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Tandem Gallia - Keren Ann : sublime relation avec la musique

En ligne le 25 août 2011


Nous avons tous vu et revu à la télé la pub de Gallia (1), vantant le lait de la marque, si proche du lait maternel. Elle véhicule, sur un fond légèrement surexposé et dans un jeu de teintes pastel, l'imagerie convenue sur la merveilleuse et heureuse maternité, la proximité avec la nature, la douceur... Et la musique ?

La musique ? Superbe, les internautes s'extasient et demandent sur les forums : mais cette chanson, elle est vraiment magnifique, quelle musique éthérée, extatique, bien appropriée à la situation idyllique, à cette fusion mère-enfant, on en redemande une couche bien ouatée, mais oui au fait je ne connais que ça, rappelez-moi ce que c'est ?

 

Il s'agit de la chanson de Keren Ann La disparition. Oh, j'allais oublier un détail : c'est la version anglaise, pour être quand même à peu près sûr qu'on ne fera pas trop attention aux paroles (et en fait cette version en anglais est plus soft que la version française). En effet, les paroles de la version française évoquent tout simplement ... un suicide. Par défenestration et noyade - dans de l'eau, même pas dans du lait. Voici un extrait :

 

C'est le seul vide que je comblerai peut-êtreLe seul regard que je saurai reconnaîtreLe seul et unique, il n'a jamais cessé d'êtreJe m'inclinerai juste avant de disparaître
Mon double dans l'eau troubleRavive dans l'eau viveJe sombre dans l'eau sombre
C'est le seul vide que je comblerai peut-êtreLe seul inconnu qui répond à mes lettresLe seul mensonge que j'ai oublié d'omettreFaire un dernier voeu en sautant de la fenêtre
Mon double dans l'eau troubleRavive dans l'eau vive

Plutôt déprimant, non ? Quelle adéquation sublime avec la situation paradisiaque décrite dans les spots : le sublime, comme on le sait, repose sur un écart maximal. A moins que Gallia suggère que au fond, le tête-à-tête fusionnel mère-nourrisson, ce n'est pas vraiment le paradis?  Mais même dans ce cas, il n'y a pas de quoi se jeter par la fenêtre.

 

Ce n'est pas tout. On découvre encore plus fort en cliquant sur la troisième vidéo de la page « films » du site de la marque. Consacrée à « Gallia grossesse », elle montre une femme enceinte dans un lac, faisant la planche, et toujours La disparition en fond musical . Cette fois, on pousse le bouchon (flottant) très très loin.

Je ne sais pas si Keren Ann et Gallia ont signé un contrat. Je le suppose, et je l'espère pour cette grande artiste qui pratique une esthétique très raffinée où l'entrecroisement texte-musique joue souvent sur le grincement, le décalage et la contradiction. Dans les chansons de Keren Ann, comme dans l'opéra, la musique et les paroles ne disent pas forcément la même chose, c'est même en grande partie pour cela qu'on met des paroles en musique. Les petits génies publicitaires qui travaillent pour Gallia le savent probablement, mais ils pensent que les consommateurs qui regardent la pub ne le savent pas : les prendraient-ils pour des cruches à eau et pour des vaches à lait ?

 

1- Voir notamment une série de trois spots présentée sur le site de Gallia, intitulée « La saga TV Gallia », rien que ça.
Voir le site officiel de Keren Ann.


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Violences urbaines. Un rappel

En ligne le 15 août 2011


Un rappel à l'occasion des violences urbaines dont le Royaume-Uni vient d'être le théâtre cet été 2011 : deux articles écrits sur Mezetulle en novembre 2005 au moment de ce qu'on a appelé les « émeutes » en région parisienne.


Je ne sais si ces analyses peuvent être transposées aux événements récents du Royaume-Uni, où les traditions de violence sont plus fortes - ou du moins davantage avouées - qu'en France, où le communautarisme a pignon sur rue, où la géographie urbaine (notamment de Londres) ne présente pas ce fonctionnement annulaire en cercles concentriques qui caractérise Paris et ses banlieues rejetées extra muros puis absorbées intra muros au cours de l'histoire (1). Il y a probablement d'autres différences. Mais les phénomènes me semblent tout de même grandement comparables.

