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Je supprime mon compte Facebook : pourquoi et comment

En ligne le 1er juin 2011


J'ai été « ajoutée » (c'est-à-dire inscrite) à des groupes sans mon consentement. J'ai été « identifiée » sur des photos sur lesquelles je ne figure pas et avec lesquelles je n'ai rien à voir. Je n'ai pas envie de passer mon temps à surveiller ma page Facebook et à me désinscrire de tel ou tel machin à la suite de telle ou telle inscription forcée « à mon insu de mon plein gré ».

Ouste, du balai, caltez ! Je ne me contente pas de « désactiver » le compte, je le supprime. Pour ceux qui auraient envie de faire de même, voici comment procéder : il faut chercher un peu, mais ce n'est pas si compliqué.

 

Connectez-vous à votre compte. Tout en bas, cliquez sur « Aide », puis sur l'image « Confidentialité ». En cherchant bien dans la liste, vous trouverez une petite ligne « Désactivation, suppression et comptes de défunt » (histoire de bien vous faire comprendre que vous allez commettre un e-suicide). Ensuite la procédure est un peu tarabiscotée mais il suffit d'un peu de patience, de lire de près et de savoir la différence entre désactiver et supprimer définitivement pour parvenir à ce nettoyage.


Comment Catherine, tu as été assez cruche pour ouvrir un compte Facebook ? Il faut ne pas connaître l'e-addiction pour poser une pareille question... Et les accros trouveront encore « J'aime » en bas des articles de ce blog : signaler un article de Mezetulle, ça ne peut pas faire de mal ! 


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Cigarette et civilisation en voie d'extinction

En ligne le 31 mai 2011


Un petit clin d'oeil pour cette très bien pensante journée sans tabac : le portrait de l'alpiniste Georges Livanos accroché à une paroi des Dolomites en 1962.

 

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1962 ce n'est pas si loin, et c'est déjà une civilisation en voie d'extinction. Inutile d'allumer une clope : elle a perdu son goût. En revanche l'image est à regarder et à consommer sans modération avec la même ivresse que celle dont on se régale en lisant Homère, Virgile ou Frédéric Mistral.

 

Photo Marc Vaucher, collection privée Sonia Livanos, extraite de l'ouvrage Alpinisme et photographie auquel Mezetulle a consacré un article.


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Communauté : Le spectacle vivant

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Atys de Quinault et Lully à l'Opéra-comique :
l'étouffement tragique en pleine lumière

En ligne le 19 mai 2011, actualisé le 21 mai


J'ai eu la chance de voir Atys à L'opéra-comique puis je l'ai regardé avidement ensuite sur Mezzo . C'est tout simplement éblouissant. Je n'ai jamais rien vu et entendu de plus beau et de plus émouvant à l'opéra depuis.... Les Noces de Figaro mise en scène "mythique" de G. Strehler dans les années 70.

Bien sûr j'avais vu cette production lors de sa création en 1987. Et cette fois, c'est encore plus beau, parfaitement chanté, dansé, joué, déclamé, parfaitement stupéfiant. Car tous les ingrédients de l'opéra - poème, drame, musique, chant, danse, diction, merveilleux tragique, sans oublier décors et costumes -  sont mis à leur plus haut niveau pour un grand et long moment de beauté et de pensée : on en sort épuisé, terrassé, le souffle coupé. On se sent soi-même grandi et on ne se croyait pas digne de tant de hauteur. Le dispositif haletant inventé par Quinault et Lully (y compris par une implacable lenteur qui réussit à vous mettre hors d'haleine) est mis en tenaille entre la baguette de William Christie et la mise en scène de Jean-Marie Villégier : il opère comme une machination, il ne vous lâchera pas.


Ce plaisir est de ceux qui vous remuent. Non, on ne va pas à l'opéra pour "passer un bon moment", ni même pour s'extasier sur une musique "divine" qui vous laisse tranquille, mais pour faire une salutaire et puissante insomnie ensuite, pour se surprendre à penser ce qu'on n'aurait jamais osé, pour se retrouver là où on ne s'attendait pas à être.

 

