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La foi n'excuse pas la transgression de la loi

Rejet du pourvoi en cassation de l'imam Bouziane (condamné en appel en  2005 pour ses propos incitant à battre "la femme adultère").

Mezetulle relaie avec satisfaction ce message de l'association Regards de femmes. Nul ne peut en effet s'autoriser d'une foi religieuse ou d'une option spirituelle quelconque pour faire ou pour dire ce qui est interdit par la loi. Le plus étonnant est qu'on ait dû aller jusqu'en cassation pour rappeler un tel principe : mais on voit que ce principe ne vaut pleinement que pour qui consent à séparer foi et loi et dans une association politique où la loi ne se fonde pas sur une foi particulière, autrement dit dans une association politique laïque.


"La condamnation de la Cour d'Appel de Lyon à 6 mois de prison avec sursis et 2000 Euros d'amendes devient exécutoire.

M. Bouziane s'était pourvu en cassation, comme la loi républicaine le permet, du jugement de la Cour d'appel de Lyon. Il avait été condamné, le 14 octobre 2005, à 6 mois de prison avec sursis et 2000Euro d'amendes en raison de ses propos incitant à battre la " femme adultère ". Il ne saurait y avoir immunité des propos contraires au droit républicain, sous prétexte d'appartenance à une religion ou un courant de pensée

La Cour de Cassation a rejeté son pourvoi. L'expression d'une conviction religieuse n'autorise pas à bafouer les lois. Prôner les parties du coran qui portent atteinte à l'ordre public et aux droits fondamentaux des femmes est condamnable.

Pour Regards de Femmes, la confirmation de la décision rendue par la cour d'Appel de Lyon est extrêmement importante. Le droit à la dignité, au respect, à l'intégrité de son corps concerne toutes les femmes vivant sur le territoire. Il ne sera plus possible de légitimer des violences envers les femmes sous prétexte religieux.

Regards de femmes remercie toutes les personnes qui se sont associées à son action auprès des tribunaux.

Michèle Vianès Présidente de Regards de Femmes"

Sur le bloc-notes le 27 février 07

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Par Catherine Kintzler
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Le 8 mars, journée anti-voile en Iran

Le 8 mars "Journée internationale des femmes" qui laisse parfois Mezetulle sceptique (voir le Bloc-notes du 8 mars dernier) sera cette année marqué par une courageuse manifestation des femmes iraniennes en lutte contre le port obligatoire du voile et, à travers cette obligation, contre le statut des femmes sous régime "républicain-islamique". S'exposant à de grands risques, elles braveront l'interdiction.

Il faut avouer que ce geste a un peu plus de sens et d'allure que d'éteindre une loupiote le 1er février afin de refroidir la planète (on lira sur ce sujet l'article décapant d'Irrisor).
Cet appel est destiné à les soutenir, et contribuera modestement à refroidir l'ardeur des zélés intégristes de tous poils.


Texte de l'appel

Pour les femmes en lutte contre le voile !
Non au voile !
La République islamique d’Iran doit être jugée comme Etat criminel
pour imposer le port du voile par la force !

Le 8 mars, Journée Internationale des Femmes, approche. En Iran, les femmes et les jeunes filles à l’école, à l’université, au travail et dans la rue, qui sont contre le port du voile, vont retirer leur hijab (le voile), partout où c’est possible.

Le port du voile est obligatoire en Iran et les femmes qui bravent cette obligation sont arrêtées et torturées. Flagellations publiques, déversement d’acide sur les visages des femmes, paiement de lourdes amendes et intimidations : autant de méthodes utilisées par la République islamique depuis trois décennies. En dépit de la répression, les femmes d’Iran n’ont jamais cessé de protester contre le régime et, plus spécialement, contre le voile. Les lois et règlements, fondés sur l’apartheid sexuel, ont toujours été défiés par des millions de gens à travers l’Iran.