 

1 - Voir notamment Eric Hazan, L'Invention de Paris, Paris : Seuil, 2002.


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Colorissimots de E. Brami et J.-F. Van Campo : un abécédaire

En ligne le 8 juillet 2011


Avec la publication d'un article sur l'alphabet, quoi de plus opportun et de plus réjouissant que de parler maintenant d'un abécédaire ?


Colorissimots, par Elisabeth Brami et Jean-François Van Campo (éditions Thierry Magnier, 2011) se feuillette et se déguste méditativement comme un délicieux mille-feuilles - à savourer par petits et grands.

Abécédaire
C'est un Abécédaire artistique, un Bazar bavard et bizarre fondé sur des photos hautes en couleurs et en drôlerie poétique soulignée doctement, malicieusement, tendrement par des légendes en allitération. Un beau livre à contempler, à rêver, mais aussi à penser car son "bazar" multicolore est rigoureusement rangé... en ordre alphabétique comme il se doit et ordonné au principe de l'assonance. On y trouve - par exemple et entre autres - des dents de dada, un grillage gelé, des toupies tourbillonnantes, des espadrilles espagnoles empilées, et même des coccinelles de compétition. De quoi faire tout un monde en toutes lettres et en toute allégresse.

 

AbécédaireL

 

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Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Culture alphabétique et matérialisme

En ligne le 8 juillet 2011


L'alphabet est probablement le dispositif le plus puissant inventé pour libérer les esprits. Or c'est parce qu'il abandonne l'ambition de représenter les pensées, et parce que, à la différence de tout autre système d'écriture, il rend l'acte de lecture totalement mécanique, ne s'attachant qu'à la matérialité des sons et de leur émission, que l'alphabet déploie cette puissance. 

 

Dans un ouvrage trop peu connu et qui fut parfois injustement accusé d'« occidentalocentrisme », Aux origines de la civilisation écrite en Occident (trad. fr Paris : Maspero, 1981), Eric A. Havelock développe ce paradoxe : une pure machine donne un accès transparent à l'univers infini des pensées. Il en formule l'expression maximale en une très forte thèse : « un système d'écriture réussi ou pleinement développé est un système où la pensée n'a plus aucune part ».

 

L'article L'alphabet, machine libératrice se veut un hommage à un livre stimulant que j'ai lu il y a bien longtemps, et qui donne toute sa plénitude à une forme audacieuse et sophistiquée de matérialisme. Je lui ai ajouté quelques réflexions sur la coexistence entre alphabet et symboles.

 

Lire l'article sur ce blog.

 

NB. Les commentaires de ce billet sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur l'article proprement dit.


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Manger safe : retour aux fondamentaux

En ligne le 7 juin 2011


L'inquiétante bactérie qui sévit en Allemagne aura eu au moins une vertu : celle de tirer la sonnette d'alarme dans une société obsédée par la malbouffe et désireuse de « naturel » mais où le souci de la silhouette capte toute l'attention aux dépens des règles d'hygiène, dont certaines sont connues depuis belle lurette.

Rien ne prouve que la consommation de crudités mal lavées ou manipulées en dépit des élémentaires règles de propreté soit à l'origine de l'épidémie, mais au moins on peut soulever la question de manière générale.
Alors? On se lave les mains avant de passer à table ou de faire la cuisine. On ajoute un peu d'eau de Javel (mais oui mais oui, vive la chimie !) à la première eau de lavage des fruits et légumes consommés crus, sans épargner ceux qui viennent du jardin.

Mais passons à quelques rappels plus savoureux. Au restaurant on choisit la terrine de canard ou les salaisons-fumaisons plutôt que la tristounette salade de crudités décorée de germes d'alfalfa et autres nids à bactéries. On préfère le plat mijoté au steack tartare ou au maigrelet carpaccio. Et plutôt que la carafe d'eau tiède qui attend son tour derrière le zinc, on opte pour le vin, c'est plus sain et tellement meilleur !