Juste un exemple. L'intrigue repose sur un "topo" de pastorale, mis à la sauce tragique. Une divinité (Cybèle) s'éprend d'un mortel (Atys) - par ailleurs déjà plongé dans une situation inextricable puisqu'il aime une princesse promise à un roi ; il n'avait vraiment pas besoin de ça. Elle s'humanise par là et "descend" de sa condition mais ne renonce pas pour autant à ses pouvoirs : elle lui fait savoir de manière effrayante que si l'amour qu'elle lui porte n'est pas payé de retour, ça ira mal pour lui. Tel est l'enjeu de la fameuse Scène des Songes qui vire au cauchemar, et de quelques autres scènes terrifiantes dans leur simplicité d'étouffement tragique. Mais voilà, ça ira mal pour tout le monde : la déesse, pour arriver à ses fins, déclenche des forces souterraines à l'effet boomerang qu'elle ne contrôle pas. Forces "sorties des Enfers" mais que Jean-Marie Villégier a sombrement et sobrement placées sur la scène du dernier acte, car elles sont en effet toujours là, ces forces ravageuses que chacun porte en soi. Et en contemplant la lamentable magnificence de l'autodestruction des personnages "à leur insu de leur plein gré", on comprend pourquoi les vers que Quinault met dans la bouche de Cybèle dans une scène légèrement comique,
Lorsqu'on est au-dessus de toutOn se fait, pour aimer,Un plaisir de descendre (II, 4)ne sont pas seulement un clin d'oeil à ceux que Corneille écrivait 35 ans plus tôt dans Cinna, faisant d'Auguste, le puissant empereur, le plus malheureux des hommes :
Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir,Toujours vers quelque objet pousse quelque désir,Il se ramène en soi, n'ayant plus où se prendre,Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre. (1)
Ils en relèvent, s'il le fallait encore, la vérité tragique, la pire, celle qui ne vient pas de l'extérieur. Elucidation perverse dans son exhibitionnisme, telle que seule la scène lyrique, conduite de main de maître par Lully et Quinault, pouvait l'effectuer : car si le pire n'est jamais exclu de la tragédie, l'opéra, pour sa part, ne vous en épargne même pas le spectacle en pleine lumière.

1 - Cinna, II, 1. Louis Racine, dans sa Vie de Jean Racine (1747), raconte l'anecdote suivante au sujet de son père Jean faisant étudier Corneille à son jeune frère   : " il lui fit apprendre par cœur des endroits de Cinna et lorsqu’il lui entendait réciter ce beau vers :
Et monté sur le faîte, il aspire à descendre,
Remarquez bien cette expression, lui disait-il, avec enthousiasme. On dit aspirer à monter, mais il faut connaître le cœur humain aussi bien que Corneille l’a connu pour avoir su dire de l’ambitieux qu’il aspire à descendre. "

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Ségolène Royal et la présomption d'innocence

En ligne le 17 mai 2011


A l'issue d'une réunion tenue par le PS ce matin, Ségolène Royal a rappelé fort justement, à propos de l'affaire Dominique Strauss-Kahn, que tout prévenu a droit à la présomption d'innocence, au respect de sa dignité et que la défense doit être entendue (voir la vidéo sur i Télé).
Il n'est pas inutile de préciser pourquoi Mme Royal est particulièrement bien placée pour aborder la question de la présomption d'innocence à l'égard des personnes soupçonnées de délinquance sexuelle.


En 1997, alors qu'elle était Ministre délégué à l'enseignement scolaire, elle n'a pas parlé de présomption d'innocence au sujet de Bernard Hanse, ce professeur de Montmirail accusé à tort d'attouchements pédophiles, entièrement blanchi par la justice en 2002 et réhabilité par Xavier Darcos en 2003. Bien au contraire, cette affaire ayant eu lieu au moment de son arrivée au Ministère, elle lance sa campagne d'éradication de la pédophilie dans l'Education nationale et c'est durant ses fonctions que les poursuites à l'encontre de B. Hanse sont maintenues malgré les témoignages qui innocentaient ce professeur. Bernard Hanse s'est suicidé le 10 juin 1997 laissant une lettre établissant le lien avec les accusations infondées et infamantes dont il était l'objet. Plus fort : après le suicide de B. Hanse et alors que l'accusateur, qui s'était entre temps rétracté, était mis en examen pour dénonciation calomnieuse, Ségolène Royal s'est permis d'intervenir en déclarant que cette rétractation aurait pu être l'effet d'une pression. Voir l'article que L'Union a consacré en octobre dernier au rappel de cette affaire et le blog consacré à B. Hanse.


A ma connaissance, Mme Royal n'est pas revenue sur ses déclarations, elle n'a pas présenté d'excuses. Est-il  alors excessif de conclure que à ses yeux la présomption d'innocence vaut pour tout prévenu... à l'exception des professeurs soupçonnés de maltraitance y compris lorsque le soupçon repose sur des déclarations démenties ? L'urgence répressive (je reprends ici une expression de l'article de L'Union) envers les professeurs passe probablement avant les droits de leur défense.


Mais comment lui donner tort ? Professeur est un métier trop protégé et cool : on a beaucoup trop de vacances et pas assez de stress, c'est bien connu. On jouit d'une autorité arbitraire et sans partage sur des enfants sans défense, c'est bien connu aussi : il ne viendrait à l'idée de personne de remettre en cause la décision d'un prof (surtout pour un redoublement), encore moins de l'intimider ou de l'agresser. C'est pourquoi les candidats se bousculent pour occuper des postes si enviables.


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L'école, modèle d'une vraie société : un nouvel article de J.-M. Muglioni

En ligne le 13 mai 2011


Jean-Michel Muglioni propose une réflexion sur la signification de l'abandon actuel de l'école comme trahison de l'idée d'Europe (qui ne se définit ni par sa géographie ni par ses moeurs, mais par une pensée du lien humain fondé sur la volonté et sur la raison) par les Européens eux-mêmes.