Cette année, à l’occasion du 8 mars, les femmes iraniennes disent non au voile, retirent leur voile et déclarent la République islamique Etat criminel parce que les contraignant à se voiler, ce qui n’est rien d’autre que le symbole de l’apartheid sexuel.

Dans la majeure partie du monde, le mouvement islamiste et l’islam politique essaient d’imposer le voile aux femmes. La compromission des Etats occidentaux avec les organisations islamistes et leur répugnance à combattre les politiques anti-femmes de ces groupes ont rendu très difficile la vie des femmes et des jeunes filles, même pour celles qui vivent en Occident.

Le voile est le symbole de l’islam politique et de l’emprisonnement des femmes. Nous, les soussigné-e-s:

- condamnons les politiques oppressives des gouvernements islamiques et des groupes islamistes visant à imposer le port du voile
- demandons l’interdiction du port du voile pour les enfants
- soutenons les luttes des femmes, partout à travers le monde, en faveur du droit à s’habiller librement et contre le voile.

Signatures (renvoyer à Mina Ahadi : minaahadi@aol.com)

1-Mina Ahadi   International Committee Against Stoning
2- Arzu Toker, Journalist, Sprecherin der Gruppe: Demokratischen Frauen a.d. Türkei
3-Michael Schmidt-Salomon, Giordano Bruno Foundation, Germany
4- Reinhard Hascha, Historian
5 - Sohiela Hassan, activist of Women’s Liberation Iraq
6- Maryam Kousha, Organisation for Women’s Liberation
7- Azar Majedi, President of organisation for Women's Liberation- Iran
8- Afsane Vahdat, children’s rights activist
9- Khalil Keyvan, Secretary of Organization Abroad of Worker-communist Party of Iran
10- Maryam Namazie, Director of the Worker-communist Party of Iran's International Relations Committee, UK National Secular Society's Honorary Associate; and producer of TV International English.
11- Fariborz Pooya, Director of Iranian Secular Society
12- Mahin Alipour,KFKI Stockholm & Organisation for Women’s Liberation-Iran Swedish branch
13- Kimia Pazoki, International federation of Iranian refugees, Sweden"

Sur le Bloc-notes le 27 janvier 07


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Par Catherine Kintzler
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Contre les lois mémorielles (suite)

Mezetulle a déjà fait état des difficultés soulevées par les lois dites "mémorielles" qui, loin de se borner "au soin des biens civils", comme le disait Locke, prétendent décider ce qui est vrai et ce qui est faux. Déjà un manifeste d'historiens soulignait cette extension douteuse du champ de la loi. Un groupe de juristes met parfaitement les choses au point en distinguant ce qui relève de l'interdit (sanction de propos racistes par ex.) et ce qui relève du débat scientifique et en s'élevant contre "un abus de pouvoir". L'intérêt de ce texte est entre autres d'apporter des précisions techniques en opposant ces lois à plusieurs articles de la Constitution.

"Après avoir affirmé l'existence du génocide arménien, le législateur s'est engagé dans une procédure visant à réprimer pénalement la négation de ce génocide. Cette proposition de loi, votée en première lecture par l'Assemblée nationale, s'inscrit à la suite d'une liste déjà longue de dispositions visant, soit à interdire la manifestation d'opinions, soit à écrire l'histoire et à rendre la version ainsi affirmée incontestable (loi Gayssot sur le génocide juif, loi sur l'esclavage, loi sur la colonisation). D'autres propositions sont déposées (sur le blasphème ou sur le prétendu génocide du peuple algérien commis par la France…).

La libre communication des pensées et des opinions est, selon la déclaration de 1789, l'un des droits les plus précieux de l'homme. Certes, ce droit n'est pas absolu et la protection de l'ordre public ou des droits d'autrui peuvent en justifier la limitation. En ce sens, des lois appropriées permettent de sanctionner les propos ou les comportements racistes causant, par nature, à celui qui en est victime un préjudice certain.

