60 m d'altitude, qui vous donne du crédit de temps si vous avez le courage de remonter le vélo... mais ça ne fonctionne pas. Les stations Plus sont toujours désertes, comme celle qu'on voit sur la photo.

La Ville de Paris se propose de mettre à l'étude un tout autre système qui, s'il est adopté, devrait révolutionner le concept même du Vélib. Il s'agirait d'offrir un vélo en toute propriété à chaque personne majeure apportant la preuve qu'elle 24032011209habite depuis au moins trois ans un logement parisien à plus de 75 m d'altitude - d'où le nom du projet, qui est également un clin d'oeil au chiffre départemental de la capitale.
L'offre serait renouvelable pour la même personne tous les quinze ans à condition que le séjour dans les mêmes conditions soit sans interruption depuis l'obtention du premier vélo. Des dispositions, encore à l'étude, seront prises afin d'éviter les cumuls et les opérations de revente. Une enquête d'opinion devrait être lancée dès 2012, avec une carte des rues concernées.

 

Paradoxalement, le coût d'une telle mesure par vélo sur une durée donnée est inférieur au coût actuel d'un Vélib sur la même durée. C'est ce que montre une étude dont on trouvera le détail en cliquant ici. Une telle disposition, si elle était appliquée à l'ensemble de la population parisienne, reviendrait même moins cher que l'actuelle dépense consacrée à Vélib.

 

Gageons que ce projet sera favorablement accueilli. Il pourrait même faire réfléchir d'autres villes qui hésitent à se lancer dans une coûteuse opération Vélib avec bornes. Souhaitons que progressivement il s'étende à l'ensemble de la ville de Paris sans condition d'altitude - faisant disparaître ces mastodontes disgracieux, remplaçant les bornes souvent inutiles par des parkings pour tous vélos, et réalisant une économie pour le contribuable parisien tout en préservant le sacro-saint culte du vélo.
Mezetulle, marcheuse acharnée en conflit fréquent avec les cyclistes urbains qui roulent sur les trottoirs en faisant des queues de poisson aux piétons, pourrait même se convertir au vélo ?

 

Voir l'article du site de Vélib exposant le projet Vélo 75+.


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Nucléaire - bonne ou mauvaise nature : une stérile alternative

En ligne le 24 mars 2011


La catastrophe qui s’abat sur le Japon nous rappelle que – quoi qu’en on dise – l’humanité n’est pas vraiment maîtresse et dominatrice de la nature. D’ailleurs, de quelle nature s’agit-il ? Telle est la question posée par Didier Deleule dans l'article Nucléaire: de quelle « nature » parle-t-on?

 

Les techniques sont-elles en soi condamnables comme contraires à la nature? Le pari écologique qui – quoi qu’on en pense par ailleurs – repose finalement sur le postulat d’une « bonne nature » ou, à tout le moins, d’une nature bien disposée (à tous les sens du terme), en prend un bon coup, et ce n’est pas le premier. Didier Deleule souligne que les contempteurs de la technique font comme si cette dernière contrariait la nature, alors que toute technique prolonge et amplifie des phénomènes naturels, sans rien créer ex nihilo.
Il convient de se libérer de cette stérile alternative : bonne nature/mauvaise nature, et de renoncer à considérer que la première doit à tout prix être préservée (de quoi ?) et que la seconde n’est que le fruit d’une fatalité sans reste (pour qui ?).

 

Lire l'article de Didier Deleule sur ce blog.

 

NB. Les commentaires de ce billet sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur la version intégrale de l'article.


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Bourse de Tokyo : bonnes nouvelles pour les charognards

En ligne le 16 mars 2011


Forte hausse de la bourse de Tokyo apprend-on mercredi 16 mars. La raison après la catastrophe sans précédent qui continue de ravager le Japon et dont on n'arrive même pas à compter les victimes ? « des investisseurs se précipitent sur des titres à prix bradés au lendemain d'un plongeon historique causé par la crise nucléaire au Japon ». Au moins il y a des gens qui gardent leur sang-froid.

