Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Faut-il avoir peur d'une religion d'Etat ?
En ligne le 29 octobre 2011
Devant le résultat des élections tunisiennes, la tentation est grande chez bien des militants laïques de se livrer à la lamentation, les yeux rivés sur une laïcité pleine
et entière qu'ils prescriraient volontiers aux peuples actuellement engagés dans un processus de libération. Comme si un régime laïque de plein statut pouvait succéder immédiatement sans remous,
sans combats, au renversement d'une dictature.
« Mais une religion d'Etat risque de s'installer !» nous répondra-t-on, « et cela n'est pas un progrès ». C'est oublier que la religion d'Etat existait déjà sous Ben Ali, et que c'est un
progrès d'avoir réussi à faire tomber une dictature et d'avoir élu paisiblement une Constituante. C'est oublier aussi que la France n'est pas passée directement, sans combats, sans remous, d'un
régime absolutiste à un régime laïque et que les libertés et les droits fondamentaux n'ont pas tous surgi brusquement en 1905 ! Et c'est oublier que nous sommes entourés de pays où existe une
religion d'Etat, sans que personne, y compris parmi les militants laïques, songe à se lamenter sur le sort de leurs citoyens. Alors faut-il avoir peur d'une religion d'Etat ? Ou plutôt : pourquoi
et à quelles conditions faut-il la craindre ?
Lire l'article Pourquoi craindre une religion
d'Etat ? sur ce blog.
NB. Les commentaires de ce billet d'annonce sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur la version intégrale de l'article.
Par Mezetulle
0
Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Les politiques et le naufrage de l'intelligence
En ligne le 13 octobre 2011
« ...ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien ». On pourrait même surenchérir sur cette déclaration de Descartes au
début du Discours de la méthode : plus on a d'esprit et plus on risque de s'abêtir en l'assujettissant à des fins qui le bornent, l'avilissent et le dégradent. Dans son article Les politiques sont-ils intelligents?Jean-Michel Muglioni montre comment, dans une société qui a pour seule finalité la réussite par l'argent, il est inévitable que les meilleurs esprits
finissent par ne plus rien comprendre à rien.
Que penser d'une société où les « fils de famille » préfèrent les carrières financières à celles de la magistrature, de la recherche, de l'industrie ou même aux carrières militaires ? Et
pourquoi alors jeter la pierre à ceux qui, voyant que seul l'argent a quelque prestige, crachent à la figure de leurs professeurs, se glorifient d'une paire de baskets dernier cri, méprisent les
élèves studieux et appliquent leur force, leur habileté et leur intelligence à un job de dealer?
Mais les hommes politiques sont, de manière aveuglante et presque caricaturale, les premiers et les plus enclins à être emportés et métamorphosés par les passions dominantes. Or ce n'est pas
notre intelligence qui gouverne nos mœurs, c'est plutôt l'inverse. Notre vertu intellectuelle se dévoie et s'émousse ou bien se fortifie et s'éclaire au gré de nos passions : s'engager dans la
recherche de la vérité ou dans l'appât du gain, c'est opter pour des voies qui nous transforment profondément en nature et en degré.
On se prend à souhaiter que la passion du politique reprenne quelque vigueur afin que les politiques retrouvent un peu de bon sens et se réapproprient une intelligence en perdition.
Lire l'article de Jean-Michel Muglioni Les politiques sont-ils intelligents
? sur ce blog.
NB. Les commentaires de ce billet d'annonce sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur l'article de J.-M. Muglioni.
Par Mezetulle
0
Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Le viol est un crime : faut-il sacraliser pour autant la parole de toute femme? Un article de Catherine Deudon
En ligne le 30 septembre 2011
Le 11 septembre dernier une manifestation a eu lieu (2) place des Vosges sous les fenêtres d'Anne Sinclair et de Dominique Strauss-Kahn, appelant de ses voeux une
« justice féministe » et où on a pu lire, entre autres, une pancarte disant « DSK/Sinclair dégage ! ». Comme s'il suffisait d'être accusé de viol pour être ipso facto condamné
en dehors de tout procès à charge comme à décharge. Comme s'il suffisait d'être de sexe féminin pour voir sa parole sacralisée en pareille circonstance.