Inspiré de ces principes, voici un exemple de menu safe recommandé par Mezetulle : bloc de foie gras cuit ou charcuteries de pays, cassoulet, (allez, ici on prendra juste le risque d'insérer un bon fromage bien fermenté), pruneaux à l'Armagnac, le tout arrosé d'un bon vin rouge.
J'ai choisi le style Ovalie profonde parce que, comme disent les rugbymen, « retour aux fondamentaux » (et puis au lendemain d'une finale de Top 14 il faut être fair-play et saluer la victoire de Toulouse), mais ce modèle peut se décliner à volonté selon la région, le moment et le climat.
Bon et solide appétit, restez sur vos appuis !


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Dictionnaire de la laïcité

En ligne le 2 juin 2011


Le Dictionnaire de la laïcité est paru fin mai chez Armand Colin

 

Dico laicité Cerf Horwitz

 

 

 

Sous la direction de Martine Cerf et Marc Horwitz, il comprend 240 entrées, fruit du travail d'une cinquantaine de chercheurs, précédées d'articles de réflexion philosophique (Qu'est-ce que la laïcité ? Peut-on la qualifier ?), politique (Quelles menaces pèsent sur elle ? Faut-il financer les lieux de culte ?), historique (des Lumières à aujourd'hui en passant par la loi de 1905), le tout accompagné comme il se doit de renvois et de références tant bibliographiques qu'en ligne.
Catherine Kintzler s'honore de figurer parmi les contributeurs, et Mezetulle y est cité !

 

Très maniable (350 pages sous couverture cartonnée), il est disponible aussi en format numérique.

 

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Je supprime mon compte Facebook : pourquoi et comment

En ligne le 1er juin 2011


J'ai été « ajoutée » (c'est-à-dire inscrite) à des groupes sans mon consentement. J'ai été « identifiée » sur des photos sur lesquelles je ne figure pas et avec lesquelles je n'ai rien à voir. Je n'ai pas envie de passer mon temps à surveiller ma page Facebook et à me désinscrire de tel ou tel machin à la suite de telle ou telle inscription forcée « à mon insu de mon plein gré ».

Ouste, du balai, caltez ! Je ne me contente pas de « désactiver » le compte, je le supprime. Pour ceux qui auraient envie de faire de même, voici comment procéder : il faut chercher un peu, mais ce n'est pas si compliqué.

 

Connectez-vous à votre compte. Tout en bas, cliquez sur « Aide », puis sur l'image « Confidentialité ». En cherchant bien dans la liste, vous trouverez une petite ligne « Désactivation, suppression et comptes de défunt » (histoire de bien vous faire comprendre que vous allez commettre un e-suicide). Ensuite la procédure est un peu tarabiscotée mais il suffit d'un peu de patience, de lire de près et de savoir la différence entre désactiver et supprimer définitivement pour parvenir à ce nettoyage.


Comment Catherine, tu as été assez cruche pour ouvrir un compte Facebook ? Il faut ne pas connaître l'e-addiction pour poser une pareille question... Et les accros trouveront encore « J'aime » en bas des articles de ce blog : signaler un article de Mezetulle, ça ne peut pas faire de mal ! 


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Annonce spéciale

Le 25 février à Beauvais (20h30, Théâtre du Beauvaisis) sera créée la dramatique musicale de Catherine Kintzler
Du corps sonore au signe passionné : entretien imaginaire entre d'Alembert et J.-J. Rousseau.


Avec l'Orchestre de l'Oise "Le Concert" sous la direction de Thierry Pélicant, Catherine Manandaza soprano, Daniel Galvez-Vallejo ténor, l'association "Imagine" - les extraits musicaux sont pris dans Rousseau, Rameau, Pergolèse, Vivaldi, Philidor, Gluck.

Jean-Jacques Rousseau : Eric Perré ; Jean d'Alembert : Eric Péron.

Chorégraphie : Isabelle Dufau

Mise en scène et dramaturgie : Eric Perré.


Cette pièce est issue d'une commande passée à Catherine Kintzler par l'association "Le Comptoir des artistes" qui en assure la production, avec notamment le soutien du Conseil général de l'Oise.

Cinq représentations auront lieu  : Beauvais 25 février, Méru 12 mai, Pont Sainte-Maxence 24 juin, Ermenonville 15 septembre, Montmorency 13 octobre.

 

Télécharger l'affiche du 25 février en JPEG, en PDF.

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