 

Les tremblements de terre, les raz-de-marée meurtriers sont bien sûr passés sous silence ou relégués au second plan : cela ne fait pas (encore) assez baisser les titres en vue d'un rachat qu'on espère juteux, c'est hors-sujet. Mais la catastrophe nucléaire, vue sous cet angle, est finalement plutôt intéressante. Enfin une note d'optimisme dans une actualité plombée !


Comment appelle-t-on ceux qui s'emparent d'une paire de tennis à travers la vitre brisée d'un magasin ravagé par un sinistre ? Des pillards, et il convient de les punir.


Comment appelle-t-on ceux qui détroussent les blessés et les morts sur des champs de bataille encore fumants ? Des charognards.
Oui mais là, vous avez tout faux : il ne s'agit pas d'une guerre (c'est bien pire), en volume financier l'opération est d'une tout autre ampleur, et puis les titres bradés dématérialisés sur écran ne salissent pas les mains. Dans ce cas, il s'agit d'investisseurs dont la réactivité fait rebondir les cours ; en plus ils prennent des risques énormes (et si ça ne remontait pas, vous y avez pensé ?). Et dire qu'on a le coeur assez sec pour ne pas les remercier ! N'oublions pas que en latin rachat se dit redemptio.

 

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"Veillée anti-nucléaire au Trocadéro :
une insulte au peuple japonais"

En ligne le 14 mars 2011


Dans un communiqué bien senti paru ce matin 14 mars sous le titre Veillée anti-nucléaire au Trocadéro : l'insulte au peuple japonais, l'UFAL ose élever la voix devant l'instrumentalisation politique du tremblement de terre et du raz-de-marée qui ravagent actuellement le Japon.

 

Extrait de l'article :


Réagir de manière impulsive et émotionnelle afin de profiter de l’effet de peur, c‘est exactement ce que fait le gouvernement actuel avec la sécurité, l’islam ou les étrangers. Il est surprenant de voir certaines personnalités de gauche, qui ont dénoncé avec raison et vigueur ce comportement, le reproduire aujourd’hui avec la catastrophe japonaise et se contenter de suivre les mots d’ordre des activistes du Réseau Sortir du Nucléaire ou demander un référendum à chaud.

Respecter le drame qui se joue au Japon, c’est d’abord ne pas l’instrumentaliser !

En organisant une veillée anti-nucléaire à Paris, au Trocadéro dimanche soir, le Réseau Sortir du Nucléaire fait insulte à un peuple qui, de par son histoire, n’a pas de leçon à recevoir sur les risques que représente le nucléaire. Cette initiative est, de plus, maladroite : elle réduit le drame qui a lieu au Japon au seul accident de la centrale, alors que les morts dûs au séisme se comptent par milliers et que ces écologistes n’ont eu aucun mot à propos des pollutions déjà effectives sur le sol japonais. Elle est, enfin, injustifiée : l’accident nucléaire majeur n’a heureusement pas eu lieu à ce jour.

L’UFAL entend réaffirmer que si le débat sur les énergies doit avoir lieu (y compris sur la sortie programmée de l’électro-nucléaire !), il doit être l’objet d’une réflexion démocratique, posée et construite sur la rationalité, la responsabilité et la connaissance ; qu’une catastrophe n’a pas à être instrumentalisée à des fins médiatiques et politiques.