On a connu naguère les effets dévastateurs de la sacralisation de la parole des enfants. L'affaire d'Outreau est connue, mais on peut rappeler la déplorable affaire du suicide de Bernard Hanse,
accusé injusement d'attouchements pédophiles sur un de ses élèves, dans laquelle le rôle de Ségolène Royal (alors ministre) fut édifiant.
Va-t-on, dans les affaires de viol, céder aux mêmes aberrations et discriminer au nom de la loi la parole des témoins selon leur sexe ? Considérer que la parole d'une femme vaut moitié moins que
celle d'un homme ou inversement lui attribuer une valeur absolue dès lors qu'elle accuse un homme de viol procède de la même logique discriminatoire : c'est piétiner les droits de l'humanité tout
entière et cautionner une justice qui n'a que faire des preuves.
Mais il faut aller plus loin : à supposer même qu'une personne soit reconnue coupable d'un crime (car le viol est un crime), cela autorise-t-il son lynchage - et, sans doute pour faire bonne
mesure, celui de son conjoint ? Le châtiment prévu par la loi n'est-il pas suffisant ?
C'est sur ces questions que s'interroge Catherine Deudon (1), en s'adressant à celles qui ont cru bon de faire de l'appartenance de sexe un motif de justice expéditive : est-ce servir la cause
des droits des femmes? (3)
Lire l'article de Catherine Deudon Le viol est un
crime : cela rend-il la preuve inutile ?
Réponse au texte d’appel à la manifestation du 11
septembre 2011 place des Vosges à Paris sous les fenêtres de DSK
-
Catherine Deudon, « féministe historique », co-auteur de Le sexisme ordinaire (Paris : Seuil/Libre à Elles, 1979,
préface de S. de Beauvoir), est également connue pour ses photographies des mouvements de libération des femmes (Un mouvement à soi 1970-2001 Catherine Deudon, éd. Syllepse, 2003).
Mezetulle a publié en 2009 un de ses dessins humoristiques.
-
Lire le texte de l'appel,
publié en pdf sur le site de la Marche mondiale des femmes. Une vidéo de la manifestation est visible sur le site du journal 20 Minutes.
-
Voir aussi le texte de Martine Storti sur son site , repris sur Rue89.
NB. Les commentaires de ce billet d'annonce sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs éventuels commentaires sur l'article.
Par Mezetulle
0
Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
La cigale, la fourmi et la Grèce
En ligne le 28 septembre 2011
Le modèle de la fourmi, repris d'une fable d'Esope, est opposé par maint commentateur politique aux cigales grecques sur lesquelles on crie haro. C'est oublier que dans un
mythe qui retourne la fable d'Esope, Platon fait l'éloge des cigales.
Tomber amoureux du chant des Muses et s'intéresser à ce qui, vraiment et définitivement, est libéral dans les activités humaines, c'est peut-être négliger le business, mais ce
n'est pas forcément frauder le fisc et fausser des statistiques. Et quel sens cela a-t-il de proposer le seul modèle de l'entreprise à nos enfants, comme si la vie de l'entrepreneur, certes
utile, était si enviable ?
Lire l'article de Jean-Michel Muglioni sur ce blog : La Grèce et le «
modèle » de la fourmi. Peut-on parler de cigales grecques et les opposer aux fourmis du Nord ?
NB. Les commentaires de ce billet sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur la version intégrale de l'article.
Par Mezetulle
0
Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Le Conseil d'Etat et la laïcité : coup de chapeau, coup d'arrêt(s)
En ligne le 14 août 2011
Le Conseil d'Etat nous a habitués à sa profonde défiance vis-à-vis de la laïcité : n'est-ce pas vers lui que Lionel Jospin botta en touche lors de la première affaire de
port du voile à l'Ecole publique en 1989 ? Loin de se décourager par le désaveu qui lui a été apporté par la loi de 2004 relative au port des signes religieux à l'école, le CE continue son
travail de Pénélope, à petits points, à petits pas. C'est en couvrant la laïcité de fleurs, comme on le fait pour les cadavres, qu'il avance les pions permettant de détricoter la loi de 1905 et
de dénier toute valeur constitutionnelle au principe de laïcité.