L'existence de lois dites « mémorielles » répond à une toute autre logique. Sous couvert du caractère incontestablement odieux du crime ainsi reconnu, le législateur se substitue à l'historien pour dire ce qu'est la réalité historique et assortir cette affirmation de sanctions pénales frappant tout propos ou toute étude qui viseraient, non seulement à sa négation, mais aussi à inscrire dans le débat scientifique, son étendue ou les conditions de sa réalisation.

Les historiens se sont légitimement insurgés contre de tels textes. Il est également du devoir des juristes de s'élever contre cet abus de pouvoir du législateur.

« La loi n'est l'expression de la volonté générale que dans le respect de la Constitution ». Or ces lois, que les autorités compétentes se gardent bien de soumettre au Conseil constitutionnel, violent à plus d'un titre la Constitution :
- Elles conduisent le législateur à outrepasser la compétence que lui reconnaît la Constitution en écrivant l'histoire . Les lois non normatives sont ainsi sanctionnées par le Conseil constitutionnel. Tel est le cas des lois dites « mémorielles ».
- Elles s'inscrivent dans une logique communautariste. Or, comme l'a rappelé le Conseil constitutionnel, la Constitution « s'oppose à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelques groupes que ce soit, définis par une communauté d'origine, de culture, de langue ou de croyance ».
- Ce faisant elles violent également le principe d'égalité en opérant une démarche spécifique à certains génocides et en ignorant d'autres, tout aussi incontestables, comme, par exemple, celui perpétré au Cambodge.
- Par leur imprécision quant à la nature de l'infraction, ce dont témoignent les décisions de justice qui s'y rapportent, le législateur attente au principe constitutionnel de la légalité des peines et à la sécurité juridique en matière pénale.
- Elles violent non seulement la liberté d'expression, de manière disproportionnée, mais aussi et surtout la liberté de la recherche . En effet, le législateur restreint drastiquement le champ de recherche des historiens, notamment dans des domaines complexes ou controversés comme la colonisation ou s'agissant d'un crime comme l'esclavage pour lequel la recherche des responsabilités appelle une analyse approfondie et sans a priori.

On peut aussi considérer, sur un plan plus politique, que de telles lois peuvent aller, en muselant la liberté d'opinion, à l'encontre des objectifs qui sont les leurs et dont la légitimité n'est pas en cause.

C'est pour toutes ces raisons que les juristes soussignés demandent l'abrogation de ces lois « mémorielles » et estiment qu'il est du devoir des autorités compétentes de saisir le Conseil constitutionnel du texte en discussion et de toutes nouvelles dispositions en ce sens qui viendraient à être votées par le Parlement."

Voir la liste des signataires sur le site de l'Observatoire du communautarisme.
Voir les commentaires des lecteurs de Mezetulle sur la question.


Sur le Bloc-notes le 3 janvier 07

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Par Catherine Kintzler
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"Le théâtre des passions"
Conférence-leçon par Catherine Kintzler

Paris, Cité de la Musique 9 janvier 15h30
Cette conférence-leçon fait partie du cycle L'Opéra baroque du Collège de la Cité de la musique les mardis de 15h30 à 17h30.


Pour assister au cycle, il faut s'inscrire à la Cité de la musique.

Télécharger l'argument et le plan de cette leçon.
Sur le Bloc-notes le 20 déc 06

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Par Catherine Kintzler
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"Le délit de blasphème"

Une réunion publique sur "Le délit de blasphème" a eu lieu à Paris le 5 décembre 2006, organisée par le Grand Orient de France avec la participation du Comité Laïcité-République, de l’UFAL, du mouvement Europe et laïcité – CAEDEL, des Cahiers de l’Orient et de l’association Chevalier de la Barre.