 

Lire l'intégralité du communiqué sur le site de l'UFAL


[Edit du 18 mars 2011.] L'UFAL a publié un second article qui prolonge et élucide son communiqué du 14 mars, tout en répondant aux interrogations qu'il a suscitées. Lire l'article du 17 mars La nécessité d'un choix public raisonné sur l'énergie illustrée par la catastrophe japonaise, signé par Monique Vézinet et Christian Gaudray. 
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Que des bonnes nouvelles

En ligne le 12 mars 2011


Petit florilège pris dans l'actualité récente, de quoi se réveiller de bonne humeur :

  • Tremblement de terre et raz-de-marée d'une ampleur sans précédent au Japon : les bourses baissent. Pardon, c'est encore plus grave : les bourses sont pénalisées (la nature est vraiment injuste de s'en prendre si violemment aux courageux investisseurs, qui font toujours l'éloge du risque).
  • Libye, Kadhafi fait la guerre contre ses propres compatriotes : l'UE « durcit le ton » en « étudiant toutes les options » (il est urgent d'attendre).
  • Prix du gaz, augmentation de plus de 20% en un an, dix fois plus que l'inflation. GDF Suez annonce au même moment  un résultat en hausse et une augmentation du dividende versé aux actionnaires (vous voyez bien qu'on partage).
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Journée des femmes et perles pas rares

En ligne le 8 mars 2011


Le 8 mars « journée internationale des femmes » est souvent l'occasion de propos différentialistes tout miel et tout sucre. Mezetulle n'attend pas la fin de la journée pour livrer à ses lecteurs quelques joyaux récoltés depuis hier, tous émis avec les meilleures intentions du monde bien sûr.

 

Le JT de 13h de France 2 frappe très fort dès le 7 mars (il faut toujours prendre un peu d'avance). Sous la rubrique « journée des femmes », une vidéo édifiante explique que le recours à l'IVG a augmenté de plus de 20% en sept ans chez les adolescentes. Diagnostic : « Nos adolescentes ne sont pas assez informées ». Le grand problème c'est que « pour les jeunes filles, aujourd'hui, il est difficile de parler de sexe avec les parents », et que « il faut sensibiliser davantage les adolescentes sur la question de la contraception ». Mais oui bien sûr, c'est évident et on ne dira pas le contraire. Mais quand même, quelque chose d'autre passe à travers un éloquent silence :  la journée des femmes ça concerne les femmes ; les adolescents et les hommes en général ne sont pas concernés. Ils comptent pour du beurre?
On continue avec le prix du machisme décerné à je ne sais plus quel brillant esprit qui fait gratuitement sa pub avec des propos du genre « toutes des salopes ».
Cerise sur le gâteau, ou plutôt sur l'ice-cream, un sujet sociétal passionnant : les glaces au « lait maternel » (novlangue insensée - comme si seules les femmes étaient mères - dont la seule fonction est l'évitement de la vérité : il s'agit de de lait humain) commercialisées au Royaume-Uni. Les Anglais, eux au moins, osent dire « Breast Milk » et faire de l'argent avec.
Ouf ! J'éteins la télé, j'ai ma dose pour aujourd'hui.

 

J'allume la radio ce matin. Je m'attendais à une explosion de joie à l'annonce du dernier sondage indiquant Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour la prochaine présidentielle, et qui tombe justement ce matin 8 mars. Mais non, même pas.
Aurait-on peur d'en conclure que les femmes sont des hommes (politiques) comme les autres ? Probablement, car un interviewer sur France-info ne manque pas de lâcher une ineptie répandue quand on parle « femmes et politique ». A son interlocutrice, élue municipale parisienne qui rame pour expliquer ce que c'est que l'égalité, il pose au dernier moment la question discriminante-mielleuse-lactée : « il faut plus de femmes aux responsabilités, ou plus de valeurs féminines, un peu moins de testostérone ? »
Les valeurs féminines : il faut vraiment maintenir le 8 mars rien que pour continuer à l'entendre celle-là ! Ce serait tellement chouette si on avait un peu plus de valeurs féminines en politique (pas des Margaret Thatcher, Golda Meir, Louise Michel, Rosa Luxembourg ou autres Christine de Suède). Encore mieux serait d'avoir aux responsabilités de vraies femmes imprégnées de valeurs féminines bien douces qui sauront vous faire accepter gentiment la « politique des choses »  - la seule politique possible, celle qui augmente les tarifs du gaz de 20% en un an parce qu'il n'y a pas d'autre solution, etc.
Athéna aux yeux pers en laisserait presque tomber son égide, son casque et son épée. 