Charles Arambourou propose une analyse serrée de cinq récents arrêts du
Conseil d'Etat et en montre la portée fondamentale : il s'agit notamment, par des décisions qui paraissent techniques (et qui peuvent passer inaperçues ou même se présenter comme une
génuflexion devant la laïcité), de substituer au principe de laïcité celui de l'égalité de traitement entre les cultes, et entre eux seuls. Si l'on n'y prend garde, c'est la voie ouverte au
financement public des cultes et à l'inégalité entre croyants et incroyants.
Lire l'article de Charles Arambourou Conseil d'Etat-laïcité : 5 à zéro sur ce
blog.
NB. Les commentaires sur l'article de C. Arambourou
sont fermés pour le moment. Les lecteurs qui souhaitent néanmoins intervenir sur cet article peuvent laisser un commentaire sur ce bloc-notes : n'étant pas juriste, je m'efforcerai d'y répondre
dans la mesure de mes capacités.
Voir les règles de publication des commentaires.
Par Mezetulle
0
Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
La Pyrenean Touch : éloge du béret relooké
En ligne le 26 juillet 2011
La préparation d'un sac la veille d'une randonnée en montagne est en elle-même, déjà, un plaisir. Le contenu du sac a été effleuré dans l'article Jogger ou randonneur. Mais outre le sac, il y a aussi tout ce qu'on met sur soi : voilà une mine
presque inépuisable de questions passionnantes toujours mal décidées, de choix déchirants. Les
enjeux de ces choix ne sont peut-être pas aussi amples que ceux que Mezetulle a naguère soulevés dans Couette ou couverture, mais ils
méritent une petite pensée tout de même.
Prenons les choses par le haut. Impensable de partir en montagne sans couvre-chef. A observer les coutumes reçues par les randonneurs d'été rencontrés en montagne depuis plus de trente ans, un
dilemme oppose généralement ceux du chapeau (dont le concept technique inclut aussi le bob) et ceux de la casquette.
Chapeau ou casquette? Ni l'un ni l'autre! après de longues années de pratique accompagnée d'une méditation sur les aspects techniques, esthétiques et moraux de la question, j'ai opté pour la
Pyrenean Touch relookée : le béret.
Lire l'article Chapeau ou casquette ? Non : béret ! sur ce blog.
NB. Les commentaires de ce billet d'annonce sont fermés, merci aux lecteurs de poster leurs commentaires sur la version intégrale de l'article.
Par Mezetulle
0
Bloc-notes nouveauté sur Mezetulle
Que vont penser les marchés ?
En ligne le 21 juillet 2011
Entendu ce matin sur les média : « on saura bientôt, dès l'ouverture des bourses, ce que pensent les marchés du plan de dernière chance sur la dette grecque et pour sauver
l'Euro » . Mais au fait, si on demandait aux peuples d'Europe ce qu'ils pensent ?
Les marchés pensent : on est loin de la théorie libérale de la main invisible. Ces propos répétés à longueur de journée ont pour effet (et peut-être bien pour objet) d'habituer les peuples
européens à l'abandon de leur souveraineté. Il faut ajouter un petit élément bien gênant : quand on leur demande leur avis, ces peuples osent dire un peu trop souvent qu'ils ne sont pas d'accord,
ils osent dire « non » ... Alors, on fait comme s'ils avaient dit oui, on fait comme s'ils ne pensaient pas.
Vous allez me répondre que tout de même les créanciers d'une dette - en l'occurrence des investisseurs privés et notamment les banques - ont droit à la parole. Cette objection, s'agissant d'Etats
démocratiques et souverains, est déjà un signe qu'on s'est habitué au dessaisissement de ce qui nous regarde, qu'on a déjà intériorisé la substitution de la gestion à la politique, qu'on a déjà
accepté que la chose publique doit obéir aux mêmes lois que l'intérêt privé et qu'on doit lui appliquer les mêmes critères de rentabilité à court terme.
Dans son nouvel article Histoires de dette, Jean-Michel Muglioni s'en prend à lui-même pour avoir
un instant, le temps d'un flash entendu à la radio, consenti à cette idée asservissante.
Lire l'article de Jean-Michel Muglioni sur ce blog.
Par Mezetulle
1
Les derniers commentaires