 

La mondialisation est une forme de séparation des hommes car elle s'en tient à la seule appartenance culturelle. Ce n'est pas la mondialisation qui introduit à l'humanité : comme le soutenait déjà Bachelard, l'école est le modèle d'une vraie société. Encore faut-il que  l'école reste fidèle à son concept, inspiré de la scholè des Anciens - une activité qui est à elle-même sa propre fin, car apprendre a un intérêt en soi, apprendre est une activité libre.

En s'appropriant librement des objets libres, on s'élève soi-même à sa propre liberté. Il en résulte que « la relation proprement scolaire ne connaît pas d’étranger » alors que « la relation seulement sociale ou communautaire sépare les hommes autant qu’elle les réunit, puisqu’elle ne peut les conformer à un modèle commun qu’en les distinguant de ceux d’autres lieux et d’autres temps. »

 

Lire l'article de Jean-Michel Muglioni Ecole et société sur ce blog.

 

NB. Les commentaires de ce billet sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur l'article de J.-M. Muglioni.


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L'oreille, premier instrument de musique ?

En ligne le 7 avril 2011


Après une période de turbulence où les questions laïques ont été fort agitées, Mezetulle s'offre enfin une oasis de rumination philosophico-musicale, grâce à la publication en ligne du numéro 2011 de Methodos, savoirs et textes sous la direction de Bernard Sève : L'instrument de musique.


On peut y lire, entre autres textes (tous publiés intégralement), l'article de Catherine Kintzler : L'oreille, premier instrument de musique ?


Les instruments de musique nous permettent de fabriquer des sons musicaux, c'est-à-dire des sons désindicialisés (proposés pour eux-mêmes à l'écoute sans assignation à leur cause) et articulés les uns aux autres en un système réel ou supposé. Mais la fabrication n'est pas la seule voie de production de tels sons. Ils peuvent aussi simplement être produits par une décision d'écoute - par une oreille a priori capable d'installer cette désindicialisation et cette articulation, autrement dit par l'oreille d'un être parlant. Ce n'est donc pas parce qu'ils font de la musique que les êtres humains ont un « corps harmonique», c'est parce qu'ils ont acquis un corps harmonique (un corps d'être parlant) qu'ils peuvent faire et entendre de la musique. Cela pourrait aussi expliquer pourquoi nous pouvons être sourds à certaines formes de musique.

 

Lire la suite de l'article sur son site d'origine. 

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Vélib' : le projet Vélo 75+

En ligne le 1er avril 2011


Il est bien connu que, Paris n'étant pas un terrain plat, la plupart des stations Vélib' situées sur les hauteurs de cette ville sont désespérément vides : c'est dur de remonter ce poids lourd... Et ça ne fait pas très bien dans le tableau idyllique d'un Paris « social » : une grande partie des quartiers qu'on peut (encore ?) dire populaires sont concernés par ce phénomène de station vide, et la plupart des bénéficiaires de Vélib sont les bobos habitant les bas quartiers branchouille.
Il est vrai que la ville a inventé un système « station Plus » pour les stations situées à plus de 60 m d'altitude, qui vous donne du crédit de temps si vous avez le courage de remonter le vélo... mais ça ne fonctionne pas. Les stations Plus sont toujours désertes, comme celle qu'on voit sur la photo.

La Ville de Paris se propose de mettre à l'étude un tout autre système qui, s'il est adopté, devrait révolutionner le concept même du Vélib. Il s'agirait d'offrir un vélo en toute propriété à chaque personne majeure apportant la preuve qu'elle 24032011209habite depuis au moins trois ans un logement parisien à plus de 75 m d'altitude - d'où le nom du projet, qui est également un clin d'oeil au chiffre départemental de la capitale.
L'offre serait renouvelable pour la même personne tous les quinze ans à condition que le séjour dans les mêmes conditions soit sans interruption depuis l'obtention du premier vélo. Des dispositions, encore à l'étude, seront prises afin d'éviter les cumuls et les opérations de revente. Une enquête d'opinion devrait être lancée dès 2012, avec une carte des rues concernées.

 

Paradoxalement, le coût d'une telle mesure par vélo sur une durée donnée est inférieur au coût actuel d'un Vélib sur la même durée. C'est ce que montre une étude dont on trouvera le détail en cliquant ici. Une telle disposition, si elle était appliquée à l'ensemble de la population parisienne, reviendrait même moins cher que l'actuelle dépense consacrée à Vélib.

 

Gageons que ce projet sera favorablement accueilli. Il pourrait même faire réfléchir d'autres villes qui hésitent à se lancer dans une coûteuse opération Vélib avec bornes. Souhaitons que progressivement il s'étende à l'ensemble de la ville de Paris sans condition d'altitude - faisant disparaître ces mastodontes disgracieux, remplaçant les bornes souvent inutiles par des parkings pour tous vélos, et réalisant une économie pour le contribuable parisien tout en préservant le sacro-saint culte du vélo.
Mezetulle, marcheuse acharnée en conflit fréquent avec les cyclistes urbains qui roulent sur les trottoirs en faisant des queues de poisson aux piétons, pourrait même se convertir au vélo ?

 

Voir l'article du site de Vélib exposant le projet Vélo 75+.


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Annonce spéciale

Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.


Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Cinq représentations auront lieu  : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

Télécharger l'affiche du 25 février en JPEG, en PDF.

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