 

Voir article plus ancien sur la Journée des femmes

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La tournée « radicale » de N. Sarkozy et le retour du maurrassisme. Les déracinés, citoyens de seconde zone ?

En ligne le 4 mars 2011


Affolé par la montée du Front national dans les sondages et sentant qu'il perd la main de tous côtés, le président de la République se lance dans une douteuse campagne anti-urbaine, anticivique et proreligieuse qui serait comique si elle ne soulevait pas de sinistres souvenirs. Nicolas Sarkozy, en faisant l'éloge de l'enracinement au sens identitaire le plus fruste, retourne la vision historique républicaine et regarde vers un certain passé. Ce faisant, il oublie l'histoire elle-même, celle par laquelle un peuple politique se forme et va de l'avant. Elle nous apprend que l'intégration concerne tout le monde - ruraux et urbains , croyants et non-croyants, riches et pauvres - et que le déraciné, loin d'être un citoyen de seconde zone, est au contraire le paradigme du citoyen (1).

 
Mezetulle a pris connaissance du communiqué de l'UFAL qui suit, et le relaie avec soulagement et plaisir.


Sarkozy, Wauquiez : le retour du maurrassisme (communiqué de l'Union des familles laïques, 4 mars 2011)


En attaquant la laïcité ainsi que les acquis sociaux du Conseil National de la Résistance, Nicolas Sarkozy s'est clairement inscrit dans une politique de démantèlement du modèle républicain.

Ce jeudi 3 mars 2011, alors qu'il était en visite au Puy-en-Velay, il a franchi le dernier pas en tenant les propos suivants: « La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture, c'est la France, la France que nous aimons, la France dont nous sommes fiers, la France qui a des racines. »

Nul ne saurait nier que l'histoire de France soit en partie liée à celle de la chrétienté. Nul ne saurait oublier, néanmoins, que la République s'est opposée, au cours de son histoire, à la volonté hégémonique de l'Eglise. Nul ne saurait oublier, non plus, que la République ne puise pas dans des racines mais se fonde sur des principes. Si les racines enferment un peuple dans une identité, les principes, quant à eux, ont une dimension universelle. En se réclamant de racines imaginaires, le président de la République alimente volontairement la confusion mais introduit, qui plus est, de la division au sein du peuple français. Il fait semblant d'ignorer que la République récuse toute conception ethnique du peuple : le citoyen ne saurait se définir en référence à un quelconque particularisme.

Les propos de Nicolas Sarkozy sont encore plus graves lorsqu'on les met en rapport avec ceux de Laurent Wauquiez « Dominique Strauss-Kahn, c’est Washington, Dominique Strauss-Kahn, c’est sûrement une très belle maison qui donne sur le Potomac. C’est pas la Haute-Loire et c’est pas ces racines-là [sic]  ». Le ministre en charge des affaires européennes, agrégé d'histoire, ne peut ignorer la portée d'une telle rhétorique : opposer les « enracinés » aux « déracinés », les français du terroir aux Français « errants », évoque les pages les plus  sinistres de Charles Maurras. A l'heure où le gouvernement prétend lancer le débat sur la place de l'islam en France, à l'heure où ce même gouvernement affiche clairement sa volonté de remettre en question le principe de laïcité, cette opération de communication laisse présager le pire. Il est en effet à craindre qu'elle ne s'intègre dans une offensive anti-républicaine de grande envergure.

Nicolas Sarkozy joue avec le feu : d'une main, il détruit le modèle républicain tandis qu'il attise, de l'autre, le vieux démon du maurrassisme. 

 

© Mezetulle et UFAL-infos, 2011

 

1 - Voir l'article Mythes antirépublicains, laïcité et communautarisme, où cette idée est développée.


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Annonce spéciale

Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.


Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Cinq représentations auront lieu  : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

Télécharger l'affiche du 25 février en JPEG, en PDF.

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