Sont intervenus :
Caroline Fourest journaliste ;
Fiammetta Vienner, journaliste ;
Antoine Sfeir, rédacteur en chef des Cahiers de l'Orient ;
Yves Pras, président du CAEDEL ;
Jean-Marie Kintzler, professeur de philosophie (UFAL) ;
André Bellon, ancien député.

Mezetulle met en ligne le texte de l'intervention de Jean-Marie Kintzler :

 L'Etat de droit face au dogmatisme intégriste : la crise du modèle communautaire dont voici le début :
Les affaires liées à la question du « blasphème » et du « respect dû aux religions » permettent d’élucider une nouvelle configuration conflictuelle qui n’a rien à voir avec une « guerre des civilisations ». Elles soulignent aussi une différence entre deux formes de l’Etat de droit. Face à l’islamisme politique, dont la force signe la résurgence en Europe du dogmatisme intégriste (qu’il convient de distinguer du dogmatisme éclairé), un Etat de droit communautaire est moins bien armé qu’un Etat de droit laïque ....
Lire la suite de l'article
Sur le Bloc-notes le 10 déc 06

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Par Catherine Kintzler
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Mohamed Sifaoui menacé pour "apostasie"

Mohamed Sifaoui, journaliste et écrivain, vient de recevoir des menaces pour "apostasie".

Voici ce qu'il écrit sur son blog :
Je tiens à informer l’opinion publique que je viens de saisir la section antiterroriste du Parquet auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris pour porter plainte pour menaces de mort, appel au meurtre et incitation à la haine. Ma plainte vise trois sites Internet francophones sur lesquels je suis clairement désigné comme "apostat", ce qui équivaut à une condamnation à mort dans l'idéologie islamiste. Il est d'ailleurs clairement écrit : "Sifaoui: on t'aura...Tu ne pourras pas retarder ton heure".

Précisons, à l'attention des islamo-"progressistes" (1) qui seraient tentés de minimiser (avant de crier à l'islamophobie), que sur le blog M. Sifaoui publie une copie d'écran de l'un des sites.
Les prises de position récentes de M. Sifaoui en faveur de Robert Redeker et sa présence notamment au meeting de Toulouse du 15 novembre 06 ne sont probablement pas étrangères à ces menaces.
On lira en particulier son article "Pourquoi je soutiens Robert Redeker" où il écrit :

 ...qu'en pense le musulman que je continue d'être ? La question mérite d'être posée.
Je peux être en total désaccord avec Robert Redeker - et ce n'est pas le cas - et le soutenir. C'est d'abord pour moi une position de principe. Mais au-delà, il y a une autre raison, de fond celle-ci, qui me conforte dans le fait qu'il est impératif, vital, et peut-être surtout pour un musulman, de soutenir Robert Redeker.
Lire la suite de l'article sur le site de Respublica

(1) Voir l'article La double fatwa et l'islamo"progressisme" sur ce blog.

Sur le Bloc-notes le 5 déc 06
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Quatrième centenaire de Pierre Corneille (1606-1684)

Dimanche 3 décembre 14 h France-Culture
Reprise de La Place royale, mis en scène en 1992 par Brigitte Jaques-Wajeman, dans une version radiophonique enregistrée en public et en direct (studio 106 de la Maison de la radio), réalisation Jean Couturier.
A 16h, rediffusion de l'émission de Christine Goémé "Une vie une oeuvre", avec Georges Forestier, Jean-Marie Villégier, Catherine Kintzler, François Regnault, Brigitte Jacques. Réalisation: Isabelle Yhuel


Voir le site du Mouvement Corneille avec toutes les manifestations de ce quatrième centenaire.

Sur le Bloc-notes le 1er déc. 06
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La revue: articles de fond

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Quelques "classiques"

Les annonces

Interventions CK

Varia

Dramatique musicale CK

Dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.

 

Prochaine représentation : 24 juin à Pont Sainte-Maxence (Oise).

 

Créée le 25 février à Beauvais avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Autres représentations  : Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

 

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